‹ Essai iconographique sur S. Côme et S. DamienChapitre 3 sur 46 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Peu de corporations peuvent se flatter comme la nôtre d’autant de membres élevés par l'Eglise sur les autels : ce furent des médecins, saint Luc l’évangéliste, saint Basile, saint Blaise, saint Cyr, saint Eusèbe, le grand évêque saint Fulbert, saint Isidore de Séville, et d’autres saints moins illustres comme saint Emilien, saint Juvénal, saint Léonce et saint Oreste. Médecins, saint Libérat, saint Cassien et saint Césaire ; médecins aussi saint Codrat, saint Agapit et saint Pantaléon dont les noms désuets retiennent notre œil amusé sur le calendrier ; médecins, sainte Nicérate, sainte Sophie, sainte Hildegarde et sainte Zénaïde ; médecin et bienheureux patenté Raymond Lulle lui-même, qui jouit auprès de tant d’esprits d’une réputation bien différente.

Mais, parmi tous ceux-là et plus de cinquante autres, il n’en est pas de plus célèbres, dans l’histoire, la légende, les annales de nos confréries médi- “cales et la faveur de la piété populaire, que les deux frères médecins Côme et Damien.

Leur hagiographie n’est pas simple. Dès la première page des volumineux travaux rassemblés sur eux dans les Acta sanctorum, on voit qu'il y aurait eu trois couples de saints frères de ce nom, et qui exerçaient gratuitement la médecine, d’après les

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martyrologes, à Adace, à Byzance (où ils étaient cinq frères médecins), à Eges enfin, suivant Bède le vénérable. Ces derniers frères ont supplanté les autres, dont l’histoire revient néanmoins, de ci, de là, se mélanger à la leur. Au demeurant cette distinction n’a qu'un mince intérêt ; c'est peut-être une erreur, et le P. Stilting l’a réfutée comme telle dans une . savante dissertation (1).

Honorés par les pontifes, choisis comme patrons par les chirurgiens, aimés et invoqués par le peuple, saint Côme et saint Damien ont été fréquemment représentés par les artistes : des fresques de la Rome primitive aux images de piété, ils nous apportent une contribution précieuse à l’histoire des médecins, de leurs mœurs et de leur costume à travers bien des âges et des pays. Leur iconographie complète serait un ouvrage très important, et beaucoup plus intéressant que l’essai auquel je me suis borné.

Je tiens à remercier vivement ici ceux qui m'aidèrent de leurs notes ou de leurs conseils : mon professeur de la Sorbonne : M. Emile Mâle, si bienveillant pour tous ses élèves ; M. Millet, professeur à l’école des Hautes Etudes ; le D' Singer, qui m’a prêté plusieurs documents de sa belle collection ; le professeur Ménétrier enfin, qui voulut bien m’encourager à écrire cette thèse et accepter de la présider. Ce sont de grands parrains pour une œuvre si piètre: la faute n’en est qu’à l’auteur.

1. Kaïbel, dans la Somme des inscriptions grecques d’'Ilalie, cite de

nombreux médecins qui portèrent leur nom : c’est peut-être l’origine de ces confusions,

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