‹ Essai iconographique sur S. Côme et S. DamienChapitre 4 sur 46 · VIE ET MIRACLES DE SAINT CÔME ET SAINT DAMIEN · texte numérisé non relu

VIE ET MIRACLES DE SAINT CÔME ET SAINT DAMIEN

Côme et Damien naquirent en Asie Mineure, à Eges de Cilicie (1), port sur la Méditerranée et centre de commerce important. Beaucoup ont assuré qu'ils étaient jumeaux, mais rien ne le prouve et les plus anciens écrits ne le mentionnent pas. Ils eurent trois frères : Antime, Léonce et Eutrope, ou Euprèpe. Leurs parents, d'origine arabe, étaient nobles et chrétiens. Ils perdirent leur père de bonne heure. Leur mère (2), dit Ribadaneira, était une bonne et sainte dame, qui prit grand soin de les faire éduquer et élever dans l'amour

de Dieu et du prochain. Elle veilla à ce qu'ils s’instrui-

1. Cette province avait été évangélisée de bonne heure par saint Paul, et produisit un grand nombre de martyrs.

2. Elle se nommait Théodote, et tous les textes s’accordent à lui don-

ner ce nom.

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sissent dans la vertu, les lettres, les sciences et les arts. Leur goût les porta vers la médecine qu'ils allèrent étudier en Syrie où ils l’apprirent particulièrement dans les ouvrages d’Hippocrate et de Galien. Devenus très

habiles, ils retournèrent exercer leur art à Eges, où

l'efficacité de leurs soins, jointe à ce qu'ils étaient des

chrétiens enthousiastes, leur acquit une grande célé-

brité ; on vint de loin pour se confier à eux. Ils guéris- .

saient tous les maux, non seulement par leur science, mais encore à l’aide de la puissance divine : leurs vertus égalaient leur savoir ; ils se faisaient tout à tous, se

dépensaient sans compter ; parfois ils devaient leurs

cures à d’admirables remèdés qu'ils savaient compo-

ser (1), parfois aussi l'imposition des mains et ie signe de la Croix suffisaient pour qu'ils guérissent les plus affreuses blessures (2). :

Leur sollicitude s’étendait aux animaux ; ils ne dédaignaient pas d’implorer les miracles de Dieu en faveur des chevaux estropiés par des charretiers cruels. Enfin, pratiquant la parole du Christ : Gratis accepistis, gralis date, ils ne réclamaient ni n’acceptaient jamais aucun salaire, ce qui leur avait mérité le surnom d’Anargvres.

Voici le récit de leur vie et de leur martyre, tel que

le donne le dominicain Jacques de Voragine dans sa

1. Au dire de Fabricius, Arnauld décrit dans sa pharmacopée un médicament appelé opopira, inventé par nos saints (note de dom Fournier). 2. Certains ont voulu voir à l’origine du nom de Damien : Domini manus, car c'était la main de Dieu qui opérait par lui ; tandis que Côme viendrait

de yoçuoç : modèle.

LR VERS

Légende dorée ; il yaut mieux que les plus copieuses vies critiques, et paraît, dans sa simple fraicheur, comme un reflet des peintures de la vie des deux saints par un auire dominicain : l'Angelico.

« Une dame, appelée Palladie, qui avait dépensé tout son bien en frais de médecins,s'adressa à eux, et is lui rendirent une par faile santé. Alors elle offrit un petit présent à Damien, et comme celui-ci ne voulait pas l'accepter, elle le conjura, avec les serments les plus terribles de le recevoir. Ce à quoi il acquiesça, non pas que la cupidité le poussât à se procurer cette récompense, mais bien par complaisance pour cette dame qui offrait ce témoignage de sa reconnaissance, et pour ne pas paraître mépriser le nom du Seigneur par lequel elle l'avait conjuré. Dès que saint Côme sut cela, il commanda de ne pas mettre son corps avec celui de son frère ; mais la nuit suivante le Seigneur apparut à Côme, et disculpa Damien au sujet du don qu’il avait accepté.

« Le Proconsul Lysias, instruit de leur renommée, les Jit appeler devant lui (4) et commença par demander teur. nom, leur patrie,et quelle fortune ils possédaient. Les saints martyrs répondirent : Nos noms sont Côme et Damien, nous avons trois autres frères qui s'appellent Antime, Léonce et Euprépius ; notre patrie, c’est l'Arabie ; quant à la fortune, les chrétiens n'en con-

naissent point. Le proconsul leur ordonna d'amener

4, En 287 après J.-C. sous Dioclétien. C’est à cette date .que s'arrête

le P. Stilting, après toutes ses recherches,

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