‹ Essai iconographique sur S. Côme et S. DamienChapitre 34 sur 46 · Aujourd’hui au musée d'Anvers · texte numérisé non relu

Aujourd’hui au musée d'Anvers

S'ÉNLE

une ligature pour arrêter l'hémorragie. Le patient n'est pas couché, mais debout; clopin-clopant, il ‘s'appuie de chaque main sur l'épaule des saints, et sa figure est témoin qu'il ne s’agit pas d’un miracle indolore. Sur le sol gît la jambe ulcérée, entourée d'un pansement; à côté, la scie à amputer, une cuyette et un rasoir (pensons aux barbiers). En arrière, saint Côme et saint Damien vaquent, chacun de son côté, à différents travaux. L'un, à la lumière des petites fenêtres arrondies, examine les urines d’un malade couché auquel une infirmière apporte quelque assiette de bouillie; au chevet du lit, un grand pot de tisane sur un tabouret; sur le sol, trois euvettes remplies de sang ou d’humeurs; un estropié s'avance, appuyé sur une béquille. L'autre saint est à panser un bras avec une bande roulée; près de lui, sur la table ou l’étagère, des ciseaux, différents vases, un mortier, d’autres objets encore; un malade, le bandeau sur l'œil, attend son tour d’être soigné. Au

revers de ce curieux panneau, saint Côme, peint en

grisaille, tient un vase galénique — indice de sa profes-

sion —, et l'épée — instrument de sa mort.

Le second volet représente la décollation des deux saints ; au revers, saint Damien, aussi en grisaille, avec une fiole, et l'épée.

A Gand, c’est à Nicolas Roose (1601-1648), fils du

verrier Jacob de Liemaker, que les chirurgiens et bar-

biers demandèrent un tableau pour leur autel de l'église

Saint-Nicolas. Il y mit les deux saints qu’on y voit tou-

Jours très en valeur sur un fond Tue : saint Côme

À, ht

néraires vers lequel il étend le bras droit. Le cachet ou sceau de la confrérie de Gand montrait les deux saints de même, chacun ayant en plus le glaive de son supplice.

D'autres cachets, sceaux, méreaux, panneaux, enseignes ou oriflammes des confréries flamandes de chirurgiens et barbiers portaient saint Côme et saint Damien. C’est ainsi qu'un sceau de Dunkerque (1696) figurait les deux frères, vêtus de rouge et de violet, tenant une boîte, une fiole et un livre; à la même époque nous les trouvons à Lille, habillés d'argent, avec une spatule ; à Bruges, enveloppés d'une houppelande, ils ont l’urinal et un bocal ; à Tournai, vêtus de pourpre brodée d’or, ils tiennent la spatule et la lancette : à Valenciennes, ils ont boîte, spatule, lancette et rasoir : ils sont en noir, avec un rabat blanc.

Deux scènes du supplice des saints ont été gravées en Flandres : la crucifixion, par Collært, d'Anvers, au

xvii° siècle, dans le Triumphus Jesus Ghristi crucifixi

de Ricci ; et la décoliation par un autre anversois, Bouttats, presque viennois d'adoption, dans le Syntagmatis Historiæ de Dehen, qui parut à Vienne en 1660. J'ai parlé auire part (1) de la gravure d’après Jean de Messa ; il faut encore citer un diplôme de chirurgien, du

xvu° siècle, à Douai, où les deux saints sont représentés

‘ en grande perruque bouclée, rabat et bonnet carré à

pompon, tenant une sorte de poivrière ou de pyxide.

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