Canton de Mézidon, arrondt dé Lisieux (Calvados
seigneur tout honneur, le sceau -de la collégiale de
Luzarches, au xrv° siècle, entouré d'une inscription
assez indéchiffrable, porte les deux saints tenant chacun
une pyxide et un glaive; un autre sceau de la même collégiale les représente assis, imposant lés mains sur la tête d'un enfant agenouillé devant eux. À Poitiers le sceau de la confrérie de Saint-Côme (xv° siècle) le représentait assis, un étui à instruments d’une main, une fiole à urines de l’autre.
Un jeton des apothicaires de Paris, trouvé dans la Seine, au Pont-au-Change, en 1857, porte les saints, très effacés, à l’avers, et, au revers, la date : 153$, entre une spatule et un bocal. Deux ans auparavant on avait repêché au mème endroit un jeton des barbiers-chirurgiens du xvi° siècle ; on voit au revers un peigne, un rasoir et des ciseaux, et sur l’autre face, les saints en bonnet à forme de mitre, et un rosier chargé de trois roses posé entre eux deux. La rose était alors estimée pour des propriétés magiques et médicinales ; on en tirait une huile; un onguent, et on en faisait des cataplasmes qui passaient pour souverains contre les ulcères, les inflammations et les phlegmons.
En 1668, sur ün jeton de la confrérie dés chirurgiens de Paris (Cf. titre dé la présente thèse), saint Côme et saint Damien donnent leurs soins à un malheureux étendu sur un grabat ; à l'arrière-plan, un lit d'hôpital. Ils figurent encore, en pied, avec boîte et matella, sur un jeton de présence de la communauté des chirurgiens de Bordeaux, et sur un grand nombre d’autres.
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Armoiries des confréries et corporations.
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Ce sont des documents à rapprocher des précédents. La formule n’en varie guère:les deux saints, en médecins du temps, se présentent avec des attributs variés, dont la diversité peut retenir un moment. C’est ainsi qu’à Pont-à-Mousson, ils tiennent un mortier, un pilon, un miroir et un cœur ; à Clermont, deux lancettes ; à Wasselonne, des rasoirs d'argent emmanchés d’or; à Brioude et à Montferrand, une boîte d’onguent et la spatule pour y puiser; à Vierzon, des ciseaux ; à Brest, un savon ; à Vervins, une épée ; aux Martigues, une ventouse enflammée; aux Sables d'Olonne, ils se promènent en cueillant des simples. |
La couleur de leurs vêtements varie aussi. Simplement habillés de noir à Falaise, Mortagne et Alençon, ils sont en bleu clair à Vervins, en rouge à Brest, tout dorés à Lyon, Saint-Etienne, Eu et Gisors ; aux Sables d'Olonne, ils sont richement vêtus de pourpre avec un collet d’hermine. Leur coiffure change également : à Toulon c’est la barrette, à Angers un bonnet doublé |
d’'hermine, un tricorne à Pont-à-Mousson.
Simple et populaire, l’iconographie des saints Côme et Damien en France ne présente aucune œuvre de grand intérêt artistique, comme en Italie ou dns les Flandres, mais elle est variée dans le détail, amusante et charmante à regarder. Les deux frères sont toujours représentés en médecins; nous n'avons rencontré ni scènes de leur supplice, ni scènes mystiques : saintes conversations ou Vierges à l'Enfant.