‹ Essai monographique sur les cysticerquesChapitre 2 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Chacun connaît ces parasites si fréquents dans le tube digestif des animaux vertébrés et auxquels on a donné le nom de Tænias. L’on sait aujourd’hui que ces animaux intéressants à beaucoup d’égards, présentent , au point de vue biologique, les particularités les plus remarquables. Leurs embryons ne peuvent vivre , aussitôt après leur naissance, dans le milieu qu’ils habiteront plus tard : ils doivent d’abord passer quelque temps chez un animal différent de celui qui sera leur hôte définitif et chez lequel seulement ils pourront se reproduire.

Parvenu d’une manière passive, dans l’intestin de son bote provisoire, l’embryon qui, à ce moment est un être très-petit, d’une organisation fort simple et dont les seuls instruments sont six crochets mus , en certains cas du moins , par des muscles, doit quitter cet organe et gagner les tissus. Arrivé dans un point convenable , il s’enkyste et produit bientôt, par bourgeonnement, ce que l’on a appelé la tète du futur Tænia. Cette tête, qui, pour nous , n’est qu’un organe de fixation , s’abrite en s’enfonçant dans le corps de l’embryon, et le jeune animal se modifie en amassant à son intérieur une quantité plus ou moins grande de liquide. Les parties de nouvelle formation échappent ainsi aux compressions locales qu’elles subiraient dans le mouvement des organes. La larve du Tænia , sous cette forme enkystée, reçu le nom de cysticerque à une époque où l’on ignorait sa véritable nature.

Lejeune Tænia attend ainsi dans son kyste que son bote provisoire soit dévoré par l’bôte définitif : c’est pour lui le seul moyen d’arriver dans l’intestin où il pourra prendre son complet développement. S’il ne subit

cette migration , il est condamné à périr au bout d’un certain temps dans les tissus où il est enfermé. Transporté ainsi passivement, le jeune Taenia s’accroche par la tête et les ventouses acquises pendant qu’il vivait sous la forme cysticerque, et il se transforme bientôt en ce ver rubané bien connu, lequel, à son tour, donnera des embryons dont le cycle évolutif sera le même que le sien.

Cette histoire des Taenias ou , pour parler plus exactement , des Cestodes, telle que nous venons de l’esquisser, n’est connue dans ses traits généraux que depuis peu de temps et c’est bien péniblement que l’on est parvenu à l’établir. Dans son état actuel, elle présente encore bien des points obscurs, des données incomplètes , les différents faits que l’on possède ne sont pas suffisamment reliés, les espèces même dont elle s’occupe sont très imparfaitement connues , — le présent travail n’a d’autre but que de chercher à combler quelques-unes de ces lacunes.

Dans le cours de mes recherches, j’ai reçu la plus bienveillante assistance de MM. les professeurs Baillet, de Toulouse, Leückart, de Leipzig, Krabbe, de Copenhague, von Siebold, de Munich, Olsson, d’Ostersund, Perroncito, de Turin, de MM. les docteurs von Linstow, de Hameln, E. von Marenzeller, de Vienne. Ces savants ont bien voulu me communiquer soit des objets rares, soit des renseignements importants, je les prie d’accepter ici l’hommage de ma plus vive gratitude.

Notre mémoire sera divisé en quatre parties ; dans la première, nous ferons rapidement l’histoire de nos connaissances sur les cysticerques. Nous donnerons ensuite nos propres recherches, en les comparant à celles des naturalistes qui nous ont précédé dans cette étude, et nous résumerons en même temps les données de la science sur les différents cysticerques que nous n’avons pas observés. Nous pourrons alors étudier la signification des différentes parties des animaux qui nous occupent et nous exposerons nos vues particulières sur la question. Une quatrième partie résumera les notions acquises à la science sur ce sujet au point de vue médical ; elle justifiera le but de ce travail.

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