ANATOMIE PATHOLOGIQUE
LÉSIONS OSsEUSESs. — Les résultats fournis par l’examen d’un os long, fémur ou tibia, débarrassé des parties molles, sont en tous points comparables à ceux fournis par l’exploration clinique. L’os est dans son ensemble très augmenté de volume surtout au niveau de la diaphyse. Lorsqu'on soupèse cet os on est frappé de sa légèreté contrastant avec son vo'ume énorme. La fragilité de cet os est remarquable et les fractures spontanées sont fréquentes qu ne se consolident qu'avec une extrême lenteur et souvent pas du tout. Hillereau dans sa thèse en a donné un exemple frappant : « La malade s’appuyant sur son coude pour se relever un peu a perçu un eraquement au niveau de sa clavicule, sa grosseur es, devenue plus douloureuse et a augmenté dans la proportion que nous lu voyons aujourd’hui. Il est évident qu'il s’agit d’une fracture spontanée avec col exubérant. »
Le périoste est plus adhérent au tissu osseux qu’à l’état normal.
La surface de l’os est loin d’être absolument régulière ; elle présente une apparence raboteuse, parfois des bosselures. Elle a de plus un aspect poreux analogue à celui du tissu spongieux des os courts, aspect dû à une multitude de petits pertuis qui ne sont autres que les canaux de Havers dilatés.
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La cavité médullaire est souvent élargie, la moëlle est : plus rouge comme une moelle en réaction. |
Les saillies d’insertions musculaires sont exagérées, les ligaments sont en partie ossifiés à leur voisinage d'insertion. ; | :
Les os courts ont aussi une égèreté particulière.
Les os de la voûte crânienne sont très épaissis, pouvant parfois dépasser 3 centimètres ; leur sur ace mterne est plus régulière qu’à l’état normal. A la coupe, la dissection des tables interne et externe n’est plus possible ; le diploé est remplacé par un tissu spongieux homogène,
Les corps vertébraux participent peu au processus hypertrophique, mais les ligaments intervertébraux sont épaissis, parfois ossifiés partiellement.
Les côtes, devenues très spongieuses, sont très fragiles.
L'étude histo'ogique des lésions osseuses montre un processus d’association d’ostéite condensante et d’ostéite raréfiante. Le tissu compact de l'os subit une transformation spongieuse diffuse par agrandissement des cavités médullaires et vasculaires préexistantes. Du côté de la moëlle osseuse, on note des lésions importantes : elle est constituée en grande partie par du tissu conjonctif fibrillaire dans lequel on ne trouve que très peu de cellu es conjonctives : on y voit également, en très petit nombre, disséminées çà et là, des hématies nucléées, des myélocytes neutrophiles, des cellu'es éosinophiles. On y voit de plus grosses cellules, qui peuvent être désignées sous le nom d’ostéoclastes et qui semblent jouer un rôle important dans le processus de résorption osseuse : ce sont de volumineuses cellules arrondies en polyédriques,