DIAGNOSTIC
En dehors des cas frustes, le diagnostic est en général relativement facile : l’habitus extérieur si spécial, l’augmentation de volume de la tête, les incurvations et hypertrophies du tibia et du fémur, la proéminence de la clavicule suffisent à faire poser un diagnostic exact à la simple inspection.
ACROMÉGALIE.—Les déformations de l’acromégalie sont aujourd’hui bien connues grâce aux travaux de Pierre Marie : elles portent uniquement sur les extrémités, mains et pieds, et épargnent les os longs. Les lésions osseuses de la tête portent sur les os de la face, sur le maxillaire supérieur en particulier et sur la base du crâne, respectant les os de la voûte. C’est donc exactement le contraire de ce | que l’on voit dans la maladie de Paget : le visage de l’acromégalique apparaît avec une forme losangique, sa grosse extrémité est inférieure ; le visage du pagétique est plutôt ovoïde à grosse extrémité supérieure. D'autre part Pacromégalie affecte surtout des sujets plus jeunes.
OSTÉITE HYPERTROPHIANTE PNEUMIQUE. — Elle est
localisée aux extrémités digitales et coexiste avec des lésions pulmonaires chroniques : bacillose, bronchite chronique, dilatation bronchique.
SPONDYLOSE RHIZOMÉLIQUE. — C’est une affection ostéo-articulaire ; ses lésions portent sur les racines des membres et sur le rachis dont elle détermine l’ankylose ; les diaphyses sont épargnées.
LÉonTiAsis ossEA.— Cette affection bizarre, isolée ‘par Virchow, et dont l’étiologie est complètement inconnue, est uniquement localisée au crâne et à la face ; elle n’intéresse jamais les os longs. Elle détermine des tumeurs osseuses localisées, mais miultples qui donnent à la face un aspect monstrueux.
OSTÉOMALACIE. — Les lésions sont localisées aux côtes et au rachis ; elles n’ont pas de tendance à la généralisation et l'élément hypertrophique manque toujours. De plus à la radiographie, l’os ostéomalacique apparaît ‘creusé de vacuoles énormes et irrégulières d'aspect très différent du ouatage de l’os pagétique.
RHUMATISME CHRONIQUE. — Le processus est ici avant tout articulaire, les déformations osseuses quand elles existent sont surtout marquées aux épiphyses. Les didphyses peuvent dans certains cas rares être prises aussi, mais alors elles ne forment pas comme dans la maladie de Paget l'élément primaire de la déformation. Et puis il y manque l’incurvation pagétique.
RAcHITISME. — Le début a lieu dans l'enfance, et la structure normale de l'os est conservée : ; la radiographie montre surtout une condensation de la couche compacte au niveau de la concavité des courbures.
OSTÉOMYÉLITE CHRONIQUE. — Elle débute à un âge beaucoup moins avancé; elle n’est ni systématique ni progressive.
- OSTÉOPATHIES SÉNILES À TYPE PAGÉTIQUE. — Mocquot et Moutier ont récemment étudié une série de déformations squelettiques, des membres inférieurs principalement, qui, associées à la cyphose rachidienne, peuvent donner à certains vieillards, à un examen superficiel, l'aspect de véritables pagétiques. Mais ces lésions, qui se rattachent à l’ostéoporose sénile, ne s’accompagnent, pas des hypertrophies si spéciales des os des membres et du crâne, elles ont un début beaucoup plus tardif et ne présentent pas de tendance à là généralisation.
L'ostéosarcome, les kystes hydaliques osseux, les exos- .10ses osléogéniques ne doivent être signalées ici que Poe
mémoire.
OSTÉITE SYPHILITIQUE. — Les gommes osseuses tertiaires sont, de par leur localisation et eur absence de systématisation, impossibles à confondre. La difficulté est beaucoup plus considérable quand il s’agit de déformations osseuses étendues à un os telles que peut parfois en provoquer la syphilis acquise ou la syphilis héréditaire tardive de Lannelongue. Cet auteur assimilait même
DT PERe
d’une facon absolue la maladie de Paget à la syphilis héréditaire tardive. Nous étudierons plus en détail la question des rapports de ces affections au chapitre pathogénique. Mais nous ret‘endrons cependant déjà que la radiographie qui montre dans la maladie de Paget une hypertrophie en masse de l'os, fait nettement ressortir en cas d’ostéopathie syphi itique un apport d’os compact nouveau à la surface extérieure de l’os normal.
Evolution. — L'état général des malades ne se ble pas influencé par leur affection à moins que l'intensité des déformations n’apporte une gêne fonctionnelle considérable aux organes contenus dans la cage thoracique par exemple. | : |
L'’ostéite suit une marche essentiellement progressive, soit lentement, régulièrement, soit par véritables poussées séparées par un intervalle de plusieurs années (Rénon et Sevestre). L’affection ne comporte pas un pronostic grave quoad vilam. Elle fait du pagétique un infirme à qui la marche est difficile d’abord, et qui finit confiné à la chambre ou au lit avec toutes les complications qui peuvent résulter de l’immobilisation chez une personne âgée.