‹ Essai philosophique [microform]. Quel est le point de vue le plus complet du monde? et Quels sont les principes de la raison universelle?Chapitre 14 sur 14 · VÉRIFICATION DE LA PREUVE · texte numérisé non relu

VÉRIFICATION DE LA PREUVE

Retourner une démonstration sous toutes ses faces, c'est faire en quelque manière les preuves de la preuve. Cette vérification doit consister à retrouver dans la conclusion des identités, tantôt des identités mathématiques, tantôt ce qui a été appelé par analogie des identités logiques, des intelligibilités.

Or, on a vu que fa reconnaissance de l'existence de Dieu se^ résume dans celte fo(^mule, principe ihéologique :

Dieu existe parce que la raison universelle «xiste ;

laquelle a pour expression équivalente :

La Raison est parce que la raison universelle existe.

DE LA RAISON UNIVERSELLE ? l33

Dans cette dernière, l'identité apparaît facilement. 9

I. Identité mathématique. — Cette identité peut être assimilée à une identité mathématique telle que : a; = I, valeur réelle, parce que l'intégrale de

— dx = — valeur réelle ; ou j? = intégrale de A A

II. Identité logique. — Considérons d'abord une expression analogue.

Soit, par exemple, la suivante : Le soleil existe parce que ses rayons existent.

L'identité mathématique, supprimant Ig devenir de ce qui est, voulait dire aussi bien : le soleil est dans son tout parce qu'il est dans l'ensemble de ses parties. L'identité logique dira mieux : la Cause (Dieu ou la Raison) est, parce que tous ses effets, parce que son effet général (la raison universelle) existe ; où se retrouve comme fondement : « tout effet a une cause », qui est le principe causalogique connu, et la première intelligibilité, qui peut encore s'écrire : « tout ce qui est causé a une cause », pour rendre l'identité de la pensée plus frappante.

III. Constatation. —Bien plus, l'identité peut être considérée comme une constatation pure et simple, qui est conforme k celles de Texpérienôe.

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ï34 QUELS SONT LES PRINCIPES

On peut dire en effet : le soleil est parce que ses rayons son^ visibles, parce qu'on le voit, parce qu'on le perçoit ; et de même : la cause est parce qu'on vérifle, parce qu'on constate, parce qu'on perçoit ses effets.

Dieu, ou la Raison, est, parce qu'on en perçoit en soi le rayonnement, qui est la raison universifîée, parce qu'on voit par la vue directe de l'àme (si on ne voit par celle de tout l'esprit qui doit voir moins bien), parce qu'on constate, ou qu'on vérifie, le plus intimement qu'il est possible son rayonnement, qui s'appelle la raison universelle.

C'est pourquoi, il devrait paraître aussi ridicule de dire que Dieu n'existe pas, que de dire la dernière absurdité, que de prétendre que — un — n'est pas un nombre entier.

En un mot, il .suffît de dire : Je raisonne, donc Dieu existe, ,

Ainsi il apparaît que toutes les raisons qui ne sont pas contradictoires, qui sont réelles, démontrent indirectement l'existence de Dieu, de même que tous les mouvements effectifs démontrent l'existence du MouvemenI,

Fort de la vérité, au-dessus de l'opinion changeante, voulant h lumière, atteignant la certitude, on a le devoir de reconnaître que la condition corn-

miine /tour satisfaire la raison de tout esprit, c'est l existence de la raison universelle en son principe absolu, que nous avons saisi, trop grossièrement certes, selon notre mesure, multiple, sous toutes ses faces, faute de pouvoir l'élucider et en pénétrer l'éclat dans une seule formule, qui accumulerait sur elle des intelligibilités si profondes, on a le devoir de reconnaître que cette condition, c'est non moins : la réali.sation sans bornes de ce principe — principe si puissant que la vision exacte de son déploiement pour un seul ordre de la vie laisserait en une admiration muette, anéantie, toute intelligence d'homme — que c'est sa réalisation éternelle, avec toute sa plénitude si inexprimable et si insondable, en l'Es-

prit divin qui est la Raison vivante et illuminante.

Nancy, imprimerie Berger-Levrault et C'c.

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