ETATS
parler, sans aucun antropomorphisme, avec une exactitude adéquate, de l'intelligence divine, de la volonté divine, de la providence divine, de la puissance divine, de l'Esprit divin. Or c’est là une profonde erreur.
Un des caractères de la connaissance religieuse, nous dit M. Sabatier (4), .c’est d'être symbolique. « Cela veut dire que toutes les notions qu’elle forme et qu’elle organise, depuis la première métaphore que crée le sentiment religieux, jusqu'à l’idée la plus abstraite de la spéculation théologique, seront nécessairement inadéquates à leur objet et ne pourront jamais en être données comme l'équivalent, ainsi que cela arrive dans les sciences exactes. La raison de ce nouveau caractère est facile à découvrir. L'objet de la religion est transcendant ; ce n’est pas un phénomène. Or, pour l’exprimer, notre imagination ne dispose que d'images phénoménales, et notre entendement, que de catégories logiques, lesquelles n'ont de portée que dans l’espace et dans le temps. La connaissance religieuse est done condamnée à exprimer l’invisible par le visible, l'éternel par ce qui est temporaire, les réalités spirituelles par des images sensibles. Elle parlera néces-
sairement et toujours en paraboles. »
Une autre raison, c’est le subjectivisme dial dont toute connaissance est empreinte. Nous ne connaissons vraiment que nous-mêmes, et la connaissance que nous avons de nous-mêmes devient pour nous un symbole qui nous permet de nous représenter d’une manière imparfaite, inexacte, tout ce qui n'est pas nous. Toute connaissance du non-moi, par le fait qu’elle est empruntée au moi, est fausse par un Côté, alors qu'elle est vraie par un autre. Entre le moi et le non-moi, il y a analogie, mais non parité parfaite.
Si une fleur avait une connaissance quelconque de
(4) Esquisse d’une philosophie de la religion, p. 390.