ACT AS
Dieu, elle se le représenterait avec une corolle, des pétales et un parfum délicieux. Si la pierre pensait, elle penserait Dieu comme une masse pesante et solidement assise. Si le lion était théologien, il décrirait Dieu avec une ceri- nière superbe, des griffes puissantes et des rugissements qui rempliraient le monde. Les hommes, composés d’un corps et d’une âme, ont raison de se croire façonnés à l'image de Dieu, mais ils doivent renoncer à cette illusion qu'ils seraient l’image parfaite et adéquate de Dieu, Notre esprit, précisement parce qu'il est lié à un corps, n’a que des rapports d'analogie avec l'Esprit divin. Et s’il existe, en dehors de Dieu, des esprits dégagés de toute matière, ‘ces esprits créés n'ont encore qu'un rapport d'analogie avec l'Esprit incréé. Les scolastiques ont enseigné cela jadis, et soutenaient que même la notion d’être ou de simple existence, appliquée à la fois à Dieu et aux créatures, n’a pas exactement le même sens et qu'elle est seulement analogue. Ils appelaient analogue ce que M. Sabatier appelle symbolique. (1)
Si les êtres inférieurs se représentent les êtres supérieurs sous des Concepts inférieurs, réciproquement les êtres supérieurs concoivent supérieurement les êtres inférieurs. La fleur se représenterait la pierre comme une rose largement épanouie ; la fleur aurait de la pierre une conception an{homorphique. Le lion doit penser les fleurs comme de jolis animaux attachés à des tiges ; il a de la fleur une conception zoomorphique. Nous, qui croyons avoir une connaissance adéquate des choses, et qui sommes victimes en cela de la plus colossale des illusions, nous revêtons de nos sensations tous les êtres matériels qui nous
(14) Dans lenr langage qui nans semble nn jargon, mais qui est d'une précision admirable, les seolastiques distiignaient trois sirtes de termes où de concepts : ils sont ou wynivoques, ou équivoques. on anologues. Si j2 dis: J'ai porté une pierre au tas d° pierres, le convept da pierre us! wiivoque. Si je dis: Pia-re à jeté des pierres, le concept de mierra est équiroque. Si je dis: Le Christ est la pierre angulaire. le concept de pierre est analogue. c'esi-a-dire ent prtie vrai. en partie faux. Toute métaphore est un concept analogue, et toute notion religieuse est métaphorique, par conséquent analogique et, symbolique.