AT
qu’il inspire aux autres de prier conformément à ses décrets? Pour répondre à une pareille question, il faudrait assister aux conseils divins ; nous ne pouvons que confesser notre ignorance, adorer et nous soumettre.
Mais la piété, dans ses affirmations, va plus Join que l’exaucement de la prière. Elle est heureuse de croire que l’enfant de Dieu a des droits sur le cœur de son Père, et que la prière ardente et confiante fait à Dieu une douce violence. L'âme qui prie croit que l'événement qu’elle souhaite est subordonné à sa prière ; mieux que cela, elle ose croire que l’action même de Dieu est subordonnée à la prière de la créature. Si la conscience chrétienne ne se nourrit pas d'illusions, nous avons le droit de parler de l'efficacité de la prière.
C’est uniquement de la prière efficace que je traiterai dans ce travail, et non point de la prière exauvée. Sans doute, toute prière efficace est une prière exaucée, mais toute prière exaucée n’est pas une prière efficace. La prière efficace est celle qui est la cause, directe ou indirecte, de l'événement qui est l’objet de la priére. En d’autres termes, la prière efficace est celle qui est la cause de son exaucement.
Dans une Jn‘roduction, je poserai le problème. Y a-t-il des prières efficaces ? Dans quel domaine cette efficacité se trouve-t-elle délimitée ?
Dans une Première Partie, je m’efforcerai d'apporter une explication rationnelle de l'efficacité de la prière.
Dans une Deuxième Partie, je tirerai quelques conclusions
pratiques. Faut-il prier et comment faut-il prier ? * ‘ *
0 Dieu vivant, c’est sous l’action de ton Esprit que je veux me livrer à cette loyale recherche. Je veux arracher quelques-uns des voiles que les hommes ont tendus, très épais, entre toi et moi. En m’ordonnant de t’appeler mon Père, tu m’invites à entrer dans le Saint des saints et à te regarder en face, comme un enfant pénètre, sans se troubler, dans l'appartement de son père, son père fût-il le plus terrible des capitaines ou le plus majestueux des rois. Je veux que chaque ligne de ce travail soit une prière. Si, par ignorance, ma plume {race quelque parole indigne de toi, tu me pardonneras ; car si tu descends au plus profond de mon cœur, tu n’y entendras que des cris d'amour,
Jeantes-la-Ville, le 44 octobre 1898, :