PAR M. GEOFFROY SAINT-HILAIRE
Représentant de l’Académie royale des sciences dans la commission dite de l’expédition scientifique de Morée, et à ce titre appelé à prendre connoissance de quelques débris d’un bas-relief découvert en i83o, et récemment transportés à Paris, je croyois n’intervenir que pour répondre à cet appel : mais entraîné par le sentiment du naturaliste, je me suis trouvé engagé dans d’autres soins.
Ces débris proviennent du temple fameux consacré à Jupiter et bâti à Olympie, dans la vallée et sur les bords de l’Alpliée. On est redevable de leur découverte aux artistes envoyés en Morée, et en particulier à M. Blouet, chef de la section des architectes. Olympie et ses nombreux édifices avoient entièrement disparu, mais les écrits de Pausanias portèrent sur leurs traces; et sur une indication qui ne pouvoit être un renseignement utile que pour le zèle et le savoir, M. Blouet se crut sur l’em—
(1) Par Alcaméne, l’éléve et le rival de Phidias.
(2) Ce Mémoire a été lu à l’Académie royale des sciences , le ' 4 février 1 83 1 , peu de jours après l’arrivée à Paris des parties retrouvées du monument.
placement d’Olympie, et fit fouiller parmi les alluvions de TAlpliée. C’est là qu’on découvrit une partie du fronton du temjdede Jupiter Olympien, principalement l’un des bas-reliefs déerits par Pausanias, et dont cet auteur célèbre le mérite, en le recommandant comme dû au ciseau de l’un des grands sculpteurs de l’époque, Alcaméne, l’élève le plus distingué de Phidias. Dans ce bas-relief. Minerve honore la force, la valeur et les bienfaits d’Ilercule. Une partie des animaux dont le héros a purgé le sol de la Grèce orne cette scène d’ovation.