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d’une république belge. Dumouriez écœuré par la conduite des Jacobins appuyait les statistes.
Les délégués ont pour mission de faire cesser
cette anarchie, aggravée encore par la mauvaise ges-
tion et le pillage. En fait Danton va travailler à la réunion, il agira tant et si bien que le 4 décembre les Belges réclament de la Convention, la formelle reconnaissance de leur indépendance. Jusqu'au 14 janvier 1793 il va parcourir tout le pays.
Alors il doit revenir à Paris, car le 16, c’est le vole à la tribune, d’où dépendra le sort du roi.
A des considérations générales « On ne doit rien attendre des rois de l’Europe que par la force des armes », il ajoute visant les Girondins « Je ne suis pas de cette foule d'hommes d'Etat qui ignorent qu'on ne compose pas avec les tyrans, qui ignorent qu’on ne doit rien attendre de ceux de l'Europe que par la force des armes. Je vote pour la mort du tyran ».
Le lendemain il refuse aussi le sursis.
Le 21 à l’occasion de la mort de Le Pelletier, il prononce un long discours d’où nous extrayons, « Avec un tel peuple il ne faut que des législateurs sages qui sachent tenir les rênes de cette sublime nation. Songez qu'elle est plus grande que nous, songez qu'il n'y a plus d'hommes de génie dans un grand peuple, que le véritable génie est tout entier dans ce même peuple ».
Mais c'est le 31 qu’il prononça son discours capital, celui des « frontières naturelles ». Nice venait d'être rattachée à la France et Danton vient deman-
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der qu'il en soit de même pour la Belgique. « Je dis que c'est en vain. qu’on veut faire craindre de donner trop d’étendue à la République. Ses limites sont marquées par la nature. Nous les atteindrons . toutes, des quatre coins de l'horizon : du côté du Rhin, du côté de l'Océan, du côté des Alpes. Là doivent finir les bornes de notre République, et nulle puissance ne pourra nous empêcher de les atteindre ». | | La réunion votée, Danton repart pour la Belgique avec Camus et Delacroix. Mais là, ce n'est plus la même atmosphère, et Danton n'est plus le
même honime. =
K. — Il faut franciser vite la Belgique. La résistance est grande, aussi les commissaires nationaux ont-ils décidé de « faire soutenir les élections par la force armée », eten même temps demandé, pour ce faire, 20 à 25 bataillons, 2 escadrons…
[Un historien fort impartial, M. Chuquet, va jusqu'à dire un mot plus grave « Danton et Delacroix, écrit-il, acquirent dans cette mission (la seconde) une réputation sinistre ». Ils paraissaient des furieux : grossiers, brutaux, conseillant la violence, ils semblent avoir en outre scandalisé par une cynique ripaille le pays révolté]. =
Merlin de Douai témoignera également, qu’ils n'étaient « presque préoccupés que de leur plaisir ».
En Avril on arrêtera à Arras deux charriots char-
- gés d’argenterie, de linge etc. appartenant à Danton
et Delacroix. | | Le 2 février il prend le chemin du retour et
lorsqu'il arrive Cour du Commerce les scellés sont
sur les portes. Gabrielle Danton est morte le 10, et a été enterrée le 12. Sa douleur est atroce, il fait pro-
céder à l’exhumation le 19 ; il veut revoir sa femme,
l’embrasse et fait mouler sa face.
Parmi de nombreux témoignages de condoléances, il faut citer un fragment au moins de la lettre de Robespierre. « Je t’aime plus que jamais et jusqu’à la mort. Dès ce moment je suis toi-même ».
La politique s'empare de cette mort, et chacun va l’exploiter à son profit.
Quant à Danton, il disparaît tout le mois.
Lonprer
L. — Au début de mars la situation est grave. Depuis un mois l'Angleterre en réponse à l'annexion de la Belgique a déclaré la guerre, « guerre d'extermination ». |
Dumouriez s’est trop avancé en Hollande. Les Autrichiens menacent Liége, La Belgique attend de la coalition sa délivrance.
Les commissaires qui sont en mission en Belgique se réunissent à Bruxelles, et délèguent Danton et Delacroix pour instruire la Convention. Le 8, Danton paraît à la tribune. « Nous avons plusieurs fois fait l'expérience que tel est lle caractère français, qu’il lui faut des dangers pour déployer toute son éner-: gie... Eh bien, ce moment est arrivé... Citoyens vous n'avez pas une minute à perdre ».
Rappelons à ce propos le discours du 19 Août : « Il est temps de dire au peuple, que le peuple en masse doit se précipiter contre ses ennemis... ». La situation est identique, plus grave encoré, peut-être.
Le lendemain il prononce deux discours. Un le matin sur la situation politique. « Quand l'édifice est en feu, je ne m'attaque pas aux petits fripons qui veulent démeubler, mais d’abord j’éteins l’incendie... ». « Que vo commissaires partent à l'instant, qu’ils partent cette nuit... Je fus dans une position telle que celle-ci dans le moment où l'ennemi était en France. Je disais aux prétendus patriotes : vos discussions sont nuisibles au succès de la liberté.
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Vos discussions sont misérables. Je vous rebute tous, vous êtes tous des traîtres. Battons l’ennemi, et ensuite nous disputerons. »
L'après-midi, il revient à la charge, et parle sur l'établissement du Tribunal Révolutionnaire, car il faut sans désemparer prendre les grandes et graves mesures qui s'imposent. « Ici, le salut du peuple exige de grands moyens et des mesures terribles. Je ne vois pas de point milieu entre Iles formes ordinaires et un tribunal révolutionnaire. L'histoire atteste cette vérité ; et puisqu'on a osé, dans cette Assemblée, rappeler ces journées sanglantes sur lesquelles tout bon citoyen a gémi, je dirai, moi, que si un tribunal eût alors existé, le peuple auquel on a si souvent, si cruellement reproché ces journées, ne les avait pas ensanglantées, je dirai et j'aurai l’assentiment de tous ceux qui ont été les témoins de ces événements, que nulle puissance humaine n’était dans le cas d'arrêter le débordement de la vengeance nationale.
Profitons des fautes de nos prédécesseurs. Faisons ce que n’a pas fait l’Assemblée législative : soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être : organisons un tribunal, non pas bien, cela est impossible, mais le moins mal qu'il se pourra, afin que le glaive de la loi pèse sur la tête de tous ses ennemis.
…Je ne propose pas que rien soit désorganisé, je ne propose que des moyens d'amélioration. »
Il voudrait encore renforcer le pouvoir exécutif, et pour renforcer aussi le législatif, il réclame encore l'union. Le 15 mars voit la dernière tentative
de réconciliation avec la Gironde qui se montre iniraitable. Ge sèra donc la guerre. k
Avant, il lui faut repartir pour la Belgique, calmer Dumouriez, et obtenir rétractation de la lettre pleine de menaces qu'il a adressée le 12 à la Gonvention. Par cette démarche, la trahison fut peutêtre reculée au 4 avril.
Le 27, il est de retour, et intervient encore puissamment, quant aux moÿens à mettre en œuvre pour sauver la France. É ï
« Que dira donc le peuple ?.. Il dira que des passions misérables agitent ses représentants, tandis qu'ils devraient diriger leur énergie, et contre les ennemis de l’intérieur, et contre les ennemis du dehors. Il dira que vous ne faites pas votre devoir, il le dit déjà, et moi je vous le répète. Qu'est-ce donc que cès passions qui ont ici tout dominé, au lieu que de ne s’occuper que de l'intérêt du peuple?
« :..Si les amis de la liberté ne sont pas respectés, si la représentation nationale, si les enfants du peuple (car nous sommes ses enfants ei non ses pères) ne sont pas entourés de la confiance nationale, la liberté chancelle et la patrie n’est plus.
« Je ne veux vous citer qu’un seul fait sur lequel vous jetterez aussitôt, comme moi, le voile de l'oubli, car s’il était dans mon caractère d'entrer dans les détails, je vous dirais... »
Le 25, la Convention remplace la Commission de Défense par le Comité de Salut Public, où la Gironde est en minorité. La bataille va reprendre au sujet de Dumouriez que tous deux ont protégé.
| Le 30, les Girondins le provoquent, et s’il est encore question des fonds secrets, ils ajoutent maintenant les bruits qui circulent sur les missions en Belgique. Aussi, le 31, Danton s’explique-t-il aux Jacobins sur la trahison de Dumouriez.
« J’eus des rapprochements avec Dumouriez, Je le dis, je flattais d’abord son ambition. Dumouriez É nous servit surtout par ses vices. J’ai fait son éloge dans un moment où il pouvait perdre toute notre armée. »
5 / Le lendemain, à-la Convention, à de nouvelles attaques, il juge que la mesure est comble, et déclare à la Gironde cette guerre dont deux mois plus tard, ses cheïs mourront.
È « J'ai cru longtemps que, quelle que fût l’impétuosité de mon caractère, je devais tempérer les . moyens que la nature m'a départis, je devais em- | ployer dans les circonstances difficiles où m'a placé ma mission, la modération que m'ont paru commander les événements. Vous m’accusiez de faiblesse, vous aviez raison, je le reconnais devant la Fran-
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ce entière |
- .…Æ£h bien | je crois qu'il n’est plus de trève entre la Montagne, entre les patriotes qui ont voulu la mort du tyran, et les lâches qui en voulant le sauver 3 nous ont calomniés dans la France !
4 Qui a pressé l’envoi des commissaires ? Qui a accéléré le recrutement, le complètement des ar- € mées ? C’est moi : moi, je le déclare à toute la France, l qui les ai lle plus puissamment agi sur ce complète- 3 ment.