INTRODUCTION
Les grands hommes de l'Histoire sont souvent jugés de façons bien différentes. Alors qu’un d'eux a de fervents admirateurs, qui s'appuient sur de sérieux arguments, d’autres le méprisent pour des raisons non moins motivées.
Parmi les nombreuses explications qu'on pourrait donner de cette inégalité de traitements, on peut admettre que, précisément, ces hommes-là présentent dans leur psychisme quelque chose d’anormal, d’extraordinaire, qui déroute les observateurs seulement au fait de la psychologie normale.
Certains pourtant suspectent le déséquilibre, s'engagent dans la bonne voie de la connaissance, mais s'arrêtent faute de moyens. Ils concluent alors d’un mot imprécis pour eux, emprunté à la psychiâtrie, et qui leur suffit. Certaines réputations sont ainsi faites. Le sujet relève alors de la psycho-pathologie qui étudiera la psychose ou lle déséquilibre, éliminera les faux diagnostics qui circulent, et en proposera un, plus sérieusement motivé.
C'est ce que nous nous proposons de faire au sujet de Danton, dont l'existence, de 1789 à 1794, présenta toute une série d’oscillations alternative-
rh
ment expansives et dépressives. Troubles de l'humeur qui, à plusieurs reprises, furent rattachés à la neurasthénie par les historiens, et que nous nous proposons de rapporter à la Cyclothymie.
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Au cours de la vie de société, l'individu est appelé à montrer les différents aspects de sa valeur. Si chacun possède sa valeur potentielle, ce qu’on apprécie c'est la valeur résultante qui, elle, dépend des mille aspects de la vie quotidienne, avec ses occasions, ses variations, ses hasards, ses épreuves. La vie sociale est donc ainsi le réactif de l'individu.
Partant d’une individualité, on pourrait donc imaginer plusieurs aspects sociaux, suiyant les conditions dans lesquelles on la ferait évoluer. Ce ne serait que jeu de l'esprit, car dans la réalité il en va tout autrement, et des réactions qu'a présentées un individu dans des conditions définies, on ne peut présumer de son devenir dans d’autres conditions.
Mais c’est dans les périodes où la vie se transforme sans arrêt, dans les périodes de crises, que bien souvent les individus se révèlent. Ils montrent alors, ce qui sommeillait en eux, ce qu'ils soupçonnaient peut-être ou ignoraient tout à fait, mais souvent ils laissent apparaître ce qu'ils auraient pu dissimuler toujours, dans des temps plus calmes.
Si l’ancienne personnalité s’atténue ou sombre, il subsiste tout ou partie de ce que l'expérience a enseigné. ; \ Mais dans les périodes agitées, les réactions de l'individu sont d'autant plus marquées que le per-