‹ Essai statistique sur le canton de NeuchâtelChapitre 10 sur 15 · IO · texte numérisé non relu

IO

d) Feuin, village

<?) Velard, village

f) Saules, village

g) Dombresson, village, pa-

roisse 580. 136.

Habit. Mais.

h) GrandSavagnier,village 1 ^ ^

i) Petit Savagnier, village J

A) Villîers, village . . . 260. 65.

7) Pasquier, village . . . 54°* 62 ' m) St. Martin , village, paroisse

n) Grand Chézard, village f o) Petit Chézard , village J J>) Fontaine, village, paroisse 300. 67.

y) Cernier, village . . . 450. 86.

r) Hauts -Geneveys , village 280. 48»

s) Fontaine Melon , village 26.0. aa.

0 Boudevillers,. village 1 ^ ^ m) Jonchère, village . . ^ a>) Coffrane, village . . "j a) Geneveys sur Coffrane, 1 , village . . . . j

jr) Montmollin, village J

18°. Mairie du Locle.

Habit.

a) Locle, grand village,-»

paroisse .... !

b) plusieurs hameaux et [

maisons cparses . . J

19°. Mairie de la Sagne.

La Sagne, village, paroisse 1580. 259.

20°. Mairie de Brenets. .

a) Brenets , village, paroisse '

b) Planchettes , village, f l37 °' paroisse . f . . J

21°. Mairie de la Chaux -de -Fonds*

a) Chaux - de - Fonds , *ï

grand village, paroisse *

b) plusieurs hameaux

maisons eparses

et > 5920. 559- v

Le total des habitans de la Principauté est doue de 50810, celui des maisons de 7468.

Des 50810 habitans 36220 Sont sujets indigènes de la Principauté , 14590 sont des étrangers, *

En prenant la moyenne des xo années de 1804 à i8t3*on obtient les résultats suivant

Total de la population 490*9 fyo* Par lieue quarrée 1^54 %o habitant.

Naissances 1499 9j 10 dont 27 dj* 0 illégiiv times, ensorte que pour 100 enfans, il eit né 1 ^f/oo, enfans illégitimes. .

Morts 1060. Les maladies les plus fréquentes sont Thydropisie et des affections de poitrine.

Mariages 554 tyo. Divorces 5 ^ i0 .

En examinant l'état de la -population à différentes époques, on reconnoit sans peine que c*est à l'industrie seule qu'est dû son accroissement. Des documeus nous man- ' quent pour fixer avec exactitude la population

de la Principauté dans les XVI. et XVII.

siècles. On observe seulement qu'en 151a,

la population du Comté de Vallangin, comprenant les mairies de Vallangin , Locle , gagne, Brenets et la Chaux -de- Fonds etoit de 600 feux, ou 5000 habitans, tandis qu'elle excède maintenant 18000. La Chauxde-Fonds, aujourd'hui vilLe manufacturière, ne comptoit alors que 7 maisons et une chapelle dédiée à St. Hubert, patron des chasseurs, le seul saint à invoquer dans ce désert. ^Lu milieu du XVII. siècle, d'après des calculs approximatifs, il existoit dans la Principauté

de 24000 à 26000 habitans,

La population n'éprouva pas une augmentation fort sensible avant l'an 1740, époque ou l'industrie commença à se développer. En 1752 date <lu premier dénombrement exact, ..ordonné par Frédéric le Grand, on trouva;

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En 60 ans la population indigène et propriétaire n'a donc augmenté que de 2 / 7 environ , tandis que le nombre des étrangers qui n'ont qu'un domicile éphémère et de «impie convenance, a, dans le même espace de tems , plus que triplé.

La ville de, Neuchàtel, renfermant 4500 habitans, a été bâtie sur deux collines sépaxées par le Seyon ; elle s'est successivement étendue, au bord du lac, sur les alluvions accumulées par le torrent qui la traverse.

Le» sommet de la colline de l'Ouest est occupé par un temple gothique, bâti a la lin du XII. siècle par Ulrich Seigneur de Neuchàtel et Berthe de Grange sa femme.

Ce temple probablement édifié sur les ruines d'une antique chapelle, fut consacré à la Sainte Vierge et sa dédicace comme église collégiale eut lieu le 8. Novembre 1276. A la droite du chœur, sur un monument gothique f sont placées les statues de plusieurs Comtes et Comtesses de Neuchàtel. Un vieux château, voisin de ce temple, est le siège du

gouvernement de la Principauté. Dans la partie basse est l'hôtel de ville, édifice solide et moderne , occupé par les conseils et l'administration particulière de la ville et bourgeoisie de Neuchâtel. L'hôpital de la ville est en face , une Maison d'Orphelins tout auprès. On a récemment conquis sur les eaux du lac une bande de terrein , qui plantée d'arbres et prolongée derrière le faubourg^ forme une promenade agréable : elle atteindra bientôt une butte de rochers, nommée Crêt, de laquelle la ville se présente sout l'aspect le plus avantageux. A peu de distance du Crêt, est l'hôpital fondé en i8to par Mr. Jaques Louis de Pouttalès. La ville est généralement bien bâtie, le Faubourg, rue construite depuis 60 ans y a plusieurs belles maisons, mais elle est malheureusement adossée au Jura et placée au centre d'un grand vignoble. Les murs qui forment la clôture des vignes, bordent tous les chemins; ils y concentrent la poussière et la chaleur, et oient presqu'én entier la vue du lac et des Alpes.

Pour connoitre la partie de pays et du vignoble à l'Orient de la ville, il convient de monter à l'ancienne Abbaye de Fontaine André , distante de la ville d'une demi lieue. De la terrasse de ce lieu élevé on voit a ses pieds les villages de la Cbatelainie de Thielle, avec leurs vignes, leurs vergers et leurs champs ; plus loin la ville du Landeron, dont le temple isolé indique l'emplacement de l'ancienne ville de Nugcrol , dans le lointain le lac de Bienne et ses isles*

A trois lieues de la ville , presqu'au sommet de la montagne de la Tourne y est une pointe de rocher, nommée tablette, élevée de 3500 pieds au-dessus de la mer , et d'où l'on découvre parfaitement la partie basse de la Principauté à l'Ouest de la ville. Immédiatement au pied du rocher, est le village agricole de Rochefort, plus bas la petite ville de Boudiy baignée par l'Areuse , avec Cortaillod , et leurs vignobles et leurs manufactures de toiles peintes. Le beau village de Colombier au

milieu de % ses vergers et de ses belles allées. Les quatre villages d'Àuvernier , Corcelles, Cormondrèche , Peseux, entourés de leurs riches vignobles % s'offrent à l'Est, puis la ville de Neuchâtel, et la vallée du lac de Bïenne.

Les points les plus avantageux pour découvrir le Val-de-Ruz sont au-dessus du village de Fenin et à l'auberge du village des Hauts- Geneveys sur la route de la Chaux de -Fonds. De ces deux emplacement ou

voit toute cette grande vallée , ses champs et ses prairies et plus de vingt villages. Les toits couverts en bois et la construction simple des maisons, annoncent que l'agriculture régne dans ces lieux et que l'industrie y a fait peu de progrès.

Le Val-de-Travers doit surtout la beauté de son site à la rivière de la Reuse qui le traverse dans toute sa longueur. De nul en- »

droit ses beaux villages ne paroissent autant à leur avantage, que de la ferme de Sagneule au-dessus du village de Motiers,

ou de l'antique château du Val-de-Travers perché sur une créte de rocher à peu de distance de ce même village. Ici les constructions des villes alternent avec les cons- . tructions rurales et annoncent que la charrue et le râteau sont souvent abandonnés pour la lime et les fuseaux. Au midi de Motiers est une cascade au pied de laquelle on trouve l'entrée d'une grotte qui pénètre à près d'un quart de lieue dans Tin- . térieur de la montagne.

Le Locle et la Chaux- de -Fonds occupent une des vallées les plus élevées du Jura à 3000 pieds environ au-dessus du niveau de la mer, Ces deux villages, ou plutôt ces deux villes, doivent leur existence à l'industrie des habitans.

De belles routes conduisent ou Locle et à la Chaux-de-Fonds. Depuis U montagne de la Tourne , après avoir traversé une grande vallée tourbeuse on Arrive aux Ponts , village dont les habitans privés d'agriculture sont principalement occupés;

d'ouvrages en horlogerie et de la fabrique des cadrans de montre en émail.

Après avoir traversé la montagne qui ferme la vallée du côté du Nord , on entre dans le vallon de la Chaux -du- milieu , triste et pauvie contrée qui touche au territoire français et qu'on parcourt de l'Ouest à l'Est pour arriver sur les hauteurs du Locle. La longue ligne de maisons grandes et élevées de ce village, occupe tout le fond d'une vallée fort étroite parcourue par un ruisseau. Les principales maisons de commerce en horlogerie et un grand nombre d'ouvriers habitent le Locle. À un quart de lieue à l'Ouest , le ruisseau se perd dans une profonde ouverture de la montagne. Pour profiter de sa chùte on a suspendu sur cet abîme trois moulins; l'éxubérance des eaux qui réduisoit en marais fangeux la prairie entre le Locle et les moulins, a été évacuée par une trouée de 1000 pieds de longueur percée dans un roc vif. Du Locle et par une suite de petites vallées , on arrive aux

Brenets, village que le Doubs sépare de la Franche- Comté. Ici la rivière a l'aspect d'un lac: elle remplie au-dessous des Brenets plusieurs bassins , formés par des parois de rachers à pic de plus de 1000 pieds d'élévation , jusqu'à un lieu où elle fait une chùte de 80 pieds. Du Locle à la Chaux de- Fonds, pendant deux lieues, on parcourt une ligne presque non interrompue de maisons bâties au centre de petits enclos. A la Chaux -de -Fonds, incendiée en Mai i794 f la modeste chapelle de St. Hubert a fait place à un beau temple ovale qui domine le village -et la contrée; les maisons jadis couvertes en bois ont été remplacées par des vastes et grauds édifices, disposés en rues alignées et annonçant au premier coup d'oeil les demeures du commerce et de Pindustrie. La Chauxde- Fonds est le grand marché du commerce de fabrication. On revient à Neuehàtel par les Loges et le Val-de-Ruz. Du point le plus élevé de la route, au-dessus des Loges, on appercoit au Nord le corn-

mencement de la chaîne des Vosges et au midi l'immense et - imposante chaîne des Alpes.

Il existe une ancienne carte de la Principauté par le Docteur de Merveilleux : on en a fait plusieurs copies en France et en Allemagne. La carte levée en 1806 par M. J. F. d'Osterwald est fondée sur les calculs les plus exacts ; elle donne une idée parfaite du pays,

nr.

Histoire.

Un très petit pays, dont le bonheur consiste à être ignoré et oublié, ne peut avoir d'histoire. La sèche nomenclature d'anciens Sires et Barons , le récit de quelques événemens de nulle importance, offrent à peine quelqu'intérét aux habitans du pays même.

Afin de ne pas laisser de lacune dans ce travail on fera cependant connoître les Seigneurs des cinq maisons qui ont possédé

la Principauté et on cherchera a donner une idée de l'état de la civilisation aux époques de leur avènement.

Le Jura étoit une des limites de l'Helvétie. Les habitans de la pente méridionale de cette chaîne de montagnes appartenoient donc à la nation des Helvétiëns.

Dans une dissertation , qu'on lira toujours avec autant d'intérêt que son auteur en a mis à récrire, le chancelier G. de Montmollin , vivant à la fin du XVII. siècle, a en quelque sorte prouvé que Noidenolex , ville détruite par les Htlvéïiens sous Jules- César , rebâtie ensuite sous Vespasien ec ruinée de nouveau par les Barbares, étoit située/ près de Neuchâtel, dans un quartier qui, encore aujourd'hui, porte le nom de "Vieux-Cbâtel. Sans adopter complettement cette opinion, nous pensons que le Noidenolex des Helvétiens étoit sur les bords ou a proximité du lac de Neuchâtel.

A mesure que la colonie Romaine d'Avenche* s'accrut et prospéra, la contrée voisine

dût nécessairement être habitée et cultivée.

Le Jura étoit le lieu le plus à portée de cette grande Cité pour en tirer les pierres et les bois nécessaires aux co/mructions. De cette époque datent probablement les premiers essais de culture de la vigne. Cependant le très petit nombre de monnoyes et d'antiquités Romaines trouvées dans le Pays de Neuchâtel fait présumer que les établissemens y étoient rares et peu considérables.

C'est au bord du lac et à l'embouchuie des ruisseaux qu'on doit surtout en chercher les^ traces. Ainsi le village de St.-Blaise connu dans tous les anciens actes sous le nom d'Arens , (ArenaJ ainsi que celui de Maria (Mala Arena) paraissent avoir été des ports fréquentés par les embarcations romaines qui chargoient en ces lieux les pieries des belles carrières d'Hauteiive (Alta npa) , Serrières , dont le nom de basse latinité (Serrae) désigne très bien la localité , étoit un lieu très propre à convertir en planches les sapins du Jura et à les embarquer pour

Aveaches. Une route dont les traces portent encore le nom de Vi détra (Via dextraj, traversoit les foiêts donc le pays étoit couvert et tendoit directement d'Iverdon dans la Rauracie. Bevaix (Bîvfce), Tancien Pont-à-Reuse , Bole , doivent selon toute apparence leur existence à cette route* Les chroniques du pays indiquent deux établissemens Romains chargés de la protéger au Val-de-Ruz , dont l'un Baccontour (Bacchi-turris) étoït près de Savagnier.

Les irruptions des Barbares effacèrent les faibles traces de la culture et de la civilisation introduites par les Romains, Les noms du moyen âge suffisent pour donner Tidée de l'état ou la contrée avoit été réduite. Le pays en générai est nommé dans les plus anciennes chartes Nigrimontes. La belle et riante vallée du lac de Bienne Nigra valUs , et par corruption ' Nugerol. Des hommes fuyant la persécution et la mort s'établirent dans ces déserts, sous la protection de Barons dont ils se reconnoissoient serfs ou vassaux*

. Aux VII. et VIII. siècles, le pays qui s'étend depuis le lac de Neuchâtel jusqu'à l'Aar et toute la vallée du lac de Biennè appartenoit à une famiHe parente ou alliée des derniers Rois de Bourgogne. Elle résidoit au château de Feni (Vinels) , près de Cerlier et ses terres dépendoient du Comté de Bargen qui s'étendoit depuis l'Alsace aux Alpes. La Reuse séparoit vraisemblement ce Comté de celui de Vaud qui formait la seconde grande division de la Bourgogne Transjurane. Le Jura étoit une vaste foret inhabitée séparant la Bourgogne de l'Allemagne. Le val de Nugerol , incorporé des le IX. siècle au Comté de Bipp , reparoic dans une charte du Roi Conrad de 957 comme appartenant au Comte de Bargen.

A cette époque Nugerol et son temple exis^toient déjà. Eu 998 un Seigneur nommé Rodolphe fonda l'Abbaye de Bevaix , lui donna des terres considérables, l'église de St. Martin au village de ce nom et des droits au village de Brou L'acte de fonda-

tion annonce que ce monastère est situé au Comté de Vaud, Diocèse de Lausanne. En 1016 paroissent les premières notions certaines de la maison qui depuis prit le nom de Neuchâtel. Dans une charte de cette année Cuno et ses fils interviennent en qualité de Comtes du Val-de-Nugerol. Leur résidence étoit Feni. Neuchâtel n'étoît qu'une bourgade possédée par un vassal d'un Comte de là Haute -Bourgogne. Deux couvents paraissent avoir occupé remplacement actuel du temple et du château. Une tour portant le nom de Chatelard de Peseux formoit vraisemblablement la limite de la Baronie de Neuchâtel, du côté du couchant. Colombier appartenoit, selon toute apparence, à d'autres Barons. Le nom d'Humbert qui en 1092 fonda le Prieuré de Corcelles, auquel il donna l'église de Coffrane, paroit encore étranger à la famille des Comtes de Feni.

Wîppo, Hermann le Contiact, Heppidan, sont les premiers historiens qui font mention de Neuchâtel: il rapportent qu'en 1032,

Eudes ou Otton de Champagne , profitant de l'absence de Conrad «le Salique , fit après la mort de Rodolphe III. une invasion dans le Royaume de la petite Bourgogne, et s'empara de Neuchutel où il avoit des partisans. Qu'à son retour de Pologne Conrad reprit cette ville, extermina, selon l'usage du tems , les adhérans d'Otton et donna Neuchâtel en fief à Ulrich Comte de Feni, un des plus fidèles soutiens de la maison Royale.

En adoptant ces faits, on peut admettre la généalogie suivante des Comtes de Neuchâtel.

X. Ulrich I. Comte de Feni , invêtu en ' 1032 du Fief de Neuchâtel, par Conrad le Salique, mort dès 1070, présumé fils de Cuno Comte de Fenî. Il eut trois fils : Rodolphe I. qui suit ; Bourcard fondateur du château de Cerlier ; Cuno Eveque de Lausanne. Ces trois fils d'Ulrich , fondèrent l'Abbaye de St. Jean. Bourcard fonda en 1083 le Prieuré de St. Alban à Baie. Quoique Evcques, tous avoient été maiiés.

2. Rodolphe I. Seigneur de Neuchâtel, croisé en 1096 puis Evéque de Baie, mort aux environs de Tan 1108. Selon d'anci- ennes chroniques il avait eu deux fils, Ulrich II. et Berchtold Evèque de Bâle : quelques historiens croyent Ulrich IL neveu de Rodolphe.

5. Ulrich II. Seigneur de Neuchâtel, marié, selon une ancienne chronique, à Anne de Kybourg, père de Rodolphe, qui suit, encore de Mangold, tige des Seigneurs de Nydau et de Bertold, tige des Seigneurs de Valangin. Ulrich II. mourut en 1132.

• 4. Rodolphe II. Seigneur de Neuchâtel, marié à Emma, fille de Pierre de Glane, père d'Ulrich III. et deBertliold, fondateur de l'Abbaye de Fontaine-André , mort en 1 16 1.

5. Ulrich III. Comte et Seigneur de Neuchâtel , marié à Berihe de Granges qui lui survécut et qui fonda au réedifia l'église collégiale de Neuchâtel : Ulrich eut trois fils; Rodolphe qui suit, Ulrich, tige de plusieurs branches cadettes de la maison de Neu-

châtel , et Berthold , Evéque de Lausanne:

d'après la tradition générale il mourut en 1209.

6. Rodoldphe III. Comte et Seigneur de Neuchâtel , marié à Varenne de Kybourg- Burgdorf, mort avant son père en 1190, il laissa un fils en bas âge nommé Berchtold.

7. Berchtold, Comte et Seigneur de Neucbâtel, sous Ja curatelle de son onclle Ulrich , marié avec Richenza de Frohburg , dont il eut deux fils , Rodolphe IV. et Hermann ; et ensuite avec Nicole, dont il eut Henri Seigneur de Thielle: il partagea aux environs de Tan 1209 * les ministériaux de la maison de Neuchâtel avec ses oncles Ulrich er Berthold, Evéque de Lausanne. Conjointement avec son oncle Ulrich qui prend le titre de Co- Seigneur de Neucbâtel, il donna en 1214 aux bourgeois de la ville de Neuchâtel le premier acte de franchises. Mort de 1257 à 1261.

8. Rodolphe IV, Comte et Seigneur de Neuchâtel, marié à Sybilie, fille de Thierry, Comte de Momfaucon ,* dont il eut quatre fils: Ulrich, Jean, Prévost du chapitre de

Neuchâtel , Amédée qui suit et Richard , Chanoine de Chàlons. Rodolphe mourut en

9. Amêdêe, Comte et Seigneur de Neuchâtel , marié à Jordane de Neuchâtel- Arberg , selon d'autres de la Sarra dont il eut Rodolphe V. qui suit et quatre filles, Amédée mourut le 5. Février 1286.

10, Rodolphe V. (RollinusJ Comte et Seigneur de Neuchâtel, né eu Sept. 1274, marié en 1299 à Eléonore de Savoye , eut un fils, Louis, et trois filles. Aux Jdes de Sept. 1288, il remit Neuchâtel à l'Empereur Rodolphe I. qui l'inféoda comme fief immédiat de l'Empire au Comte Jean de Chalons. Rodolphe fut obligé de se reconnoître vassal de ce dernier et devint, de Dominus, Domicellus de Chalons. Il mourut le sa. Mars 1342.

11.. Louis , Comte et Seigneur de Neuchâtel, né le 3. Mai 1304, épousa en premières noces Jeanne de Montfaucon , dont il eut Jean dit le Bel et Isabelle; en secondes

noces Catherine de Neuchâtel en Bourgogne, dont il eut Louis le jeune, Varenne et Rodolphe; en troisièmes noces Marguerite de Wuiflans, Louis survécut a ses trois fils ; il mourut le 5. Février 1373 et fut enterré avec son épée, son casque et l'écu de sa maison dans le mausolée qu'il avait fait ériger en 1372 dans la Collégiale de Neu~ châtel.

12. Isabelle, Comtesse de Neuchâtel, mariée à Rodolphe, Comte de Neuchâtei- Nydau, morte sans eufans le 23, Décembre 1395 et enterrée à coté de son père. Elle avoit, par un testament du 3. Novembre 1394, confirmé le 13. Février suivant, institué pour héritier son neveu Conrad fils d'Egon de Furstemberg, Comte de Frybourg et de Varenne de Neuchâtel, sa sœur.

Conrad le Salique en enlevant Neuchâtel à un Gentilhomme de la Haute -Bourgogne et en le donnant comme Fief immédiat de l'Empire à Ulrich de Feni , jeta, sans s'en douter , le premier germe du bonheur et

de la prospérité futures de ce petit pays.

Pour conserver ce nouveau domaine , la maison de Feni y attira des hommes de ses anciennes possessions ; elle les fixa sur les pentes arides du Jura par des affraochisserneus et des immunités, et leur assura un azile dans le Chastel de Neuchâtel qu'elle aggrandit et fortifia. Dés Tan 1072 la ville étoit divisée en deux parties distinctes ; Tune, leNeuf-Chastel, comprenoitle châtjau, le temple, les rues du château et du Pommier. La Tour de Diesse appelée Male-

porte conduisent aux graviers du lac; l'autre

appelée le Neuf-bourg étoit composé des rues de ce nom et des Ch a vannes; une tour située à l'angle méridional et oriental de la grand -rue actuelle, protégeoit du coté du lac les murs d'enceinte des côtés du midi et du couchant.

• Il n'y avoit à cette époque reculée que trois espèces d'habitans dans le pays : les hommes royès ou royaux , homines regales ; ils ctoieot libres, ne dépendoient que dt

PEmpereur et auivoient à cheval la Bannière du Cômtc. Les Ministeriaux (Ministeriales) du Comte , par lui préposés sur de certains districts qu'ils admiuistroient et dont ils prenoient ordinairement le nom : ils étoient hommes du Comte, le servoient à cheval en qualité d'Ecuyers. Enfin les Serfs , (Servi). Neuchâtel devenu par sa positition la défense naturelle des terres de la maison de Feni , du côté redoutable de la Bourgogne, prit de jour en jour plus d'acroissernent. En 1 113 ses habitans furent nommes Burgenses , affranchis de la servitude et placés à la condition de taillables, c'est-à-dire d'hommes imposables selon leurs facultés, maïs sur lesquels le Comte renoncoit au droit de vie et de mort, les soumettant pour tous le cas de crime à la justice et aux loix de l'Empire. -

Une magistrature municipale composée de , 12 Preud'homraes et de a Minîstériaux, dont l'un appelé Centurio Ministérialis, fut chargée de soigner les intérêts des bourgeois et paroit dater de la même époque. On voit que dans

le siècle suivant y les liberté accordées en ïi 15 furent successivement étendues et que la population et la prospérité croissantes rendirent de nouvelles dispositions nécessaires. L'acte de 1214 qu'on appelé improprement franchise, n'est qu'une rédaction des usages introduit* à Neuchâtel depuis 11 13. L'Evéque de Lausanne, en ratifiant cet acte l'appelé des conventions qu'ont les uns avec les autres Ulrich Comte et son neveu Berthold, Seigneurs de Neuchâtel, d'une part et les Bourgeois du m* me lieu , d'autre part.

Le droit de posséder et de disposer de ses biens, sinon en faveur de Moines blancs, est formellement reconnu. La sûreté des personnes contre tout procédé arbitraire est garantie , les impositions des terres et des artisans sont réglées de la manière la plus équitable.

Les progrès de la civilisation f quoique entravés par les altercations fréquentes d'une noLlesse toute militaire, durent nécessairement s'étendre de la ville aux campagnes.

C'est donc aux XII. et XIII. siècles que remontent la plupart des deffricberaens qui ont donné naissance aux villages du Val-de- Ruz et du Val-de-Travers. La Seigneurie de Valangin étoit depuis Berthold , troisième fils d'Ulrich II. c'est-à-dire depuis 1 132 , un fief de la Baronie de Neuchâtel. La partie du Val-de-Ruz , au midi du Seyou n'en dépendoit point. Les villages de Fenia et Savagnier, avoient probablement été fondés par Rodolphe , frère aine de Berthoud d'où la contrée avoit pris le nom de Valde-Raoul, Rudolfs - Thaï , Vallis Roduli.

Les montagnes étoient encore inhabitées.

Berthold fonda en 1134, la Bonneviile, qui fut détruite en 1301 dans une guerre entre Rodolphe V. Comte de Neuchâtel et Jean et Thierry de Valangin ; on voit encore les Tuines de cette petite ville entre la Borcarderie et Engollon.

Le Vai-de-Ruz se peupla d'étrangers, déclarés affranchis , auxquels on donna des terres et qui prirent la qualité de Francs-

Abergeans* Les montagnes du Locle , de la Sagne et de la Chaux-de-Fondtf, ne commencèrent à être cultivées et habitées toute l'année que dès la lin du XIII» ou le commencement du XIV. sièck.

La bourgeoisie de Valangin , fondée le 5. Août 1352 par Jean II. Seigneur de Valangin , et à laquelle un grand nombre de familles du Val-de-Ruz et des montagnes furent aggtégées , donna à la plupart des habitans , une liberté égale à celle dont on jouissoit à Neuchâtel.

Le Val-de-Travers , malgré une tradition contraire, paroit cependant avoir été très anciennement détaché de la Haute-Bourgogne et réuni au domaine de la maison de Neuchâtel. Le Prieuré , Moustier , auquel le village de Motiers doit son nom et son origine paroit fort ancien ; les Comtes de Neuchâtel en avoient Tadvocatie déjà en 1237, ce qui indiqueroit que leurs pères en étoient les fondateurs. Des chartes des XII. et XIII. siècles font mention de la plupart des

villages de cette vallée , mais ne laissent aucun doute sur la faiblesse de leur population. Les Seigneurs de Joux y excerçoient des droits étendus. On voit par un dénombrement du XIV. siècle, qu'il existoit dans les six villages du Val- de-Ti avers , un grand nombre àïArmiferi, gens d'armes soldés par des fiefs plus ou moins considérables et devant le service au Comte de Neuchâtel.

Ils sont nommés Milites, Chevaliers, Armîgeri, Ecuyers, Pueri , Valets d'armes; plusieurs familles du Val-de-Travers paroissent en descendre.

La ville de Nugerol fut détruite en 1516, remplacée par celle du Landeron fondée à peu de distance en 1325. Boudry fut forlifîé en 1343 et ses Bourgeois affranchis par une charte du 12. Sept, de cette année.

La faiblesse et Téloignement des Empereurs a voient fait naître le désir de l'indépendance chez tous les Barons de la Bourgogne Jurane. Les faibles recherchoient l'appui des plus forts: plusieurs d'entr'eux se déclarèrent

hautement pendant l'interrègne de 1256 a 1272. Rodolphe de Habsbnrg élevé au Trône Impérial en 1273 , mit un terme à leurs projets. Après avoir rappelé k leur devoir les Seigneurs les plus influens, il traita avec sévérité les faibles, Amédée qui s'étoit dès 1272 déclaré contre Rodolphe de Habsburg n'évita qu'avec peine les effets de son ressentiment. Amédée étant mort en 1286, Rodolphe V. ou Rollin son fils âgé de 12 ans, reconnoissant sa vassalité de l'Empire, sollicita en Septembre 1288 la reprise de son fief. L'Empereur rejetta sa demande , il inféoda au contraire Neuchâtel à Jean II.

Comte de Chalons et d'Arlay et celui-ci par un acte du même mois le remit à Rollin.

Rollin de vassal immédiat de l'Empire en devint l'arrière vassal. On verra dans la suite que les droits acquis par cette ioféodation à la maison de Chalons ont procuré à Neuchâtel l'avantage de passer sous la domination Prussienne.

I/accroissement des villes de Berne, de

Fr) bourg et de Soleure, la révolution opérée en Suisse pendant ce siècle , changea entièrement la face des affaires et les vues politiques. Dès 1290 Rodolphe V. s'étoic lié étroitement avec la ville de Frybourg, en 1307 et en 1325 avec Soleure et avec Berne. Peu d'années avant sa more, il défendit à son fils Louis de prendre part à l'expédition de 1339, contre Berne.

Louis de Neuchâtel survécut à ses trois fils ; victimes de l'esprit chevaleresque de leur siècle , ils périrent dans des guerret étrangères. Sa fille Isabelle mourut sans enfans. Ainsi s'éteignit cette antique ec respectable maison qui , pendant quatre siècles avoit travaillé à assurer la liberté et le bonheur dont ses sujets jouissent encore de nos jours. .

Conrad fils d'Egon , Comte de Frybourg et de Varène de Neucbatel, neveu et héritier d'Isabelle , commença la seconde race des Comtes de Neuchitel.

Deuxième Maison.

13. Conrad de Fiïrstemberg , Comte de Frybourg et de Neuchâtel , marié à Marie

de Vergy dont il eut Jean qui suit , né le

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