Jean Louis, dit l'Abbé d'Orléans, qui suit
3* Charles Paris d'Orléans , tué au passage du Rhin en 1672, Henri IL mourut le n. Mai 1663.
22* Jean Louis Charles d'Orléans , Duc de Longueville, Prince souverain de Neuchâtel et Vallangin, né en 1646, mort en 1694 à Y Abbaye de St.- George près de Rouen. M avoit résigné en 1668 la Principauté à son frère. Charles Paris, mais aprèl
sa mort survenue en 16712 , 11 rentra en possession de ses droits sous la tutelle de la Duchesse de Longueville sa mère.
23. Marie d'Orléans , fille d'Henri IL veuve d'Henri de Savoye, Duc de Nèmoursj née le 15. Mars 1625, morte en 1707.
A l'exception de l'achât de la terre de Colombier réunie en 1563 au domaine du Souverain , de la réunion de Vallangin à la souveraineté, effectuée en 1579 et de la reconnoissanee du Comté de Neuchâtel et Vallangin comme Principauté souveraine dans le traité de Westphalie de 16481 les deux siècles passés sous la maison de Longueville n'avoient que peu ou point amélioré Tétat du pays. Des tutelles fréquentes, des difficultés renaissantes à presque chaque changement de Souverain; des écarts aux règles constitutionelles, sanctionnes par les Tribunaux même qui auroient dû s'y opposer, avoLent mis la Principauté à deux doigts de , «a perte. On l'offrit à vendre, on l'hypothéqua pour des dettes qui lui étoient.
étrangères, on prononça son partage. Les mémoires de ce teins là, en rapportant les divisions de nos Souverains , les troubles violens qui agitèrent le pays en 1599, 1618* 1673 , 1699 représentent Neucbâtel comme une maison livrée au pillage. L'intervention des Cantons alliés, la bonne administration de Marie de Bourbon t veuve de Léonor d'Orléans et tutrice d'Henri I. son fils T et celles du bon et loyal Prince Henri IL devenu majeur, et de la Duchesse de Longueville, apportèrent quelques soulagemena.
aux maux de l'état. Cependant l'esprit de parti alimenté par l'espoir de faire fortune ou d'améliorer son sort, détruisit les mœurs simples, le goût du travail, l'ordre et l'économie de nos pères. Les avantages apparens «[ue procuroient le service militaire de France et les pensions de faveur de nos Princes , en firent négliger de plus solides. On abandonna la culture des terres, et bientôt elles passèrent entre les mains d'étrangers plus économes et plus sages que n'étoient alors
les Neuchaielois. À la fin du XVIL siècle, Neuchâtel étoit pauvre , «ans commerce , sans industrie. La ville avoit eu peine à réparer les désastres affreux de l'inondation du Seyon en 1579. Les campagnes n'offroient pas un plus riant tableau; dans les années de disette de 1G22 et 1628, les pauvres mourofent de faim et le manque de bonne nourriture occasionna des maladies contagieuses nommées pestes par les contemporains. Chaque printems un grand nombre de recrues destinées à completter les compagnies Neucbâteloises au service de France, sortoient du pays* Des bandes de charpen^ tiers et de maçons quittoient également le Val-de-Travers et les montagnes, et alloient en France, en Suisse et en Italie pour y gagner par leur travail les moyens d'entretenir leur familles*
La Duchesse de Nérnours étant morte en Juin 1707, treize prétentlans se présentèrent le 28» Juillet devant le tribunal souverain des trois états de Neuckâtel , pour demander
d'être invétus de la Principauté. Ces prétendans étoient:
1. Sa Majesté Frédéric I. Roi de Prusse, , comme héritier des droits de Jean de Châ-
lons , qui en 1288, reçut de l'Empereur Rodolphe l'investiture du fief de Neuchâtel* Son mémoire intitulé: Traité sommaire des droits de S. M. etc. est l'ouvrage de Leibnirz»
2. Le Piînce de Conti comme héritier testamentaire de Jean Louis Charles d'Orléans, Duc de Longueville.
5. Le Prince de Carignan en sa qualité d'arrière petit fils de Charlotte d'Orléans, fille de Jeanne de Hochberg et mariée à Philippe de Savoye, Duc de Némours.
4. Le Duc Léopold Eberhard de Wurtemberg Moutbeillard , reclamant comme plus prochain héritier de Jean II. deChalons.
5. La Duchesse Douairière de Lesdiguière$ , née de Gondy , comme arrière petite fille d'Antoinette fille de Lconor d'Orléans, mariée à Charles de Gondy.
6. Jaques Comte de Matignon, petit fils d'Eléonore, fille de Léonor d'Orléans , mariée à Charles de Matignon.
7. Me. de Soissons , réclamant pour sa fille ks effets d'une donnation faite par la Duchesse de Némours en faveur du Chevalier de Soissons, Louis Henri légitimé de Bourbon.
8- La Marquise de Mailly et de Neëlle, comme descendante par les femmes de Jean frère de Louis de Châlons Prince d'Orange.
9. Le Marquis d'Alégre descendant en droite ligne de Jean IV. de Châlons, Prince d'Orange.
10. Le Margrave Frédéric Magnus de Baden , reclamant les effets d'un pacte de succession réciproque fait entre ses ancêtres
et le Margrave Philippe de Hochberg Comte
de Neuchâtel.
11. Le Baron de Montjoye comme descendant de Catherine fille de Rodolphe V. de Neuchâtel, mariée à Guillaume de Montjoye.
12. Le Comte Frôbeni Ferdinand de Fur- Itemberg, en qualité de descendant d'Egoa
Di
de Furstemberg , mari de Varenne fille de Louis Comte de Neuchâtel.
15, Le Cantoa d'Ury , se fondant sur le refus qu'il fit en 1529 de ratifier la remise faite par onze Cantons à Jeanne de Hochberg, du Comté de Neuchâtel.
Les trois états, par leur arrêt du 5. Novembre 1707, adjugèrent la Principauté, à Frédéric I. Roi de Prusse, pour être possédée comme un état indépendant, inaliénable et indivisible.
Depuis cette mémorable époque la succession des Rois de Prusse forme celle des Princes de Neuchâtel et Vallangin. L'état florissant auquel ce petit pays est parvenu sous l'auguste Maison de Brandenbourg , atteste que les habitans ont joui de toutes leurs libertés et de la protection de Monarques puissans. Echappés en 1792 aux horreurs de la révolution fiançaise par la protection de la Suisse, la qualité' de sujets du Roi de Prusse les préserva des calamités qui dès 1 798 accablèrent l'Helvétie. La dite seule de 1 806.
époque où la Principauté fut cédée à la France, annonce que cette cession étoit un acte de la prévoyante bonté d'un père.
Neuchâtel, fief de l'Empire Français, tomba en partage au Maréchal Berthier. Ce Prince, revêtu d'un pouvoir absolu , eut la sagesse de conserver nos formes antiques. En 1814.
le retour à une domination chérie et à Tancicnne liberté de nos pères, combla tous les voeux. JLa Principauté de Neuchâtel et Vallangin fut Tannée suivante incorporée à la Suisse comme XXIe. Canton. Elle lui appnrtenoit dcja par ses limites, ses traités, les mœurs et les affections de ses h&bitans.
Les Neuchàtelois fourniront de nouveau la preuve que les vertus de citoyens ne sont jamais étrangères au cœur de sujets fidèles.
Du gouvernement et de l'administration.
Le gouvernement de la Principauté' est monarchique. A son avènement au trône, le Roi prête à ses sujets de Neuchâtel et Vallangin , le serment de respecter leurs franchises , libertés , bonnes et anciennes coutumes écrites et non écrites. Après avoir entendu ce serment, les sujets prêtent celui de fidélité. Cet acte solemnel est nommé célébration des sermens'réciproques.
Le Roi comme Prince de Neuchâtel exerce le pouvoir executif et tous les droits de souveraineté , de haute iudicature et de haute police. En l'absence du Prince un Gouverneur et un Conseil-d'Etat qui ordinairement est composé de ai. membres le remplace ; ils rendent compte de leur administation au Roi , reçoivent ses ordres et instructions. Les assemblées ordinaires du Conseil-d'Etat ont lieu les lundi et mardi.
Le Gouverneur et les Conseillers-d'Etat, sont à la nommination immédiate du Roi, ainsi jtjue le Procureur -Général , chargé de la surveillance plus particulière des droits et intérêts du Souverain ; le Chancelier, le Secrétaire du Conseil-d'Etat, le Trésorier- Général, tous les Châtelains et Maires; les Lieutenans-Colonels et Majors et quelques autres Officiers.
Les Châtelains et Maires représentent le Souverain danjs leurs ressorts respectifs , ils président les tribunaux civils et criminels; comme partie publique , ils poursuivent la vindicte des délits ; ils assistent lorsqu'ils le trouvent convenable aux assemblées des communautés.
Le militaire de la Principauté a été jus- ' qu'ici divisé en cinq- Départemens , ceux de Neuchâtel, du Vignoble, du Val-de-Travers f du Val-de-Ruz et des Montagnes, Chacun de ces Départemens est commandé par un Lieutenant -Colonel et un Major nommés et brévetés par le Roi j les officiers subal-
ternes sont à la nomination du Gouverneur en sa qualité de Lieutenant-Général de l'Etal* Les milices où sont incorporés tous les hommes de 18 à 50 ans forment 50 compagnies d'infanterie et 2 d'artillerie ; leur total est d'envirou 5000 hommes. L'incorporation da la Principauté à la Suisse, rendra nécessaire une nouvelle organisation militaire.
Par une capitulation conclue en x8*4> la Principauté a au service de Prusse, un bataillon de tirailleurs, que le Rpi par un effet de sa bienveillance a bien voulu mettre au nombre des corps qui composent sa garde.
Les revenus du Roi se composent: i° De droits régaliens, tels que les Lods, qui sont une imposition de 6 p% du prix capital de *Ja vente de tout immeuble; le bénéfice sur les monnoyes, la régie des postes, les péages etc. tP. Du revenu de différens domaines, de dixmes et de redevances fixes, appelées cens , annuellement payables par certains bienfonds. Les lods , les postes , la vente des sels , les péages sont en régie.
Les autres revenus sont affermés à i6 receveurs donc les baux sont de 12 ans, La totalité des revenus du Roi ascende année, commune, environ à L. 150,000 dont plus de la moitié est nécessaire au payement des employés, frais de l'administra ti on , entretien d'arsenal, de bâiimens, de ponts et chaussées , entretien d*enfans illégitimes trouvés ou abandonnés, qui sont à la charge du Roi.
Le Roi par une ordonnance du 26. Décem* bre 1814 a rétabli comme Corps législatif et Conseil de la nation les Audiences générales qui dès Tan 1618 avoient remis une
partie de leurs attributions aux Trois Etats, et dès lors n'avoient plus été assemblées.
Anciennement ces audiences étoient divisées en trois ordres: Tordre de la noblesse, cornposé des Gentilshommes du pays ou de l'étranger qui possédoient des Fiefs relevant de la Principauté; des Chanoines de l'Eglise Collégiale de Neuchâtel, auxquels après la réformation on substitua les Bannerets de Neu-
châtel, du Landeron, de Boudry et du Valde-Travers, et de quelques officiers du Prince. Les Audiences générales ont aujourd'hui reçu une nouvelle organisation, elles sont maintenant composées: i° Des dix plus anciens membres du Conseil-d'Etat et de 14 Notables, dont quatre ^Ministres du Saint - Evangile , tous nommés par le Roi , les sept derniers Notables sur la présentation de trois sujets, alternativement faite par chaque district.
De 21 Châtelains ou Maires de la Principauté. 3 a . -De 30 députés que nomment les membres des cours de justice, sur une présentation d'un nombre double de candidats élus par les sujets de l'état habitant dans chacun des 14 districts formes pour ces élections.
Les Audiences générales s'assemblent de droit tous les deux ans et extraordinairenient lorsqu'elles sont convoquées par le Gouverneur de la Principauté. Aucune loi ne peut être faite, changée, ou révoquée sans leur consentement: elles detciminent ce
qui a rapport aux impositions et veillent au maintien de la constitution de l'état.
Un tiers des suffrages est suffisant pour présenter des réclamations au Souverain, les deux tiers sont nécessaires pour l'adoption d'un projet de loi. Les décisions des Audiences ne sont exécutoires qu'après avoir été revêtues de la sanction Royale.
Les ai Cours de justice civiles, prononcent sur les intérêts de leurs ressortissans ; leurs sentences sont souveraines , lorsque la somme en contestation n'excède pas un taux fixé ; mais pour toutes les causes importantes et conséquerament pour celles qui intéressent l'honneur, ou des droits réels, il y a appel de leurs jugemens devant les tribunaux souverains des Trois Etats. Les membres des cours de justice portent le titre de Justiciers: ils sont nommés par le Conseil d'Etat. Chaque cour est composée de 1a ou 24 membres:
plusieurs ont encore des juges suppléans.
Les loix civiles du pays sont d'anciennes
coutumes qui n'ont jamais été réunies en code :
elles ont beaucoup de rapport avec les coutumes de l'ancien Comté de Bourgogne. Deux dispositions différent de la plupart des lois modernes. Par la première les enfans sont héritiers nécessaires de leurs père et mère. Par la seconde les biens d'une femme peuvent être saisis subsidiairement, pour toutes les dettes créées par le mari, pendant la conjonction»
11 y a deux tribunaux souverains dans la Principauté, les Trois Etats du Comté de Neuchâtel, auxquel ressortissent x6 Châtellenies ou Mairies , et les trois Etats du Comté de Vallangin , siégeant au château de Vallangin, où sont portésjles appels interjettés sur les sentences des Cours de justice de Vallangin, du Locle, de la Sagne, des Brenets et de la Chaux-de-Fonds. L'un et l'autre de ces tribunaux sont présidés par le Gouverneur et composés de 12 juges, divisés en trois états chacun de quatre membres. Au premier état pour Neuchâtel , siègent les quatre plus anciens Conseillers d'Etat nobles, au second quatre Châtelains , au troisième
quatre membres du petit Conseil de la ville de Neuchâtel nommés par le Maître Bourgeois eu chef. À Vallangin le premier état est le même qu'à Neuchâtel , le second est formé par quatre Maires du Comté de Vallangin et le troisième par deux membres de la Cour de Justice de Vallangin et par deux membres des quatre autres Cours de Justice.
Deux Tfibunaux, l'un à Neuchâtel, l'autre à Vallangin , jugent les causes matrimoniales. Les Cours de Justice criminelles et celle de la Mairie de Lignières sont juges des causes de paternité. De toutes les sentences de ces Tribunaux il y a également appel aux Trois Etats.
« Neuf Cours de Justices nommées Impcn'ales jugent les cas criminels. Les Châtelains on Maires les président. Us remplissent en même tems les fonctions de Fiscal et de défenseur du prévenu. L'instruction des procès criminels est dirigé* par le Conseil d'Etat qui déclare bouclé le procès et qui prescrit les conclusions à por-
ter contre l'accusé. La Cour * de Justice prononce. Sa sentence rendue , sauf la grâce du Gouverneur et du Conseil d'Etat est souveraine et ne peut jamais être aggravée , mais elle est référée au Conseil d'Etat et même en certains cas au Roi, pour recevoir les. adoucissemens dont elle peut être susceptible et Pordre de l'exécuter.
x Les droits et libertés de la Principauté sont de deux espèces bien distinctes ; la première comprend les droits qui intéressent la toi alité des sujets et habitans. La seconde comprend les droits appartenant à des classes privilégiées de sujets.
La Déclaration Royale ou Charte Constitutionelle donnée par le Roi et dâtée de Londres le 18» Juin 1814, est le résumé des premiers. Entre autres dispositions , cet acte, substitué aux articles généraux de 1707, assure à tous les sujets de la Principauté:
i°. L'inaliénabilité , l'indivisibilité et Pindépendance de leur patrie, pour être possédée à perpétuité par les Rois de Prusse.
Le libre exercice des religions réformée et catholique romaine. La liberté de
sortir de l'état pour s'établir ailleurs, celle d'entrer au service de puissances étrangères qui ne seront pas en guerre avec le Souverain en sa seule qualité de Prince de Neuchâtel. 4°. Que les emplois, à l'exception de celui de Gouverneur, seront remplis par des Neuchâtelois nés sujets de la Principauté et y habitant. S 0 » La pleine et entière liberté du commerce. 6 a . Qu'aucun habitant ne pourra être incarcéré sans une sentence de cinq membres de la Cour de Justice du lieu où le délit a été commis. 7*. Qu'aucune taxe ni impôt ne pourra être levé ni modifié sans une loi. 8^ Qu'il ne sera jamais porté atteinte à la propriété foncière ou mobiliaire d'une corporation ou d'un habitant. 9 0 . Le maintien de toutes les chartes, concessions, libertés et franchises , coutumes écrites et non écrites.
Il existe dans la Principauté plusieurs classes privilégiées , ayant outre les droits
acquis à la géuéralité des sujets, des droits qui leur sont propres et particuliers. Les plus considérables de ces corporations sont les quatre corps de Bourgeoisies de Neuchâtel, du Landeron, de Boudry et de Vallangin.
La ville et Bourgeoisie de Neuchâtel, dont plusieurs articles des franchises stipulées en 12 14 ont été successivement étendus à tous les sujets de l'état, a encore d'autres privilèges très étendus, qui sont réglés par les articles appelés particuliers , reconnus en 1707 et do^pt les plus essentiels sont l'entière direction et administration de la police dans la ville de Neuchâtel et sa Maine; le droit assuré aux Bourgeois demeurant en ville ou dans le reste de Pétat, de ne pouvoir être incarcérés pour fait de crime sans le consentement du Magistrat de la ville et ailleurs que dans les prisons de Neuchâtel , lors même que le délit a été commis dans le ressort d'une autre Cour de Justice criminelle; le droit nommé Abri\ fixation très basse du prix des grains , ou
du via dont les propriétés des Bourgeois de Neucbâtel sont imposées , dans quelque partie du pays que soyent situées ces propriétés. L'administration de la ville et Bourgeoisie de Neuchâtel, devenue fort importante depuis 1786. époque où le Baron David de Pury établi a Lisbonne la fit héritière d'une succession considérable , appartient aux quatre Ministraux, petit et grand Conseil, présidés par un Maître Bourgeois élu par le petit Conseil et en chef pendant six mois. Les quatre Ministraux , composés de quatre Maîtres Bourgeois , savoir deux nommes pour l'année et deux qui ne président que Tannée suivante , d'un Banneret , nommé tous les six ans par la généralité des Bourgeois , de deux Maîtres des Clefs , présidens du grand Conseil , qui en élit un nouveau chaqu'année, et du Secrétaire de ville , préparent les matières , statuent sur les objets peu importans et exécutent les résolutions prises. Le petit Conjeil composé de 24 membres , a deux attri-
butions distinctes ; tantôt ét sous la présidence du Maire nommé par le Roi , il est Cour de Justice civile et criminelle; tantôt et sous la présidence du Maître Bourgeois en Chef il est Pejit Conseil de la ville et s'occupe de plusieurs objets qui sont particulièrement de son ressort. Réuni à un Conseil de 40 membres, nommé Grand Conseil, il forme le Conseil- Générai présidé par le Maître Bourgeois et où le Maire est le premier opinant. Les membres du Grand Conseil sont nommés par le Conseil - Général.
Les membres du Petit Conseil sont tirés du grand. Tous les trois ans, les Bourgeois de Neuchâtel demeurant dans la ville ou dans le reste du pays, sont convoqués pour entendre la relation que leur fait le Banneret des affaires qui peuvent les intéresser, ou mériter leur décision. Tous les six ans on présente à cette assemblée, nommée Générale Bourgeoisie , deux membres du Petit Conseil, pour que Pun d'eux soit, à la pluralité des voix, élu Banneret,
Sx
La Bourgeoisie du Landeron , composée de la plupart des sujets catholiques de la Chatellenie du Landeron , a comme Neuchâtel des droits municipaux et d'autres privilèges. Son administration est confiée à un Petit Conseil de douze membres et à un Grand Conseil de 24. Le premier esc en rriéme tems Cour de Justice civile et criminelle. Ces deux Conseils réunis forment le Conseil*- Général; les deux tiers de ses membres sont tirés de la ville du Landeron, l'autre tiers des villages de Cressier et d'Enges. ,
La Bourgeoisie de Boudry est presqu'entièrement composée des hnbitans de la petite ville de Boudry. Ses franchises qui datent de 1343, assurent aux Bourgeois de Boudry la condition d'hommes libres, tout en les astreignant à habiter et à défendre un lieu que le pont sur l'Areuse rendort dans ces tems reculés un poste militaire important. La Bourgeoisie est administrée par un Conseil présidé par un Maître Bour-
geois en Chef et un Maître Bourgeois éti second et composé des membres de la Cout de justice qui sont Bourgeois de Boudry.
Le* affaires de quelqu'importance se traitent dans rassemblée peu nombreuse de la généralité des Bourgeois.
La Bourgeoisie de Vallangin est lâ corpora* tîonla plus nombreuse de la Principauté. Le Roi peut seul donner à ses sujets la qualité de Bourgeois de Vallangin et les droits qui en résultent» Pat une suite de nombreuses concessions de nos Souverains , la presque totalité des anciennes familles du Val-de- Hua et des Montagnes et un assez grand nombre d'habitâns de Neucbdtel sont aujourd'hui Bourgeois de Vallangin* Aux attrî* butions municipales près* les droits de cette corporation sont égaux à ceux des Bourgeois de Neuchâtel. Ils sont consignés dans les chartes successivement accordées et dans les Articles particuliers apostilles en 1707 par le Comte de Metternich et "ratifiés par Sa Majeité Frédéric!, le t. Octobre 1708» L'as-
semblée générale des Bourgeois, convoquée tous les trois ans près de Vallangin et composée de plus de 3000 votans , décide toutes les affaires importantes et nomme pour trois ans les chefs de son administration.
Cette administration est confiée à un Conseil de 35 membres, qui sont élus par les Bourgeois et tirés , dans une proportion déter* minée, de chacun des 11. villages dont la majeure partie des habitons sont Bourgeois de Vallangin, A la tête de ce Conseil sont trois Maîtres Bourgeois, l'un Communier du Bourg de Vallangin , le second d'une des Communautés du Val-de-Rux, , le troisième d'une des Communautés des Montagnes , et un Secrétaire Boursier. Les trois Maîtres Bourgeois et le Boursier sortant de charge font partie du Conseil. 11 existe encore d'autres corporation , comme, par exemple, celle des Bourgeois renonces de Neuchâtei. Elle doit son origine à la déclaration que Ere m, en 1599, un grand nombre de Bourgeois de Neuchâtei, qu'ils le séparaient du
corps de leur Bourgeoisie. Ces Bourgeois renonces obtinrent d'Henry II. d'Orléans Longueville, en 16181 une nouvelle charte qui leur assura les mêmes droits politiques dont jouissoîent les vrais Bourgeois de Neuchâtel et une fixation , encore plus favorable que la leur , pour le payement des redevances en grains ou vin dues par leurs héritages. Les familles descendantes de ces Bourgeois renonces, habitent la Chatellenie de Thiele et la Mairie de la Côte et continuent à bénéficier de la charte accordée à leurs auteurs.
Lorsqu'un Sujet de PEtat est membre de plusieurs Bourgeoisies, dans chaque cas particulier il se prévaut, à l'égard du Souve-.
rain, de la qualité qui lui donne les droits
les plus étendus. «
Il existe dans chaque village une corporation de co- propriétaires de certains biens ou droits; ces corporations portent le nom de Communautés. Elles soignent leurs intérêts par des délibérations prises à la plu-
r ni i té des suffrages des co-propiétaires; car les Sujets de l'Etat, habitant le même village , mais n'ayant pas droit à la propriété commune , sont exclus des assemblées. Le Châtelain ou Maire a le droit de les présider , mais ordinairement le plus ancien des Justiciers du lieu le remplace. Un ou deux Gouverneurs , office subalterne et onéreux, sont nommés pour un an dans chaque Communauté : ils recueillent les votes et exécutent les ordres de la corporation. La Communauté soigne ses propriétés et s'occupe de la basse police du lieu, sou* l'inspection supérieure du Gouvernement»
Les Communautés nombreuses ont ordinairement un Conseil de Conynune de six à douze membres.
Régime Ecclésiastique.
Dès les tems les plus reculés , > la Principauté a fait partie de l'Evéché d'Avenches,
transporté ensuite à Lausanne. Les Comte* de Neuchâtcl avoiènt fondé et doté deux grands monastères , l'un de Bénédictins bâti, de 1030 à 1050, a Plsle de St.- Jean près de Ceilier; le second de Prémontrés , construit en 1144 à Fontaine André. Il existoit encore trois autres maisons de religieux de Tordre de Cluny , le Prieuré de Bevaix, fondé *n 998 par un Seigneur nommé Rodolphe et sur lequel les Seigneurs de Colombier avoient des droits de jurisdiction et d'advocatie; le Prieuré de Corcelles, fondé en 109a par HumLert, et dont les. Seigneurs de Colombier reclamoient également la garde ; enfin le Prieuré de Motiers : son origine test inconnue, les Comtes de Neuchâtei en avoient Padvocaiie dès le XIII. siècle. L'église collégiale de Neuchâtei dédiée à la Sainte Vierge, avoit un clergé composé de 12 Chanoines y compris un Prévôt mitré; l'Abbé de Fontaine- André percevoit une 15e. pré- Jbcnde et donnoit son suffrage au chapitre jpour l'élection du Prévôt; 19 autels et 29
chapelles formoient un certain nombre de petits bénéfices pour le clergé d'un ordie inférieur, La plupart des paroisses doivent leur ori* gine à Tune ou l'autre de ces maisons , ou étoient au moins desservies par leurs religieux. Ainsi le chapitre de Neuchâtel desservoît S t.- Biaise; l'abbaye de Su- Jean étoit collateur des cures du Landeron et de Lignières ; l'abbaye de Fontaine- André, de réglise de Cressier ; le Prieuré de Corcelles, de celles de Cornaux et de Corcelles ; l'abbaye de Bevaix des cures de Bevaix, de Cortaillod et de St. - Martin. Colombier étoit une mère église fondée en 1314 par Jaques et Renaud Co- Seigneurs de Colombier et dédiée à St. -Etienne. Pontareuse, paroisse de Boudry , étoit une église fort ancienne dont Bôle et Rocbefort étoient les annexes.
Serrières dépendoit du » chapitre de St.»
Imier. Le Prieuré du Val* de - Travers étoit collâteur des paroisses de Motiers et de Buttes. Su- Aubin dépeudoit de l'Abbé de
St. -Maurice en Vallais. Eq 1500 et pour l'accomplissement d'un vœu Claude d'Arberg a voit fondé à Vallangin et fait bâtir, sur le ruisseau de la Sauge, une église collégiale; elle étoit dédiée à St. -Pierre et son chapitre composé d'un Prévôt et de 5 chanoines. Antérieurement le bourg étoit paroissien d'Engollon où la paroisse de la Bonneville , détruite en 1301 , avoit été transportée. Les églises de Boudevilliers et de Fenin en étoient des dépendances. Dombresson appartenoit au chapitre de St.-Imier. Fontaines étoit une mère église dont une tradition attribuoit la fondation aux moines blancs, ^de Tordre des Prémontrés, chasses de leur cloître du château de Neuchâtel et rétablis en 1144 à l'abbaye de Fontaine- André. Les autres églises des montagnes sont de dâtes récentes. La plus ancienne, celle du Locle, remonte à 4352. La chapelle de St. -Hubert à la Chaux -de -Fonds, fut fondée par Claude d'Arberg et achevée en 1518 par Guillemette de Vergy sa veuve.
Le cierge catholique ctoit en 'paisible possession de ses nombreux avantages , plus occupé de ses intérêts temporels qu'à soigner son instruction et ses mœurs, seuls moyens par lesquels il eût pu prévenir sa chute , lorsque l'attaque violente des réformateurs l'atteignit. Le contingent de Neucbâtcl à l'armée Bernoise rentra dans ses foyers, après la campagne de *5 2 9 contre le Duc de S$voye. Ces jeunes soldats avoient embrassé avec chaleur les principes.de la réformation déjà professés par les Bernois, Ils cherchèrent à les propager: lorsque leur dialectique se trouvoit en défaut, ils recofarroient à la violence. Ils s'emparèrent de force de l'église collégiale de Neuchdtel f renversèrent les autels, brisèrent les images et maltraitèrent grièvement plusieurs chanoines et chapelains qui youlurent s'opposer à leurs désordres. George de Diesbach , Seigneur de Rive, Gouverneur pour Jeanne d'Hochberg, s'opposa de tout son pouvoir à la réforraation ; mais un homme dout
d'une âme ardente, d'une fermeté inébranlable et d'une instruction profonde rendit vains tous ses efforts. Cet homme si justement révéré à Neuchâtel, étoit Guillaume Farel , né en 1489 à Gap en Dauphiné.
Dès 1520, il s'étoit séparé publiquement de la religion catholique romaine, avec Jaques le Fcvre d'Etaples, sous lequel il avoit étudié la théologie à l'Université de Paris.
Persécuté en France , il se retira à Bile en 15^3; il se lia intimement avec Oecolampade et avec les autres réformateur! 9 Zwingel , Capiton t Berthold Haller. Il prêcha avec succès la réformation à Aigle, Morat , Bienne et le Val-de-St.-Imier.
En 1529, il se rendit chez Emer Beynon Curé de Serrfères , et fit un discours sur le cimetière près du temple. Plusieurs Bourgeois qui l'a voient entendu le conduisirent à Neuchâtel et le firent prêcher à la Croix du marché. Nommé, en 1530. Pasteur de Morat , il se rendit de nouveau à Neuchâtel , fut admis à prêcher dans
l'église de l'hôpital et le 23. Octobre dans la collégiale. Son discours détermina la réformation, décrétée le 4. Novembre 1530, par les Bourgeois, à la pluralité de 18 suffrages , en présence et sous l'intervention des députés Bernois, Antoine Noll, Supplicius Archer, du Conseil, et Jaques Tribolet Châtelain de St. Jean. La ville de Neuchâtel étant réformée, les paroisses de la campagne suivirent peu à peu son exemple: les seules églises du Landeron et de Cressïer conservèrent le culte catholique. Farel , intimément lié avec Calvin et' Viret , travailla sans relâche à l'œuvre de la reformation , à Montbeillard , dans le Pays-de-Vaud , à Genève. Eu 1538 il fut nomme Pasteur à Neuchâtel et surmonta avec *I énergie d'une ame droite et religieuse les attaques des nombreux ennemis que lui suscitoieat la sévérité de ses principes et son peu de ménagement pour les vicieux. Agé de 69 ans il épousa Marie Torel de Rouen, et mourut le 13. Septembre 1565, dans sa 76. année,
épuisé par des voyages fréquens qu'il avoit élé obligé d'entreprendre pour soigner les églises de Gap, sa patrie, et de Metz. Il défendit qu'on l'enterrât ailleurs que dans le cimetière commun. Il laissa un fils qui mourut en 1568 âgé de 4 ans et pour toute succession un chétif mobilier qui fut évalué L. 120. Les principaux ouvrages de ce zélé réformatenr sont i°. Un traité de la Cène. La Gloire de l'esprit, imprimé
à Genève en 1540. 5°. Du vrai usage de la Croix de J. C. et de l'abus et de l'idolâtrie commise autour d'icelle etc. ouvrage dédie à Jean Comte de Nassau-Saarbruck , imprimé par Jean Rivery en 1560.
Pendant les 27 années de son ministère à Neuchâtel , Guillaume Farel organisa la compagnie des Pasteurs, pour diriger toutes les affaires ecclésiastiques de la Principauté et rédigea les constitutions de 1542 et 1550, pour les consistoires et les chambres matrimoniales.
La compagnie des Pasteurs, dont les prin->
cipaux attributs sont règles par l'art. 2 de la déclaration royale du 18. Juin 1814, a conservé presque sans altération l'organisation que lui avoit donnée G. Farel son premier chef. Elle se compose des Pasteurs des 33 paroisses de la Principauté au nombre de 35, parce que la ville de Neuchâtel en a 3 ; du prédicateur du Vendredi de Neuchâtel et des trois diacres de Neuchâtel f du Val-de-Travers et de Vallangin f ces derniers n'ayant qu'un suffrage entre les deux ; en tout 39 votans , comptés pour 38 voix. Quelques Ministres du St. Evangile qui n'ont point de Cures, sont admis comme membres honoraires et ont voix consultative. Les assemblées de ce corps ont lieu les premiers mercredis de chaque mois. A l'assemblée du mois de Mai , on élit un Doyen qui entre immédiatement en fonctions et préside pendant une année.
La compagnie des Pasteurs admet les Etudians en théologie, comme proposans ou aspirans; elle les examine pendant le court
de leurs études et les reçoit Ministres du St. -Evangile: elle nomme aux Cures vacantes et présente le sujet nomme au Gouverneur de la Principauté, afin qu'il donne les ordres nécessaires pour son installation. Il n'y a d'exception à cette forme de noramination , que pour les trois Pasteurs de la ville de Neuchâtel ; en cas de vacance, la compagnie désigne trois sujets , dont le Conseil- Général de la ville nomme l'un.
Le Diacre de Neuchâtel, le Prédicateur du Vendredi et le Pasteur de Serrières sont présentés au Magistrat de la ville ; le Pasteur de Lignières au Gouvernement du Canton de Berne, comme aux ci -devant collateurs de ces bénéfices.
Cette compagnie suspend et dépose les Ministres, elle statue sur la doctrine, l'ordre du culte, la discipline ecclésiastique; elle surveille l'administration des fonds et revenus attachés à chaque Cure. Par ses membres elle surveille l'éducation publique.
Elle pourvoit à ses dépenses particulières par
des fonds qui lui appartiennent et par les armâtes, retenue de 9 mois, sur la pension de la première cure qu'obtient un Pasteur.
Les Cures sont divisées en 5 Colloques , de Neuchâtel, de Boudry, du Val-de-Travers , du Val-de-Ruz et des Montagnes. Chaque colloque a un Jure qui représente le Doyen et un Visiteur dont la charge est de prévenir la dégradation des Cures et de leurs lienfonds. Chaque paroisse a un Consistoire admonitif , ou de mœurs , présidé par le Pasteur et composé d'un nombre plus ou moins considérable d'anciens d'églises. Quatre çonsistoiies seigneuriaux siégeant à Vallangin, au Val-de-Travers, à Travers et à Gorgier , ne se bornent pas à exhorter les pécheurs scandaleux , ils infligent les peines statuées par les ordonnances Ecclésiastiques. Dans les lieux où il n'y a point de Consistoires Seigaeuriaux , les Consistoires admonuifs dénoncent à l'autorité civile les désordres qui méritent châtiment.
Un fond récemment établi, fournit à la
compagnie des Pasteurs les moyens d'accor* der des pensions anx veuves des Ministres.
Un second capital provenant d'une fondation faite par feu le Docteur en Médecine Dublé la Gacherie f procurera encore à la Compagnie la jouissance de donner plus d'extension à ses vues paternelles et bienfaisantes.
Une bibliothèque assez considérable , placée à côté de la salle de ses séances, est à la disposition des Ministres et du public.
Le Roi est propriétaire des fonds et des droits dont les revenus sont affectés au traitement des Pasteurs. 11 n'y a d'exception a cet égard que pour les églises de Neuchâtel, Serrières, St.-Aubin , Lignières et le Landeron. Les Pasteurs jouissent pour traitement, de bienfonds, de dixmes en vin ou en grain ; de redevances fixes et annuelles en denrées ou en argent ; dans les montagnes, ils sont essentiellement salariés par une imposition d'une ëraine d'orge, appelée émine de moisson, due par chaque
feu. Les traitemens des Pasteurs varient de
Un Ministre allemand, nommé et salarié par le Magistrat de la ville de Neuchâtel fait chaque semaine le service en cette langue.
Déjà en 1707 on sentoit l'insuffisance du traitement de plusieurs Pasteurs et de plusieurs Régents d'Ecole. A son avènement à la Principauté, le Roi Frédéric I. donna un fonds de L. 100,000 *) pour être, à perpétuité, employé à améliorer leur sort. Ce fonds est géré par une corporation indépendante nommée Chambre Economique des biens d'Eglise : elle est composée de deux Conseillers d'Etat , de deux Ministres , du Procureur - Général , de deux Bourgeois de Neuchâtel, de deux Bourgeois de Vallangin, d'un Trésorier et d'un Secrétaire : elle nomme aux places vacantes.
*) Les livres dont il est parlé dans le cours de cet essai sont de Io Balzen argent de Neuchâtel, dont 21 valent 20 Batzen argent de Suisse.
Le Clergé Catholique Romain se compose d'un Curé duLanderon nommé par le Canton de Berne, sur la présentation du Conseil de ville du Landeron; du Curé de Cressier que le Roi nomme , comme revêtissant la qualité d'Abbé de Fontaine- André , et qu'il fait présenter à la confirmation de l'Evéque de Lausanne. Le plus ancien de ces Curés prend le titre de Doyen du Clergé du Lan-
deron. Un hospice de trois Capucins, doté par le Souverain , dessert les chapelles du Landeron et de Combes. Un Chapelain particulier, à la nomination de la famille de Wallier, dessert la chapelle fondée dans le village de Cressier. Enfin un Curé Catholique nommé par l'Evoque, officie à Neucbâtel pour les nombreux Catholiques domiciliés dans la partie Réformée de la Piincipauté. Tout ce Clergé est soumis, comme d'ancienneté, à TEvéque de Lausanne, dont la résidence est à Frybourg.
Elat des lettres. Education publique.
Les Neuchâtelois ont la conception prompte et de l'aptitude aux sciences , mais il leur manque la persévérance nécessaire pour surmonter les difficultés et sortir de la médiocrité. Ils s'occupent en général de trop de choses , pour en bien connoitre une. On fcxxt attribuer à ces causes et au* progrès du commerce, le petit nombre de Neuchâtelois dont les productions littéraires méritent d'être rapportées.
A leur tête , on peut placer le Chance- Her George de Montmollin, mort au commencement du siècle dernier, dont les mémoires historiques et politiques écrits avec autant de clarté que de force, attestent un esprit cultivé et le jugement le plus sain.
Ces mémoires sont demeurés manuscrits.
J. F. Ostervatdy mort Doyen et Pasteur
• Neuchâtel, Théologien distingué et auteur des ouvrages suivans :
Grand Catbéchisme et son abrégé , encore en usage dans la Principauté, pour l'instruction religieuse.
2°. Traité contre l'impureté,
* 3 e *. Liturgie à l'usage des Eglises de Neuchâtel 17 13.
Réflexions sur tous les chapitres de la Bible 1716.
1 $°. Sermons 1722.
■ 6°. Edition de la Bible avec les réflexions
- Quelques autres ouvrages posthumes, comme un abrégé de la morale Chrétienne en latin publié à Londres en 1727. De l'exercice du Ministère. Des entretiens pieux etc.
J. Rod. Ostervald , son fils, mort Pastenr François à Bâle , auteur des Devoirs des Coramunians et d'un recueil de prières , nommé Nourriture de l'aine.
Samuel Ostervald , mort en 1769, Président du Conseil d'Etat , rédacteur d'un
recueil estimé des lois et coutumes de la Principauté.
, F. Samuel Ostervald , Banneret de la ville de Neuchâtel , auteur d'un cours de Géographie historique ancienne et moderne y d'un cours d'arithmétique et d'une descrip- . tion des montagnes de la Principauté, pu-, blice en 1766.
Louis Bout guet , Professeur de philosophie a Neuchâtel , auteur d'un traité des pétrifications avec figures , imprimé à Paris en
De Vattel , auteur du Droit des gens, ouvrage devenu classique et dont le fils Ch. Ad. Maurice , aujourd'hui Conseiller d'Etat, a publié en un volume: Mes premiers • pas, vers et prose, et des traductions de poésies allemandes^
Ls. Fc. Petit pierre 1 traducteur de la Messîade de KJopstock, et auteur de trois volumes de sermons, mort Pasteur à NeuchâteL
Ferdinand Olivier Petitpierre , Ministre du St. Evangile et ancien Pasteur de la
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Cl) aux-de— Fonds , auteur du Plan de Dieu»
Sa doctrine de la Non Eternité des peines, causa, en 1760, des troubles dans la Principauté. Frédrîc le Grand écrivoit à l'occasion de ces troubles : Si les Nenchâtelois persistent a vouloir être damnés éternellement , je n'y mettrai pas obstacle*
Jer. JEm. de Boy-ve , Chaucelier, mort en 1,810, auteur des recherches sur Tlndigenat Helvétique de la Principauté,
H. David Chaillet , Ministre du St. Evangile domicilié à Auvernier, auteur de sermons très estimés et rédacteur de la partie de littérature du nouveau journal Helvétique.
Plusieurs serraonaires , tels que Durand , mort Pasteur à Londres, Bertrand, mort Professeur en belles lettres à Neuchâtel, et autres.
L'éducation publique est sous la surveillance immédiate des Pasteurs; les villes ou communautés choisissent et salarient les instituteurs. Dans chaque village il existe une école, où pour une modique rétribution, et
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souvent gratuitement , on enseigne aux enfans à lire, a écrire, les élémens du calcul , le cathéchisme et le chant des psaumes.
Quoique le salaire des régens soit modique , les écoles sont généralement bien desservies et il existe peu de Neuchâtelois qui ne sache lire et passablement écrire. Les Pasteurs sont chargés de l'instruction religieuse: la plupart remplissent cette partie , la plus importante, peut être, de leurs fonctions, avec un zèle digne des plus grands éloges.
La ville de Neuchâtel a donné plus d'extension à ses établissemens d'éducation. .
Elle a non seulement des écoles semblables à celles de la campagne, et qui sont gratuitement ouvertes à tous les enfans ; mais encore un collège et un commencement d'Académie, si l'on peut employer ce terme.
Le Collège est placé sous la direction d une commission nommée par le Magistrat de la ville; il a à sa tête un Inspecteur -Général de tous les établissemens d'éducation. 11 se
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compose de quatre classes où Ton enseigne le latin, le grec, la géographie, l'histoire, la mythologie, la grammaire française: de»
maîtres indépendans de ces classes enseignent à modeler l'écriture, l'arithmétique , la langue allemande , le dessin et le chant des psaumes. Les Pasteurs de la ville sont chargés de l'instruction religieuse. Au sortir du collège, les écoliers passent dans une classe où ïls terminent leurs humanités sous un Processeur de belles lettres. Une chaire de Professeur en droit vient d'être établie.
Une école divisée en deux classes est également ouverte aux filles; elles y sont reçues depuis l'âge de 5 ans et instruites dans la lecture, l'écriture, la grammaire, l'arithmétique, la géographie et l'histoire; on leur enseigne d'ailleurs tous les ouvrages de leur sexe. Les filles participent également à des leçons de langue allemande et de dessin.
Tous les Professeurs et Instituteurs, reçoivent des traîtemens assez considérables, pour qu'en cas de vacance le concours offre le
choix sur plusieurs sujets tant du pays que de l'étranger.
Les jeunes gens qui se vouent à la théologie étudient ordinairement à Genève. Les Juristes et les Médecins dans les Universités du Nord de l'Allemagne» La ville de Neuchâtel dispose de plusieurs stipendia en faveur de ses Bourgeois qui se vouent an Ministère ou à. la Médecine.
La commun nu te de la Chaux - de - Fonds a également une commission d'éducation et des écoles de garçons* et de filles, divisées en deux classes où renseignement porte à peu près sur les mêmes objets qu'à Neuchâtel.
La communauté du Locle s'ocoupe de la formation d'un établissement semblable*
Depuis 30 ans on a donné, avec la plus grande libéralité, accès aux études, indistinctement à toutes les classes de Citoyens.
Aujourd'hui on entend quelquefois élever la question: Si les résultats de ce système ont été avantageux ou nuisibles. La masse générale est plus éclaiiée, mais les demi*
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counoissances qu'elle a acquises la disposent plutôt à chercher fortuue par des entreprises hasardeuses que par un travail assidu et une «évère économie. L'éducation publique des filles a ouvert une nouvelle branche de res- . sources , en procurant en Allemagne , en Angleterre et en Hollande des places de gouvernantes et de bonnes d'enfans à un grand nombre de jeunes personnes peu aisées.
Un vrai bienfait pour les sciences et les arts est la bibliothèque que le Magistrat de JVeuchâtel a fondée il* y a 30 ans: elle renferme les meilleurs ouvrages modernes , s'accroît journellement et est ouverte avec la plus grande facilité au public.
Elablissemens d'utilité publique et
de bienfaisance.
les établissemens d'utilité publique qui méritent une attention particulière sont:
' i p . La Société d'Emulation patriotique.
a 0 . La Chambre d'Assurance contre les incendies.
• 3°. La Caisse d'Epargne en faveur des Artisans, Domestiques et Journaliers.
4*. La Société Biblique.
5°. Les greniers publics.
Les établissemens principaux de bien fa isance sont:
- 10. L'hôpital de la ville de NeuchâteL