CHAPITRE VL
Dotation et personnel.
Depuis, long -temps la Bibliothèque est dol^e d'un revenu annuel considérable, destine exclusivement à Fâchai de livres nouveaux, d'estampes, de journaux etc. et aux frais de reliure. Depuis 1820 S. M. l'Empereur Fa m^e augmentée en la portant à 19,000 florins en argent, équivalant à 47,500 francs. S'il se présente cependant des occasions extraordinaires d'^ voir des ouicrages rares ou essentiels au complément de la bibliothèque , le préfet demande l'autorisatioit de les acheter 9 autorisation qui n'a pas encore été refusée.
Nous ne parlerons pas de l'activité et du zèle déployés pour l'amélioration et la prospérité, de cet établissement par son préfet actuel Mr. le comte de Dietrichstein ; c'est un fidt notoire, sur lequel tout
le monde est d'accord. Nous ajouterons seulement que ce noble seigneur, par son affabilité extrême èft surtout par ses connaissances variées, nous paraît plus propre à diriger une grande bibliothèque publique que bien des savans, qui, par des études spéciales et par leur prédilection pour les éditions rares, emploient, au grand détriment des hommes studieux, dans l'achat d'ouvrages d'une utilité du moins trèscontestée , les sonmies que la libéralité des souverains et des gouvememens destine tous les ans pour tenir les bibliothèques publiques, autant que possible, wm niveau des rapides progrès, que font de nos jours toutes les bcjuiches vraiment utiles des connaisances
humaines. Aussi avoas-noos trouvé dans r^tablissemeni confié à ses soins des livres d'histoire, de géographie^ de statistique, de voyages et d'économie politique récemment publiés dans les pays les plus éloignés; livres, que nous aurions vainement cherchés dans plus d'une grande bibliothèque publique, très t- renommée pour la masse et pour le grand prix de ses livres ^ mais où l'on n'aurait eu à nous 'offrir , à la place des ouvrages scientifiques que nous aurions demandés, que la plupart des chefs -d'oeuvres de la typogra^ phie ancienne et moderne, et toutes les nouveautés qui regardent les beaux -arts et la littérature propre» ment dite.
Par l'emploi de sa dotation et par le dépôt légal d'un exemplaire de toutes les publications qui ont lieu sur tous les points de l'Empire d'Autriche y Jsk masse des livres imprimés augmente annuellement de 3,500 & 3,800 volumes, sans compter pri^s de 3,000 pièces fugitives, dissertations, calendriers, livres de prières etc., qui ne sont pas portés au catalogue. Cette augmentation annuelle considérable multiplie les embarras des conservateurs , qui depuis quelques années ne savent plus où déposer les livres. Mt* le comte de Dietrichstein, pour remédier provisoirement en partie à cet inconvénient, pour séparer les ouvrages de luxe de la masse générale des livres , et pour les garantir de }a poussière et de l'huqpddité , a fait construire de graudes armoires , que l'on a placées sur deux rangs dans la grande salle. Mais ces grandes caisses déparent ce magnifique local , sans atteindre entièrement le but qu'on s'était proposé. Nous nous permettrons même une remarque ; c'est que le manque d'espace , que l'on observe presque partout dans ks
gnanàê ^tabKsseinras de la capitale de l'Autriche, ne ae fidt nidlepartsentirplus fortemeiit et d'une tnanière plus nuisible. Nous avons va dans un grand nombre de layons les livres places «ur deux et même sur trois rangs, ce qui rend très-difficile leur recherche, et les espose à plus de chances de dégâts. Il serait aussi dësi* rable, que ce magnifique établissement possédât enfin un catalogue par matières, selon la mëthodç suivie dans la rédaction de ceux de la bibliothèque de Goettingue et de la bibliothèque particulière de l'empereur François I. Voici quelques données numériques , au moyen des quelles le lecteur pourra comparer la dotation de la Bibliothèque Impériale avec celles dont jouissent quelques autres bibliothèques célèbres. Pour simplifier les élémens du petit tableau que nous en avons rédigé, nous ferons observer que, selon l'auteur de tHistory of fhe University of Oxford déjà dtée , la dotation de la Bibliothèque Bodleienne n'a été depuis 1780 jusqu'en 1814: que de 400 livres sterling, équivalant à 10,000 francs; que la dotation de la Bibliothèque Royale de Berlin, selon Mr. ^Wilken, ne s'est élevée de 1795 à 1800 qu'à SOOthaler ou à 1,855 francs ; et que la manière vague de s'exprimer de nôtre correspondant, relativement à la qualité de la monnaie, rend douteuse la réduction en francs de la dotation de la Bibliothèque Royale de Copenhague. Nous regrettons de n'avoir pas les moyens de pouvoir indiquer exactement la somme employée annuellement par la Bibliothèque Royale de Paris pour .achat de nouveaux livres et pour reliures ; elle doit cependant être très - considérable , car nous savons que la seule dotation du cabinet des estampes s'élève à 15,000 francs.
îfe la dotation annuelle, < d& qael^aes BiblÎQtlieqaeA. >:.
Nonardes BibliothiqiM» VeùiUMt aàirti«)|e
en ir«pc»
Bodleteme à Oxford . • - . • . . . . . • • i 75^00^'
ttnpét^idekyiewie ,47^500 ..
iloyoZe à Berlin ••.. ^ -•....... • 29,68Q, ^*
l>e* u^voc/ïf^ à Edînbourg 2^^000
Royale à Copenliague / •' • . ♦^'2t,*640^
De VTfnîversité à Goellîngue 20,000 ,
/îoy«/e à Madrid ',.%.. 14,000
De r Université à Bologne 10,385
Royale à Dresde • • •: * ■•''j''. ♦ '• * ••'•"• - 10,000 De la Fïlle à Paris ^ ^ - ^^^^^
De J5r^<i à Mil^n . > ^,;^ •,•.-• • • • * ' éfiùO De VVAwerèiH à PaVie * ^ * = * ^ . : ' J ^q^
De VTInivtrstié 'à, Pâdou^ . • * , . •'.. ^ . * > >, fi 000 Marciana à Venise 6,000
De V Université à Vienne ♦ . — 8,750
De VInstiiut Folytéchnique à Vienne de 8,000 à ^,750
Le personnel d(ç la Bibliothèque Imper^^e se compose de treize individus , dont les iitr^^ et. la solde sont indiques dans le tableau suivant;
TlTAfi DE$ EMPLOYÉS' ' , ; SOLDE Eff.
FLOBIHS FRASC9
Un Pr<f^îaVec là solde de •-.:'.. .6,600 • * * • • 13/50^ ^^ Le premier €oHS€rvateur,,^y^K le , *, ^ ., : j. > >ïj-. » . .;»
rang de Conseiller Aulique 4,000 . ^ 10/IQO ,
Le 2é. Conservaicur '* • •' • i '• V, Ô^OÔO. • V '. '1^,000 '^ Le 8«. Conserûmewr 1,400 8,500 'î
Le 4<»- C^»«f>*i;<v<et«r • • • «r* •. * *• 1,000 • ! r^ 2,5CjO Le 1«'- SauS'Conservat/eur 900 . 2,250,
Le 2«. Sàus-Conservaièur • • • • •^ «00 • •' '^'•l 2,600 Le 8e» «S'oii^^Cbft^cïrt/alettr.. 700 ..- . ; M^
Le 4«» JSouS'Conservaieur •....•• 600 • •. • • 1^500 Un Aspirant 400 1,000
Trois garçons de peine, ayant cha- ' ' *
cun la solde de • 240 . • • • . 600 '
Nous rappellerons au lecteur que M. Van-Praet^ qui est le premier Conservateur des Imprimés de la Bî»
bliothèque Royale de Paris^ si recommandable par sa Taste érudition , par sa mëmoire prodigieuse et par sa complaisance extrême ponr tous ceux, qui ont si souvent l'occasion de recourir à ses lumières, n'a que n6,000 francs d'appointement et un logement dans le local de la Bibliothèque ; et que la solde du savant Ebert, qui ^tait naguère à la iète de la Bibliothèque •Royale de Dresde 9* ne s'élevait qu' à mille thalers*