OXFORD
Bibliothèque Boâletenne.
Bîsîngeir 180,000
Mcidingcr 130,000 20,000
Haendel 180,000- * * 17,000?
Le Quart. Bev. (1826) pi. de 200,000
Ebert 800,000 . • • 25,000
Villenave 800,000 25,000
Maichus*) 400,000
Bailly (1838) ^) 400,000 25,000
La Bev. Brit. (1827) * * * 400,000 . 25 à 80,000 Stein 500,000
André 500,000 * * • 80,000
Gannabich 500,000 80,000
LeConversations.Lexikon 500,000 . - • 80,000
Schnabel 900,000 90i.QQQ Le Guide d'Oxford ... 6)
1) Dam le Journal de la Soolëttf frata^aiee de Statistique anlvenelU.
2) C'est le nombre des ouvrages imprimés.
t) C'est le nombre des ouvrages ^mprimës.
ft) En réunissant les trois Bibliothèq[nes Bodleïenne , de TLaàcliff et du
Ohritt ' collège* 8) Dans le Journal de la Sooiëttf française de Statistique universelle* 6) L'auteur du New Pocket Companion for Oxford etc.» publie dans oetff ville par Gook on 1802» s'exprime de la sorte sur cette bibliothèques tfQu'clle contient plus de livres que toute autre bibliothèque de TËurope» la Yaticane exoeptée.» » Nous citons cette remarque» parce que probablement elle est la source primitive qui a induit en erreur plus d'uu itatistioien et d*un géographe célèbres * dont l'opinion a été serTiWacnt tuivie par las faiteurt d'abrégés ft de tableaux ttatistiqnost
AUTEUHS
VOLUJSBS
^o^1BiiC u£S
HAaUtCHITrt
EDINB0IIR6.
Uiblioihèq^te des uivocats^
liasse! 80,000
Ebcrt 50,000
Malchus • • 70,000
La Rev. Brît! (1827) env. 80,000 1,600
Baîlly (1833) i) .... 80,000 . '. . . 1,600 Meidinger ;100,000
Uaendcl en se réf. à 1827 • 120,000 Ghambcr 120,000
Stark 150,000
Mr. de Nagy 150,000
Bibliothèque de VUniverskc*
Bailly, en 1883 2) • • env. 50,000 Hassel 50,000
Malchus ... ^ ... . 50,000 Villenave 50,000
Le Conversations -Lexikon 50,000 La Rev. Brit. (1827) 50,000 quelques
Ebert pi. de 50,000
Haendel pl.de 50,000
Huoi») -..*.• pl.de 50,000 Meidinger 60,000
Stark. 70,000
Chamber 70,000
Mr. de Nagy 70,000
8T. PETfiRSBOURe.
Bibliothèqtie Impériale^
Bisiuger*) . . . de 80 à 300,000 Steiq 240,000
Malchus 800,000 S)
Hassel 800,00a
Gannabich 800,000
André 800,000 11,000
DISSNBTATIOHê ,
lirochui*e8 » pièc«^ fugitives et^
^) Dans le Journal de la Société francise de Statistiq[ae nniversellç.
2) Dans la Journal de la Société française de Statistique nniversolle.
8) Dans les deux éditions du Précis de Malte 'Bran. '
4) En citant Hassel pon<* la première estimation» et Galleiti pour la seconjv
{*; Kii y comprenant la bibliothèque de l'Hcrmitage.
AOTEuns # woMnRF ors
Yoi.wnvn .HAM4<;»in-4 ouiriitationii ,
brAohiir*», pl^oe* fugitives «te*
CSmf . Bihl. Impériale h rETERSBOURG.
Scbnabel ..•<•• -^ • 800,000 • • • 11,000 Le Bulletin (1828) ^) 800,000 . 12,000
Stein (1825) ' 800,000 . . . 12,000
Schnitzler 80Q,000 18,000
Rebutes par cette ëtonnante disparité, d'opinions, plus dkine fois nous avons été sur le poiat d'abandonner un sujet si difficile; mais, regrettapt le temps considérable consommé dans ces recherches, nous avons fait un effort sur nous-m^mes pour les continuer. Nous avons même essaj^ë de remonter à la source de ces évaluations si différentes ; et nous ei^pérons l'avoir trouvée dans lés causes, que nous avons indi- \ quées dans le mémoire déjà mentionné.
Il en est encore de cette partie de la statistique comparée comme il en était de la population de Etats dans la seconde moitié du siècle passé. On n'a que des données approximatives sur les bibliothèques les plus connues; les opinions les plus opposées sont émises sur la richesse de toutes les autres. Les nationaux tantôt répètent sans aucune critique les évaluations exagérées sorties de la bouche ou de la plume d'un bibliothécaire peu consciencieux, qui croit rélever l'éclat de l'établissement confié à ses soins en exagérant le nombre de ses volumes ; tantôt ils répètent celles qu'ils tiennent de père en fils, et qui, presque toujours, sont les plus erronées. Tantôt, poussés j)ar un amour-propre excessif, et appuyés sur des calculs " approximatifs , qu'ils ont fait eux-mêmes sur des bases erronées , ils accusent hardiment d'ignorance ou
1) li* Balletia dti Scieùoet g<<o§r«phiqii«t da baron daFéraisaet tn citant l*H«apeni8.
d'ineïaictitade F^crîvaiii consciencienx , qui omettra une opinion contraire à la leur , après avoir examine tout ce qui a été écrit sur la même bibliothèque par d'autres nationaux instruits, ou par des étrangers ëclai^ rés qui l'ont visitée. Il n'y a que trop de savans, qui, étrangers aux connaissances variées qû' exige la stah tistique , habitués à regarder comme exactes les évaluations erronées, dont fourmillent toutes les géogra-^ phies, tous les dictionnaires, toutes les encyclopédies, tous les tableaux statistiques, et maint et maint ouvrages qui passent pour classiques, n^ hésitent pas à rejeter comme des erreurs les évaluations différentes^ qui sent des estimations officielles, obtenues à forcé d'instances, ou bien des nombres moyens, résultat de longues et fastidieuses recherches, obtenus par quel-* ques statisticiens ou par quelques voyageurs aussi instruits que consciencieux.
« Une des sources principales de cette étonnante disparité d'opinions est sans doute la manière diffi^ rente de calculer les richesses littéraires d'une même bibliothèque. Va auteur n'y compte que les seub ; livres imprimés ; ^el autre ajoute à leur nombre celui j des manuscrits ; un troisième réduit à un certain nombre J de volumes les dissertations, les brochures et lef pièces fugitives, qu'on y conserve détachées dans des cartons, ou reliées en volumes, et que le premier a exchi entièrement de son évaluation; un quatrième ajoute pai^ le même procédé un certain nombre de volumes pour les gravures, les cartes et les plans, qui, ne formant partie j d'aucun ouvrage, n'ont pu être compris dans les livres imprimés ; vient un cinquième, qui, regardant comdie autant de volumes toutes les dissertations , toutes leS brochures ^ toutes les pièces fugitives , croit devoir
sgonter leur nombre à celui des livres imprimes cotetenus dans la bibliothèque , dont il exagère ainsi extraordinairement le nombre des volumes ; enfin il y a tel autre encore y qui retranche du nombre de volumes tous ceux qui sont doubles , c'est à dire qui appartiennent à des ouvrages déjà comptés dans la masse des livres imprimés. Ces différentes maiiières de voir et quelques autres, qu'il serait trop loïig d'exposer ici , ne doivent pas être confondues avec celles que nous avons mentionnées plus haut , et qui sont la source principale des erreurs répandues par des voyageurs et des savans estimables , mais que lia négligence ou l'ignorance même de quelques géographes n' hésite pas à reproduire dans leurs ouvrages. Il en est à peu-près de la ridhesse des bibliothèques comme des populations de certaines grandes villes de l'Asie et de l'Afrique , dont les recensemens bits de nos jours, ou la critique de juges compéteiis , ont réduit les millions d'habitans à quelques centaines de milliers. De même les catalogues de quelques bibliothèques récemment dressés , ou bien leur inspec^ n tien faite par des voyageurs familiarisés avec la sta^ t tistique ou bibliothécaires eux-mêmes , ont fait >s justice de ces estimations vulgdres , de ces exagérais tions ridicules , qui déparent encore des ouvrages ju-> [f stement célèbres, en réduisant d'un tiers, d'une moitié ir et jusque de neuf dixièmes le nombre de volumes qu'on es s'accordait , on ne sait pas pourquoi, à leur assigner* ie Avant la révolution , presque tout le monde en
>9, France portait à trois-cents et même à cinq-cents miUe e| volumes la Bibliothèque du Roi, Un bibliographe judicieux, feu Mr. Barbier, l'avait réduite à 200,000
volumes dans VAwmaire admim^ratif et statiêtigue
du département de la Seine pour l'an XIII. (1805) . Mais dëja son savant bibliothécaire actuel, Mr. Van Praet, ayant compte en 1791 nn à nn les volumes' contenus alors dans cet établissement , n' en avait trowré ' que 152,868, dont 23,2*3 în-folio ; 41,373 in 4. et 88,252 in 8. et de moindre format.
L'antenr d'nn savant article sur la BtbUofhèque , de la Ville de l/yon a rëduit, il n'y a pas longs-temps, a 90,000 volumes les 106,000, les 110,000 et les 120,000 , que depuis quelques aânées on se plaisait " et qu'on se plaît encore à lui accorder.
Nous avions toujours entendu dire, que la Biblio^ thèque de St. Marc à Venise avait 150,000 volumes ; nous avons cru nous approcher de la vérité en l'évaluant à 90,000 en 1822, dans la Statistique du Portugal; mais, à notre retour à Venise dans la même année , nous avons été assurés par son savant biblio- ^thécaire, Mr. l'abbé Bettio, qu'elle ne comptait alors que 65,000 volumes et 5,000 manuscrits; ce n'est pas sans surprise, que nous voyons des savans statisticiens lui assigna encore en 1832 un nombre de volumes plus que double de celui qu'elle possède.
Les estimations populaires s'accordaient à porter à 1 50,000, et même à 200,000 volumes la BtbUothèque t particulière de George IIL^ donnée par George IV. ^ au Musée Britannique/ l'examen vient de réduire ^ ce nombre à 65,000 volumes seulement. !
Mr. Schubert , professeur à l'université de Ko- ^ nigsberg, qui a fait de longues recherches sur ce sujet, '^^ et qui a visité les principales bibliothèques de l'Eu- ^ rope en savant et en statisticien distingué, nous as- ^ surait, en 1824:, lors de son voyage à Paris, en in- *t voquant l'autorité de Mr. Renss, premier bibliothé- ^
Caire de GoetHngen^ qae ce Mperbe établissement , qa'on s'accorde a&ASreB •génëralanent à estimer à 300,000 ' volumes , n'en comptait pais beaucoup av-delà de 200,00a
Que dirons-nous des* exagérations pdicules^ pour ne pas dire absurdes^ qu'on trouve dans des ouvrages justement célèbres , sur le nombre des volumes des bibliothèques Valicane à Rome, et BodMevme à Oxford ? Qu^ devra-t-on penser de la science géogra-* phique et statistique d'un savant naturaliste, qui dans le 'VIII. volume du Précis de Malte-Brun, publié en 1829, dit à la page 611, que ^^la Bibliothèque Bodleienne, à l'exception de celle du Vatican , renferme plus de livres qu'aucune autre de l'Europe ;^> et qui^ en 1832, à la page 78 du ^V. volume de la seconde édition de ce même ouvrage, répète que ^^la Bibliothèque Bodleienne , à l'e:s:ception de celle du Vatican et de la Bibliothèque du Roi à Paris, renferme plus de livres qu'aucune autre de l'Europe ?^^ ^
Dès l'année 1822, dans nôtre Essai statistique sur le Royaume jie Portugal ^ aidé des lumières d'un savant bibliographe, nous avons fait justice de ces exagérations , en n' évaluant la première bibliothèque qu' à 60,000 volumes imprimés et à 60,000 (?) manuscrits^ et en n' accordant aux trois bibliothèques réunies AeBodley^ de RadcUfet du C^rist-CoUege^ appartenantes à l'université d'Oxford, que 400,000 volumes et 30,000 M8. Nous avons eu lé plaisir de voir adopter cette dernière évaluation par Mr* de Malchus , quoique ce savant statisticien , toigours si consciencieux dans ses citations, ait oublié d'indiquer la source d'où provenait son estimation , si différente
de toutes celles qu'on avait encore faites sur le nombre
des volumes de h célèbre bibJUothèque Bodleïenne* Les recherches aux queljLes nous nous sommes livrés depuis , et les faits que nous avons pu recueilir nous ont Aémon\réy que nous ne nous étions pas beaucoup éloigné de la vérité. Malgré le nom imposant d^Ëbert, qui e^ 1823 lut* accordait 300,000 volumes imprimés et 25,000 MS ; malgré les 400,000 volumes imprimés et les 25 à 30,000 MS. que lui assignait en 1827 l'auteur anonyme du savant article sur les bibliothèques principales de l'Europe, reproduit dans la Revue Britannique de la même année , nous persistons à n'accorder à la bibliothèque Bodleïenne qu' environ 200,000 volumes et 25,000 manuscrits/ Nous invoquons à l'appui de nôtre opinion l'autorité du savan|i Haendel, qui en 1827 ne lui donnait que 180,000 volumes imprimés et 17,000 MS. et le Quarterly Héview qui, en 1826, ne les portait qu'à 200,000. Nous igottterons qu'un mathématicien distingué, Mr. de Nagy, membre de la Société philosophique de Philadelphie, et bibliothécaire du comte Caroly, qui a visité en savant toutes les principales bibliothèques de l'Allemagne méridionale, de la France , du Royaume-Uni et de la Confédération Anglo-Américaine, ne lui accorde qu'à peu-près ce nombre dans une note qu'il a bieh youlu nous donner sur ce siget. Nous croyons même devoir signaler une anomalie scientifique assez remarquable; c'est qu'après avoir parcouru attentivement toute l'histoire de l'université d'Oxford publiée avec un grand luxe typographique en 1814, nous n'avons pas trouvé, dans ses deux gros volumes in 4., la moindre indication sur le nombre de volumes contenus dans la principale et la plus célèbre de ses bibliothèques.
A y égard de k Bîbliofhiqûe Vtàkane nous ne rougissons point d'avouer, qu'induit en erreur par d'imposantes autorités, notas en avons exagéré Iç nombre de manuscrits, quoique le point d'interrogation qui l'accompagne signalât assez nos doutes. Comme depuis lors la bibliothèque d'uii littérateur illustre, dont l'Italie déplore la perte récente, du comte Léopold Cicognara, a ajouté près de 10,000 volumes aux imprimés de la Vaticanej nous croyons qu'on pourrait en porterie nombre actuel à près de 75,000; et nous réduisons à environ 35,000 celui de' ses précieux manuscrits. Nous invoquons à l'appui de nos estimations trois juges très-compétens : le savant auteur de Vlter Italicum j Mr. Blume, qui ne lui accorde que 30,000 volumes imprimés et 25,000 manuscrits ; et les deux savans bibliothécaires Ebert et Valéry, dont le premier ne lui assigne que 30,000 volumes et 40,000 manuscrits et le second, qui poile à 80,000 les livres inxpiîmés et réduit à 24:,000 les manuscrits. Nous rappellerons aussi que Mr. Cadell estime ces derniers à 30,000. Nous ne nous inquiétons guère de toutes les autres estimations concernant le nombre de vo* lûmes de cette bibliothèque, parceque cène sont que des répétitions des chiffres données par ces trois sàvans, soit littérales, soit tant soit peu modifiées pour en cacher l'origine , ou bien ce ne sont que des opinions si ridicules, qu'elles ne méritent pas l'honneur d'une réfutation.
Nous devons aussi avouer que nous nous proposions d'atteindre plus d'un but en rédigeaiïl le tableau qui nous occupe, et nous croyons servir la science et en même temps faire ui acte de justice ea
les proclamanft avec franchise.
D'abord en oflBrani an lecteur tant d'opiiiiiMiis di& fijrentes snr le nombre de Yolnmes d'une même bibUothèqne, nons Tonlions lui donner une preuve matérielle des longues et fastidieuses recherches auxquelles nous ayions dA nous livrer pour déteiminer la richesse relative des principales bibliothèques ac* tuellemenf existantes , et nous mériter par là su con^ fiance , non seulement pour tout ce que nous avons dit précMenmient, mais aussi pour ce qui nous restait à lui dire sur ce sujet.
Ensuite nous voulions :
1^* Mmitrer par le rapprochement des opimons les plus disparates jusqu' ou peut aller le manqw de critique ou la n^li|;ence, polir ne pas nous servb d'une expression plus sévère, de certains ^pteurs dans leurs estimations.
2^' Indiquer l'origine de certaines erreurs , et ngnaler au public les sources , quelquefois trop peu connues, auxqndUes des auteurs, plus ambitieux que savans et consciencieux, vont puiser à peu de fiais leur vaste érudition.
3^ Signaler la source, où ces mêmes auteurs vont ^ quelquefois^ puiser des dociunens, qu'ils qualifient d'ot ficiels , et les prétendues communications obligeantea oii même officielles, qu'ils disent avoir pris pourbaae de leurs travaux statistiques.
4^ Rendre à quelques journaux justement célèbres la part qui leur est due dans les progrès de cette partie de la statistique, comme dans toutes les autres brandies des counaissances humaines. A la page XXHI. de l'Introduction de nàtre AWéjfé de déographUe nous n'avons pas rougi de citer les principaux journaux auxquels nous avions faits de nombreux enipninto
dans sa rédaction. Sans répéter ici la longue série de leurs noms, nous rappellerons au lecteur que c'est surtout dans les principales Revues Anglaises ti dans le Thnesj dans la J^evue Britannique ^ dans ceUei des Deux^Mondes et dans la BibliaMkè^Uê UniverseU^, de Genève j dans les Nouvelles Annaks des Voyages j. dans celles que Mr. BerghQUs publie à Berlin^ dau^ les Jahrhûcher ier LUerctturj dans tAushsnâj dans le MorgenMuttj dans le Journal desDébafSj danst le Temps j dans tAlfyemeine Zeitun^j que nouë. avons trouvé une foule de faits , que peit dé temps après leur publication, et quelqurfois même plusieitrft années plus tard, nous vimes avec surprise figurer I comme des ^foits nouveaux , résultats de longues re« / ch^ches et de divers artifices de calculs^ qui n'ont I jamais été fiiits y ou bien ccmame des ^documens ofiB» I ciels dont on aurait obtenu la communication'^, do^ comens qui cependant ne sont jamais sortis d'aucna bareau pour aller enrichir les cartons de certains statisticiens. C^est aux principaux rédacteurs des journ«x scientifiques, c'est à ces magistrats littéraires^ qo^appartisnt la tâche honorable de faire justice 4û tmis ces pkgiats , qui entravent les auteurs eonsci^iV' cievx dans leurs travaux et font reculer les sciesceSt; au nitieu de leur mouvement progressif, par la publia cation d'une foule d'ouvrages où, ne tenant aucun compte de tout ^cè qui a été fait pour l'avancement de la science , on persiste à reproduire copimie des faits nouveaux, ou même comme des perfectionnemensi; des erreurs démontrées comme telles^ par leurs dévan^ ciers dans des travaux spéciaux généralement et justement aji^laudis.
5^' Payer enfin le tribut d'éloges que méritent le savant travail sur les bibliothèques anciennes et modernes pubUë par Ebert dans V Encyclùpédie d'Ersch et Gruberj et celui non moins remarquable de Mr. de Malchus j qui forme une des parties les plus intéressantes de sa Statistique de V Europe. En ^et ces deux tableaux , maigre leurs lacunes con^ sidërables, et même leurs erreurs, n'en sput pas moins tout ce qui a éiè fait de plus savant et de plus con- . sçiencieux sur ce si\jet, tout ce qu'on a publie depuis n'offrant aucune des garanties nécessaires pour' mëritef la confiance du public et des savans. Les additions considérables relatives aux bibliothèques de la France que présentent les travaux rëcens de MMr. Bailly et Villenave , publiés dans le Journal de la Société française de Statistique Universelle ^ et dans V Encyclopédie des yens du Monde j sont bien loin d'avoir rempli les lacunes et corrigé les er^ reurs qu'on peut reprocher aux tableaux de ces deux j savans Allemands. Mais , si l'époque de la publica^. | tion de l'article du bibliothécaire de Dresde rend j excusables ses imperfections, l'on ne peut être éga- i lement indulgent à l'égard de la Statistique des bir j hliothèques anciennes et modernes publiée en 1833 i et 1834-. C'est dans cette demièrç surtout que nous avons reconnu le plus d'emprunts faits à Ebert sans te citer, et ce qui plus est , nous y avons vu adoptée en 1834- son évaluation erronée des volumes conte-
nus dans la Bibliothèque Royale de Berlin, tout en citant l'histoire de cet établissement publiée par Mr. ' Wilken qui en est le bibliothécaire, et qui lui donne on nombre de volumes si différent de celui j que lui assignait Ebert en 1823 !
C'est dans ce même article où nous trouvons que la ^bibliothèque de PEscurial est la première de la Péninsule et une des plus riches du mondé !^ Nous ferons observer en faveur de l'opinion d'Ebert ^ qui ne lui accorde que 17,500 volumes et 4:,300 manuscrits , d'après une ënumeration exacte faite par Ximenés, qui en a publié l'histoire, que ne pouvant raisonnablement révoquer en doute les faits positijb avancés par ce dernier, il ne reste que la supposition que depuis lors cette bibliothèque ait Tait de grandes acquisitions.- Mais toutes les informations , que nous avons prises de plusieurs Espagnols que nous avons eu l'honneur de connaître, viennent à l'appui de l'estimation d'Ebert. D'ailleurs Mr. le comte de Laborde, qui a bien vu et bien décrit l'Espagne , ne lui accorde en 1820 qu,e 30,000 volumes. Nous attendons de véritables documens oflBciels on des faits bien positifs, non seulement pour ranger cette bibliothèque célèbre parmi les plus riches du monde , mais inéme pour lui assigner les I3O5OOO volumes que Mr. André lui accordait il y a quelques années, et les 130,000 impriniés et les 15,000 manuscrits que lui accorde la statistT^ue de l'Espagne iqueMr.Moreande Jonnês vient de publier ^) .
^) Nous allions livrer cette feuille à là presse, lorsque par un heureux liasard nous avons reçu le cahier de Février 1835 de la Revue Brîiatmtfup,joù nous avons trouvé un excellent article sur cette bibliothè<|ue, article qui est fait avec beaucoup de soin et par un savent qui a été sur les lieux et dont nous regrettons de ne pas connaître le liom. Nous en avons extrait les passages suivans, qui viennent à l'appui de ce que nous avons dît et qui, tout en confirmant l'exactitude de révalutition de Mr. le comte de Laborde, obligeront le lecteur à ranger avec les estimations, qui ne méritent aucune
C'est encore dans Tariicle de FEnc^clopëdici des gens du monde que nous lisons avec surprise qu9 «la Bibliothèque Impërale de Vienne occupe une ancienne ëglise avec huit grandes salies ^ et cela plus d'un siècle après qu'elle a ëtë établie dans le magnifique local) que Charles VI. a Sût bâtir tout exprès pottf l'y placer ; que dans la bibliothèque de Dresde iNt conserve <^un manuscrit écrit dans le Mexique,^' igoutant que <<c'est un calendrier avec quelques fragrmens de l'histoire des Incas Y Mais nous ne multiplierons pas ces exemples, pour que l'on ne soupçonjie pas en nous des vues toutrà-fait étrangères à
croyance, celles des auteurs, qui de nos jours^ en répétant d^s vieilles eneurs, portent à 130,000 le nombre de ses volumes imprimés et à 15,000 celui de ses manuscrits*
]^La bibliothèque de TEseurial, dit notre anoAyme, forme trois grandes divisions: la bibliothèque d'en bas^ celle d'en haut et celle des manuscrits. La première, qui est la plus considérable, se compose de trois salles, dont Pune à 190 pieds de long sur 89 de large. Les casiers aont magnifiques et faits en bois précieux. Le A>mbre de volume^ qu'elle renferme est de 18,000 environ, dont 700 manuscrits grecs 4 latins ou espagnols. Quelques-uns datent des YII, et VIIL siècles.»
«La bibliothèque d'en haut contient à peu près le même nombre de volumes que la première. Elle ,a été destinée à lui servir d'annexé et se compose des mêmes élémens.*
«La partie la plus importante ^e la bibliothèque est celle des manuscrits. La salle qui les renferme est spacieuse et )os casiers sont. d'une grande beauté. Les manuscrits arabes^ à en juger par le catalogue , sont loin de la remplir en totalité. On y a déposé aussi un grand nombre de manuscrits grecs et latins \ mais l'un des prlvcipaux objets, que Ton montre a,VLX curieux dans cet^e salle , eclT un Koran ^rit au milieu dM IX. siècle , on lettres de couleur pour Tubage de l'un des premiers rois de Gordoue* Outre les manuscrits portés au catalogue et qui sont au nombre de 1,681, il y^«n ^ {plusieurs d'incomplets qu'on a arrachés aux flammes,*
celles que nous ayons eues en traçant ces lignes, ^ous nous pennettrons seulement de rappeler , que nôtrç Essai statistique sur les bibliothèques principales de l'Europe, que Mr. Ebert ne pouvait pas connaître en travaillant le sien au commencement de 1823 et que Mr. de Malchus a eu la déUcatesse de citer plusieurs fois, est le premier travail gênerai qu'on ait publie sur ce Sjujet. Nous jouterons qjie nôtre tableau fait partie d'un ouvrage annoncé avec ëloge dans le Journal des Débats]fBT le premier juge compétent de l'époque, publié en français et dans la capitale de la France, circonstances qui toutes rendent impossible la suppor fiition qu'on serait tenté de faire, en voyant des auteurs décrire en 1833 et 1834 les principales bibliothèques du Portugal en citant, à l'appui de leurs opinioiis erronées, les ouvrages de Murphy et de Link!
Pour rendre. plus facile au lecteur l'usage du ta-r bleau des opinions difiérentes émises sur le nombre des volumes contenus dans quelques bibliothèques célèbres de l'Europe, nous avons rangé dans le tableau ci-dessous d'après l'ordre chronologique de leur publication les ouvrages, donl^ les auteurs y sont men^ tionnés. Nous n'y avons pas ajouté les journaux, parceque l'époque de leur publication est toujours indi^ quée après leurs titres dans le tableau précédent , où se trouvent aussi consignés les résultfits des communir cations manuscrites que nous devons à l'obligeance de MMrs. Schubert, et Nagy^ dopt les premières se apportent à» l'année 1824:,, et les secondes à l'année 1833. C'est aussi à cette m^m^ époque que se réfè^ rent les estimations que nous devons à MMrs. €Hr rofd et Ferrucci conservateurs des bibliothèques de Brera à Milan et de l'Université à Bologne. Celle
à?Unùlij concernant la bibliothèque da Masëe Bor-
bonico à Naple« , se rapporte à l'annëe 1826.
TABIiBAU CHRONOIiOeiQUB
de rëpoque de Ju publication des oavrages, dont les auteimr sont mentionnes dans le tableau précédent*
AlflftES. NOMS DES AUTEURS ET TITBF.S DES OUYAAGE8*
1817 • • • • Eusiace : Voyage classique en Italie.
1819 Petit 'Rndel: Reclierches sur les Bibliot1iè^[ites
anciennes et modernes.
1819 1887. Stein: Dictionnaire géographique; la 4. édition de
sa Géographie; et %e% voyages aux principa-
les capitales de l'Europe.
1819 18^* Hassel: %e% différens ouvrages 9 publiés pendant
ces cinq années sous différens titres*
1820 • • • • Laborde : le 2. volume in folio de son voyage pit-
toresque en Espagne.
1821 Dibdln: Voyage bibliographique et pittoresque
dans rAUemagne et en France. '
1821 • > . • Blanchard 'Boismar sas: Itinéraire d'un ami des
arts, ou statistique générale des académies et des bibliothèques de Paris et de la France*
1822^1823. Ebert: Histoire de la Bibliothèque Royale de
Dresde; et son grand article sur les bibliothèques anciennes et modernes dans l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber publiée à Leipzig.
1823 • • • •André: Statistique des chiffres.
1823 Bisinger: Tableau comparatif des forces et dea
ressources de tous les Etats de l'Europe.
182^^1880. Blume: Iter Italicum.
1825 Wurlaff: Histoire de la Bibliothèque Royale de
Copenhague (en Danois)*
1826 • • • . Malchus : Statistique de l'Europe»
1827 Le Conversations- Lejcikon publié à Leipzig.
1828 • • • • Wilhen: Histoire de la Bibliothèque Royale de
Berlin*
1828^1881. Zedlitz : StatUûqyL% delà Monarchie Prossienro |
et son Guide du Voyageur dans la même Monarchie: Berlin.
1828 * • • BaUly : Notices historiques tor les biblioliié^[ttes
anciennes et modernes.
1828 Amatl: Ricerche storico-eritidie-seientifiche suUe
origini: Milano.
Alf XtES. N0M9 DES âUTEURS ET TITHES DES OUTRâOfiS.
^B28 • • • •'Meidfnger: Voyage dans rArchfpel Britannique. ^829 Schnîizler: Essai statistique sur l'Empire Russe.
X^9 • • • • Galnntt : Napoli e Gontomi di Giuseppe "Maria
Galanti, nuova edizione interamente riformata.
1880 Haendel : Catalogue des manuscrits contenus dans
les l^ibliothéquea de la Suisse , des Paya-Bas « du Royaume-Uni , de l'Espagne , ctc* 1831 .. 1888. Schnabel : dans la 7. édition de la géographie de
Galleiii, et dans sa statistique de l'Europe.
1881 • • • • Streit: dans son Guide du voyageur deReichard*
1881 SiarJe : Picture of Edinburgh.
1831 1888. Valéry : Voyages historiques et littéraires en Ifali^,
1882 Cannahich: Manuel de Géographie.
1882 • • • • Garinei i libraire éditeur de la Guida délia eîità
di Firenze, 1882 Rampoldt: Corografia dell' Italia.
1888 . • . • Jf^nchJer: Histoire de la littérature. 1893 Çhnmher : Dictionnaire géographique de I'Egosss.
1833 • • • r Hohn: Statistique du Roy. de Bavière.
1834 L'auteur anonytae des Huit jaiirs à Munich, 1834 . • • • Duchesne : Voyage d'un Iconophile.
1834 Plieninger: Description de la ville de Stuttgartt
1834 • • • • Villeftave : dans l'article Bibliothèques de TEn-
cyclopédie des gens du Monde. ,
1B35 d^Haussez: Voyage d'un Exilé.
1885 • • • • Steîn : Description statistique et géographique du
royaume de Saxe.
Oif sera peut-être étonné de ne pas voir figurer dans le tableau ci-dessus les noms des auteurs d'une foule de géographies, de statistiques et de dictioiinaires géographiques, qui spnt entre les mains de tout ie monde. Pour toute excuse nous dirons, qu'ayant ojQPert au lecteur tous les noms des auteurs des ouvrages originaux, nous ayons pensé qu'il ^tait à-pen-près inur tile d'allonger le tableau, en y intercalant ceux ^ l^î9 copistes 011 tra4ucteurs non avoués.