CHAPITRE IX
La Bibliothèque Royale à Paris
ciat la plus grande qui existe et qui ait existé.
Les doutes âevés par quelque savant sur le lombre de volumes que dès Fannëe 1822 nous avons issigné à la Bibliothèque du Roi à Paris, doutes devenus plus forts par l'augmentation considérable que lous lui avons fait subir depuis, exigent une justifiation de notre part; nous nous empressons ^e la lonner d'autant plus volontiers , qu'elle nous oflEre 'occasion d'exposer le procède que nous avons suivi lour rendre comparables les ëlémens diflférens, dont e composent les richesses qu'elle renferme avec les ichesses correspondantes des principales bibliolièques du monde. /
Nous tenons de l'obligeance des conservateurs. es livres imprimés MM. Van-Praet et de Mane, [u'en 1822 la Bibliothèque du Moi possédait:
450,000 volumes 5
450,000 brochures, pamphlets et pièces fugitives, «dissertations etc. reliées en volumes, ou enfermées dans des portefeuilles ou cartons ; 80,000 manuscrits , parmi les quels se trouvent les lî* vres imprimés chinois etc. } 1,900,000 chartes, diplômes etc.;
6,000 volumes et portefeuilles renfermant 1,200,000 estampes.
Nous rappellerons que les 450,000 Volumes et ïs 450,000 brochures etc. , dont nous avons le prelier publié la somme dans la Statistique du Portai j, ont été adoptés depuis par plusieurs auteurs t par plusieurs journaux sans jamais en indiquer i source; et qu'un statisticien célèbre nous a même
reproche d' exagérer Ja richesse de cette bibliothèque en la portant à 900,000 volumes , nombre qiji^appar | reniment il trouvait en sommant deux ëlëmens aussi n diffôrensquelesontlesroftime^etles^OcAlire^^ qui, « comme nous le verrons plus bas, ne lui auraient donné, j^ après avoir été rendus comparables, que 495,000 .< volumes au lieu des 900,000 qu'il attribue a notre évaluation! * ,
Maintenant, pour mettre en rapport ces ëlémens | diflerens , nous supposerons :
1^. Que chaque manuscrit forme un volume; | ce qui n'a rien d'extraordinaire , ëtant la manière la « plus conmiune d'envisager cette partie des bibliothè» ques publiques dans l'enumération de leurs richesses ;
2^. que chaque dix broc^^ures , pamphlets , dis- ^ sertations et pièces fugitives reunies ensemble forment un volume; ce qui est un calcul très -modère, car un volume ordinaire in 8. ne contient que 16 à 18 feuilles;
3^. que 50 chartes, diplômes etc. réunis ensemble . forment un volume.
En faisant ces réductions nous aurons 4-50,000 brochures , pièces fugitives ^etc. équivalant à 45,000 volumes; 1,200,000 diplômes, chartes etc. équivalant à 24,000 volumes. Considérant les manuscrits et les 6,000 volumes et portefeuilles des estampes comme autant de volumes , nous aurons pour la totalité des volumes existant dans la Bibliothèque du Roi en 1822 :
450,000 volumes de toute sorte do format, 45,000 volumes pour les brochures etc.
24,000 volumes pour les diplômes, chartes «le. 80,000 volumes pour les fhanuscrlts , 6,000 volumes pour les gravures « estampes etc.
Total 605,000 volumes.
^^1 A la même époque MM. Van Praet et de Mane ^/ nous assurèrent, que la Bibliothèque du Roi augmentant annuellement d'environ 4,000 volumes et 3,000 pièces fugitives , brochures, pamphlets etc. imprimés en France,. et d'environ 3,000 volumes acquis dans^ les ventés publiques ou chez l'étranger.
Depuis 1822 l'activité de la presse a éprouvé une grande augmentation. Le tableau suivant , que nous avons rédigé en combinant les données publiées par Mr. Beuchot avec celles que nous â fourni le Catalogue makuscrit des Uvres et brochures etc. déposés à la Bibliothèque du JRoij dont nous devons la communication à l'obligeance de M. de Mane, en signale la marche , et nous a donné les moyens de calculer approximativement l'augmentation de cet établissement due aux seuls produits de la presse française. Comme nous n'avons eu communication du Catalogue manuscrit de la bibliothèque que dans le 3". trimestre de l'année 1828, et que depuis -lors des travaux scientifiques d'un autre genre nous ont ôté la possibilité de le consulter de nouveau , nous avons pensé de le compléter par un calcul approximatif basé sur la proportion existante entre les produits de la presse française inscrits dans le Journal de la Librairie rédigé par M. Beuchot et les mêmes produits enregistrés pendant les années correspondantes dans le Catalogue de la Bibliothèque du Roi,. Les Ëiits contenus dans la 2. et la 3. colonne du ta-, bleau ci -dessous offrent les élemens de nos calculs et la base des inductions que nous en déduirons.
TABIiBAU
France.
des artioles impriMds en
AHITÉE WOMBKE
d'abtigles
«BiefUtras
iDterito à»um
dmm» le Jomal
le Cateio|;«e de
4« U Li]»rairie.
U Bibliotlièfae
da Boî.
Ptemiire période*
fl
IH
Somme de la première période 50,968
Seconde période.
Somme àes deux périodes 100,500
Maintenant nous dirons 50,9689 sonune des oa> vrages annonce par le Journal de la Librairie pendant les 6 années qui forment la première période , à 58,032 9 nombre des ouvrages inscrits dans le Catalogue de la Bibliothèque pendant ces mêmes an^ nées , comme 100,500 , somme des ouvrages annoiices dans le même Journal pendant la première et la seconde période, au nombre x d'ouvrages enregistrés dans le Catalogue pendant les deux périodes réunies, ou depuis 1822 jusqu'à tout 1833. Cette proportion résolue, on trouve or =3 114,800.
En estimant avec M. de Mane que le nombre de brochures et de pièces fugitives soit égal à celiu des volumes; que ces derniers forment la moitié du produit annuel de la presse ; et en supposant, comme
{nous venons de le prouver par un calcul plus que I probable , que la totalité des ouvrages ou articles déj posés à la Bibliothèque, depuis le commencement de !l822 jusqu'au 31. Décembre 1833 , se soit élevée en nombres rondes à 115,000, nous aurons la moitié de cette somme, ou 57,500, qui représentera le nombre de volumes , et 57,500 qui indiquera le nombre des brochures et pièces fugitives. En divi^ sant ces dernières pour dix, nous aurons 5,^750autres Tolames à igouter aux premiers.
Nous avons vu précédemment à la page 74 que la Bibliothèque du Roi au commencement de 1822 comptait 605,000 volumes. Maintenant, pour avoir l'état de sa richesse actuelle , nous dirons :
Fonds existant en 1822 • . . 605,000 rolumes
ué.ugmeniati(m provenant des volumes
acquis dans les ventes publiques ou
chez r étranger 86,000 volumes
u4.ugmenintion provenant des produits de
la pfesse française, offk'ant 67,500 volumes pour les ouvrages , et autres ,
5,750 volumes pour les brochures,
dissertations etc., ce qui fait un total
de 63,950 volumes, ou en nombres
ronds ( • • é • . 68,000 volumes
' Total 70^,000 volumes. .
Nous porterons le nombre de 704^000 à 706,000, parceqne les- . 6,000 volumes attxquels^ en 1822 9 d'après un calcul approximatif, on nous açsqrait s'ëlever la collection d'estampes , doivent élre portes aujourd'hui à plus de 8,000 , d'après le savant article publie en 1834 par M. le professeur Fioot dans la B9^Uùthèque Umvers^e de Gmèoe,
Nous venons de prouver que- la Bibliothèque du Boi est la plus grande qui exiHe. Nous âUptis
maintenant prouver qu'elle est aussi la fbis grande qm ait existé. Notoe tâche n'est pd» aussi difficile qu'on pourrait le croire du premier abord.
Le nombre d'auteurs, et par conséquent de li-i vres aux beaux temps de FEgypte , de la Grèce et i de Rome ne pouvait pas efre très -grand; il devAi être au contraire très -borné par plusieurs causes, qui. contribuaient «.uissamment à retarder la production i des ouvrages originaux et s'opposaîoit à la muitipli- 1 cation de leurs copies. Eneflfet l'histoire des yilleai et des nations et la description de la Terre, ces deuxi sujets, devenus pour nos auteurs des sources in^uisa-i blés , devaient être bien stériles dans des temps , oè i l'histoire n'embrassait qu'un petit nombre de sièelesi ! et la partie de la Terre connue aux écrivains n'était i pas le sixième de ce qu'elle est pour nos géogr»^phes et pour nos historiens. A ces deux. causes puis-; santés il faut ajouter les communications rares ets
« difficiles qui avaient lieu entre les peuples diflFérensJ et pour le même État entre ses différentes villes. Epi" outre une foule de ^sciences et d'arts , dont le champ est devenu si vaste de nos jours , étaient alors ou in^ connus ou bien très-bornés. C'en est assez pour siq^ poser que, à parité de circonstances sociales ^ sur trente ou quarante auteurs qu'on compterait actudlement dans un pays , à peine devait-il s'en troBver un ou deux.
La matière i me sur laquelle on écrivait lOpposût plur son gn prix, tu par la difficulté de sa
' la procurer, de < "obstacles à la produdiciii
de nouveaux ouvrag î nouvelles coptes. D'ut*!
leurs la multiplication < ces dernières ne pouvant] se faire que par le moy< : ^'^ et ^^'^ coAtenk
copistes , il est presqa^ impossible qu'on poisse porter au-delà de 50 à 60 le nombre moyin qu'on pos^ sédait de chaque ouvrage ordinaire. On ne nous accusera pas de diminuer extraordinairement le noni- ' bre des copies, quand on pense que le tirage des ) éditions princes ne s'élevait au terme moyen , selon M. Petit- Radel, qu'à 4^35 exemplaires. Ce petit nombre de copies et la manière barbare de faire la gàerre devaient faire périr un grand nombrç d'oui| vrages , en élever extraordinairement le prix y et rendre très - difiBcile , pour ne pas dire impossible, leur grande accumulation *dans un même local. L^ difficulté qu'éprouvent de nos jours nos biblioinanes à rassembler certains incunables et les prix excessife auxquels nous les avons vus acheter, démontrent combien peu ont pu traverser le court espace de moins de quatre siècles écoulés depuis leur publication jus- (pL^k nos jours. Combien peu donc d'exemplaires d'un If ouvrage />omposé du »temps d'Alexandre devaient exister au temps d'Auguste ou de Trajan ! En présence de semblables faits, qu'on vienne nous parler de bibliothèques riches de six à sept-c^its mille volumes ! Si nous voyons de nos jours, malgré tant de journaux et d'auteurs qui sont prêts à donner un démenti, des voyageurs et des savans estimables répéter sans aucune critique dai;i^ leurs relations et dans leurs ouvrages Içs estimatrbns vulgaires , presque toujours erronées et parfois ridiculement exagérées, sur la prodigieuse .'richesse de certaines bibliothèques célèbres, pourquoi devrons -nous admettre comme des vérités démontrées , les évaluations contiadictoires et évidanounent outrées des grfmdes biblio-
fiièques A^ Alexandrie ^ de Rame j du Cifire^ de
sa
Dripott de Syrie , et de Cordùue ? exagérations d'autant plus faciles à débiter alors, que leurs auteurs n'avaient pas de contrôle à craindre. Après avoir longtemps réfléchi sur ce siget, nous n'hésitons pas i affirmer, qu'il nous paraît très -improbable, pour ne pas dire impossible, que dans aucune bibliothèque de l'antiquité et du moyen -âge on soit parvenu i réunir plus de 3 à 400,000 volumes.
Mais en accordant même 700,000 volumes à hiphu grande des bibliothèques d'Alexandrie j dont plus de la moitié brûla pendant le siège soutenu par Jules César dans cette ville; en assigiiant ce même nombre à l'immense biblkrihèqtie de TripoU ') et à celle di
^) Voici quelques faits aussi curieux que généralement ignorés sur les immenses bibliothèques du Caire et de Tripoli. Nous croyons inutile de déclarer au lecteur que nous sonmes bien loin de croire à réxactitude des évaluations des auteurs arabes cités. Les raisonncmens que nous venons de faire dans le texte prouvent leur exagération ridicule. Nom avons emprunté ces faits aux Mémoires géograpfifgues et historiques sur PEgypte et sur quelques contrées voisines, recueillis et extraits des manuscrits Coptes, Arabes etc. de la Bibliothèque Impériale , publiés par M. Quatremére i Paris en 1811.
La bibliothèque du Caire y dit Ibn-Aby-Tay, était la plus considérable qui existât dans tout TEmpire Iftusolman, et pouvait passer pour une dos merveilles du monde. Elle renfermait , entre autres ouvrages , i ,200 exemplaires de la chronique de Tabary et une infinité de livres, copiés de la main des écrivains les plus célèbres. On y comptait, dit* on, plus d'un million six-cent mille volumes. La biblio* thèque des Khalifes , dit Macrizy , était dans le grand palais , et se composait de 40 chambres qui renfermaiMit un nombre prodigieux de livres , et sur toutes sortes de matières. Elle renfermait 18,000 volumes sur les soiencet des anciens. Parmi les livres qui en furent tirés pendant les troubles, qui agitèrent le i^gne de Mostanser, on comptait 3,400 exemplaires du Koran , tous de la plus ^ande beaaté.
Ca£re; eHiÂdmettant môme tfi<^ULjrmêiàmeiiblio^ thèfuè. ^ Alexandrie ^ détrmtei^r.les Anbes, ut compté 600,000 volumes , et en supposant iimi^ nombi^ égal dftjis r{%t6»iié OttYertp à JBoiTié par Ti^gan, et dans la hibUothèfue' fondée. ktCordoue . par XHUustre Al-Hakén , l'^'-^^imoft .de TOcoident; lUHid sommes en état de prouver, qme^vleitr contenu
, éçirSts.x>ar les plms habiles maîtres , et enrichis d'Àr^d'ir^ sent et d'autre» omemens. ,..« •.'•'. ^ " t , ,,.*.»% De toutes les bibliothèques 9 doQt- il est îs^lï me|i^on ' dans les < ecriTains oriènttairx , li pltà xioÀ ji^ïraÂl\s ; àïï ^lltX ■ . ' Q^IremérQ , . e^t celle; qui existait à Tn^pli ,à9 Syrie. Au ^ rapport de Tahia - ben - Aby- Tay , cité p^ ïto * Fjfat^ 9n voyait dans cette yîlle une académie, qui était la pîiDi '> magnifique ^i exista ' dàiis Tunivers. Elle t^nlfièrnlart^blj . j^illiofis de volumesL^ui rpul^'Ofit t0ii^, sur» lfi/:thé4l<i!gif|» l'explication du Koran , la scieiv^e de» traditions et 1^ î)ellcs- lettres. On y èomptait 5(),ÔClO exemplaires du Koran', : el: 20,000 conimèntaix!es sur^ee librè^^ Les-Ka^jr» de'la fi^ mille d'Amni^ ja^e|tl(aipnfc de^p^us ^ran4.^<èle 4 la pro^perjlît^ dé cette académie. \is y. cntretenai'ent cent copistes , ,auy ^' 'quels' Hslavafîent asài^é -nh'traltemfeiit annuel, et parAi\ ■'■ i^s^uels il y ep «^ait^ 90 qui ne ^ttaîent ,cet édifice ni ;!• jour , ni la nuit« Ils avaient dans toutes les province^, dfif hommes affidés qui leur achetaient les meilleurs ouvrages qu'îU pouVaîentitro^ver* Soàs le gouvernement dé cette famille, 3>ftpo]i tçute^ entité, jetait. devienne uyie^^adélilff où fleurissaient tous les genres de scienqes,^ et 01^ l'on yoT^k * affluer Aés savant de tous les paVs. Lorsque Tripoli Vrin , 608 del'hégire^ Ktti&a aa'poUvâUdebFAiM» comiidâi^^ par Baym^d.coip^te de St (jriljj^ , , ^oq» j^étre ét^if^ Itnl^é dans la bibliothèque, fut frappé, d.e la quantité de livres qû^ellé reflïeriÀait. La salle o'ù iVsè tr^iuvalt-étàît^précîiëment celle qui contenait les Horang^iAyaai&nM la ttaîti:stft> un manuscrit, il reconnu^ cf^ ouyraga.?^Il,^][^^P!CÎ^'Un se- ' cônd, puis un troisième^ et ainsi de suite, }psqu' au .* nombre de vîàgt, et trouva, toujo'urs feiti^è lîvffe.'JlfyiîîA; . déclaré que joet édifice ne r^nfermait^fVA'^éa HApaiis v lèli Francs y mirent le feu et le réduisirent en cemdreys. Il ' ' n'échappa qu'un petît'nombre de livres qui furent dispersés en différcns pays. . , ; : y': - -1
n'égalait ' pas aeiilemait le cinquième d'une bibliothèque cpmposëe d'un nombre égal de volumes im«
primes.
Toutes les persomies qui ont publie des ouvrages savent, à n'en pas douter, que, quelque serre et Ineii ' écrit qu'on veuille supposer un manuscrit ordinaire, OA: peut le regarder toujours pour le moins comme équivalant au double de l'imprimé correspondant , même en employant dams son impressioii des caractères cicero ou philosophie. Que serait-ce, si on l'imprimait en petit-texte et en d'autres caractères encore moindres ?
On sait que les volumes de anciennes bibliotliè> ques étaient dés rouleaux, et que ces rouleaux n'étaient ordinairement écrits que d'un seul côté. Ainsi donc la sunace écrite d'un de ces volumes correspondrait à la moitié seulement de la surface écrite d'un de nos livres, dont chaque page est couverte de caractères. Par conséquent une bibliothèque composée de 100,000 rouleaux ne contiendrait pas plus de matière qu'une de nos bibliothèques composée de 60,000 manuscrits.
On sait aussi que si un ouvrage était divisé en dix , vingt, ou trente livres, il j avait dit, vingt, ou trente rouleaux diflférens. Ainsi, par exemple, l'histoire naturelle de Pline , qui dans l'édition princeps de Venise en 1469, ne forme qu'un volume in-folio, étant partagée en 37 livres , aura formé autant de rouleaux ou de volumes.
S'il ilous était peimis de fdre des comparaisons entre des élémens si disparates, nous dirions , que l'on pourtait comparer tous ces rouleaux des anciennes bibliothèques à nos cahiers de journaux ou aux livraisons in-8. des ouvrages qu'on publie par souscription.
A quoi se réduirait-elle la giaude bibliothèque de Paris, si l'on supposait pour un instant que ses 61Ç,000 volumes in folio , in 4-. et in 8. quelle contient , ne fussent que 616,000 cahiera de 6 à 8 feuilles ? Cependant c^est ainsi qu'on doit estimer les richesses littéraires contenues dans toutes les plus grammes bibliothèques de l'antiquité et du moyen-âge, ^composées de rouleaux , et même celles du mojen âge qui n'avaient que des manuscrits.
Après tout ce que nous venons d0 dire , il nous semble que^ tout bien calcula, et malgré les plus imposantes autorités que l'on pourrait invoquer pour le contester, il n'a jamais existé de bibliothèque dans l'antiquité et dans le moyen-âge, dont le ^nombre de volumes puisse équivaloir pour leur çontedu matériel à une bibliothèque composée déplus de 100 à 110^000 volumes imprimés.
Nous espérons avoir assez justifié Ip choix que nous avons fait des établissemens admis dan^ le tableau comparatif des principales bibliothèques du Globe, le nombre de volumes auquel nous avons réduit les plus grandes bibliothèques de l'antiquité e^t du moyen-âge, le rang important qpe nous avons assigné à la Bibliothèque Impériale de Vienne, et la place ëminente que nous avons donnée à l'établissement de ce genre qui décore la capitale de la France. . «