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ration". L'épltre surtout qu'il a intitalëe j^moris iUiciti Medela, fait nne peintoi'e effiraptite des suites de cette passion. Les lettres qu'on pourrait encore lui reprocher sont, comme nous t'avons vu, de sa jeunesse.
Étant Fape, au contraire, il écrivit une éjdtre destinée à atténuer l'effet de ces pernicieux écrits'. Elle est adressée au roi de Chypre. C'est le traité de pravis Mulieribus dont parle Dupin *. Il a étéjMiblié sous ce titre dans le petit recueil de J. A. Mulingiis, de Strasbourg, que nous avons trouvé à la Bibliothèque de l'Arsenal. Pie II y a pour but de montrer les dangers de l'amour. Il tire ses preuves « non de la vie des femmes célèbres, que Boccace 3 prise pour sujet, mais de la vie des femmes criminelles, u Ses exemples sont nombreux , et pouvaient l'être encore davantage, car ils commencent à Eve. L'auteur y ajoute d'abondantes citations en prose et en vers, quelques -unes empruntées à des auteurs contem-
• Kp. 106 , 195. Un aHick de M. Delécloze, publM dans la Aeitte Française, en soplemlire 1833, a reproduit qmlques passages erotiques des CKovres d'iËneas. •> La franchise qui j régne, dit l'auteur, annonce une (elle bonhgmie, on y voit si bien que le pape PÏC II n'a jawaîs oublié qu'il était homme , qu'on aura sans doute pour lui la même indulgence qu'il avait pour les autres. -< Mais le Pape n'a pas besoin de cette indulgenee excessive pour des écrits qui appartiennent au jeunehomme et au laïque , et que le Pontife n condamnés.
■ Ep. 395.
'Bibl. eccl.,15's., part I.
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porains. Mais nous resaarqaons surtout ce charmant petit poëme qui est de lui :
Vidimus rlEgieni lascivi nuper Âmoris,
Qux nîmiam meatem novil imago meam.
Nec barbam raalis , uec corpore tegmen habebat ;
Hiidus terga , mauas , pectora , cmra , pedes. Ast humen's a.\m suberant , et flexilis arcui.
Lamina sub leoero ceeca supercilio.
Cur puer imberbU oulla lanugine malas }
Cur melîns nulla c<»'pora veste tegat ; liumme cur careat , pbaretram cur gestel et arcum ;
Cur habcat pennas , Calliopea refer.
Sic ego , sic retulit qussilas illico csusas
Haximn Pegaiei Calliopea cbari.
Qui Mpk évitai malcHoa Cupidiaïs ariua ,
Et tnntuiii pueros intrat in«ptus aiuor :
Sive quoil est puero similis qui cwpit aruare,
Pingitur inde puer.
PÎDgitur et nudus : nullum 5ervare pudorem
Et meminit simplex el manifestus amabs.
PÎDgitur et cascus , quia noii bene ceroit hoaeïtnm
Nec scit quo virtas , quo ferat error amans ; . Vel quia qoœ peccet , credat secrel« lalere ,
Cuncta nec in sese lumina versa videt.
Sic est omnis amans , sic se , sic omuia Dcscit :
Gonsilium , famam , fœdera , jura , deos. Aurea quod curvo lorquel>at spïcula cornu ,
Pungere corda férus sîgnifîcsiur Amor.
Quod levibus volucres bumeris suspendéat alas
Causa est , hue illuc quod levis errât amans ; Vel quod Amor cursum non semper servat eumdem ,
Nunc abît , et parvas post redit inde moràs.
Dixerat , et pTcssis obmi^tuit orsa labetlis.
Elludi taies protinus ore sodm :
Quam yidi dfigiem pfaaretram gestabat et «rcnm.
Fax tamen in dextra non fuit ulla sna.
Sed quoniam vetenim fioxere poemata Tatum ,
( QuM ego quid teraere commemarasse pulem ? ) Die quiauam Ixdas ferfur geslare Cupido?
D!c , precor, armalas cur habet igné manus ?
Qusïitani verbla respondens masa duobus.
Sic leviler causam reddidît : urit amor.
Accipe lascîv] quxaam sh Amoris imago ,
Carole , Cjpriaci gloria magna solî ; Ut melius miserum caveas , dum norîs , ainorem ,
Et redeas ad le , dum mea metra leges.
Quoi de plus curieux qu'un Pontife préoccupé des intérêts du monde entier, et songeant néanmoins à réparer les fautes de sa jeuneisse , non-seulement par une rétractation, qui serait restée à peu près inutile, mais «urtout à l'aide de cette même imagination qui avait fait le mal !
Le commencement d'une invocation à ia sainte Vierge nous dépeint la foi de Pie II, son humilité profonde, et la confiance illimitée qu'il mettait dans Fintercession de la mère de Dieu. Le cardinal de Pavie parle de la dévotion particulière qu'avait pour «lie ' cePontife , exposé , dès sa plus tendre enfance, à tant de périls*. C'est elle encore qu'il invoquera au moment d'expirer ^
'Com.,\. ï,p. 360.
' Cbm. de Pie II , 1. I,p. 2,6. Cauhsivs, Poésies, [. V.
a Com. dn car^. de Pavie ,1. I , p. 360.
SUR SSEXi STLVIDS PICCOU>HINI. 13S
II n'est pas certain cependant que ces vers soient de lui ' :
Virgo Teuton ici s mnitum celebrala sacellis,
Mater et ip» Dei, mater et Jpsâ liamioig, Virgo Latitiorum spes et tulela meonim ,
Virgo quam multo Gallîa tbure colît , Virgo nec Hispacas paulum laudata per urbes,
Cui patet et coelum , tolaque terra patet , Virgo quK magnum potes exorare tuaantem ,
Et potes irati slslere tela Deî , Ipse ego peccati servus , sceleris<]ue mioisler,
Et maudalomm fractor ubique decem , A<1 le confugio....
Ses autres petits poèmes sont en général plus faibles; mais les mêmes idées morales et religieuses les inspirent. Telles sont une pièce de vers sur la Passion de Jésus-Christ, adressée à Frédéric III ', d'autres sur saint Augustin ^, sur la vie de sainte Catherine de Sienne, et sur le départ du Pontife pour la croisade. Nous avons trouvé ces deux dernières dans un manuscrit confus de la Bibliothèque Royale ^. Elles y étaient mêlées à des fra^nents d'auteurs anciens et modernes, à des listes d'expressions, etc. L'ignorance du copiste y a introduit des
' DecattUhon<d> Xnta,atf€Hur, compoiitum. (Recueille 1551.)
' Recneil de 1551 , à la fin.
' Sanetuanum papitnte Jacobi Gualle, 1. III , p. SO, Édil. de 1505.
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faute» nombreuses. Cependant nous citerons une partie delà seconde qui le mérite, non par la pureté du goùl , mais par l'élévation des sentiments :
HOVO D1SCBS8V AB DBBK HOUA AD TOBCUOM.
Turche paras alUe subverlere mœuia Romfe ,
Et ChrUti legem perdere passe putas :
It Piiu at conlra , reges capere arma ducesque
Ocius horUtur : sint pi'a voU Pii.
Magne paren», adsis, et nostrîs annue cœptis.
Filius luec suadet sumere belU tuus.
Tertlus ex alto Mahumetes misaus OJympo
GrediEur, et flatu -non caruîsse tuo.
Sed quzenara probitas gentis ? qux legis hoDestas ?
Summa illis laus est abïtÎDuisse mero.
Hec horainum vila est , pecudumTe, boumve, caiiumve?
ViaH vêtant , feteor* ; vina recusnt equus.
Adde traces aoîmos gentîs , crudelia corda
Atque pitons rabida; pectus evAriti».
ÎJos contra intenti, validas armare cahortes ,
Si faveas cœptis , pergimus j affer opem.
Haec tua si terra est , tua si Victoria, nosquc
Sî cupiinua ritus et tua signa aequi , Si tna tuii>a snmus , sacroque cruore redempti ,
C<xlestis vcrbî pcnrige tels piis ; Parce sua generî , Turcbosipie iuvolve ruiais ,
Ne frustra tantom geni pia pergat iter Ëx te peudeinus ; si vis , dabis arma manusque ;
PenUet ab arbitrio spesque lalusqne tuo.
^neas composa aussi un livre d'épitaphes et d'épigrammes, tant de ses propres vers que de ceux
SDR .SNBAS SYLVIDS PICCOLOHINI. iH
d'auteurs contemporains. Il a été publié par Mulingiis, dans un petit recueil dont nous avons déjà parlé. On reconnaît même dans ces opuscules l'esprit élevé qui caractérise les œuvres d'^neas. « Nous avons fait ce livre, dît-il, pour le salut des Ames, pour le détassement de l'esprit , afin de porter tes hommes à fuir le vice, à recbercl^er les biens célestes. »
Sans parler de plusieurs pièces de vers qu'il renferme sur le Décalogue, sur la Purification de la sainte Vierge, sur la mort de l'ami d'jEneas, Louis Romain, à Bâîe, petits poèmes qui n'ont aucun mérite littéraire, bomons-nous a ta citation de ce petit dialogue entre PÂris et les trois déesses qui l'ont pris pour juge :