NOTICE BIOGRAPHIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE
Jules Tellier naquit le 1 3 février 1863 au Havre, en une maison située sur le port, 29, Grand Quai, et d'où Ton voit les allées et venues des navires. Il fit ses études au Lycée de sa ville natale, il y eut pour professeur de rhétorique M. Jules Lemaftre, et y laissa la réputation d'un bon élève, mais d'un esprit trop indépendant. Il obtint de la ville du Havre une bourse qui lui permit de préparer la licence ès-lettres, à Caen, où il fut l'élève et l'ami du regretté Armand Gasté, professeur de littérature française à la Faculté des lettres. Jules Tellier fut successivement professeur à Cherbourg, à Constantine, à Langres, à Moissac où il se lia avec Raymond de la Tailhède qui devait être son exécuteur testamentaire. Il obtint du ministère un congé régulier qu'il employa à tenter la vie littéraire, il essaya vainement de placer dans les grandes revues et les moyennes de nombreux articles dont les manuscrits semblent avoir été définitivement égarés. Il collabora enfin aux « Chroniques» et au « Parti National » et fut chargé "par Paul Meurice de classer les manuscrits de Victor Hugo. Hanté de la nostalgie du soleil et de la terre algérienne où il avait vécu quelque temps, il partit pour un voyage en Espagne et en Algérie, au retour duquel il mourut à Toulouse de la fièvre typhoïde, le 29 mai 1889. Il compta pour amis Anatole France,
Jules Lemaitre, Maurice Barrés qui dédia a sa mémoire Du Sang de la Volupté et de la Mort, Robert de la Villehervé, auprès de qui il habita un certain temps à Moret, Charles le Goffic, le Cardonnel, le délicat Guigou qui écrivit la préface des Iniques et devait mourir d'un destin semblable avant la trentième année, Maurice Bouchor, Paul Marguerite qui le connut en Algérie, Gabriel Vicaire, Charles Maurras, etc.
Son buste, œuvre puissante du sculpteur Em. Bourdelle, fut inauguré dans le jardin Saint-Roch au Havre, le 28 octobre 1895, Maurice Barres y prononça un discours que Ton trouvera dans Du Sang de la Volupté et de la Mort.
Il publia en 1883, les Brumes (Alph. Lemerre, édit.), plaquette à peu près introuvable désormais. '
En 1888, Nos Poètes (Dupré édit.).
En 1890, parurent sans nom d'éditeur Les Obliques, réunies par les soins pieux de ses amis.
Il serait souhaitable que Ton put retrouver les articles et les vers que Tellier éparpilla aux diverses revues.
Je tiens à exprimer ma gratitude à M. Robert de la Villehervé, et M. Th. Vallée, rédacteur au journal Le Havre, amis et condisciple de Tellier, qui par leurs conversations et la mise à ma disposition de pièces inédites de leur ami défunt, m'aidèrent à humblement tenter de tracer ici cette « préparation » -pour un pastel définitif d'une douce et douloureuse figure où s'imprima la noblesse d'une éternelle inquiétude et la beauté d'une inépuisable passion.
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