‹ Essai sur l'abolition de la contrainte par corpsChapitre 18 sur 39 · XXXVI PREFACE · texte numérisé non relu

XXXVI PREFACE

Il serait superflu de rappeler combien le langage des magistrats distingués qui dans l'enquête combattirent l'abolition, différa de celui de la plupart des auteurs favorables à leur système. « Refuser au légiste lateur, disait l'un de ces magistrats, le droit d'aube toriser un débiteur à donner sa liberté comme gage « de l'exécution de ses engagements, c'est mécon- (( naître les exigences légitimes de l'organisation so- (( ciale . Souvent, avait di t en 1 829 M . le comte de Basce tard, on est distrait des intérêts généraux de la so- <( ciété par des considérations trop individuelles. Le « législateur doit juger l'ensemble de son ouvrage en « s'élevant au-dessus de quelques applications de c( détail qui semblent le condamner. Les lois participe peronl toujours de Timperfeclion de l'humanité; « et n'a-t-on pas sagement balancé tous les droits, « lorsque la loi commune, en protégeant d'une ma- « nière expresse et générale la liberté de l'homme, n'a « permis de la lui ravir que pour un temps assez « court et dans des circonstances rares et délermi- « nées *?» Au fond, le système qui se formulait avec tant d'austérité ne tendait à rien moins qu'à éterniser l'une des atteintes les plus graves que la liberté de l'homme ait pu subir; mais du moins l'opinion contraire n'était-elle ni tournée en dérision, ni flétrie comme trop souvent pour unique réponse.

Ce fut également en tout alticisme de langage que l'honorable M. Josseau, jetant prudemment un voile sur les révélations de l'histoire et des enquêtes, ajouta : « Ce n'est pas en saisissant l'imagination ou le cœur

* V. Rapport, p. 43.

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