‹ Essai sur l'abolition de la contrainte par corpsChapitre 19 sur 39 · PRÉFACE. XXXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXVII

« des hommes qu'on doit chercher à gagner la cause « que Ton croit bonne et que Ton veut faire triomff pher. Dans une question semblable, c'est de bonne « foi, sincèrement, froidement, en cMant terre d terre, « en suivant la réalité des faits que l'on arrive plus K sûrement à la vérité ^ i>

Trés-6tcw, très^bien, lit-on dans le compte rendu officiel.

N'était-ce point, pourtant, une illusion fort étrange que celle qui consistait à vouloir ainsi, qu'une question intéressant au plus haut degré la morale publique et la liberté individuelle, fût discutée avec non moins d'impassibilité et sans plus d'élévation d'esprit ou de cœur que le premier venu des articles d'un budget ou d'une loi de procédure ?

« On n'a pas assez senti tout ce qu'il y a de nui- « sible dans l'incarcération pour dettes, lisait-on, « au contraire, dans l'exposé des motifs; elle entache « l'honneur, entraîne la ruine du commerce que fai- <c sait le détenu ou paralyse son industrie ; elle re- « lâche, elle détruit les liens de famille. Pour peu « qu'elle se prolonge, elle fait perdre l'habitude du ec travail, use et vieillit le corps, froisse le cœur, éteint « rinteUigence, et détruit toute dignité. C'est un mal « irréparable..... Fille dégénérée de l'esclavage an- « tique, la captivité pour dettes, condamnée comme € liii par nos intérêts, par nos mœurs, par la reli- « gion, par nos consciences-, doit disparaître, à son « tour, de nos lois, »

M. Troplong avait dit quelque part, du Code Na-

* Moniteur, 27 mars 1867.

tllYUl PBltFACfe.

polëon : « Ce Gode elt spiritudiite, il est chrétieiii il € réfléchit dans les rapports civils les grandes bases « de la morale évàngélique ^ »

Par quelle contradiction l'illustre écrivain pertàB^ ta^t-il donc à vouloir y maintenir la prise de gags par l'homme sur le corps et sur la liberté de Thomme? Le rétablissement de ce régime est rédamé^ il est même prédit. II convient donc de citer, à ce sujets les paroles suivantes d'un ancien magistrat et ministre de la justice j très^connu et non moins distingué, Tho* norable M* Nothomb : « J'entends, disait^il naguèrt « à la chambre des représentants, en Belgiquei « émettre des doutes sur Tefficacité de la réformé. 41 De sombres prévisions se fontjour, des idées pesa simistes se produisent, et l'on nous prédit que le a jour viendra où, repentants d'une telle audace^ nous retirerons la réforme ; que nous reviendrons sur nos pas. Je n'en sais rien, mais ce que j'affirme, c'est qu'émettre de si décourageantes prévisions, c'est douter du progrès, c'est même douter de la civilisation chrétienne qui a pour base fondamen^ taie l'affranchissement de l'homme et le respect de sa liberté* C'est la gloire du christianisme d'avoir fait de ce respect la base de la religion. C'est l'un de ses côtés les plus divins '• »

En Angleterre, un homme d'Ëtat éminent s'exprimait en ces termes» également naguère, lorsqu'il réclamait, pour l'Irlande, une réforme considérée comme une véritable révolution : « J'ai foi dans les mesures

» PbAt, préf., p. CLXXV.

> 4 mars 1869. Ann. parL, p. 544.

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