DES CONDITIOINS DE LA GROSSESSE
et de la circulation, et au détriment de l'épigaslre où se fait la digestion.
Tout est donc disposé pour que le développement del'utérus se fasse aux dépens de la paroi abdominale antérieure, qui, comme nous l'avons vu , offre les meilleures conditions pour ce développement.
§ 5. — Nous n'avons pas encore parlé de l'action que peut avoir le détroit supérieur sur le développement de l'utérus , cette action est loin, pourtant, d'être nulle. Les muscles psoas et iliaque forment deux petits coussins latéraux sur lesquels repose le segment inférieur de l'utérus, mais ce détroit n'oppose qu'une résistance circulaire, dans l'aire de laquelle l'utérus n'est soutenu par aucune force. Pendant que nous avons vu le segment inférieur de ce viscère trouver partout des soutiens actifs ou passifs dans les premiers temps de la grossesse, il ne trouve maintenant aucun soutien dans l'aire du détroit. Aussi, ce sera là qu'aboutira la résultante de toutes les forces centripètes de la cavité abdominale, comme nous allons le voir.
La paroi antérieure de l'abdomen, qui est la plus distendue par l'utérus, ne lui cède pas d'une manière passive. Cette paroi est composée de plans fibreux et de muscles à fibres verticales, horizontales et obliques, c'est-à-dire que cette paroi ne cède qu'à une force majeure et réagit constamment contre la force expansive de l'utérus. Nous savons, d'un autre côté, que les parois latérales, dans leur partie musculaire, réagissent encore plus à cause de la force de leurs muscles ; tous les points osseux réagissent par leur inertie. Le diaphragme, par ses mouvements actifs d'abaissement et par le poids des viscères qui le séparent del'utérus, agit aussi sur ce dernier; tout effort, quelque petit qu'il soit, les mouvements même de la respiration, sont autant d'impulsions données sur l'utérus, et cet organe n'oppose à tant de forces que la résistance du seg-
ment inférieur compris dans Taire du détroit. Le segment inférieur et le col , qui étaient au début de la grossesse les parties les plus résistantes de l'utérus et les plus délivrées des pressions, sont maintenant obligés de céder à l'action de toutes les parois de l'abdomen et à celle du fœtus , dont ils supportent presque exclusivement le poids. C'est en cédant à l'action simultanée de ces forces que ce segment s'agrandit dans les derniers temps de la grossesse, que s'efface et se dilate en grande partie le col dans l'accouchement physiologique , comme nous le verrons plus loin.