DES MOYENS D INVESTIGATION AU POINT DE VUE DE L ACCOUCHEMENT
§ 1. — Les moyens d'investigation sont les principales voies par lesquelles nous parvenons à nous faire une idée exacte sur rétatde la femme et de Fenfant, sur la marche qu'aura la grossesse et l'accouchement; enfin, ces moyens sont les données sur lesquelles nous établissons notre conduite. Plus ces instruments d'analyse sont sûrs, plus notre diagnostic est exact, et plus notre
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conduite est définie. On peut dire sans crainte d'être démenti que tels seront les moyens d'investigation, telle sera l'obstétrique, et tel sera l'homme qui la pratiquera. Pour arriver commodément à un point donné, il faut d'abord commencer par faire la route qui doit y conduire. Ces moyens ont fait le premier objet de nos recherches.
Nous avons vu jusqu'ici combien la nature prépare de loin les conditions favorables à l'accouchement, pour que le résultat en soit heureux; or pour venir à son aide lorsqu'elle est incapable d'obtenir ce résultat, il nous faut, autant que possible, être toujours à même d'assister à ce qu'elle fait dans la profondeur des organes.
Les phénomènes naturels de la grossesse et de l'accouchement se traduisent par des modifications fonctionnelles qu'on peut connaître à distance ou par les sensations qu'éprouve la femme, et alors on peut les appeler des signes rationnels; ou bien par des phénomènes qui apportent des modifications dans les organes qui sont directement accessibles à nos sens, et on peut les appeler alors des signes sensibles.
Nous comptons parmi les premiers ceux qui sont tirés de la forme du ventre de la mère, des sensations qu'elle éprouve au détroit supérieur, et des mouvements actifs du fœtus.
Nous comptons parmi les seconds ceux qui sont tirés du palper abdominal, de l'auscultation, du toucher et de la mensuration. La palpation et l'auscultation sont plus spécialement destinées à explorer le fœtus, et les deux autres sont destinés à explorer la mère. Mais les signes rationnels comme les signes sensibles, loin de s'exclure, se complètent mutuellement, et peuvent être employés presque tous à tous les temps de la grossesse et de l'accouchement.
Les accoucheurs ont bien fait sentir la nécessité d'examiner la femme pendant la grossesse afin de la mieux surveiller pendant l'accouchement. Maiscela ne sulfitpas, il faut examiner la
femme pendant la grossesse pour préparer un accouchement physiologique. Il nous sera facile de démontrer par la suite que lorsqu'on attend à agir au commencement même du travail, il est difficile de pouvoir être utile à la femme et à l'enfant, comme sil'onavaitagi par anticipation. Enexaminant la femme dans les derniers temps de la grossesse, on peut non-seulement reconnaître la bonne ou mauvaise conformation du bassin, mais donner à l'utérus une direction favorable ; contribuer à dilater le col, préparer uno bonne présentation et une bonne position du fœtus, et ces avantages sont souvent perdus dès que le travail commence. Cet examen préalable arrête ensuite par anticipation la conduite que tiendra l'homme de l'art pendant Taccouchement, et le rassure sur les résultats.