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DES CONDITIONS GÉNÉRALES DU FOETUS PENDANT LA VIE INTRA-OTERINE

§ 1. — On cherchera peut-être toujours en vain comment il se fait qu'une partie microscopique de la substance de l'homme portée sur une simple vésicule de la femme suffise pour y jeter une force si active dans ses mouvements, si sûre dans ses résultats, et si surprenante dans ses combinaisons. Mais ce qui nous étonne encore plus, c'est que cet atome, tout en donnant la vie à l'œuf, y dépose souvent des maladies qu'il a sans

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doute en puissance, et qui peuvent influer énergiquement sur le nouvel être.

La mère, elle-même, peut lui communiquer ces affections, de sorte que l'œuf lécondé peut porter en lui le germe de maladies sur lesquelles on ne peut agir qu'avant la fécondation.

Nous n'avions donc pas tort d'insister sur l'hygiène et l'éducation de la jeunesse, et, à ce titre, celle des garçons rentrerait aussi, quoique indirectement, dans le domaine de l'obstétrique.

Ce n'est pas cependant sur ces causes morbides que nous pouvons espérer avoir le [dus d'accès.

Les causes sur lesquelles nous avons le plus d'action sont en. dehors de la génération elle-même; elles se trouvent dans les conditions où est l'œuf après la fécondation.

Sans chercher quels sont les rapports d'existence qui unissent l'embrvon à la mère, nous ne pouvons nous empêcher de constater que ces condilions ont une puissance immense sur le développement du nouvel êlre, et tout ce qui portera atteinte à rélat général de la mère, portera atteinte le plus souvent à celui du produit. S'ils ont chacun une force vitale à part, ces forces ont bien des liens qui les unissent ; mais ce qu'il y a de commun surtout, ce sont les conditions matérielles, c'est le sang et les autres produits qui sont préparés parles organes de la mère et de l'enfant.

Nous savons, il est vrai, qu'on a trouvé des fœtus bien conformés et robustes chez des femmes grêles et même malades ; mais ces cas sont exceptionnels, et rien ne prouve que, après la naissance, on ne verra pas se manifester chez ces enfants des affections qu'ils ont contractées pendant la vie intra-utérine, et qui sontla conséquence de l'état oii se trouvait la mère pendant la grossesse.

N'ayant pas ici d'action directe sur le fœtus pour parer à ces inconvénients, nous n'avons qu'à modifier Tétatde la mère pendant la grossesse, et de cette manière nous aurons rempli

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les deux buts à la fois. L'état général du fœtus sera donc traité impiicitement avec l'élal généra! de la femme pendant la grossesse.

Ce que nous venons de dire des conditions généiales, nous le dirons des conditions moiLidcs locales du fœtus et de ses annexes. Ces dernières n.aladics, du reste, ont commencé à attirer l'attention des praticiens. Quant à nous, nous considérons désormais le fœtus comme bien constitué et ne pouvant influer sur la santé de la mère et sur l'accouchement que par ses présentations, ses positions, et par son volume normal.

ARTICLE IL

DE LA RÉDTJeTIOA CÉPHALIQUE.

§ 1. — Nous appelons en obstétrique réduction céphalique une opération par laquelle nous amenons sur le détroit supérieur le sommet de la tèie de l'enfant qui serait placé sur une autre partie du grand bassin. C'est le changement d'une présentation indirecte du sommet en une présentation directe. Cette opération n'est que la version céphalique des auteurs. C'est pour eux le changement d'une présentation de la face ou de l'épaule en une présentation du sommet.

Le nom de version nous paraît être ici mal appliqué. En effet, ce nom venant de vertere, tourner sens dessus dessous, ne peut être donné à cette opération. Le tronc de l'enfant, en effet, reste à peu près au même point, la tête seule se fléchit ou se rapproche de la ligne médiane. Pour ceux qui , comme nous, considèrent les présentations du tronc et de la face comme le résultat d'une présentation manquée du sommet, cette opération est une véritable réduction de ces présentations à celle dans laquelle la tête était très probablement

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tout d'abord, ou du moins dans laquelle elle aurait dû se trouver.

Quel qu'ait été cependant le nom donné à cette opération, nous nous étonnons qu'elle n'ait pas été plus vulgarisée. Tous les accoucheurs pourtant conviennent à peu près que lorsqu'elle est possible, elle est préférable à la présentation de la face et à la version pelvienne.

Le peu d'applications qu'on a fait de cette opération vient de la difficulté de la pratiquer, ou plutôt de ce qu'il est trop difficile de reconnaître les présentations qui la réclament en temps opportun.

Lorsque, pour la pratiquer, on attend la rupture de la poche des eaux, et surtout rengagement d'une partie fœtale dans le détroit supérieur, il est clair que la chose devient difficile et souvent impossible. La contraction de l'utérus, la sortie plus ou moins complète des eaux, ou l'engagement de la partie fœtale, ne laissent guère la possibilité de refouler ce qui se présente pour ramener le sommet sur le détroit.

Les cas où l'on a fait cette opération avant la rupture delà poche des eaux sont très rares. Il a fallu, pour cela, trouver la réunion de plusieurs circonstances, des parois abdominales très minces, peu d'eaux amniotiques, beaucoup de mobihté du côté du fœtus, etc. , c'est-à-dire des conditions qui ont permis de trouver facilement la tête dans une des fosses iliaques. La forme et la consistance de cette tumeur, jointes au résultat à peu près négatif du toucher et aux signes fournis par l'auscultation, ont pu permettre d'établir le diagnostic. Ces conditions, cependant, sont rares, malgré les présentations bien moins rares du tronc et de la face , et la réduction céphalique faite avant la rupture de la poche, nous le répétons, a été pratiquée par un très petit nombre d'accoucheurs.

§2. — A quoi peut-on attribuer cette rareté? Les auteurs eux-mêmes en convierment, c'est à la difficulté de reconnaître

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