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INFLUENCE DE LA GROSSESSE SUR L* ACCOUCHEMENT

ARTICLE IL

DE l'influence LOCALE DE LA GROSSESSE ET DES SOINS QU'ELLE RÉCLAME.

§ 1. — Nous avons déjà parlé longuement ailleurs de l'influence que la grossesse exerce sur l'utérus et sur les organes qui l'environnent , nous n'avons donc plus besoin de nous arrêter que sur les soins qu'elle réclame.

Les conditions les plus favorables dans lesquelles doit se trouver le corps de l'utérus pour que la grossesse soit mieux supportée, pour préparer une bonne présentation et une bonne position, sont les suivantes :

Peu d'eaux amniotiques, développement de l'utérus, surtout suivant son grand diamètre, et légère obliquité à droite de ce diamètre.

Si maintenant nous remontons aux principales causes qui contrarient ces trois conditions , nous trouvons que le resserrement de la base de la poitrine et l'afiFaiblissement des parois abdominales produisent le développement de l'axe transverse de l'utérus et ses déviations anormales.

Quant aux eaux amniotiques, nous ne connaissons pas encore leur véritable source; mais le fait est que leur abondance favorise, comme nous l'avons vu, les mauvaises présentations et les- mauvaises positions, et qu'elle coïncide avec une faiblesse générale ou avec une faiblesse locale de l'utérus et de l'œuf lui-même.

§ 2. — Que faire pour corriger ces vices lorsqu'ils ont de la tendance à se manifester? Il faut faire artificiellement ce que fait la nature chez les femmes de la campagne.

Il faut d'abord éviter toutes les causes mécaniques qui peuvent provoquer des congestions utérines; il faut appeler la circulation à la périphérie par l'exercice corporel, par la température chaude de la peau au moyen des flanelles, et au besoin

par des frictions et par quelques bains sulfureux. L'entretien de la masse du sang à la périphérie diminuera la congestion utérine, la congestion des reins et celle des parties inférieures du corps , dont la circulation est gênée par l'utérus. En agissant ainsi, on activera bien plus la digestion, les selles seront moins rares, et l'on n'aura pas toujours besoin d'avoir recours aux lavements ou aux laxatifs ; mais on évitera surtout, par ce moyen, les avortements et les accouchements prématurés.

Quand on emploiera habilement les dérivatifs , on se servira même beaucoup moins de la saignée pour détruire les pléthores locales, et l'on trouvera que des ventouses sèches sur le dos, des sinapismes légers promenés sur les membres supérieurs, ou des frictions rubéfiantes avec l'huile de croton ou autres substances, faites loin de l'organe congestionné, suffisent souvent pour détourner l'afflux exagéré des liquides vers l'utérus.

§ 3. -^ On corrigera les procidences de ce viscère , et l'on favorisera son développement vertical en le soutenant artificiellement avec une large ceinture élastique qui tiendra lieu de parois abdominales. Cette ceinture, qu'on a conseillée depuis longtemps sans y insister suffisamment, rendra des services immenses lorsqu'elle sera appliquée avec intelligence. Ainsi, il ne faudraitpas attendre, pour l'apphquer, qu'une éventration ni une procidence extraordinaire de l'utérus aient lieu, ni jusqu'au dernier mois de la grossesse, car alors le mal est fait; elle pourrait être même nuisible dans ce cas en changeant tout à coup les pressions viscérales. Il faut mettre cette ceinture chez toutes les femmes à tempérament un peu lymphatique, ou chez lesquelles on a des raisons pour croire que l'état de la grossesse ne sera pas physiologique, et il faut la mettre dès le septième mois de la gestation. Pour qu'elle soit utile, il n'est pas nécessaire qu'elle serre au point d'être gênante; elle doit soutenir et non comprimer l'abdomen. Si, lorsque la grossesse avance, oncon-

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slalait une déviation vicieuse de l'utérus, on pourrait même ajouter à cette ceinture de petits coussinets pour augmenter la pression là où elle est nécessaire ; mais ces coussinets deviennent utiles, surtout lorsqu'il s'agit de maintenir une réduction ou une version céphaliques qui ont de la tendance à la récidive.

Dans ces derniers cas, un bandage de corps pourra tenir lieu de ceinture; mais ce bandage, avec les coussins dont on peut le garnir, devient bientôt incommode, et il ne doit être employé qu'aux derniers jours de la grossesse.

Si la femme est habituée au corset, et qu'elle ne puisse s'en passer, elle le mettra, mais il faut qu'il soit peu serré et élastique, surtout à la partie supérieure et inférieure. Par la même raison, elle n'aura aucun lien qui lui serre la taille , le cou ou les jambes. Elle aura l'attention de tenir les cuisses et le bassin constamment couverts d'un caleçon.

L'influence locale de la grossesse surla matrice a surtout de l'importance par les modifications qu'elle apporte dans le segment inférieur de l'utérus et dans le col ; mais ce sujet trouvera mieux sa place dans le chapitre suivant.

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