C. dos
(*) INous relevons l'utérus vers le côté gauche sur lequel elle se tourne. ('*) Celte douleur commence à être forte.
Nous avons exploré la femme au loucher et nous trouvons le col à gauche et ramolli : nous l'avons assez facilement ramené en devant. Il offre une
romen. à 6 h
durée
com.
> vont
fin.
OBSERVATIONS. /|5l
dilatation grande comme une pièce de 2 francs ; elle est oblongue ; je sens aussi la tête de lenfant. Je reste immobile dans l'absence des douleurs, et à leur approche j'en profite pour pratiquer la dilatation artificielle On sent ici l'orifice externe, petite corde tendue, mais qui cède pour ne plus se resserrer. Plus haut l'utérus s'épaissit bientôt : il est relâché dans l'absence des douleurs, mais, avec la contraction, il devient très résistant. Petit à petit, je puis y introduire très bien les deux doigts que je maintiens écartés jusqu'à l'approche de la contraction, pour voir si en effet le col se dilate lorsque le corps se contracte. Cette contraction est même précédée de quelques mouvements actifs du fœtus, et bientôt la contraction descendant au col, celui-ci se contracte au point de glisser sur mes doigts. Je reconnais positivement que cette contraction est bien plus manifeste à l'orifice interne, qui sépaissit, qu'à l'orifice externe devenu mou et peu contractile. Je reconnais la présence de l'occiput à gauche et en avant comme cela devait être; le cuir chevelu est froncé et il n'y a pas de poche des eaux apparente. A 7 h. 40 m., j'ai obtenu une dilatation artificielle sans douleur, presque complète. Les contractions continuent à la période de 3 à 4 m.
Les douleurs continuant, le travail n'avance pas en proportion ; quelle en est la cause? La tête commence à être bien engagée dans l'excavation; le signe en est la douleur très forte .dans le nerf sciatique, et qui fatigue la femme encore plus que les douleurs utérines. Le toucher du reste reconnaît cet engagement. La position du fœtus est la plus avantageuse; la tête est-elle fixée ou libre? Si l'on essaie de soulever la tête, on ne le peut pas; on dirait qu'elle est fixée dans des parties dures ; mais ce qui prouve qu'elle n'est pas enclavée c'est que le fœtus en se mouvant fait exécuter à la tête des mouvements de glissement. Lorsque j'essaie de soulever la tête je n'ai pas la conscience de la soulever, et cependant la femme dit que ce mouvement lui correspond à l'épigastre, et enfin parce que lorsque la douleur arrive, la tête n'avance pas, tant que la matrice seule se contracte. Mais dès que la contraction volontaire s'y ajoute, alors on sent que la tête, collée sur le rebord utérin, est poussée en bas. D'après ces considérations, on voit que l'épaisseur du col à l'orifice interne est le seul obstacle à l'avancement de la tête; et, bien plus, c'est que cet obstacle au heu de diminuer parait augmenter : ainsi la dilatation est légèrement diminuée à 8 h. 40 m., moment auquel les eaux s'écoulent, bien qu'il n'y ait pas de poche. En vue de diminuer cette contraction du col nous pratiquons le loucher avec le Uniment anodin à 9 h. Je ne sais pas si le froncement du cuir chevelu ne serait pas ici le signe de la résistance du col. Quelques instants après, les douleurs deviennent plus espacées, et le col est moins résistant; cependant la malade impatiente veut se lever tout à fait et elle se promène, malgré l'avancement du travail (9 h. 35 m.). Elle fait à diverses reprises des eaux amnioticiues ; le cuir chevelu commence à se couvrir d'une bosse sanguine, et nous proposons à la femme une application de forceps qu'elle refuse. Les douleurs continuent, et elles sont assez fortes sans fruit. Le rebord du col fort épais est mou longtemps après la douleur, reste épais et resserré immédiatement après. Les
Zi52 OBSERVATIONS.
choses restent dans cet étal jusqu'à ! 1 heures. L'occiput était toujours à gauche et en avant, c'est-à-dire que dans deux heures de temps et malgré les fortes contractions, la rotation ne se faisait pas : aussi je l'ai faite très facilement en accrochant la fontanelle postérieure que j'ai ramenée en avant avec le seul médius. J'espérais que le travail cette fois avancerait, mais je me suis trompé. A peine si la contraction utérine, aidée des efforts volontaires ., faisait légèrement avancer la tête à chaque douleur, puis elle se retirait. Ici cependant la dilatation s'est faite plus complète et la tête était sentie au fond de la vulve. La malade, voyant qu'elle souffrait beaucoup sans avancer plus, demande à être délivrée à 41 h. 30 m. Je fais l'application du forceps sans déranger la femme. La branche mâle est mise la première, pour éviter le décroisement et pour favoriser le rotation. La femelle est aussi placée avec facilité malgré l'étroitesse de la vulve; seulement je ne puis pas glisser les doigts conducteurs entre la tête et le col. Je me contente donc de glisser les cuillers appuyées sur le cuir chevelu, depuis la partie antérieure jusqu'à la partie postérieure. L'introduction et l'articulation se sont faites sans douleur à i'étonnemenl de la femme. J'ai attendu les contractions utérines devenues un peu rares, je les ai aidées par des tractions et en soutenant la tête sur le point que nous gagnions à chaque douleur, les parties molles se sont ainsi dilatées très lentement, et j"ai vu avec plaisir le périnée et la vulve céder sans aucune violence. La main gauche a tiré le forceps en haut, en le soutenant lorsque la tête avait l'air de vouloir avancer trop vite, et la droite contenait fortement le périnée. J'employais cependant les deux mains, lorsque j'ai ramené la tête jusqu'à faire passer l'occiput sous les pubis. Quatre douleurs ont suffi pour que la tête ait franchi la vulve. C'est une tête énorme sortie cependant sans déchirure de la fourchette : pourtant la femme est primipare. La face s'est tournée du côté gauche de la femme : la main droite apparaît avec le cou, et je la dégage, ce qui a fait avancer aussitôt le reste du tronc. C'est une grosse fille très vivace. qui montre bien avoir dépassé le terme des neuf mois. Longue de 0,51 elle a 0,27 de la tête à l'ombilic, ce qui prouve que, malgré ce retard, l'ombihc est toujours plus près de la tête que des pieds ; elle n'a pas d'enduit sébacé. Les diamètres sont : occipito-mentonier, 0,17; occipitofronlal, 0,1i; bipariélal, 0,10; sous-occipito bregmatique, 0,10. Elle a beaucoup d'embonpoint. Les ongles de l'enfant sont formés et durs; au delà de la pulpe, il n'y a qu'un petit rebord membraneux. Il faut faire ici la défalcation de la bose sanguine assez forte qu'il y a à droite du sommet. Les traces du forceps, latérales, sont insignifiantes.
La délivrance s'opère avant l'arrivée d'une douleur parce que les tractions du cordon montrent que le placenta est déjà décollé Avant de tirer cependant, j'ai glissé les doigts aussi loin que j'ai pu sans l'atteindre, preuve évidente qu'il était encore dans l'utérus. Il n'offre rien de particulier. J'ai dû encore ici aller chercher avec les doigts le reste des membranes qui menaçaient de se rompre, si j'avais tiré brusquement le placenta.
Je lai.^^se la femme à minuit, après qu'elle est replacée dans son lit. Elle a dormi le reste de la nuit, et n'a été réveillée que par quelques
^ OBStiKVAÏIONS. /l53
tranchées. Le 9, elle est très bien; le fond de l'utérus arrive à quatre travers de doigts du pubis ; il n'est pas bien sensible au toucher ; la perte est peu de. chose ; pas de fièvre.
Durée de la grossesse. — • Si nous nous demandons pourquoi cette grossesse s'est prolongée au delà du terme, nous trouvons la vie oisive, le peu de développement du segment inférieur et du col. Les fausses douleurs qu'elle a eues prouvent qu'à l'époque menstruelle (neuvième après la fécondation) elle a failli accoucher et la résistance du col seule sans doute les a suspendues. Cette fois-ci aucune cause n'a provoqué l'accouchement, et le développement énorme de l'enfant ne l'a pas hâté. L'approche de la dixième époque menstruelle seule paraît l'avoir déterminé, car cette femme dit que quelquefois ses règles venaient au 8 , au I 0, au 15, etc. La durée de la grossesse par jours serait de 297 au lieu de 270, c'est-àdire 27 en sus.
Menslruations. — Ce serait à la dixième, ou très près, après la fécondation.
Lunes. — C'était le dernier quartier de la lune lorsqu'elle est restée enceinte (c'était le quatrième jour du quartier] : elle est accouchée le quatrième jour de la pleine lune de la onzième lune.
La nuit entre le 9 et le 1 0 elle a transpiré; elle a eu de très légers frissons après qu'elle s'est levée pour uriner; le 10 cependant elle n'a "pas de fièvre ; le ventre n'est pas très sensible ; les seins sont flasques. Le vent du nord souffle avec vivacité ; il fait bien froid. Comme il n'y a pas d'infirmière, cette femme est obligée de se lever, et elle achève de s'enrhumer : elle tousse. La nuit du 1 0, au 1 ! , elle transpire encore ; elle a un peu de soif. Le 11 au matin, douleurs de tête; toux, légère douleur le long de la trachée -artère; le ventre n'est pas sensible à la pression ; les organes génitaux sont seulement légèrement douloureux, et lorsqu'elle urine elle a un sentiment de cuisson; les seins commencent à se remplir de lait; il y a même ce matin un peu de fièvre. Tisane chaude pectorale. Elle n'a plus de lochies ou à peu près depuis hier, ce qui s'explique par la bronchite. Elle a ensuite des douleurs qui vont des genoux aux cuisses. Le 12, au matin, elle n'a pas de fièvre ; elle a beaucoup transpiré la nuit; les lochies ont entièrement reparu; elle est toujours enchifrenée et tousse; mais ce qu'il y a de saillant c'est un peu de sensibilité dans la fosse iliaque gauche allant dans l'aine et la cuisse du même côté. (Cataplasmes au ventre; tisane chaude, soupes.)
Les seins commencent à se gorger ; elle les fait tirer par son enfant. Le 13 elle est bien; pas de fièvre; elle continue à tousser; les lochies, quoique insignifiantes, continuent ; la douleur de la fosse iliaque et de la cuisse continue, mais bien moindre; cataplasmes, soupes. La nuit du 13 au 14, elle continue à tousser quoique cependant la fièvre ait presque entièrement cessé. Malgré notre recommandation, elle a voulu se lever dans la journée du 13, et le 14 elle voudrait s'en aller. Cette affection catarrhale, qui se traduit par les douleurs dans presque tous les membres, parla bronchite, le coryza, etc., pourrait devenir grave. Mais cette femme entêtée croit au contraire que le lit lui cause toutes ces indispositions.
!\àl\ OBSERVATIONS.
L'absence de symptômes du côté de l'utérus lui fait croire qu'elle est déjà guérie de ses couches.
Le 1 4, je la trouve en larmes ^ parce qu'on a donné son enfant en nourrice. Ce chagrin est moindre lorsqu'on éloigne l'enfant immédiatement après l'accouchement. Lorsqu'au contraire ces femmes leur donnent le sein pendant quelques jours et qu'elles en ont soin, alors elles oublient la douleur et les peines qu'elles ont eues pour s'abandonner à l'affection si naturelle de la maternité Cette femme, lorsque ses seins sont remplis, voit le lait s'écouler naturellement, de sorte que sa chemise rst constamment mouillée, et en se refroidissant augmente le rhume. J'y fais mettre des linges. La journée du 1 4 et la nuit elle est très bien. Le matin du 1 5, pas de fièvre; elle veut se lever ; le lait continue à couler. Le soir, comme elle se sent tout à fait bien , elle sort sans notre avis. Son enfant, comme je l'ai dit, est resté à l'étabhssement.
Obs. XXIX. — Simonetti (Hippolyte-Marie), fille de ménage, native de Cervione, demoiselle, âgée de vingt ans. (Entre à l'hôpital le 4 novembre 1854, à 9 h 30 m. du matin.)
Tempérament sanguin-lymphatique, assez d'embonpoint, robuste, pas maladive. Irrégulièrement menstruée pendant trois jours; elle ne se rappelle pas l'âge auquel elle les a eues pour la première fois. Elle n'a jamais eu de maladies graves d'aucune sorte. Primipare. Elle aurait eu ses règles pour la dernière fois dans le mois de janvier ou février, ce qui est très vague. Je n'ai pas le temps de prendre les dimensions de la mensuration. Cette femme a l'air, du reste, d'être bien faite. Les mouvements actifs les plus forts seraient à droite, poids au détroit supérieur, pas de gonflement ni de varices aux jambes.
Palpalion. — La matrice est tendue par les douleurs, je sens cependant confusément la tête au fond du détroit supérieur et qui plonge dans l'excavation ; il est impossible de suivre le tronc, mais je crois sentir le siège dans l'hypochondre droit. Les douleurs pressant, je pratique le toucher et je trouve le col dilaté, effacé; la tête se présente, la fontanelle postérieure est à droite et en avant, de sorte que la position serait en contradiction avec le résultat de la palpation. Ce doute a persisté encore quelques instants, mais je n'ai pas tardé à reconnaître que tout était expliqué avec une occipito-iliaque droite, le tronc fortement étendu, de manière que le bassin de l'enfant fût aussi dans l'hypochondre du même côté. C'est le cas où le doute a été le plus long. (Ceci ne serait peut-être pas arrivé, si le travail n'était pas commencé.)
Le travail s'avançant, le col complètement dilaté, je perce les membranes, très dures, avec la plume ; à 1 0 h. 10m., les douleurs sont un peu rares, de sorte que nous avançons lentement. La rotation de l'occiput semblerait d'abord se faire en dehors, au point que je ne puis plus l'atteindre, tellement elle est haute et en dehors. Je favorise cette rotation en relevant le tronc de l'enfant en dedans et en avant. Petit à petit le tronc s'est redressé, et j'attendais la lin d'un moment à l'autre ; mais les choses allaient lentement, les douleurs courtes et rares faisaient que la tête était
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déjà surmontée d'une bosse sanguine. La têle s'avance pendant la douleur, et Ja contraction volontaire pour se retirer après, et ici je crains que les parties molles du périnée ne soient pour quelque chose dans la résistance. Le travail se continue sans avancer, la tête à chaque cessation de douleur se retire au fond du vagin, et à 1 1 h. 45 m., je me décide à appliquer le forceps. J'avais commencé la traction lorsque les contractions utérines et volontaires se sont faites si fortes, que ma main gauche sur le forceps, et la droite fortement appuyée sur le périnée, ont fortement retenu la tête alors; mais je n'ai pas pu empêcher la rupture de la fourchette. L'enfant a été lancé la tête et les épaules presque en même temps et par un bond. A peine j'ai pu apercevoir le simulacre d'une rotation de la tête la face vers la cuisse gauche de la femme ; l'enfant a été lancé hors de la vulve. On voit qu'ici l'obstacle était fort, et la plus petite traction a suffi pour le vaincre.
C'est un garçon très vivace et robuste, ayant une longueur de 0,50 et 0,28 de la tête à l'ombihc. Diamètres : long, occ.-bregm., 11 ; bipariétal, 10 1/2 ; occ -front., 12; occ. menton., 14 1/2. Il offre une bosse sanguine à l'occiput et un peu à gauche.
La délivrance naturelle a lieu dix minutes après, rien de particuher.
Cette demoiselle, d'après son compte, aurait dû accoucher le 30 octobre: c'est-à-dire que cette époque aurait été la neuvième époque cataméniale après la fécondation, de sorte qu'elle n'aurait plus eu ses règles depuis les derniers jours de janvier exclusivement.
Les derniers jour de janvier (du 28) et les premiers jours de février (jusqu'au 5), c'était la nouvelle lune. Le nouvelle de la neuvième finirait le 28 octobre, de sorte que, d'après ce compte, elle l'aurait porté sept jours plus que le quartier'. Comptant par jours, à partir du l"*" février, elle l'aurait porté 277 jours ; c'est-à-dire 7 jours de plus. Comptant par menstruations, elle les aurait eues les derniers jours de janvier et serait restée enceinte dans les premiers jours de février, et la neuvième menstruation correspondant à la fin d'octobre, elle l'aurait porté quatre jours de plus ; c'est-a-dire le même temps après les règles qu'elle a pu rester pour devenir enceinte après la disparition. C'est donc le compte par menstruation qui serait le plus juste.
La malade a très bien passé la nuit, pas de fièvre, presque pas de tranchées, la perte de sang médiocre. Le 6, elle est très bien, pas de fièvre, les seins ne sont ni tendus, ni douloureux, quoique assez développés. La matrice dépasse à peine les pubis de trois travers de doigts ; elle n'est pas douloureuse à la pression.
Cette femme a les seins gorgés, distendus et douloureux le 6, la nuit suivante et le 7, sans avoir l'ombre de fièvre. La malade cependant dit que dans la nuit elle a eu quelques frissons suivis de chaleur et de légère sueur. Ce matin 7, il n'y a rien de cela ; elle tire ses seins avec la pompeventouse, elle prend les poudres, fait la friction, et ce matin elle prendra 35 grammes d'huile de ricin. Les lochies sont toujours un peu rouges, mais peu abondantes; la malade se fait tirer le sein, et le 9, au soir, elle quitte l'hôpital sans nous en demander la permission. Elle a laissé son enfant à l'hospice.
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Obs XXX. — ClorindeGiovannoni, native de Rostino, résidant depuis cinq ans à Biguglia, domestique, demoiselle, âgée de 1 9 ans.
Physiologie. — Tempérament lymphatico-sanguin, constitution bonne, taille moyenne. Menstruée à 15 ans, elle l'a été régulièrement depuis; mais elle ne connaissait pas le jour, faute d'attention. Elles étaient précédées d'un jour par des maux de reins qui duraient autant que les règles; elle voyait pendant cinq à six jours et assez abondamment ; ses règles n'ont cessé que pendant la durée des fièvres intermittentes qu'elle a eues quelques années de suite pendant l'été. Biguglia est un pays de fièvres. Primipare.
Elle ne peut pas préciser l'époque de la fécondation. Tout ce qui lui a fait apercevoir qu'elle était enceinte est la cessation des règles, qui a pu lieu la dernière fois du 19 au 25 mars '1854; elle a eu aussi quelques dérangements du tube digestif; elle ne se rappelle pas l'époque de lapparition des premiers mouvements actifs; elle ne s'est pas aperçue d'avoir quelques signes cataméniaux ; elle devait accoucher vers le 19 ou le 25 décembre.
C'est le 1 0 décembre qu'elle est entrée à l'hospice ; c'est le 1 i que je l'examine : taille, 1,65; haut, troch., 0,84 ; hauteur de la crête iliaque, 0,98;diam. utérus, 0,22; espace inter-iliaque, 0,24; haut, ombil., 0,2^. L'utérus le dépasse de 0,02, d'où je conclus que cette femme n'est pas dans son neuvième mois; saillie abd., 0,15.
Ventre assez régulier arrondi debout, matrice médiane. Elle a toujours senti les mouvements actifs en avant, à droite et un peu au-dessous de l'ombilic ; elle sent comme un poids au bas-ventre, elle a des envies plus fréquentes d'uriner; elle dort de préférence sur le côté droit. Pas de jambes enflées.
Palpation. — Debout, on sent bien une tumeur fœtale en haut, mais on ne distingue pas laquelle. Le jour de son arrivée, pour avoir une idée de sa grossesse, je la palpai, et je me rappelle que je constatai une présentation du sommet en occipito-postérieure droite ; c'est-à-dire que le ballottement passif a constaté la tête au détroit supérieur, et la pression simple et mobilisée sentait le tronc à droite en arrière, et les membres fléchis en avant, près delà ligne médiane ; cette position correspondait aux signes sensibles des mouvements actifs, mais aujourd'hui cette position a changé. La femme couchée, je constate encore la tête au détroit supérieur, par le ballottement passif; la pression mobilisée constate le tronc à droite, mais plus en avant, de manière que l'ouverture de l'arc fœtal, au lieu d'être en avant, est tout à fait à gauche; le ventre déprimé au milieu correspond au vide de l'arc, le bassin de l'enfant est en haut et atteint la ligne médiane; la on sent la saillie osseuse du bassin. La [ osition est transverse, et qui sait si beaucoup de positions ne commencent pss ainsi pour se changer successivement en occipito-gauches antérieures.
Auscultation. — Le maximum est à droite et en dehors au niveau et au-dessous de l'ombilic.
Le petit volume du ventre me faisant croire qu'elle n'accoucherait pas de sitôt, je n'ai môme pas procédé à un examen plus prolongé.
Les 20, 21 , 22. 23 décembre 1 854. elle paraît avoir eu de ia diarrhée et du ténesme, et le soir du 25, quoique la diarrhée fût cessée, elle a commencé à avoir les douleurs. Cette date serait l'époque de ses règles.
Elle dit avoir depuis deux ou trois jours des douleurs de reins presque continues, et, le soir du 25, les petites douleurs ont commencé au basventre; ces douleurs ont été bientôt suivies d'écoulement de sang. J'ai fait la première visite à 2 h. 45 m. après minuit. La position est la même : le col effacé laisse pénétrer un doigt seul, on sent la fontanelle postérieure à droite et en avant.
Et. dos. 3
durée
corn. b.-v. :>
vont
= fin,
rj.
(*) La palpation est possible entre les douleur?.
(**) Les douleurs continuent à la période rapprochée de 2 minutes, mais petites.
 3 h. 20 m., j'ai commencé la dilatation artificielle, c'est-à-dire qu3 j'ai introduit l'index qui était seul possible. Lorsque ia douleur approchait, je pressais sur les bords pour les dilater, et au bout de trois ou quatre douleurs j'ai pu introduire un peu l'index. Je n"ai pas senti ici le rebord tranchant des primipares; le col, à dire vrai, est cependant un peu plus mince que d'ordinaire sur le bord. Après l'introduction du deuxième doigt, j'ai essayé de les écarter dans l'intervalle des douleurs: mais je voyais que la femme alors souffrait, je me suis donc contenté de faire la ddalnlion à l'approche des douleurs, tantôt par la pression circulaire, ce qui ne causait aucune douleur, et à 3 h. 45 m. la dilatation est grande de 5 centimètres. Je laisse la femme a elle-même. Elle ne se plaint pas plus lorsque je dirige le travail que lorsque je ne le dirige pas.
A quatre heures je me suis assuré que le col était assez dilaté et assez dilatable pour rompre les membranes. La tête étant alors bien placée, l'occiput en avant, elle a aussitôt bouché l'orifice utérin, et il n'est presque pas sorti d'eau. Les contractions, assez régulières, se sont continuées, mais pas avec le même profit. Je me suis assuré que ce qui résistait était la contraction, non de l'orifice externe, mais des faisceaux charnus situés à la profondeur de l'orifice interne. Ces douleurs fatiguent un peu la femme, et le travail n'avance pas en proportion ; mais ce qui m'a très étonné est que ne songeant plus à la position, j'avais constaté l'occiput en avant par le toucher, j'avais constaté le siège relevé et au milieu avec la main gauche qui exerce le palper, et à quatre heures quarante minutes, quelle n'est pas ma surprise lorsque je sens que l'occiput s'est porté en arrière et à droite ; le palper, en effet, ne sent plus le bassin fœtal en haut et le dos en avant. J'ai alors profité de Tabsence de la douleur pour glisser le bord cubital de ma .main gauche entre les fausses côtes droites et lutérus pour relever le fœtus; j'ai aussi accroché la fontanelle postérieure avec les doigts, et à l'approche d'une douleur j'ai imprimé la rotation simultanée des deux mains. Le mouvement s'est en effet exécuté avec facilité,
et l'occiput s'est encore porté en avant. Ce fait confirme on ne peut plus queles occipito-postérieures sont très souvent secondaires. A cinq heures, je m'assure que, quoique l'occiput soit en avant, la tête est arrêtée par les faisceaux de l'orifice interne. A cinq heures vingt minutes , je fais une lotion avec le Uniment anodin, mais sans succès ; la femme se plaint beaucoup et aide peu par des contractions volontaires. J'appliquerais le forceps, mais la contraction de l'orifice interne me fait craindre une déchirure. J'essaie le chloroforme, cequiémousse la sensibilité de la femme; mais le col semble au contraire se resserrer; l'inhalation, continuée à diverses reprises pendant dix minutes, n'a pas modifié le col, tout au contraire. Comme l'occiput est toujours en avant, jemedécide pour l'application du forceps. C'est vers six heures un quart que j'ai commencé cette application , la branche droite la première, pour favoriser la rotation déjà fjite. Le rétrécissement du col n'a pas offert la résistance qu'on aurait pu croire. J'ai alors dit à la femme de m'avertir lorsque la douleur commençait pour faire les tractions; j'ai senti pendant les tractions le forceps se dévier, j'ai dû même le refermer parce qu'il s'était ouvert, mais ayant continué modérément les tractions, j'ai été fort surpris de voir le front paraître en avant, de sorte que j'ai dû dégager la tête par l'extension. Pas de déchirure du périnée ni de la fourchette. Il y a des anses du cordon autour du cou, la rotation se fait de la face vers la cuisse gauche de la femme , je dégage l'enfant par la traction sur le maxillaire inférieur (six heures et demie).
L'enfant naît donc en état de mort apparente, mais il est bientôt ranimé par la percussion sur les fesses, le doigt dans la bouche pour lui ôter les glaires, et la pression clonique sur la poitrine.
C'est une fille dont les dimensions semblent confirmer le diagnostic qu'elle n'est pas à terme.
Diamètres : occ.-ment., ^I 3 1/2; occ. -front , '1 1 ; sous-occ. bregm., 9; bipar., 8. Long, totale, 48; des pieds à l'ombilic, 23 ; de la tête aux fesses, 34. Elle est maigre.
Nous devons nous demander comment il s'est fait que l'occiput , qui devait venir en avant, est allé en arrière. Nous serions-nous trompé pour le diagnostic, par hasard? Nous croyons la chose impossible, soit à cause de l'assurance que nous y avons apportée, soit parce que la bosse sanguine qui s'est formée sous nos doigts s'est aussi formée sur la fontanelle postérieure; et en effet, nous retrouvons cette bosse sur la même fontanelle au dehors, tandis que la fontanelle antérieure est libre. Nous explorons ces fontanelles au dehors, et d'après nos sensations nous sonunes sûrs de ne pas nous être trompé. La rotation s'est donc faite pendant l'application du forceps ou pendant les tractions. Les dérangements partiels ou totaux du forceps pourraient l'expliquer; mais ce qu'il y a de positif, c'est que la tête était très libre dans l'excavation et n'était pas par conséquent arrêtée par les os; elle n'était pas arrêtée non plus par la non-rotation, puisqu'elle était faite, et si la mobilité de cette tête n'était pas si grande, l'occiput ne se serait pas reporté en arrière. Pour mieux vaincre la résistance du col, nous n'avons pas exercé les plus grandes tractions pendant la douleur, mais plutôt lorsqu'elle commençait que lorsqu'elle était déclarée.
Le peu de résistance que nous a offert le col pour appliquer le forceps et pour l'extraction nous prouve qu'il n'était pas l'obstacle qui empêchait l'avancement du travail ; cet obstacle venait très probablement de la brièveté du cordon. La délivrance est naturelle avec de petites tractions, plusieurs caillots sont trouvés devant la vulve avant la délivrance. Le placenta est petit comme le fœtus. Peut-être cette petitesse tient au mauvais air du lieu qu'habite la femme. Celte femme dit avoir eu ses règles le 25 mars ; elle aurait donc accouché exactement à la neuvième époque menstruelle après la fécondation. Le 25 mars était le cinquième jour du dernier quartier de la première lune, le 1 6 décembre serait le cinquième jour du dernier quartier de la neuvième lune, c'est-à-dire qu'elle aurait porté neuf jours de plus. Elle aurait porté deux cent soixante-quinze jours et aurait dépassé le terme, ce qui ne paraît pas par les signes du fœtus. La menstruation serait plus exacte.
Le 25, elle est très bien ; le 26, non-seulement elle a dormi la nuit, mais elle n"a pas l'ombre de fièvre. Ce qu'il y a d'extraordinaire c'est que son utérus est si bas et si petit que jamais on ne la prendrait pour une femme qui a accouché depuis vingt-quatre heures. Elle n'a guère eu de tranchées, quoique cependant elle ait perdu modérément du sang; elle a été très bien les jours suivants, et le 31 décembre elle est sortie guériej laissant son enfant à l'hôpital.
Obs. XXXL — Le 6 janvier 1855 est entrée à l'hôpital pour faire ses couches la nommée Françoise Martelli, couturière, native et domiciliée à Corte, demoiselle, âgée de vingt-trois ans.
Etat physiologique. — Jamais malade, tempérament nervoso-sanguin. Réglée à quinze ans, elle l'a été depuis à époque à peu près fixe pendant deux jours et peu abondamment. C'était régulièrement vers le 1 5 du mois, et à part un peu de frisson pendant l'hiver et un mal de tête l'été, elle n'avait rien qui accompagnât l'écoulement.
Etat patliologique. ~ Jamais de maladies de matrice. Elle est un peu sujette aux maux de tête, avant sa grossesse surtout. Depuis qu'elle est restée enceinte, elle ne l'a plus, et ce n'est que depuis deux jours qu'il est revenu ; elle a eu quelques rhumatismes articulaires et quelques maladies nerveuses.
Demoiselle primipare.
Grossesse actuelle. — Elle .ne s'est aperçue d'être enceinte que par la cessation de ses règles, mais elle ne sait pas quand cela a eu lieu ; elle a eu peu de nausées pas d'autres dérangements importants, elle prétend avoir senti les premiers mouvements actifs au siùèmemois (c'était en octobre, car, dit-elle , on cuvait le vin) , de sorte qu'elle croit accoucher dans ce mois-ci (janvier). Elle a remarqué depuis le commencement de sa grossesse qu'à chaque époque cataméniale elle avait un poids au bas-ventre et un sentiment de chaleur aux organes génitaux qui la gênait même pour marcher ; il n'y avait pas cependant d'écoulement ni de boutons (7 janvier).
Mensuration. — Long, totale, 1 56, et 89 des pieds aux crêtes iliaques. Diamètr. utér.-transv., 25; inter. épin. , 27 ; haut, ombil. , 23; haut. fond, de l'utérus, 33 ; saillie abdomin., 15.
Lorsque la femme est debout, le ventre est à base large, le sommet peu pointu; il n'est pas de niveau avec les pubis.
Signes rationnels. — Les mouvements actifs sont en haut et surtout à droite, debout et couchée. Elle sent quelques coups au bas- ventre, elle a des envies fréquentes d'uriner et d'aller à la selle , depuis quelques jours surtout Avant d'être grosse elle dormait de tous les côtés , muis depuis elle ne peut dormir que sur le côté droit. Rien aux jambes, si ce n'est de l'engourdissement à la jambe droite. Les signes rationnels sont pour udg présentation du sommet en occipito-antérieure.
Palpation. — Le ventre est tendu plus que d'ordinaire, et quoique nous attendions pour que ce qu'il y a de contraction passe, nous le voyons peu se relâcher. Il est un peu dirigé à droite (la femme couchée). La pression simple trouve le segment gauche de l'utérus vide, le droit offre de l'empâtement, et il faut aller profondément pour toucher le fœtus. Soit sensibilité individuelle, soit maladie, cette femm.e a le ventre plus sensible que les autres ; cela tient aussi peut-être à la tension. Cette tension est si forte, que nous ne pouvons pas aller explorer le détroit supérieur. Nous ne pouvons pas dire par conséquent si la tête est en J3as ; on descend plus à gauche qu'à droite dans le détroit. Debout comme couchée, on ne sent nulle part la tête, en bas ni en haut. Serait-ce parce qu'elle ser lit dans le petit bassin ou parce qu'on ne peut pas explorer? Nous renvoyons à demain Je reste de l'exploration. Cette femme dit avoir depuis huit jours de l'insomnie la nuit, et somnolence dans le jour ; elle a un poids au bas-ventre, et malgré cela elle a fait treize heures de voiture Elle a un peu souffert de douleurs en haut du ventre et non en bas ; elle ne fait pas do glaires, elle ne peut pas seulement rester longtemps assise sans souffrir des organes externes. Le 8, elle a eu des maux de reins sans écoulement de niucosités.
Le 9, nous continuons l'exploration à midi et demi passé.
Auscultation. — Les pulsations fœtales ont leur maximum à droite et un peu au-dessous de l'ombilic. Comme la détermination du maximum est souvent embarrassante, j'ai cherché à la préciser par l'intensité dt-s deux bruits. J'ai donc reconnu qu'il y a un point où les deux bruits sont aussi forts, ou, pour mieux dire, aussi nettement perçus; c'est là que correspond le maximum, et conséquemment le cœur. Quand on s'éloigne de ce point, alors le premier bruit perd de son intensité beaucoup plus que le second, et comme il est en même temps plus court, il arrive qu'on ne le sent plus, tandis qu'on entend toujours le second. Le bruit de souffle est, comme cela arrive presque toujours, du côté opposé au paquet fœtal, il esta gauche. L'auscultation est donc pour la présentation du sommet en occipito droite transverse ou antérieure.
Palpation. — La roideur de l'utérus a diminué et la palpation est possible; la femme a môme dit qu'hier, 8, il était encore plus souple qu'aujourd'hui. La tension de l'autre jour n'était pas une distension de liquide, et en effet elle eût été trop forte, c'était une contraction permanente ou presque permanente, insensible. Aujourd'hui j'ai pu sentir la tête au ballottement, seulement dans la partie gauche du détroit et un peu en avant;
OBSERVATIONS. /|6l
je n"ai pas pu l'explorer à droite. Une chose qui m'a surpris c'est que je n'ai pas bien pu indiquer la position du tronc. On sent obscurément qu'il est à droite, mais on n'a pas de sensation nette, et surtout il est impossible d'en indiquer la direction. On dirait que les parois qui séparent la main du fœtus sont très épaisses. La femme, cependant, n'est pas bien grasse.
Toucher. — Nous éprouvons beaucoup de difficulté pour le toucher. Ceci répugne d'abord à la femme, et elle serre les cuisses et se retire en haut; mais malgré cela nous pénétrons et nous sommes presque à l'étroit. Nous trouvons le col mou à gauche et en arrière, de manière que nous avons eu de la peine a l'atteindre avec le médius. 11 est encore long et laisse aboucher le doigt sans le laisser pénétrer. Nous n'avons pas trouvé la bride ou corde des primipares.
L'exploration ne fait pas seulement voir que le col n'est pas effacé, mais que l'utérus autour du col est épais et que l'évasement du segment inférieur est loin d'être fait. Le col n'est donc pas préparé du tout; malgré l'épaisseur des parois utérines, on sent la présentation du sommet. Nous avons renvoyé à un autre jour la mensuration interne, mais nous ne serions pas étonné qu'il y eût un rétrécissement du bassin au détroit inférieur ; il faut remarquer que cette femme est couturière et reste constamment assise. Les jours suivants, elle est fatiguée, sans offrir rien de particulier. Le 1 2 et '1 3 janvier, elle a des envies de vomir dans le jour et le matin ; cependant elle ne vomit pas et a bon appétit. Dans la nuit elle est inquiète et a comme des étouffements; elle a des douleurs passagères aux reins et au bas-ventre avec envies assez fréquentes d'uriner.
'I 4 janvier. — J'examine la femme couchée: son utérus est assez souple; malgré cela, cependant, la palpation n'est pas très claire. On sent une tumeur osseuse sphéro'idale occuper le détroit supérieur, et même assez en avant et en haut ; !■. ais on cherche en vain les tumeurs du tronc et des membres, on les sent confusément à droite et vers le milieu. Soit l'épaisseur de la matrice ou autre cause, le fait est que je n'ai jamais senti le fœtus aussi éloigné de mes doigts L'auscultation n'a pas été plus heureuse J'ai entendu le bruit de souffle fort étendu, mais plus fort du côté gauche que du droit. Dans le premier il est même accompagné de redoublement. Les bruits fœtaux ne sont presque pas perçus dans aucun point de labdomen; c'est à peine si on les entend très éloignés à droite et audessous de l'ombilic, mais inégaux ; le bruit de systole est presque imperceptible. Ces renseignements prouvent que le fœtus présente la position occipito-iliaque droite postérieure.
J'ai examiné la femme au toucher, et j'ai trouvé encore cette espèce de roideur et de resserrement de la part des organes externes et du vagin lui-même. Il m'est impossible d'écarter les doigts explorateurs entre les ischions, quoique je ne sois pas sûr cependant de les toucher. Je saisis ce moment pour mesurer le diamètre antéro-postérieur, et la sonde ne pénètre qu'à S centimètres bruts. Il y a de particulier que les doigts ne peuvent pas bien s'appliquer derrière les pubis, tellement l'arcade est peu large et la partie vésicale qui la remplit est résistante ; ce qui donne, il est vrai, la possibilité de l'accouchement, mais peut-être pénible. Le col et l'utérus,
/|6â OËSERVATÎONS.
quoique plus ramollis que les jours derniers, ne le sont pas comme s'ils étaient à terme. Le col est en arrière et à gauche ; il laisse à peine aboucher le médius, mais sans aller loin ; il n'y a pas d'effacement, c'est à peine si l'on sent quelque chose de dur au détroit supérieur, mais très haut et qu'on peut à peine atteindre.
Décidément l'auscultation et le toucher nous auraient laissé ici dans la plus grande obscurité, et quoique le palper ne soit pas très clair, il en dit toujours plus que le resle. Ce quïl y a de remarquable, c'est l'épaisseur des parois utero -abdominales chez une femme qui n'est ni grasse, ni forte.
Les jours suivants elle a eu le jour et la nuit quelques douleurs au bas des reins; elle a son ventre baissé, des envies fréquentes d'uriner, etc.
Je prévois un accouchement très laborieux, et cependant il ne se fait pas. Je conseille à la femme de pratiquer des injections tièdes le soir en se couchant pour préparer le segment inférieur et le col. Ces injections, continuées, ont produit un excellent effet, car le 1 0 février, pendant que cette femme était debout, j'ai pu pénétrer dans le col avec le médius, puis avec deux, et j'ai alors essayé de faire la dilatation digitale. Cette dilatation portait autant et peut-être plus sur l'orifice externe que sur l'interne ; le col est long, malgré qu'on sente la tète haut placée. Cette dilatation a produit sur la femme une sensation douloureuse exactement semblable à celles qu'elle éprouve assez souvent au bas-ventre. Elle a, du reste, une sensation douloureuse qui va surtout du sacrum au pubis; elle a des envies très fréquentes d'uriner, et le 1 1 au soir, elle est prise de diarrhée. Chaque injection paraît amener beaucoup de mucosités blanchâtres et qui quelquefois sont même rougeâtres.
4 4 février. — La diarrhée a continué jusqu'au 13 au soir, les malaises aussi, entremêlés de quelques douleurs allant de l'angle sacro-vertébral au bas-ventre. Le 1 4 février, au matin, je touche la femme et je trouve que la tête est plus descendue dans l'excavation, ou plutôt elle apparaît davantage au détroit supérieur. Le col est plus ramolli, plus dilatable et moins long ; il y a aussi plus de souplesse de la part des antres parties génitales.
La diarrhée a cessé le 14 même, les douleurs vagues et les malaises ont continué. Le 1 5, elle est sortie un peu pour faire quelques pas, et elle est restée cinq heures dehors, où elle s'est promenée. Le 1 6, au matin, je la trouve assez bien, elle n'offre rien de particulier. Aujourd'hui môme elle est encore sortie pendant quatre heures, mais elle a été prise de douleurs pendant qu'elle se promenait , de sorte qu'elle est rentrée plus tôt qu'elle n'aurait voulu.
1 6 février. — Elle a une légère douleur à sept heures moins sept minutes; c'est la première, mais elle dit que les autres sont bien plus fortes. Chaque contraction douloureuse un peu forte lui fait venir des sueurs.
obseuvations. A63
Promen. h G li. 5lx m. durée 2 m. corn. omh. < vont b.-v. = (in. b.-v. (*).
(*) Les douleurs du bas-ventre sont derrière le pubis.
La période de cinq à six minutes est désormais régulière : c'est Tépoque cataméniale ; elle a eu en effet ces deux jours !a chaleur vulvaire de ces époques.
Je touche la femme à sept heures moins un quart, et je trouve, malgré la mollesse des parties, de la résistance du côté du périnée, et le col est toujours très haut et en arrière, de sorte que j'arrive avec peine à l'accrocher. J'y pénètre en effet avec les deux doigts, je sens que le col est plus évasé du côté de l'utérus que du côté du vagin, et en opérant l'écartement, je sens que la partie résistante est entre l'orifice interne et l'externe. J'attends pour voir le degré de contraction par la tension du col ; mais je ne le sens pas se contracter, malgré que la femme annonce de petites douleurs. Le col, dans son ensemble, est encore épais: doù je conclus que ce sont toujours des mouches et que ce n'est pas un travail. Je sens la tête et même confu^ément la fontanelle portées en arrière et à droite. Ces prétendues contractions, en effet, ne vont pas en augmentant; elles vont même en diminuant lorsque la femme est couchée, de sorte que c'est pour le moment une fausse alerte, et je quitte la femme à 1 0 h. 20 m.
Les jours suivants les noouches, les malaises ont continué, et la nuit du 21 au 22 elle les a sentis plus fréquents, et, dit-elle, à chaque douleur il y avait sortie d'un peu d'eau . Ces douleurs sont plus fortes que celles du 1 6 . Elles commencent au bas des reins et vont ensuite au bas-ventre; elle n'en a pas à l'ombilic.
22 février, sept heures et demie du matin. — Je la trouve se plaignant de légères contractions. Elle a la jambe droite gonflée et douloureuse. Pour m'as>urer du degré de contraction de l'utérus, je place la main sur la partie antérieure du ventre, et je sens que lorsqu'elle accuse la douleur la contraction est faible. Cette femme est évidemment douillette. Je sens aussi le paquet fœtal à droite ei les mouvements (des pieds) en avant. Je m'assure qu'elle n'a pas versé d'eau et que ce ne peut être qu'un écoulement de mucosités. Elle passe la matinée dans cet état, les mouches continuent. A une heure je la revois, je la touche debout, et j'ai presque de la peine à atteindre le col, qui est en arrière. Il est mince et réduit à un simple bord. 11 serait difficile de dire si c'est l'orifice interne ou externe. Je sens la poche bomber d'une manière presque permanente ; je fais coucher la femme et relève son utérus, tout à fait dévié à droite. Je trouve le maximum des pulsations du cœur à droite et un peu au-dessous de l'ombilic. Je sens encore confusément la tête au-dessus du détroit. A 1 heure 7 minutes je redresse le fœtus à la faveur du relâchement utérin, et vérifiant à l'auscultation, je trouve que le maximum des deux pulsations vient en avant,
Zi6/i OBSERVATIONS.
et même à gauche de lombilic. Je ne serais pas étonné maintenant qu'au lieu d'une occipito-postérieure droite, nous eussions une occipito-antérieure gauche. Les douleurs légères continuent à la période de cinq minutes (deux heures un quart). La dilatation étant presque complète et le bord très mince, je perce les membranes avec la plume. Je ne pouvais pas les percer avec le doigt lellement elles étaient en haut, et elles étaient toujours si tendues que je n'ai pas pu du tout aujourd'hui sentir la tête. Sans la palpation et l'auscultation, je n'aurais miême pas pu connaître la présentation. Par le toucher je constate ensuite une suture qui paraît être la suture sanittale, et qui est dirigée de droite à gauche et légèrement d'avant en arrière. Les contractions sont toujours à la période, environ de quatre à cinq minutes. A 2 h. 38 m. elle vomit. Elle ne supporte guère le toucher; irritable, elle ne supporte même pas qu'on lui touche le ventre. Malgré cela, cependant, je puis constater la fontanelle postérieure à droite et en avant, la tête est très mobile. Ce qu'il y a de singulier, c'est la contractilité du col, qui se fait en même temps que celle du corps, et à trois heures Id dilatation est moindre qu'au moment de la rupture de la poche. Je pré- \ ois par là un accoucl.ement laborieux. La tête, du reste, ne s'engage pas. La période des douleurs est à trois minutes. Elle a encore vomi à 3 h. 7 m. Elle avait déjeuné malgré les mouches. Dans la vue de modifier l'excès de sensibilité et la contraction du col, j'enduis cette partie avec le Uniment anodin, et déjà, à 3 h, 15 m., la tête commence à s'engager. A 3 h. 40 m. j'achève la rotation de l'occiput en avant. Impatiente, elle ne souffre même pas qu'on parle et veut se lever à tout prix à 4 h. pour se promener appuyée sur le bras d'autres femmes, mais se recouche à 4 h. 7 m. La contraction utérine n'est pas forte et celle du col est presque permanente: il est même plus épais qu'avant la rupture de la poche. Elle se lève aussitôt pour rester appuyée sur les mains , le ventre penché en avant. Cette position, selon elle, allégerait la douleur des reins. S'étant enfin couchée, je l'ai touchée à 4 h. 34 m., et j'ai trouvé que l'occiput était franchement en avant et un peu à gauche. La rotation avait donc dépassé la symphyse; le travail s'est bientôt avancé, c'est-à-dire que je n'ai plus senti la lèvre antérieure du col. On dirait que le peu de temps qu'elle s'est levée a favorisé la dilatation du col. Ce n'est pas, du reste, la première fois que la marche a favorisé l'engagement et la dilatation. La tête est donc arrivée sur le plancher et tout semblait annoncer une prompte fin ; mais il n'en a pas été ainsi. J'ai parfaitement constaté que l'obstacle n'était pas au périnée, mais ailleurs, et le rapprochement des ischions y influait plus que le reste.
Le détroit inférieur oppose plus d'obstacle qu'on ne croit. La femme, pendant ce temps, il est vrai, offre plus de calme et pousse avec plus de fruit. Je passe les doigts entre la tête et le périnée, et je ne sens celui-ci tendu que sur un point transversal correspondant aux muscles. Je sens parfaitement que la muqueuse en avant et l'infundibulum rectal ne résistent pas. Les douleurs se suivaient et la tête n'avançait guère; la femme et l'enfant conmiençaient à souffrir, il y avait déjà une bosse sanguine assez prononcée, de sorte que j'ai proposé de l'aider; elle a refusé, et la
^ OBSERVATIONS. llQb
lête avait déjà entr'ouvert la vulve, Tocciput avait dépassé les pubis, et cependant l'extension ne se complétait pas. Vraiment ce mouvement est très difficile, malgré qu'il y ait encore des eaux amniotiques, et si j'avais appliqué le forceps, je l'aurais exécuté très facilement. Enfin, après beaucoup de contractions, la tête est sortie, sans rupture de la fourchette, à six heures.
C'est un garçon volumineux ; la tête offre une bosse sanguine sur l'occiput. Il n'y a pas de rotation d'abord, il y a un tour de cordon au cou, et comme je ne puis pas le faire chevaucher, je le tire pour le relâcher. La traction que j'opère sur le fœtus fait tourner l'occiput vers la cuisse droite. Les épaules éprouvent un peu de difficulté, mais enfin tout a été achevé d'une manière heureuse. La délivrance naturelle a eu lieu vingt minutes après, et voici comment : la femme a accusé quelques coliques, et voilà qu'une espèce d'explosion a eu lieu avec sortie de beaucoup de liquide. J'ai cru que le placenta avait été lancé au dehors; mais il était encore dans le vagin, et j'ai dû exercer des tractions pour l'extraire. Rien d'extraordinaire.
L'enfant, après avoir hésité quelques instants, a respiré et même élernué. Il a la tête allongée en pain de sucre, il est assez fort, mais il ne paraît pas avoir beaucoup dépassé le terme. Il a 0,50 de longueur totale ; 0,37 de diam. occipit. fess.; 0,26 occipit. ombilic; 0,15 occipit.-ment.; 0,12 occipit. -front.; 0,085 sous-occipit. bregm., et 0,08 bipariét.
La femme est très bien le 23, elle n'a eu que quelques tranchées dans la nuit, peu de sang, pas de fièvre, pas de sensibihté utérine à la pression; elle a transpiré la nuit. Le 24,= un peu de fièvre et de sensibilité au basventre; cataplasmes, diète. Le 25, pas de fièvre, on ne sent plus l'utérus ai la pression. Le 26, les lochies continuent, même un peu abondantes, et toujours rougeâtres. L'épaisseur des parois abdominales est ici très marquée. Le 27, très bien ; elle sent seulement parfois une douleur utérolombaire semblable à celles qui ont lieu pendant le travail; à droite seulement il y a de la sensibilité à la pression ; pas de fièvre.
Cette femme, le 27 février, a commencé à se lever et se trouve très bien.
Obs. XXXII. — Antoinette P..., demoiselle, âgée de dix-huit ans, repasseuse, d'une constitution robuste et d'un tempérament sanguin, peau brune, née et domiciliée à Bastia. Réglée à quatorze ans, elle a eu, il est vrai, quelques irrégularités depuis, mais elle les a vues aussi deux fois par mois, et elle voyait chaque fois assez abondamment pendant cinq jours. A chaque menstruation elle souffrait de douleurs à l'estomac , aux mamelles, aux reins et au bas- ventre, au point qu'elle en était presque malade. Elle a été sujette aux défaillances, tant vers la fin de ses règles qu"à chaque émotion morale ; elle n'a pas été affectée de rhumatismes, mais sa mère a souvent des convulsions épileptiformes , et elle a eu un frère et une petite sœur morts de convulsions.
Elle est primipare.
Ses dernières règles ont paru vers la fin de décembre 1 853 ; elle a eu des nausées, mais elle a souffert surtout des douleurs au bas-ventre jus-
liQQ OBSERVATIONS.
qu'au septième mois, et jusqu'à celte époque aussi elle était sujette à des défaillances qui duraient environ une demi-lieure et qui se répétaient tous les jours. Depuis le commencement de sa grossesse jusqu'à la fin elle a eu des envies fréquentes d'uriner et pas de constipation.
Elle a commencé à sentir les mouvements actifs au commencement du quatrième mois, et elle dit être sûre du moment parce qu'elle a attendu la fin de ce mois pour apprendre sa grossesse à ses parents; elle dit qu'habituellement elle dormait sur le côté droit avant d'être enceinte. Dès qu'elle a senti les premiers mouvements dans le côté gauche, elle s'est couchée sur ce côté, mais elle n'a pu continuer et a gardé le côté droit. Son enfant s'est tenu de ce côté dans presque toute la grossesse (l'utérus y est presque en entier), et alors les mouvements étaient aussi du côté droit. Les mouvements les plus douloureux et les plus forts, ainsi que les plus fréquents, étaient au bas-ventre.
D'après ces renseignements, ce serait une présentation des pieds, l'envie fréquente d'uriner seule serait pour le sommet; mais il faut faire la part de l'excessive sensibilité du col et du segment inférieur de l'utérus.
Le 7 septembre 1854, elle est allée laver à la rivière, où elle s'est tenue les pieds dans l'eau durant une heure, et dans le voyage même elle s'est sentie ensuite toute brisée; le lendemain elle a commencé à éprouver de fortes douleurs de reins et de tout le ventre, qui dès lors est devenu tendu. Ces douleurs se suspendaient cependant pour revenir au bout d'une demi- heure environ. Elles ont continué ainsi le 9, et elles se sont même accrues les 10, 11, 12, 13, 14; mais dans cette journée du 14, la douleur est devenue de plus en plus continue et de plus en plus forte. Une sage-femme l'ayant visitée, a trouvé qu'aucun travail n'était commence et que rien ne commencerait même les jours suivants, elle a abandonné la malade. Cette malheureuse demoiselle est resiée en proie aux plus vives souffrances jusqu'au 17, à quatre heures et demie du soir, moment auquel je l'ai vue pour la première fois.
Le ventre de cette femme est comme la contraction utérine dans une tension permanente, le moindre attouchement devient douloureux à l'extrême. La douleur est permanente avec des exacerbations qui mettent la patiente dans une véritable angoisse. Elle se tord sur son lit, elle crie, elle ^ ne peut rester d,çbout, elle se roule et demande la mort. J'examine son ventre à l'extérieur et je le trouve en forme de pain de sucre. La pointe, assez prononcée, est en avant et en haut, et la base se confond avec les crêtes iliaques. Je ne puis expliquer cette forme fortement conique que par le resserrement du fond de l'utérus, qui est resserré entre les muscles droits antérieurs. Dans les moments de détente de la douleur, je sens que l'utérus occupe le côté droit de l'abdomen, mais il m'est impossible de pratiquer la palpation. Je sens à l'auscultation que l'enfant vit et au toucher que la tête tend à s'engager dans le détroit supérieur. Le col est assez mince, mais très tendu et offrant une ouverture de la largeur d'une pièce de 1 franc, à travers laquelle on sent aussi les membranes très tendues. Le toucher, quoique fait avec le plus grand ménagement, est douloureux. La malade, cependant, n'a ni la peau ni le pouls fébriles.
OBSERVATIONS. /l67
Voyant que j'avnis affaire à un état spasmodique , j"ai fait prendre à la malade 8 grammes de chloroforme et je lui en ai fait respirer à cinq heures pendant une dizaine de minutes en suspendant de temps en temps. Elle devenait de plus en plus calme d'un moment à l'autre, et sans devenir insensible, elle dit qu'elle se sentait s'évanouir. Le pouls, en effet, se ralentissait; aussi jai suspendu l'inhalation et j'ai fait ouvrir les croisées. Chose singulière, le col, examiné un peu après ce moment d'abattement, était mou et avait une ouverture plus large qu'une pièce de 5 francs. L'abdomen aussi était plus souple. Les douleurs alors se sont régularisées, et quoiqu'elles tardassent à reparaître, elles n'étaient plus si pénibles. La femme, qui criait, se tordait , etc., maintenant les supporte en silence, la dilatation s'avance, la tête s'engage, et la dilatation étant complète à six heures un quart, je romps les membranes. J'ai trouvé ici ce qui n'arrive que très rarement. J'ai déchiré la poche et beaucoup d'eau est sortie, mais une seconde poche s'est formée aussitôt; ou plutôt la seconde était immédiatement derrière la première. J'ai déchiré aussi la seconde, et la tête en occij)ito-antérieure a franchi la vulve à 6 heures trois quarts, sans que la fenmie ait poussé un seul cri.
L'enfant (fille) est grêle et n'offre pas le développement complet d'un enfant à terme. Elle a deux tours de cordon au cou, le reste n'offre rien. La délivrance exige quelques tractions, peut-être parce que le cordon s'insère sur le bord du placenta.
Je laisse la malade à 7 heures, après l'avoir fait mettre au lit etm'être assuré qu'elle n'a pas beaucoup de perte
Dans la nuit elle a continué à avoir des douleurs au bas-ventre, dans l'abdomen, et même sur la poitrine. Pas de fièvre ; de même le 18.
Les seins ne donnent pas encore de lait, mais ils en sécrètent les jours suivants ; les suites des couches sont des plus heureuses, pas l'ombre de fièvre.
La forme en pain de sucre que présente l'abdomen de la femme Moretti n'est pas nouvelle pour moi ; dans un autre cas, que je crois avoir consigné dans mes notes (il est transcrit ici plus bas), j'ai trouvé aussi cette forme de l'abdomen , et l'on voit que ce n'est pas précisément autant la matrice que la paroi abdominale qui la produit. Les muscles droits antérieurs de l'abdomen pressent sur la paroi poussée en avant, et celle-ci fait une hernie incomplète qui donne au ventre un aspect acuminé. Je me rappelle avoir vu à Nîmes un cas que j'ai peut-être noté et où l'utérus avait fait hernie à travers les muscles droits , de sorte que lorsqu'ils se contractaient, l'utérus était étranglé au milieu et réduit à une double besace. Le travail ne pouvant pas avancer, M. Pleindoux fut obligé de faire une application de forceps. (Voy. 2'" cahier de Nîmes, p. 58.)
Obs. XXXin. — Marie-CalherineFrancioni, de Cagnano,âgéede vingttrois ans, robuste , bien réglée d'abord , puis chlorotique , et c'est lorsqu'elle commençait à se remettre qu'elle s'est mariée (novembre '1853). Le 25 de ce même mois, elle a eu ses règles pour la dernière fois, et c'est de cette époque que date sa grossesse. Trois mois après son mariage elle
468 OBSEUVATlOxNS.
eut d'abord aux organes génitaux une éruption avec démangeaison, puis deux tumeurs aux aines. Celte maladie, de nature syphilitique, est allée en augmentant au point de la forcer à rester au lit. Ignorant la cause de la maladie, on fit des fomentations, on mit des sangsues, mais pas de traitement approprié. Elle avait commencé à sentir les mouvements actifs du fœtus à quatre mois. Arrivé à Cagnano le 1 0 juillet 1 854, on me fait voir cette malade.
Le 6 juillet elle a été prise de douleurs passagères aux reins. Il faut savoir qu'elle restait constamment au lit à cause des nombreuses pustules plates qu'elle avait dans la commissure fessière et vulvaire Ces douleurs sont plus sensibles lorsqu'elle est assise sur son lit que lorsqu'elle est couchée; elles sont allées en augmentant le 7 et le 8, et dans cette dernière journée elles ont commencé à descendre au bas-ventre. Dès ce moment la douleur est devenue continue et le ventre est resté constamment tendu. Cet état est allé en s'aggravant le 9 et le 1 0 au soir, moment auquel je l'ai trouvée dans l'état suivant :
A part les plaques muqueuses et les choux-fleurs des organes génitaux, je trouve le ventre constamment tendu, au point que la palpation est impossible, et serait-elle possible, qu'elle serait douloureuse. Je sens cependant des points plus ou moins durs, plus ou moins mous; mais il est difficile de distinguer le fœtus et même de bien circonscrire l'utérus. La forme de l'abdomen est celle d'un pain de sucre dont le sommet est en avant et en haut, et la base au détroit supérieur. Cette base circulaire étant plus dure que le reste semblerait offrir le cercle fœtal devenu horizontal.
La femime ne sent pas les mouvements actifs depuis que le ventre s'est complètement roidi (le 9); mais l'auscultation nous fait sentir les pulsations à droite et au bas de l'ombilic. En faisant bien attention aux douleurs de la femme, on voit qu'elles sont plus ou moins rémittentes; cette rémittence a pour période trois minutes et dure quarante-cinq secondes. Elle est aussi sensible pour la femme aux reins qu'au bas-ventre, et pendant que l'abdomen se tend davantage , la femme est dans des angoisses extrêmes.
Le toucher offre un col petit, resserré et n'offrant aucun indice de travail; aussi j'envoie chercher du laudanum à Luri, et dès minuit on commença à lui donner un lavement avec six gouttes de laudanum. On le répète toutes les heures. Après ces lavements les douleurs constantes avec exacerbation diminuent, et la malade peut dormir une heure, tandis qu'elle n'avait pas fermé les yeux depuis plus de quarante-huit heures.
Je la revois le matin du 1 1 ; elle avait pris trois lavements et elle était plus calme, mais le ventre était toujours tendu et douloureux. Ni la veille ni le malin elle n'avait pas de fièvre ; elle demande une petite soupe, après laquelle elle prend un sommeil d'une heure. Je la revois à midi, et quoique la douleur tensive comme l'exacerbante soient moindres, elles ont toujours une durée de quarante secondes et une période de trois minutes. Elles se font sentir indistinctement plus sensibles aux reins ou au basventre; ainsi, en ma présence, elle en a eu deux de suite plus fortes aux reins, et puis deux de suite plus fortes au bas-ventre.
^ OBSKIIVATIUNS. !\(^\)
J'ordonne des bains généraux et je pars. Le soir on donne un bain où la malade reste dix-sept minutes, pendant lesquelles elle n'eut pas une douleur. Après sa sortie, les douleurs reprennent, mais cette fois-ci elles sont plus franches, plus espacées, et le travail de l'accouchement alors s'avance. A huit heures du matin (le 1 2) elle accouche d'un garçon mort, la tête en avant. Les suites des couches ont été heureuses.
Elle a suivi ensuite un traitement antisyphihtique, et elle est guérie. Chose singulière, j'ai examiné le mari et je n"ai trouvé en lui ni trace de vérole récente ni ancienne, et lui-même, maître au cabotage, m'assure n'avoir jamais eu de maladies syphilitiques, si ce n'est un écoulement guéri par les injections.
Cet homme (et ce n'est pas le premier cas de ce genre soumis à notre observation), sans avoir de maladie syphilitique apparente, aurait communiqué la maladie à la femme par la voie du germe.
Oj'.s. XXXIV. — Madame S... P..., née et résidante à Bastia, âgée de trente ans, mariée à vingt ans. Elle a une taille au-dessous de la moyenne.
Êlat physique. — Tempérament sanguin, constitution non-seulement robuste, mais beaucoup d'embonpoint ; femme très saine, menstruéeà treize ans pendant six jours, elle l'a été toujours mensuellement à jour fixe; ses règles étaient annoncées par des coliques assez violentes qui allaient jusqu'aux vomissements. Ces douleurs précédaient d'un jour le sang et duraient pendant le premier jour; elles allaient depuis en diminuant. Quelques-unes de ses sœurs ont souffert aussi, l'aînée surtout, qui est veuve et qui n'a fait que deux enfants, malgré qu'elle se soit mariée à seize ans. Elle souffre encore (sa sœur aînée), quoiqu'elle ne fasse plus d'enfants. Madame P... a beaucoup souffert avant de se marier; mais à mesure qu'elle a fait des enfants, la menstruation est devenue de plus en plus facile, et maintenant elle ne s'en ressent plus.
Etat pathologique. — Elle n'a eu que la rougeole et un point de côté étant très jeune.
Aucune maladie de matrice.
Grossesses antérieures. — Elle a eu sept grossesses dont une à trois mois, et malgré ce nombre de couches, elle est très fraîche et a le visage d'une demoiselle. Deux de ses enfants sont nés morts par suite de la longueur du travail ou autre cause, mais ils étaient tous très robustes. Ils sont tous venus la tête en avant. Le travail a toujours duré au moins douze heures. Pas de suites fâcheuses. Les deux enfants morts et Tavorlement qu'elle a eus ont fait qu'elle a demandé mes conseils pour la grossesse dont nous allons parler.
Grossesse actuelle. — D'abord il faut savoir qu'elle dit avoir toujours porté ses grossesses quelques jours de moins de neuf mois. Elle dit que sa sœur aînée (celle qui souffrait beaucoup) a accouché à neuf mois moins quatre jours après son mariage. Elle me raconte que sa sœur cadette, qui souffre aussi de la menstruation, a tardé douze ans à avoir un enfant (après en avoir d'abord fait six de suite).
Madame P.. a eu ses dernières règles le 5 février ; c'est le seul signe auquel elle se soit aperçue d'être enceinte. Peu de dérangements, si ce n'est des aigreurs à restomac. et une douleur dans la fesse gauche venant surtout à la fin de la grossesse.
Lunes. — C'était alors le premier quartier de la lune, et, pour aller du premier quartier de la neuvième lune, elle devrait accoucher entre le 29 octobre et le 4 novembre.
Menstruation. — Elle devait accoucher entre le 5 et le 12 novembre, qui est la neuvième menstruation.
On ne peut pas compter par jours.
C'est après l'accouchement que nous rédigeons l'observation, et nous pouvons dire déjà qu'ayant eu lieu le 27 novembre, premier jour du premier quartier de la dixième lune, il n'a point coïncidé avec la neuvième époque menstruelle, mais, dès le 4 0 ou le 12 (neuvième époque), cette dâm.e a eu toujours des maux de reins. Madame P.. . croit être restée enceinte dans les premiers jours de mars, et alors ce serait neuf mois moins quelques jours, selon qu'elle a toujours compté, tandis que si l'on ne tient pas compte de l'époque précise, impossible à indiquer, mais que l'on considère la menstruation, on trouve qu'à la fin de la neuvième le travail a commencé.
Elle s'est fait saigner trois fois pour cette grossesse, a pris des bains, de l'eau di monte Catini ; mais surtout elle a fait beaucoup d'exercice, malgré son fort embonpoint.
Les douleurs qu'elle a ressenties depuis le 1 2 étaient passagères, venant plusieurs fois par jour. Elle avait le sentiment d'un poids au bas-ventre et à l'anus, et s'attendait à accoucher d'un jour à l'autre. Il faut savoir que, quoique nous ne l'ayons pas examinée de près, elle nous a donné tous les signes rationnels d'une première position de la tête ; nous avons miême un jour senti le siège de l'enfant en haut et en avant, la femme debout. Nous étions convenus qu'elle me ferait prévenir aux premières douleurs de travail ; quant aux mouches, elle les a gardées pendant une quinzaine de jours, sans laisser pour cela d'aller tous les soirs à la promenade et au spectacle; le 26 novembre, veille de l'accouchement, elle a fait des visites dans le jour et est allée le soir au théâtre : le 27, au matin, elle a fort bien déjeuné, et ce n'est que vers midi que les douleurs se sont manifestées : on a fait prévenir aussitôt l'accoucheuse, on m'a fait prévenir aussi, et je suis arrivé bientôt , mais le travail était déjà avancé. L'accoucheuse me dit l'avoir touchée le matin, et que le travail n'était pas commencé pour la dilatation du col : mais, qu'à son arrivée, à midi environ, il était dilaté : la poche a percé d'elle-même avec sortie de peu d'eau ; lorsque je suis arrivé, l'occiput apparaît déjà au fond de la vulve. Cette dame a une douleur presque constante, et fait des ell'orts volontaires que je voudrais même voir cesser, car ils sont presque constants ; mais l'espèce de contraction permanente de l'utérus les excite. La tête s'avance doucement sans mouvements de va-et-vient, et à midi .35 m. l'accouchement a lieu; c'est-à-dire environ une demi-heure après le commencement des douleurs, tandis que pour les autres elle avait toujours souffert douze heures environ.
OBSERVATIONS. Zi7l
L'enfant, gargon vivace, naît sans bosse sanguine et tout jaune, mais, lavé, il devient bleu ; il a des dimensions moyennes.
Le reste, pour la mère comme pour l'enfant, va très bien ; madame P. .. n'a pas eu de fièvre de lait, et, de son aveu, elle n'en a même pas eu pour ses autres couches, quoiqu'elle ait beaucoup de lait.
Ce fait prouve, on ne peut mieux, que l'embonpoint ne contrarie pas l'accouchement; la bonne position décide tout.
Madame P.. a eu le pouls fréquent le soir, sans chaleur à la peau ; mais nous considérons celle agitation comme nerveuse et non comme fébrile. C'est notre période spasmodique des plaies.
Obs. XXXV. — Le 29 novembre 1854, à 4 h. 1/2 du soir, j'ai été appelé auprès de la femme d'un gendarme pour un accouchement. Cette femme, âgée de trente-deux ans, primipare, était en travail depuis 3 h. après minuit. L'accoucheuse qui l'assistait dit que le col était déjà effacé à 8 h. du matin, et qu'alors il était grand comme une pièce de 2 francs. Les douleurs étaient vives, le travail a marché, la poche s'est percée, et avant midi la dilatation était complète La tête de l'enfant était au fond de la vulve, et là elle est restée jusqu'à mon arrivée ; déjà la tête portait une forte bosse sanguine, les douleurs avaient presque entièrement disparu et la vulve était très chaude. J'ai trouvé Tocciput en arrière et à gauche, ce qui causait sans doute le retard; j'ai fait la rotation en agissant avec la main gauche sur le tronc, et avec la droite (deux doigts) sur la fontanelle, et en peu de minutes la rotation était faite ; s'il y avait eu des douleurs, la femme aurait nécessairement accouché ; mais, comme il n'y en avait pas, j'ai dû faire une application de forceps. Tout a été bien pour la mère et pour l'enfant, qui est un garçon vivace. La mère, qui était dans de, grandes angoisses, a été aussitôt délivrée ; la tête est sortie sans beaucoup faire bomber le périnée; l'extension a été faite artificiellement, lentement et sans déchirure de la fourchette.
Obs. XXXVL — Le 27 janvier 1855, jjii été appelé par une de mes élèves, qui avait chez elle une femme en travaiF depuis le matin (Bastia)
Cette femme avait les douleurs depuis la veille, mais légères; étant devenues plus intenses le matin, le col de la matrice s'était ouvert, et dès I I h. la dilatation était complète Les contractions, fortes d'abord, s'étaient enfin ralenties avant que la poche des eaux fût percée, et à 5 h. du soir le travail était très lent. La femme cependant était abattue ; mais, qui plus est, c'est qu'accouchant clandestinement, elle devait rentrer chez elle avant l'arrivée de la nuit.
Lorsque je suis arrivé auprès d'elle (5 heures), les contractions étaient faibles, et la poche ne bombait pas du tout pendant les contractions. C'était une première présentation du sommet Les membranes étaient si collées contre la tête, qu'il était difficile de s'apercevoir de la non-rupture ; pour m'en assurer, j'ai promené la pulpe du doigt sur la tumeur, et alors je la trouvais lisse sur quelques points, sur d'autres un peu mobile; de sorte, qu'après mètre assuré qu'elle n'était pas percée, j'ai songé à la
déchirer pendant la douleur. Pour cela, je Tai grattée avec l'ongle, non en l'enfonçant, mais en l'éraillant, et, après avoir déchiré tous les feuillets, j'ai enfin senti venir les eaux amniotiques.
Une chose qui m'a étonné c'est que la tête, privée presque entièrement de cheveux et enduite d'une couche sébacée, offrait presque la même sensation que celle des membranes, et si je n'avais pas senti manifestement l'eau sortir, je n'aurais pas été rassuré sur la rupture de la poche. Je crois avoir déjà noté quelque part une grave erreur que j'ai commise chez une primipare qui avortait d'un enfant mort depuis douze à quinze jours. Cet enfant présentant au col une tête flasque et tendue par les douleurs, je crus que c'était la poche, et, malgré sa résistance, je parvins à la déchirer avec l'ongle. Quel ne fut pas mon étonnement, lorsqu'au lieu d'eau, je sentis sortir la substance cérébrale ramollie. A dire vrai, il y a de cela six ans, et je n'avais pas alors l'expérience obstétricale que j'ai aujourd'hui ; mais le fait est qua le cuir chevelu, dans le cas de mon élève, était capable d'être confondu avec la poche.
La tête conservait ici une certaine mobilité, la rotation n'était pas encore faite, aussi j'ai accroché la fontanelle postérieure que j'ai amenée en avant et un peu en bas. Je l'ai maintenue dans cet état pendant les douleurs et, en effet, elle n'a pas tardé à s'engager sous les pubis. Le dégorgement s'est fait ; mais, avant, il m'a fallu faire chevaucher la lèvre antérieure du col, qui venait s'interposer entre le pubis et la tête.
Il n'y a eu rien autre de particulier, si ce n'est le cordon très gras; après avoir vidé le sang qu'il renfermait, j'ai senti plusieurs fois les artères , battre sous mes doigts, malgré qu'elles ne fussent plus sous l'impulsion du cœur. Du reste, il m'était arrivé de voir jaillir le sang par saccades, par le bout placentaire. Après avoir vidé le sang, en exprimant le cordon, je me suis assuré que sa torsion n'était pas assez récente pour se défaire complètement. Les vaisseaux étaient creusés obhquement dans la tige funiculaire.
Cette dame, veuve, a dû rentrer chez elle quelques instants après l'accouchement, qui a eu lieu à 5 h. 1/2. Ainsi nous avons fait opérer l'accouchement en une demi-heure environ.
Obs. XXXVII. — Le '12 mai 1 855, j'ai été appelé auprès de madame J. R..., rue des Grès, 26, à Paris, qui, se croyant au terme de sa grossesse, pensait déjà devoir accoucher dans les premiers jours d'avril. Primipare, robuste, menant une vie active, cette dame ne paraît pas avoir cependant le ventre d'une femme à terme. Le col est encore allongé et assez résistant à la base, l'orifice externe est encore fermé. Je constate par le palper une présentation du sommet en occipito-iliaque gauche antérieure. Il y a du prurit à la vulve, et même de légères granulations dans le vagin. Je conseille des injections vaginales pour combattre l'état pathologique local et pour préparer le col. Le 23 mai, les démangeaisons ont diminué, aussi la femme néglige de continuer les injections. Le travail de l'accouchement n'a commence que le 6 juin, au soir, par des mouches très légères.
Appelé le 7, à 5 h. du matin, je trouve le col effacé et offrant unedila-
OBSEUVATIOi^S. /l73
talion qui jjerniet 1 introduction des deux doigts; il est souple, mais peu dilatable. Les douleurs sont à la période exacte de 5 m. Elle a des douleurs de reins qui sont plus fortes lorsqu'elle est levée ou couchée sur le dos que sur le côté, les douleurs du bas-ventre sont plus sensibles lorsqu'elle est levée que lorsqu'elle est sur le lit. Elle a soif sans fièvre. Eau sucrée avec de l'eau de fleurs d'oranger. A 6 h. 1/2, un peu d'eau s'est écoulée, et, dès ce moment, je n'ai plus trouvé la poche. Les contractions se répètent et n'arrivent pas au col ; elles commencent même à être assez douloureuses à 9 h. 1/2, la dilatation est presque complète et la tête n'avance guère, elle reste dans l'excavation sans être tout à fait sur le plancher, il n'y a pas d'obstacle du côté du rectum ni du côté de la vessie, car ils sont vides, les douleurs deviennent plus fortes, sans que les contractions constatées par la main soient bien vives, la femme est inquiète, elle vomit et se lève pour se promener : nous l'engageons même à pousser un peu pendant la contraction, ce qu'elle ne peut pas faire. Déjà, quoique le col ne fût pas contracté, une bosse sanguine commençait à se former, aussi nous avons demandé qu'on lui donnât un bain. La femme se promenait toujours et souffrant beaucoup; dans l'attente, nous avions déjà demandé du chloroforme lorsque le bain est arrivé, et elle s'y met à -10 h. 2 m. Elle est aussitôt soulagée, et, à la première douleur, elle aide par des efforts volontaires ; de sorte qu'au bout de 7 m. seulement, la tête est déjà à la vulve. La crainte de la voir accoucher dans le bain nous la fait remettre au lit. Les contractions sont toujours à la période de 3 m. et bien séparées par du calme. La tête va et vient à chaque contraction, le plancher se dilate lentement et sans que la femme se plaigne, ce qu'elle faisait avant le bain, et l'accouchement a lieu à 1 p h. 43. C'est un garçon vivace, qui ne paraît pas avoir cependant plus de neuf mois. Délivrance naturelle à 1 1 h. 5 m. Les suites des couches ont été des plus heureuses, et le lait est venu sans l'ombre de (îèvre ni de sensibilité du côté du ventre. J'ai cependant observé encore ici que le deuxième jour, lors de la crue du lait, l'utérus est plus volumineux que le lendemain des couches.
Les observations qui suivent ont été prises dans le service de M. le professeur Dubois, à l'hôpital des Cliniques de Paris. Le diagnostic par le palper a été presque toujours porté en présence des élèves et avant de connaître les données que pouvaient offrir le toucher et l'auscultation. Le bulletin de chaque malade est le contrôle qui est indiqué pour la vérification du diagnostic.
Obs. XXXVUI. — Marie Verner, marchande de fruits, native du département du Haut-Rhin, résidant à Paris depuis trois ans, âgée de trentecinq ans, d'un tempérament lymphatique, nerveux, est arrivée à la Clinique le 6 mars 1 855, pour servir au toucher des élèves.
hl!x OBSERVATIONS.
Réglée à seize ans, elle a toujours vu régulièrement le 30 de chaque mois pendant cinq jours. Elle est déjà mère d'un enfant à terme, dont elle a accouché il y a deux ans, après 1 5 m. de travail.
Elle a eu ses dernières règles le 3 juin 1854. Pas de complication pendant la grossesse, elle serait à terme.
Le palper donne ici la sensation du tronc du fœtus dirigé presque transversalement, le détroit supérieur offre aussi au palper la sensation obscure de la têie; l'enfant du reste est très mobile.
Par le toucher, pratiqué après, le doigt pénètre à travers l'orifice externe du col, qui est mou; mais il n'atteint pas l'interne. On ne sent pas de partie fœtale.
Le 1 5 mars, cette femme revenue au toucher, on a cette fois la sensation incertaine du siège dans la fosse iliaque droite, le tronc se continue en haut, et le maximum des pulsations du cœur de l'enfant est à droite au niveau de l'ombilic. Rien au toucher. La présentation serait donc changée, et, au lieu du sommet, nous aurions le siège sur le détroit supérieur.
Le 17 mars, nous trouvons dans la fosse iliaque gauche une tumeur semblable à la tête, et le tronc serait dirigé en haut et à droite. Ce serait donc une première présentation du sommet. Le toucher ne peut pas encore atteindre la partie fœtale.
Le 20, le palper, le toucher et l'auscultation, sont d'accord pour confirmer une première présentation du somm^et.
Cette femme a accouché le 27 mars, à 6 h. du soir, et le bulletin de l'accouchement porte, en effet, occipito-iliaque gauche antérieure.
L'obscurité de palper et les changements de présentation et de position ne tenaient ici qu'à l'extrême mobilité du fœtus et à la quantité considérables des eaux amniotiques.
Obs. XXXIX. — Marie Xual, cuisinière, âgée de 36 ans, native de Saint-Etienne, résidant à Paris depuis six mois. D'un tempérament lymphatico-sanguin et d'une santé assez bonne ; elle est atteinte d'une luxation congénitale double des deux fémurs, et dit avoir eu des convulsions dans son enfance. A l'âge de 2 ans, elle a perdu un œil.
Réglée à i 5 ans, elle voyait tous les 28 jours pendant 5 jours, et chaque époque cataméniale était accompagnée de fortes douleurs de reins et de bas-ventre. Elle est mariée depuis \ 9 mois ; primipare.
Ses dernières règles ont paru le 1 7 avril 1 854, après 24 heures qu'elles avaient commencé à couler et à la suite d'un arrachement de dent. Ce n'est pas cependant de cette époque que date sa grossesse, car elle aurait déjà dû accoucher.
Elle croit être restée enceinte entre le 1 5 et le 26 juin ; car depuis lors elle n'a plus eu de rapports avec son mari, et les seins lui ont offert des picotements depuis cette époque. Elle a commencé à sentir les premiers mouvements de son enfant dans les premiers jours de novembre.
Cette femme, ayant été prise de contractions utérines douloureuses, est entrée à la Chnique dans la crainte d'avorter, et on lui a dit que le col de
la matrice était en effet effacé et dilaté. Le simple repos au lit a suffi pour suspendre ce travail et permettre à la grossesse d'aller à terme.
Le 24 mars, à la visite du matin, on a examiné cette femme au toucher et à l'auscultation, et comme ces moyens d'investigation laissaient quelque obscurité sur la position, M. Dubois m'a prié de l'examiner par le palper. Cette femme, offrant une distension considérable de la vessie que j'ai trouvée très saillante en avant, j'ai demandé à lexaminer après qu'elle aurait uriné. Après deux heures, la femme ayant uriné, j'ai pu constater au palper que le tronc de l'enfant est dirigé de bas en haut et de gauche à droite. La tête, déjà fixée dans le détroit, doit pénétrer déjà dans l'excavation. C'est pour moi une première position du sommet.
La femme est accouchée le soir à 1 h. 1 5 m., et le bulletin porte, en effet, occipito-iliaque gauche antérieure.
Obs. XL. — Marie Salmon, ouvrière, âgée de ^28 ans, maladive, primipare, et au terme de sa grossesse, entre à la Clinique, parce qu'elle est souffrante.
Je l'examine au palper le 8 mars, et je trouve en elle un développement très considérable du diamètre transverse de l'utérus, ce qui ferait croire à une grossesse double ou à une présentation du tronc, tandis que je constate une présentation du sommet en occipito-iliaque gauche antérieure. Cette femme accouche le 18 mars, à II h. 45 m. du soir, et le bulletin porte en effet occipito-iliaque gauche antérieure.
Obo. XL L — Femme Michaud, examen au palper le \0 mars à 6 h. 30 m. du soir; occipito-iliaque droite postérieure. — Bulletin. Entrée le 1 8 février au dortoir, et à la salle d'accouchement le 1 0 mars à 6 h. 30 m. du soir. — Agée de 23 ans. — Domestique ; bonne conformation et bonne constitution. — Accouchée déjà d'une fille à terme. — Réglée à 17 ans, 6 jours par mois. — Grossesse actuelle de 8 mois. — Vomissements pendant la grossesse. — Premières douleurs le I 0 mars 1 855, à 5 h. du soir. — Rupture spontanée des membranes à 3 h. — Dilatation complète à 1 0 h. 30 m. du soir. — Terminaison à 1 4 h. du soir. — Présentation du sommet en occipito-iliaque droite postérieure. — Déhvrance naturelle. — Garçon faible pesant 2450 gr. — Longueur totale du corps, 0,48.
Obs. XLIL — La femme Parla, entrée à la Clinique le 5 mars (j'ai fait le diagnostic par le palper de la présentation et de la position occipito-iliaque gauche antérieure, et le diagnostic par le toucher fait par M. Blot l'a confirmé). Le 9 mars, elle entre à la salle d'accouchement, oii elle est accouchée (le 9 mars) par les élèves sages-femmes , qui ont mis sur le bulletin occipito-antérieure droite. La rareté de la position et le diagnostic de M. Blot me rassurent plus que les élèves, qui font le bulletin souvent sans avoir constaté la position. Cette femme n'était pas à terme.
Obs. XLin, — Madame Guérin entre à la salle d'accouchement à 9 h. du soir: palper : occipito-iliaque gauche antérieure. — Bulletin. Madame Guérin, entrée à la Chnique depuis un mois, et à la salle d'accouchement le 8 mars '1855, à 9 h. du soir. — 27 ans. — Domestique. — Bonne
â76 UBSEKVATiO>;S.
constitution. — Bonne conformation du bassin. — Priniiparc. — Réglée a
I 8 ans, 8 jours par mois. — Dernières règles vers la fin de mai 1 854. — A terme. — Douleur de ventre pendant la grossesse ; varices remontant jusqu'à la vulve. — - Premières douleurs le 8 mars, à 1 h. après midi. — Rupture des membranes le 9 mars, à 6 h. du matin. — Dilatation complète à 6 h. — Accouchement à 7 h. 1 5 m. — Sommet en occipito-iliaque gauche antérieure. — Délivrance naturelle. — Garçon de 4050 gr. ; longueur 0,52. — Le 1 3, elle a un peu de fièvre : le 14, ipéca.
Obs. XLIV. — Femme Gibert, palpation le 9 mars, à 8 h. du soir: occipito-ihaque droite postérieure. — Bullelin. Entrée à la salle d'accouchementle 9 mars 1855. à 7 h. 30 m. du soir. 24 ans. Ouvrière. Constitution et conformation bonnes. Déjà un accouchement à 7 mois '1/2 ; garçon et deux enfants à terme; tous présentation du sommet, spontanément. Dernière apparition des règles inconnue. Grossesse à terme. Nausées, vomissements, céphalalgie pendant toute la grossesse. Première douleur à 6 h. du soir (9 mars). Rupture des membranes à 6 h. 30 m. du soir. Dilatation complète à 6 h, 45 m. (rotation artificielle après avoir attendu que le col fût effacé et dilaté ; elle a été facile) ; sommet en occipito-iliaque postérieure droite. Durée totale, 2 h. 15 m. Délivrance naturelle. Enfant, fille, 5050 gr. ; longueur, 0,49. Accouchement à 8 h. 10 m. du soir. Le 10, le 1 1 et le 12, la femme est bien ; les seins se gonflent et sont douloureux, sans fièvre de lait.
Obs. XLV. — Femme Redecot, palper le 12 mars, à 9 h. du soir, occipito-iliaque gauche antérieure, — Bulletin. — Madame Redecot entrée le 12 mars 1855 à la salle d'accouchement; 35 ans; domestique; faible; bassin bon. Une fille à terme. Réglée à 1 5 ans, régulièrement 3 jours par mois. Le 26 juin 1854, dernières règles. 8 mois 1/2 de grossesse. Première douleur le 12 mars, à midi. Rupture des membranes le 12 mars,
II h. du soir. Dilatation complète, 12 mars à 10 h. du soir. Accouchement à 11 li. 30 m. du soir. Sommet en occipito-iliaque gauche antérieure. Durée totale, 11 h. 30 m. Délivrance naturelle ; garçon 3100 gr. Longueur, 0,49.
Obs. XLVL — Femme Ferdinand, palper le 1 0 février, à 9 h. du soir : occipito-iliaque gauche antérieure. — Bullelin. — Madame Ferdinand entre le 10 février 1855 à la salle d'accouchement. 29 ans. Journalière. Constitution et conformation bonnes. 3 garçons à terme. Réglée à 1 8 ans, irrégulièrement. Dernières règles, 31 mai 1854. 9 mois. Accidents nuls. Première douleur le 10 mars à 5 h. du soir. Rupture des membranes à minuit. Dilatation complète à 11 h. 30 m. ou minuit 1/2. Sommet occipito-iliaque gauche antérieure. Durée totale, 7 h. 30 m. Délivrance naturelle. Garçon, 3150 gr., longueur 0,49.
Obs. XLVIL — Femme Peter; palper le 15 mars à 9 h. du matin; diagnostic, occipito-iliaque gauche antérieure. — Bulletin. — Entrée à l'établissement à 8 h. du matin. 24 ans. Repasseuse. Conformation et santé
OBSEUV\TIONS. A?/
bonnes. Prlmipnre. Réglée a 16 ans, 4 jours par mois; dernières règles le 16 mai. A terme. Accidents nuls. — Première douleur à 6 h. du soir, le 14 mars. Rupture artificielle des membranes à 6 h. du soir, le 15. Dilatation complète à 11 h. du soir. Terminaison à 1 h. du matin, le 16, Sommet en occipito-iliaque gauche antérieure. Durée du travail, 31 heures. Délivrance naturelle. Garçon pesant 3300 gr. ; longueur 0,50 ; diamètre occipito-frontal , 0,105; occipito-mentonnier, 0,14; bipariétal, 0,10, et sous-occipito-bregmatique, 0,10.
Obs. XLVllI. — Femme Loriau, palper le 24 mars, à 8 h. 45 m. du matin ; occipito-iliaque droite postérieure. Je ne sens pas la tête, mais a direction du tronc me suffit pour établir le diagnostic. M. Dubois, après avoir examiné cette femme au toucher, dit que la tête est en effet dans l'excavation. Madame Callé, accoucheuse en chef, quelques minutes après, trouve au toucher la fontanelle postérieure à droite et en arrière. La femme accouche le 24, à 9 h. 50 m du matin, et le bulletin porte occipito-iliaque droite postérieure réduite.
Obs. XLIX. — Marie Boggenu ; palper le 24 mars, à 8 h. 30 m. du soir. Je ne trouve pas la tête, d'où je conclus qu'elle est dans l'excavation. Je trouve le tronc dirigé de haut en bas et légèrement de gauche à droite d*où je conclus à l'occipito-iliaque droite antérieure. On touche la femme après, et l'on trouve la tête dans l'excavation, la fontanelle postérieure presque en avant. Madame Callé, à 9 h. 10m., a reconnu au toucher occipito-iliaque droite antérieure. — Bulletin. — Accouchement à 10 h. du soir, le 24 ; et qui sait pourquoi on a mis occipito-iliaque gauche? ou l'on s'est trompé, ou il y a eu rotation après notre diagnostic.
Obs. L. — Femme Daguet; palper le 27 mars : occipito-iliaque droite antérieure; tête mobile se trouve en avant dans la fosse iliaque droite. M. le docteur Blot, chef de clinique, avait trouvé la veille, à l'auscultation, une occipito-iliaque gauche antérieure. Mais ce matin, en auscultant la femme, on trouve la confirmation du palper.
Le 28 mars, M. Dubois m'a appelé auprès de cette femme pour constater la présentation et la position, et je l'ai trouvée changée, la tête est dans i'hypochondre droit : au lieu d'une présentation du siège. M. Blot, en effet, dit avoir constaté ce changement depuis hier au soir. Je propose de faire la version; mais à cause de la mobilité du fœtus, M. Dubois préfère attendre ; peut-être elle se fera d'elle-m.ême.
Le 2 avril, je palpe la femme, et la tête est dans I'hypochondre droit, mais le siège est toujours en bas.
Cette femme, qui depuis assez longtemps souffre de maux de reins et de bas -ventre, est entrée croyant accoucher bientôt. C'est le 3 seulement qu'a commencé le travail. M. Dubois lui-même a fait l'accouchement : c'est le siège qui se présente. Après avoir percé les eaux et avoir donné 0,34 de seigle ergoté, M. Dubois a aidé l'accouchement par des tractions ménagées sur l'enfant.
/l78 OBSERVATIONS.
Bulletin. — Entrée à rétablissement le 25 mars; dans la salle d'accouchement, le 2 avril, à 11 h. dû soir. 31 ans. Cuisinière. Conforniation et constitution bonnes. Elle a déjà eu une fille à terme. Menstruée à 15 ans, 2 jours par mois. Dernières règles le 13 juin. Grossesse à terme; complication; vomissement, crampes pendant toute la grossesse. Premières douleurs, 2 avril, 2 h. du soir. Rupture artificielle des membranes, à 9 h. 30 m. du matin. Terminaison à 9 h. 50 m. Présentation du siège, occipito-iliaque gauche. Durée du travail, 20 h. Délivrance naturelle ; fille. Etat physique, asphyxie incomplète. Poids, 2950 gr., longueur, 0,49; diamètres: iccipito frontal, 0, i 25 ; occipito-mentonnier, 0,35, bipariétal, 0,105; sous-occipito-bregmatique, 0,105.
Obs. LI. — Femme Naudet. palpée le 28 mars, à 4 h. du soir, la tête est dans l'excavation, car je ne la trouve nulle part ; je sens le tronc formant une convexité à gauche, et les pieds à droite et en haut. Il y a beaucoup d'eau amniotique, et le palper offre une certaine difficulté. Le ventre surtout, pendant les contractions, offre une dépression médiane qui fait croire aux élèves à une grossesse double, ce que je ne crois pas. Avant mon arrivée on avait exploré la femme au toucher, et l'on avait trouvé, sans n e le dire, une occipito-ihaque gauche antérieure, comme le palper l'avait fait reconnaître. L'auscultation l'a aussi confirmé; mais la quantité des eaux éloigne les bruits. Le diamètre transverse de lutérus de cette femme, mesuré avec le compas d'épaisseur, a 0,27 , c'est-à-dire que c'est un utérus à devoir offrir une présentation du tronc, comme on l'a dit, et cela n'est pas. L'accouchement, terminé le 28, à 6 h. du soir, n'a offert qu'un enfant en occipito-iliaque gauche antérieure, comme l'indique le bulletin.
Obs. LIl. — Femme Berton, grossesse à terme, palpée le 2 avril 1 855, à 1 1 h. 45 m., occipito-iliaque gauche antérieure. J'ai senti le tronc de bas en haut et de gauche à droite ; mais je n'ai pas pu bien sentir la tête sur le détroit ; je ne serais même pas étonné qu'elle fût dans l'excavation. Le toucher, par l'élève de la série, à midi 1/2, trouve en effet la tête dans l'excavation. — Bulletin d'accouchement. — Le 2 avril à 2 h. du soir, occipito-iliaque gauche antérieure.
Obs. LIIL — Femme Joubert, dame Coste, primipare, palpée le 10 avril à 8 h. 1/2 du soir. 11 y a beaucoup d'eau amniotique, cependant on peut diagnostiquer une occipito iliaque gauche antérieure. Les élèves l'ont confirmé après par le toucher. Le ventre dn cette femme, ou pour mieux dire l'utérus contracté ou non, offre deux lobes latéraux avec une dépression au milieu, le lobe droit est le plus gros. L'utérus offre la forme d'un cœur de cartes à jouer on dirait une grossesse double et elle ne paraît être que simple.
Bulletin d'accouchement. — Entrée à l'hôpital le 10 avril 1855 à 5 h.
1/2 du soir, 27 ans, domestique, bonne constitution, bonne conformation, primipare, léglée à 9 ans ; elle est du déparlement de la Sarthe, ses règles ne paraissent que deux à trois fois par an, pendant six à sept jours; der-
nières règles incon.; grossesse à terme, premières douleurs le 10 avril à 3 11. du soir ; rupture (irtificielle à 1 1 h. '1/2 du matin, le 1 1 avril; accouchement à 1 11. du soir; occipito-iliaque gauche antérieure ; 22 h. de travail : garçon pesant 3600 gr.
Obs. LIV. — Femme Cahiez, primipare, diagn., palp. le 11 avril, à 1 h. 1/2 du soir, occipito-iliaque gauche transverse. Je trouve la tête au détr. super., au bail, doubl., et le tronc dirigé de gauche à droite et de bas en haut. — BnUelin. ■ — Entr. sali, à midi 1/2, le 4 1 , vingt- trois ans, lingère, constitution et conformation bonnes, primipare, réglée à seize ans sept jours, dernières règles le 15 juillet 1854, à terme, accidents nuls, premières douleurs le 1 0 avril à 7 h. du soir, rupture des membr. à 4 h., dilat. incompl. inconn., accouchement à 7 h. 1/2 du soir, sommet, o. -il. g. a , durée du travail 24 h. 30 m , délivr. natur., garçon pesant 2950 gr.
Obs. LV. — Femme Delaplane , diagn., palpée à 4 h. du soir, occipito-iliaque gauche antérieure, presque transverse. La femme souffrant de l'utérus, surtout dans le segment inférieur, je n'ai pas pu chercher la tête ; la direction du tronc m'a permis cependant de me prononcer. Le toucher est venu confirmer après. — Bulletin iV accouchement . — Entrée dans l'établissement le 7 avril ; elle souffre pendant quinze jours avant d'accoucher. Entrée, salle des accouchements, le 13 avril, 37 ans, domestique, conformation et santé bonnes; accouchement avant terme, 2, et à terme. 1 . Réglée à vingt ans, cinq jours par mois, apparition des premières douleurs le 13 avril à 10 h. du matin, membranes rompues à 4 h. du soir môme jour, dilatation complète à 5 h. du soir, accouchement à 5 h. 30 m., sommet, occipito-iliaque droite antérieure; durée totale du travail, 7 h. 30 m. Délivrance naturelle. Garçon pesant 3,400, long. 0,47. La différence du diagnostic, après 1 h. 30 m., nous étonne, car nous avons rompu nous-même les membranes, et nous nous sommes assuré, avec un confrère, que c'était une première. Nous avons quitté ensuite la malade, et nous ne savons pas ce qui s'est passé : peut-être une rotation a eu lieu après notre départ.
Obs. LVL — Alexandrine Boulmier, pal. diagn. le 19 a\ril à 8 h. du mat., o.-i1. dr. transv. M. Dubois l'a confirmé, après peu de minutes, par le toucher seulement. 11 dit qu'elle est postérieure au lieu de transverse ; ainsi il trouverait la fontanelle antérieure à gauche et en avant. En effet, il peut se faire que la femme étant couchée, le tronc, sur lequel je me suis réglé, fût transverse, et la tête restée en occipilo-postérieure. La dilatation paraît être assez avancée et le col très mou. Le soir, sans qu'on s'en doutât, elle a été prise aussitôt de douleurs et a accouché immédiatement. — Bulletin. — Entrée dans l'établissement le 18 avril 1855, 29 ans, ouvrière, constitution et conformation bonnes (elle a les traits dune bonne négresse) ; accouchée déjà de cinq enfants à terme (elle dit avoir toujours accouché promplement et avec peu de douleurs) : réglée à dix-sept ans trois à quatre jours par mois, dernières règles le 8 juillet, à terme, vomiss.
OBSEUVATIONS.
grossesse, premières douleurs légères à 3 h. du soir le 19, rupture spontanée à 7. h. 45 m., accouchenient à 8 h. du soir, sommet est inconnu (elle a été vérifiée par M. Dubois et M. Blot) ; durée du travail à 5 h., délivrance naturelle. Fille pesant 2750 grammes, longueur 0 47.
Cette femme a perdu quelques caillots de sang dans la nuit ; le 20, au matin, l'utérus est revenu, mais il est un peu mou, 2 grammes de seigle ergoté, la femme est encore très colorée, pas de fatigue ni de fièvre (c'est par précaution qu'on lui ordonne le seigle, car l'hémorrhagie s'est arrêtée d'elle-même et l'utérus est très réduit). Elle a très bien passé la nuit, à part quelques tranchées produites par le seigle ; pas d'hémorrhagie, pas de fièvre, pas de sensibilité du ventre; l'utérus est petit et dur. Elle sort le 24 avril, sans avoir eu même le soir du tout de fièvre de lait. Cette femme avait eu pendant ses grossesses, et surtout pendant celle-ci, des varices sur les deux membres jusqu'aux aines, mais très fortes ; et cependant elles ont disparu le lendemain de l'accouchement.
Obs. LVII. — Femme Flucher, diagn., palp. le 20 avril à 6 h. 15 m. du soir, occipito-iliaque droite postérieure, tronc presque transverse. Je ne sens pas la tête ; l'auscultation l'a confirmée après et le bulletin porte : Femme entrée le 20 avril à 4 h. du soir, 23 ans, couturière, constitution et conformation bonnes, deux grossesses à terme, dern. règl, le 25 juillet 4 854, à terme, accid. nuls, prem. doul. le 20 avril à 5 h. du mat., rupt. membr. incon., dilat. compl. à 7 h. 15 m., ace. à 7 h. 35 m. du soir, sommet o.-il. dr. p., durée du travail 14 h. 30 m., délivrance naturelle, fille pesant 2900, long. 0,47.
Obs. LVIII. — Femme Delafosse, palpée le 20 avril à 10 h. du matin, o.-il. g. ant. Ici la présentation avait été constatée au toucher par M. Blot ; je n"ai constaté que la position. — Bulletin. — Entr. sali, d'ace. le 22 avril à 4 h. du soir, vingt-quatre ans, domestique, constitution et conformation bonnes, primipare: réglée à quinze ans, 8 jours par mois, dernières règles le 15 juillet; à terme, premières douleurs le 21 avril à 4 h. du soir, rupt. membr. le 22 à 1 0 h. du soir, dilat. compl. à la même heure, ace. à 1 0 h. 45 m. du soir, o.-il. g. a., 30 h de travail, fille pesant 1950 gr., long. 43.
Obs, LIX. — Femme Coiffard (mariée Druet), bossue, diagn., palp. le 21 avril à 9 h. du matin, o.-il. cl. antérieure. Il peut se faire qu'il y ait un défaut de conf, bass., car le Ironc de l'enfant est en avant, et la tête profonde se trouve à peine en arrière, en pénétrant au niveau du pubis; elle est à huit mois environ. Ici assurément la forme du ventre était sous la dépendance de la taille, car les membres de cette femme sont droits et bien développés. Cette déviation tient peut-être à des rétractions musculaires, comme ses doigts crochues tiennent à une rétraction des fléchisseurs. L'état des membres fait croire à la bonne conformation du bassin ; la tête, en effet, s"est engagée dans les derniers jours de la grossesse. Bulletin. — Entrée à l'hôpital le 18 avril 1855, salle d'ace, le 21 mai à
OBSERVATIONS. /iSl
9 h. 30 m. du soir, 39 ans, cuisinière, déviât, colonn. vert.; conf. bassin bonne ; menstruation bon. ; dernière apparition des règles le 8 tioût 1 854 ; à terme; accid. fièvre typh. à six mois de la grossesse; prem. doul. le 21 mai à 6 h. du soir; rupt. membr. incon., dilat. compl. à 1 h. 30 m. du soir le 22 mai; ace. le 22 à 3 h. 5 m. du soir, sommet o.-il. dr. a. ; durée du travail, 21 h.; délivr. natur.; fille pesant 2600 gr.; long., 0,47.
Obs. LX. — Femme Lami , dit avoir perdu les eaux depuis deux jours ; elle a l'utérus constamment tendu , de manière à empêcher le palper; à peine si j'ai pu sentir la tête au ballottement doubl. au détr. super. Au toucher on trouve la poche bombée, ce qui prouve que les eaux venaient d'ailleurs ou d'en haut. Cet examen avait lieu le 23 à 9 h. du matin. . — Bulletin. — Entrée à l'hôpital le 21 à 8 h. du soir (avril); dans la salle d'accouchement le 23 à 8. h. du soir; Rose Lamy, dix-neuf ans, journalière, constitution et conformation bonnes, primipare; réglée à dixsept ans, irrégul. , dern. règl. le 23 juillet 1854, neuf mois; nausées, étourdissements jusqu'à quatre mois; œdème aux jambes depuis le septième mois; varices aux genoux et à l'aine du côté droit; premières douleurs le 23 à 7 h. du soir; rupt. membr. le 24 à 4 h. du matin; dilatation complète à la même heure ; ace. le 24 à 5 h. 30 m. du matin, sommet o.-il. g. a.; durée du travail, 10 h. 30 m. ; fille pesant 2800 gr. ; long., 0,46.
Obs. LXl. — Madame Camu, née Martin, diagn. au palper le /{^''mai à 8 h. du soir, o.-il. g. a. La poche est percée il y a une heure. La femme ne se plaint pas, cependant le travail avance, et il n'y a qu'une légère douleur de reins constante et une douleur périodique au bas- ventre (périod. à 3 m.). — Bulletin. — Entrée io 1"mai; vingt-huit ans; femme de ménage ; constitut. et conformât, bonnes : elle a eu un enf. à terme et deux fausses couches; régi, à seize ans, régulier, huit jours par mois; dern. règl. le 15 juillet 1854, neuf mois; accid. nuls.; prem. doul. le l^*" mai à 5 heures du soir, poch. romp à minuit; dilat. compl. à 9 h. 30 m.; ace. à minuit 15 m., sommet o.-il. g. a. : durée du travail, 7 h. 30 m. ; fille pesant 2770 gr.
Obs. LXTL — Femme Ménageot, sourde-muette, de Belleville, palp. le 2 mai, o.-il. dr. transv. Le palper est si facile qu'un élève à lui seul a reconnu la présentation et la position. — Bulletin. — Entrée dans l'établissement le 1" mai à 2 h. du soir ; salle d'accouchement le 4 mai à 2 h. du soir; trente ans, polisseuse; constit. faible, conformation bonne ; un enfant à terme, menstr. à quinze ans, trois jours régul : dern. appar. des règl. le 7 août; ace. le 4 mai à 5 h. 20 m. du soir, o.-il. dr. post.
Obs. LXIII. — Femme Lemâtre, palp. le 3 mai à 8 h. du matin, o.-il. g. a., le tronc est presque transverse. Cette femme n'est qu'à sept mois et demi de sa grossesse. Elle s'est exposée à devenir enceinte du 8 au 10 septembre 1854, et ses règles, qui devaient venir le 15, n'ont pas paru. Elle est entrée pour des attaques hystériques. Le ventre est sensible au palper, surtout à gauche. Je n'ai pas pu explorer le détroit supérieur à
caïK^e de la sensibilité ; mais le tronc me permet de porter le diagnostic. — Bulleliii. — Enlr. dans l'établ. le 28 avril, salle 4 mai à \ h. 30 m. du soir : fleuriste; constit. , conform. bonn.: un ace. à terme ii y a quatre ans, dern. règl. le 1 o août, grossesse du 8 septembre; elle a accouché offrant o.-il. g, a.
Obs. LXIV. — Catherine Florentin, ouvrière en brosses à habits et à cheveux ; âgée de trente-deux ans, née à Saint- Aveau (Moselle), habitant Paris depuis 9 ans.
Etat physique. — Tempérament lymphatique, sanguin ; constitution bonne, un peu sèche. Bornée pour Tintelligence.
Réglée à 1 1 ans, elle a continué à l'être régulièrement depuis, à jour fixe, tous les mois ; mais elle ne se rappelle pas le jour. Aucun prodrome ; elles duraient d'abord de 4 à 5 jours; mais depuis 3 ans elles ne durent que .3 jours, assez abondamment. Elle vil en ménage avec le père de ses enfants. Elle a eu, il y a 5 ans, une fausse couche de deux jumeaux, à 1 époque de 5 mois 1/2. Elle attribue cette fausse couche à une chute où elle perdit connaissance, et au bout de trois semaines de souffrances elle accoucha. Lautre accouchement a eu lieu, il y a trois ans, a l'hôpital de la Clinique ; grossesse à terme ; présentation du sommet, enfant vivant; durée du travail, 22 heures. Elle a eu un autre accouchement, il y a '13 mois; grossesse à 9 mois; pas d'accident; durée du travail, 7 heures; de fortes douleurs ; une fille vivante; présentation du sommet: pas de mauvaises suites.
Etal patlwlogique. — Elle n'a jamais eu de maladies autres que ses couches: pas de maladies de matrice ni de pertes blanches.
Grossesse actuelle. — Elle a eu pour la dernière fois ses règles le 5 d'un mois, mais elle ne se rappelle pas lequel. Elle dit cependant avoir compté 9 mois. Nausées sans autres indispositions; elle aurait senti les premiers mouvements actifs à 4 mois 1/2. Elle a beaucoup de pertes glaireuses depuis deux mois.
Ventre pendant en avant du pubis et assez relâché. Elle dit avoir eu toujours un gros ventre, et les grossesses précédentes ont été les mêmes. Elle aurait commencé à sentir les premiers mouvements de son enfant en bas. Depuis quelques mois ils sont en haut et à droite. Envies fréquentes d'uriner ; constipation. Elle se cou(;he lo plus souvent sur le dos, maintenant ; avant elle se couchait indifféremment sur les côtés. Depuis 4 jours elle a les jauibes enflées jusqu'au genou ; légères varices et quelques crampes, le tout un peu plus à droite qu'à gauche.
Mensuration. — Longueur totale, 1,40; tronc, 80; crête iliaque, 88; ombilic, 0,22 ; fond de l'utérus, 0,29 ; mesuré, la femme étant couchée, 0,'I8 ; le ventre, même lorsqu'elle est couchée, descend plus bas que les pubis; diamètre de l'utérus, 0,23; diamètre interépineux, 0,25.
Tout ce qui précède a été pris après que la malade avait été examinée par M. Blot, chef de clinique, qui, par 1 auscultation et le toucher, avait diagnostiqué un(î présentation du siège (le 4 mai, à 8 h. 30 m. du matin). J'ai exaii.iné après lui cette femme, et j'ai au contraire reconnu une présentation du sommet en occipito-iliaque gauche antérieure.
— ofesERVATioiss. /i83
Palper. — On trouve en haul une tumeur qui offre ia sensation du siège, et qui, en se prolongeant à gauche et en bas, fait voir par son étendue que c'est le tronc. La flaccidité du ventre favorise le palper: mais, malgré cela, j'éprouve un peu de peine à trouver la tête. Enfin, je l'ai trouvée au ballottement simple avec la main droite; cette sensation était moins franche à la main gauche. Cette tête est très mobile. On sent à droite et en haut de petites tumeurs mobiles qu'on reconnaît pour les pieds.
AusciiHation. — Un bruit de souffle très fort est senti près de la fosse iliaque gauche, et le maximum absolu correspond au niveau de l'ombilic et à gauche M. Blot. qui l'a marqué avec le nitrate d'argent, a fait ce signe deux travers de doigt au-dessus de l'ombilic. C'est ce qui l'a porté à admettre la présentation du siège.
Toucher. — M. Blot, qui l'a pratiqué le premier, a trouvé le col assez dilaté pour le franchir et sentir une partie fœtale élevée qui faisait l'effet du siège. Voyant que j'insistais pour une présentation du sommet, il est revenu au toucher, et pour le faciliter j'ai relevé le ventre; cette fois il a en effet senti la tête. J'ai touché à mon tour et un autre après moi, et en effet nous avons reconnu parfaitement le sommet.
Le col est en partie effacé et entr'ouvert; il est mou et déchiqueté ; on ne peut pas atteindre le promontoire. Cette femme a cependant des contractions douloureuses.
Cette femme a accouché. Voici son bulletin :
Entrée à l'établissement le 3 mai 1855; dans la salle d'accouchement le 6, à 5 h. du matin: 32 ans: brossière. Constitution et conformation bonnes. Accouchements antérieurs, deux jumeaux à 7 mois et deux filles à terme. Réglée à 1 1 ans, 5 jours régulièrement; dernières règles le 6 août 1854 ; 9 mois, accidents nuls. Premières douleurs, 5 mai, à minuit. Rupture des membrai es à G h. 3 0 m. , dilatation complète, id. ; accouchement, 6 mai, à 6 h. 45 m. du matin; 5-ommet en occipito-iliaque gauche antérieure. Durée totale du travail, 6 h. 45 m. Délivrance naturelle ; fille; 3000 gr. ; longueur, 0,49.
Cette femme paraît avoir perdu beaucoup de sang avant d'accoucher; on a remarqué que l'ouverture de l'œuf avant la délivrance était près du bord du placenta, et l'on a trouvé des caillots sur le placenta : preuve que le placenta était inséré près de l'orifice et qu'il s'est décollé pendant le travail. La présence du placenta a contribué sans doute ici à tenir la tête élevée.
Chez cette femme, la rupture des membranes a été faite artificiellement à 6 h. 30 m. du matin, et malgré cela l'hémorrhagie a continué, mais moindre jusqu'à la fin de l'accouchement.
Obs. LXV. — Femme Pettier, palp. le 6 mai, à 1 0 h. du matin. 11 y a ici quelque chose d'insolite qui me lait croiie à une grossesse double. La femme est à son huitième mois; elle n'a pas un gros ventre, et il n'est pas bien tendu. Voici ce que je trouve :
En haut et un peu à gauche, il y a comme une espèce de saillie formée par une partie de l'utérus, et dans cette saillie se trouvent des tumeurs mo- ))iles qui me font l'effet d'être les pieds. Derrière cette saillie, et toujours
hSll OBSERVATIONS.
à gauche, je trouve une tumeur qui se continue en bas, et qui, par l'étendue, la densité et la courbure, m'indique que c'est le dos. Une sensation absolument semblable m'est offerte par le segment droit de l'utérus, d'oij je conclus qu'il y a deux troncs.
L'examen du détroit supérieur offre au palper une tumeur à droite qui donne tous les caractères de la tête. A gauche, la main n'atteint pas de tumeur assez marquée pour que je me prononce, mais je suis convaincu d'avoir trouvé deux foetus, dont l'un a le sommet en bas, l'autre peut avoir déjà la tête dans l'excavation, mais elle n'est pas en haut. J'ai fait part de ce que je venais de trouver à la femme et à quelques élèves , entre autres à l'élève particulier de M. Dubois.
Cette femme a accouché en effet de deux jumeaux. Voici son bulletin :
Entrée à l'hôpital le 4 mai, à 1 0 h. 1 5 m. du soir; dans la salle d'accouchement, à 6 h. 30 m. du soir, le 8 mai. Culotlière. Constitution et conformation bonnes. Elle a déjà eu une fausse couche à 4 mois. Réglée à 1 7 ans, réguUèrement pendant 8 jours, elle n'a pas revu ses règles depuis sa fausse couche, qui a eu lieu le 24 août I 854 ; elle n'a eu de rapports avec le père de son enfant que 15 jours après, c'est-à-dire le 13 septembre. Grossesse, 7 mois 1/2 ; première douleur à 6 h. du soir, le 8 mai ; accouchement le 8, à 9 heures du soir; deux jumeaux, présentation du sommet pour les deux en occipito-iliaque gauche antérieure. Durée du travail, 3 h. 20 m. Délivrance naturelle. Deux garçons, l'un pesant 1700, l'autre 2000 gr. ; longueur, 0,42 pour l'un, 0,44 pour l'autre.
Cette femme est très bien le 9 et le 10. Le 1 1 et les jours suivants se passent sans fièvre de lait.
Chez cette femmC; il y a eu de remarquable que le placenta, le chorion et la caduque sont communs, les amnios seuls sont séparés. Les deux amnios ont pu être isolés l'un de l'autre et isolés du chorion. Les deux cordons s'insèrent sur deux points opposés du placenta; l'un d'eux a ses vaisseaux isolés et confondus avec la paroi de l'œuf avant de pénétrer dans le placenta. M. Blot ayant fait une injection dans les deux cordons , on a vu les artères d'un cordon communiquer entre elles avant d'arriver dans le placenta, et les artères d'un cordon s'anastomoser avec celles du cordon opposé sur la surface même du placenta.
Obs. LXVL — Femme Flambât; palp. le 11 mai, à 5 h. du soir; occipito-iliaque gauche antérieure. Je ne puis sentir que le tronc. La tête est peut-être engagée, ou à cause de sa petitesse est trop en arrière pour être atteinte. Chez cette femme il y a eu six grossesses, toujours avant terme. A la première et à celle-ci elle a perdu les eaux avant de souffrir.
Bulleliii. — Entrée à l'établissement le 1 I mai, à 9 h. du matin; salle d'accouchement, 4 h. après midi. 22 ans. Sellière. Santé et conformation bonnes. Un premier accouchement à 6 mois, deux à 7 mois, et un à 8 mois. Réglée à 11 ans, régulièrement; dernières règles, le 8 octobre 1854. Grossesse de 7 mois. Accidents nuls. Premières douleurs le 1 1 mai à 2 h. après midi. Rupture des membranes le 10 mai, à 11 h. du soir. Dilatation complète, le 1 1 mai, 6 h. 30 m. du soir. Accouchement à 7 h. 30 m. du soir; sommet en occipito-iliaque gauche antérieure. Durée du
— UBSEKVATIOAS. 485
travail, 4 h. 30 m. Délivrance naturelle. Fille pesant 1300 gr.: longueur, 38 cent.
Cette femme a probablement des tubercules pulmonaires ; elle a craché du sang, et son mari a la poitrine très faible et tousse constamment.
Obs. LXVII. — Marianne Laparra, iloriste, native du Finistère, habitant Paris depuis six ans. Agée de trente-six ans: tempérament lymphatique nerveux; elle est fort inteUigente.
Réglée à seize ans, elle a continué de Têtre, avançant tous les mois de quelques jours; elle voit pendant quatre à cinq jours et assez abondamment. La menstruation était douloureuse avant le mariage, qui a eu lieu à dixneuf ans ; mais depuis qu'elle est restée enceinte la première fois, elle n'a plus souffert; elle a eu avec celle-ci quatorze grossesses avec des particularités remarquables pour la différence entre la présentation des pieds et celle de la tête.
1'''= grossesse — Après six semaines de mariage, avortement : après cela elle n'a eu qu'une fois ses règles , et puis elle est encore devenue enceinte.
2® grossesse. — Vomissements dans les premiers mois. Accouchement après quatre heures de travail, garçon à terme, un peu faible ; neuf jours au lit; elle n'allaite pas, faute de lait. Après cet accouchement, elle a deux ans de vacuité.
3^ grossesse. — Pas de vomissements, aucun accident; elle accouche à terme d'une fille après une heure de travail. Cet enfant, comme le précédent, s'est présenté par le sommet. Elle reste huit jours au lit et n'a pas non plus de lait; elle a neuf mois de vacuité.
4^ grossesse. — Avortement à trois mois sans cause appréciable ; elle a quatre mois de vacuité.
5^ grossesse. — Elle a souffert pendant loute la grossesse de douleurs au bas-ventre. Les mouvements de son enfant, au lieu de se faire en haut comme dans les grossesses précédentes, se font en bas et sont douloureux. Ces souffrances augmentaient avec la grossesse et remp:chaient de travailler; envies fréquentes d'uriner. Elle accouche d'une fille après vingtquatre heures de travail. On est obligé de l'aider avec les mains; présent. par les pieds et dans une mort apparente ; enf. chétif, mais cependant elle a vécu. La femme reste neuf mois au lit; elle n'a pas de lait; suite de couches graves. Depuis ce moment elle n'a plus revu ses règles; malgré cela, elle redevient enceinte et après onze mois.
6^ grossesse. — Elle souffre encore beaucoup et de la même manière que pour la précédente; elle est obligée de rester sept mois au lit. A huit mois et demi elle accouche d'un garçon faible qui est venu aussi par les pieds et qui a vécu sept jours. Cette fois ci elle n'a souffert que pendant huit heures de travail et s'est levée au bout de huit jours. Après, un an de vacuité.
7* grossesse. — Fausse couche à trois mois. Trois mois de vacuité, puis :
8^ grossesse. — Elle souffre comme dans les dernières grossesses, ce qui lui fait dire à l'avance que l'enfant vient encore comme dans ces
grossesses, les pieds en avant. Après douze heures de travail elle accouche à terme d'un garçon assez fort, qui meurt en naissant. Cet enfant était, en effet, venu par les pieds, comme elle l'avait dit. Après être restée au lit quinze jours elle se lève, mais elle n"a pas de lait. Quatre mois de vacuité, puis :
9^ grossesse. — Elle souffre encore beaucoup pendant sa grossesse et comme lorsque ses enfants viennent par les pieds, ce qui lui fait prédire cette présentation. Au neuvième mois elle accouche d'une fille faible qui a vécu trois jours. Trois mois de vacuité, puis :
1 0*' grossesse. — Cette fois-ci elle a bien supporté sa grossesse comme dans celles où il y avait une présentation du sommet ; aussi elle prédit une bonne présentation. Au neuvième mois elle fait un garçon de grandeur moyenne qui vient en effet la tête en avant. Elle a un travail de huit heures, se lève après cinq jours, et elle commence à avoir du lait. Après deux nns de vacuité :
'11^ grossesse. — Elle ne souffre pas et prévoit la présentation du sommet; elle accouche en deux heures de temps à terme d'un garçon qu'elle a allaité quatorze mois. Après treize mois de vacuité :
12^ grossesse. — Elle souffre comme lorsqu'il y a eu une présentation des pieds. A cinq mois et demi elle a une hémorrhagie et est menacée d'un avorlement; elle va cependant à terme, et , après huit heures de travail , accouche d'un garçon qui vient par les pieds. Il est faible et meurt au bout de neuf jours. Après six mois de vacuité :
13- grossesse. — Mêmes douleurs que lorsque l'enfant vient par les pieds; et à six mois, étant prise d'hémorrhagie, elle finit par avortpr d'un enfant qui vient par les pieds. Après neuf mois de vacuité, grossesse pour laquelle elle entre à l'hôpital.
Cette femme entre le 1 6 mai avec tous les symptômes d'une menace davortement ; elle n'est enceinte que de sept mois. Repos au lit, lavements laudanisés matin et soir. Le 17 mai elle va mieux, Ihémorrhagie s'est arrêtée: les Jours suivants, cependant, ces moyens, quoique continués, l'hémorrhagie et les douleurs ont repris. Le 2^2, j'ai bien examiné cette femme au palper, et, malgré la petitesse du fœtus, j'ai cru reconnaître une présentation du siège telle que la prédisait la femme. On sent àjdroite de l'utérus une tumeur ronde en haut, elle est docile au ballottement simple ; plus bas est une autre tumeur plus allongée qui se perd en pénétrant sur le détroit et qui me fait l'effet du tronc. L'auscultation trouve le maximum des pulsations sur cette dernière et non sur celle d'en haut: aussi j'imprime au fœtus des mouvements de version. Je pousse la tumeur supérieure en dedans et tout à fait à gauche, et pour faciliter ce mouvement, je fais coucher hi femme sur le côté
Après cette manœuvre, qui n'est nullement douloureuse, je fais coucher une autre fois la femme sur le dos, et les rapports du fœtus avaient chiingé. Cette femme, qui avait souffert jusqu'alors, n'a plus souffert le 22, ni la nuit suivante, ni le 23 au matin, de sorte qu'on aurait pu espérer une suspension du travail ; mais le 24 elle a encore commencé a souffrir et le travail s'est déclaré. Le 28, la femme a accouché, et le bul-
OBSERVATIOINS. AS?
lolin porte une présentation du sommet. II faut savoir qu'à pareil jour elle devait avoir ses règles.
Obs. LXVill. — La nommée Lafaye (née Harnatigue), d'une constitution un peu grêle, mais assez saine, entre à la Clinique d'après le conseil qu'on lui a donné pour y faire prématurément ses couches.
Cette femme, âgée de vingt-sept ans, d'une taille de i ,43, offre tous les caractères d'une femme rachilique. Elle a eu une première grossesse pendant qu'elle était à Toulouse, et après trente heures de travail elle a été délivrée par M. Dieulafoi. D'après ce qu'elle dit, on aurait employé le céphalotribe et peut-être le perforateur; elle a eu trois mois de maladie après ses couches.
Elle a eu ses dernières règles le 20 septembre 1854 et se serait exposée à devenir enceinte du 20 au 30 septembre, de sorte qu'elle est à son septième mois. La déformation de ses membres inférieurs et les résultats de son premier accouchement faisaient déjà présumer un vice de conformation du bassin, et la mensuration digitale a trouvé en effet que le diamètre antéro -postérieur est de 8 centimètres sans déduction. M. Dubois avait déjà décidé la provocation de l'accouchement prématuré artificiel par les douches, lorsqu'ayant dû s'absenter, il a été remplacé par M. Depaul, qui a dirigé le travail.
Le 1 5 mai, j'ai examiné cette femme au palper et j'ai constaté que l'enfant, très mobile, se présentait par le siège (sacro -iliaque gauche antérieure), et que la tête était dans l'hypochondre droit. J'ai fait immédiatement la version, ce qui était facile, et j'ai ramené la tête sur le détroit en occipito-iliaque gauche antérieure Cette présentation s'est maintenue le 1 6 et le 1 7, mais le 1 8 au malin la tête était déplacée et tendait à remonter encore vers l'hypochondre droit. Après avoir fait constater ce fait par un élève, je m'en suis servi d'aide pour refaire la version, et nous avons ramené la tête en bas et un peu à gauche. Ce jour même on a commencé les douches, et MM. Depaul et Blot ont pu s'assurer par le toucher que la tête était en effet sur le détroit. Les douches , répétées matin et soir pendant dix à quinze minutes , ont bientôt réveillé les contractions , et le 20 le travail commence à être bien établi. Le 21 , au matin, les douleurs sont vives, le col, qui était déjà effacé avant les douches sans être dilaté, commence à s'entr'ouvrir ; mais on sent que sa dilatation est arrêtée par des brides "cicatricielles -."M. Depaul fait de petites incisions, et la dilatatioii marche aussitôt avec plus d activité. On nriodère la douleur des contractions par le chloroforme sans aller jusqu'à l'insensibilité. A dix heures du malin il y a une dilatation de 5 centimètres, la poche des eaux est allongée, les contractions reviennent toutes les deux minutes. L'inhalation, qui soulage beaucoup la femme, ne change pas la période des contractions. On suspend l'inhalation après trois quarts d'heure pour la reprendre à diverses reprises à la demande de la femme, et sans qu'elle perde connaissance. A midi et demi, les pulsations du cœur de l'enfant sont à l'état normal. M. Depaul rompt les membranes à une heure un quart pendant que je maintiens la tête et le tronc de l'enfant en première position. A trois heures vingt minutes M. Depaul, voyant que la tête ne s'engageait pas encore dans
A88 OBSERVA nOi>S.
le détroit, t'ait une application de forceps. Léthérisation ici a été poussée jusqu'à l'insensibilité sans arriver jusqu'à la résolution complète. Les tractions ont exigé un peu de force et de persistance, mais enfin l'enfant a été amené vivant. Il est plus fort qu'à sept mois; il offre un enfoncement à la tempe gauche, qui n'est pas le résultat du forceps, mais très probablement du promontoire. La respiration, quoique rétablie, se ralentit cependant de temps à autre, et l'on est obligé d'exercer des frictions, des secousses, etc. Malgré cela l'enfant est mort dans la soirée, et à l'autopsie on a trouvé une fracture de l'apophyse orbitaire du frontal du côté gauche, avec affaissement de l'os malaire et de l'angle antéro-inférieur du pariétal du même côté.
La femme a bien supporté l'opération ; pas de vomissements , pas do céphalalgie.
Le 22, la femme est assez bien. Julep diacodé, 2 pilules opiacées, bouillon.
Le 23, on suspend le julep, et la femme a continué à bien aller, le pouls n'a pas dépassé 128 pulsations; rien du côté du ventre, qui est resté souple La sécrétion laiteuse a paru le 24 , et tout paraissait aller bien, lorsque le 26 des symptômes de manie se sont déclarés, et ils sont allés en augmentant. Le 27 elle sort de l'hôpital. Nous avons appris que cette femme, après avoir eu du mieux pendant qu'elle est restée quelques jours chez elle, a été enfin obligée d'aller à l'hôpital Necker, où elle est morte.
Obs. LXTX. — Femme Pilon (mariée Laniane); diagn. palp. le 23 mai, occipito-iliaque gauche antérieure ; grossesse qui n'est pas à terme ; rupt. artif. à 9 h.; pendant que je tenais la tête et le siège, Al. Depaul a percé les membranes. On a attendu jusqu'à 1 h. 30 m. après midi pour voir si l'engagement se ferait; et comme le diamètre antérieur postérieur n'est que de 8 centimètres et que l'engagement ne se fait pas, on fait l'application du forceps. Difficultés, l'enfant a vécu quelques heures seulement. Cette femme a pourtant les jambes droites et non rachitiques; elle est de taille un peu petite et a les bras aussi un peu grêles, mais elle ne porte pas les marques du rachitisme. — Bulletin. — Entrée dans l'établissement le 22 mai 1855, à 11 h. 30 m. du soir ; dans la salle ace. même heure ; vingt -huit ans. couturière; constitution médiocre, bassin vicié; diamètre sacro-pub., 84 millimètres; une fausse couche et un accouchement à terme qui a nécessité la détroncation ; réglée à dix-sept ans régulièrement jusqu'à sa fausse couche, et irrégulièrement après; dernières règles le 2 juin, huit mois de grossesse; malaises, marche pénible, rares vomissements ; premières douleurs le 22 mai à 2 h. après midi ; rupture des membranes le 23 mai à 9 h. du matin; dilatation complète , même heure; accouchement le 23 à 2 h. par le forceps, sommet occipito-iliaque gauche antérieure; durée du travail, 24 h., délivrance naturelle 20 minutes après; garçon faible pesant 2100 gr.; longueur totale, 44; du sommet à l'ombilic, 23 ; diamètre occ. -front., 11; occ.-ment., 13; bipar., 9 ; sous occ. bregm.. 9.
Cet enfant est mort au bout de quelques heures.
Obs, LXX. — Femme Marguerite Guyar; diag. palp. le 26 mai à
^ OBSEKVATIONS. Zl89
8 h. 10 ni., occipito-iliaque gauche antérieure. Je sens le tronc à gauche, recourbé en bas et un peu en arrière. La tête est très sensible dans la fosse iliaque droite, sur le rebord du détroit. C'est par conséquent une présentation du sommet bien fléchi, de manière à offrir l'occiput probablement près du centre du détroit. — Bulletin. — Entrée dans l'établissement le 24 mai à 1 0 h. du soir , dans la salle le 26 mai à 7 h. du soir ; quarante et un ans, domestique; conformation et constitution bonnes; ace. ant. à terme, une fille. Réglée à dix-sept ans, huit jours régulièrement; dernières règles, août; à terme; accidents, nuls; premières douleurs le 26 mai à 7 h. du matin, rupture des membranes le 26 mai à 9 h. du soir; dilatation complète inconnue; accouchement le 27 mai à 4 h. du matin, sommet occipito-iliaque gauche antérieure, 16 h, de travail, délivrance naturelle, fille pesant 4000 gr.; longueur, 53 centimètres.
Obs. LXXI. — Femme Maréchal Bullet, entrée dans l'établissement le 24 mai 1 855 à 8 h. du matin, dans la salle d'accouchement le 25 mai à 4 h. 30 m. du soir; quarante ans, brunisseuse ; constitution et conformation bonnes; elle a eu douze accouchements à terme, onze garçons et une fille. Réglée à quatorze ans et demi, un jour par mois ; dernières règles (époque présumée, quatre mois) inconnues, parce qu'elle nourrissait encore à l'époque de la grossesse actuelle. Elle a eu de grands saignements de nez pendant la grossesse; rupture des membranes à 4 h. du soir le 22 mai, dilatation complète le 23 à 5 h. du soir; ace. le 25 mai à 5 h. du soir, présent, par les pieds; travail, 72 h., délivrance naturelle, fille morte putréfiée.
Cette femme offre de l'intérêt parce qu'ayant fait des enfants en présentation du sommet et du siège, elle a pu en reconnaître la différence. Les onze premiers garçons sont tous venus par la tête, elle n'a guère souffert, n'a pas cessé de travailler, et se faisait saigner plutôt par précaution que par besoin. Au douzième accouchement d'une fille, elle a souffert pendant toute la grossesse; elle souffrait du bas-ventre au point d'être obligée de le serrer avec les mains, elle n'a même pas pu continuer son travail ; elle avait souvent des envies fréquentes d'uriner pendant presque toute la grossesse; elle a eu alors accouch. par les pieds, et quoique d'après son compte elle fût à terme, sa fille était bien plus faible que le garçon , car elle ne pesait que 3 livres ; elle est morte à quinze mois. Pour la grossesse actuelle elle a souffert encore comme pour la dernière, c'est-à-dire douleur au bas-ventre et surtout un peu à droite. Pour sa première fille, outre la douleur constante, elle avait des douleurs très vives pendant que l'enfant faisait des mouvements; pour celle-ci, elle a souffert, mais elle n'a pas senti remuer. Dansl'autre ffrossesse aussi les mouvements actifs douloureuxont été tardifs.
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Obs. LXXn. — Femme Lacorbière, diagn. palp. le 28 mai, occipitoiliaque gauche antérieure. Cette femme a été examinée au toucher par M. Blot, qui, n'ayant rien trouvé, a exercé le palper et l'auscultation sans rien dire. J'ai palpé la femme après, et j'ai trouvé la tête en bas, très apparente vers la fosse iliaque droite. Le tronc, fortement recourbé à gauche, occupe tout le segment de l'utérus de ce côté. J'ai donc indiqué la présen-
tadon et la position à M. Biot en indiquant du doigt le point où il avait dû trouver le maximum des pulsations du cœur. Il m'a demandé pourquoi je trouvais la tête dirigée vers la fosse iliaque droite, et j'ai répondu qu'un vice de conformation ou le placenta à gauche pouvaient l'expliquer. Il a cru au contraire que c'était la vessie distendue; mais le 30 je trouve encore la tête au même point sans quMl y ait distension delà vessie.
Obs. LXXTII. — Femme Cobrat, entrée le ^6 mai, croyant être à terme et souffrant. Palp. le 27 mai , occipito-iliaque gauche antérieure. Cette femme porte un bouton suspect à la cuisse gauche. — Bulletin — Entrée dans l'étabHssement le 26 mai 1 855, dans la salle le 1 3 juin ; vingt-quatre ans; femme de chambre, constitution et conformation bonnes; déjà mère d'une fille à terme; réglée à onze ans, sept jours régulièrement ; dernières règles le 4 ou 5 septembre I 8o-i; à terme ; accidents, diarrhée (avant d'entrer àlhôpital); premières douleurs le 13 juin 1855 à M h. du matin; rupture des membranes le 13 à 5 h. du soir; dilatation complète le i 3 à 4 h. 30 m. du soir; ace. à 5 h. 30 m du soir, sommet occipito-iliaque gauche antérieure; duréedu travail, 6h. 30 m., délivrance naturelle, une fille pesant 2900 gr.; longueur. 0,46.
Obs. LXXIV. — Amélie Enfaiit, entrée le 27 mai pour une maladie typh. dout. avec grossesse de huit mois. Exam. palp le 5 juin, occipito-iliaque droite postérieure. Elle croit avoir eu ses règles vers le commencement du mois de septembre. Cette femme, quoique jeune, est devenue grise presque complètement depuis qu'elle est devenue enceinte ; elle a des taches larges sur tout le corps, ou dirait du pityriasis ou taches hépatiques. Le 1 8 juin j'ai trouvé que la position a changé en occipito-iliaque gauche antérieure. — Bulletin. — Entrée dans l'hôpital le 28 mai 1855, dans la salle d'accouchement le 21 juin, à midi; dix-neuf ans, couturière; constitution et conformation bonnes; primipare. Réglée à quinze ans, quatre à cinq jours par mois; dernières règles vers le 15 septembre 1854 ; à terme; accidents nuls; premières douleurs le 20 juin à minuit, rupture des membranes à 1 I h. du soir le 20 juin ; dilatation complète à 2 h. 30 m. du soir le 21, sommet occipito-iliaque gauche antérieure; ace. à 3 h. 5 m. le 21 juin ; durée du travail, 1 5 h, 30 m., délivrance artificielle à 3 h. 45 m. le 21 juin. Vers les premiers mois de la grossesse, les cheveux de cette femme ont blanchi, elle présente encore des taches de vitiligo au cou et dans différents points du corps, qui sont survenues aussi dès les premiers temps de la grossesse.
Obs. LXXV. — Femme Leproveau (mariée Courtoi), du département de la Manche. habilantParisdepuisseptmois,ruede Montmorency, 51 ; palp. le 7 juin a 4 h. du soir, occipito-iliaque gauche antérieure; à 4 h. 15 m. toucher, tête dans l'excavation occipito-antérieure élevée : c'est la font, antérieure à droite et en arrière. La femme n'a que des douleurs de bas-ventre, pas dans les reins, le travail dure depuis hier; toujours la douleur du bas-venire, pas aux reins; cependant la femme ne se plaint pas. La tête a dépassé le col, ruj^ture des membranes a 4 h. 30 m. ; les douleurs sont à la période de 4 m. jusqu'après la rupture des membranes; alors elles
^ OBSERVATIONS. /i9l
sont venues à 2 m. Celte femme a des douleurs depuis 1 0 h. — Bulletin que j'ai fait moi-même. — Entrée dans la maison le 6 juin 1855 à il h. 30 m. du malin ; elle est resté dans les salles jusqu'à 4 h. du soir. Vingtcinq ans, couturière pour habils d'homme; conslitution un peu ^rêle, tempérament lymphalique, conformation bonne Un garçon el une fille à terme dont elle a accouché sans plus souffrir que pour celui-ci Menslruée à quinze ans légulièrement pendant trois jours abondamment el sans avoir de douleurs avant, pendant ni après les règles; dernières règles inconnues, mais se croit à terme. Son mari, qui aurait marqué l'époque des dernières règles, lui a dit qu'elle a dépassé le terme de huit jours; pendant la grossesse, nausées sans von)issenienls , douleurs aux reins pendant les cinq premiers mois, souvent desselles diarrhéiques; premières douleurs le '> juin à 10 h. du soir, mais légères et rares; elles ont commencé et continué au bas-ventre, et non ailleurs ; rupture artificielle des membranes le 7 juin à 4 h. 30 m. du soir; dilatation complète de l'orifice inconnue. La tête est dans le vagin, encore recouverte desmembranes ; ace. le 7 jumà 4 h. 35 m. du soir sans se plaindre et sans faire d effort apparent, sommet occipitoiliaque gauche antérieure; durée du travail, 16 h. 30 m.; délivrance naturelle, une fille un peu faible, mais vivace; poids, 2900 gr.; longueur totale, 0.46 ; du sommet à l'ombilic. 0,26 ; diamètre occip. -frontal, 0,1 I ; occ.-ment., 0,1 25 ; bipariét., 0 095; sous-occ. bregm., 0,10.
Malgré la longueur apparente du travail, cette femme n'a pas souffert, elle ne s'est pas plainte, elle n'a pas poussé un seul cri, et lenfant est sorti presque à l'improviste. Cette femme n'a pas eu de maux de leins pendant toute la durée du travail, elle n'a eu que des douleurs légères du basventre venant exactement chaque 4 m. avant la rupture des membranes, et toutes les 2 m. après cette rupture, jusqu'à la contraction qui a déterminé la sortie du fœtus.
Le femme est très bien le 8. La matrice est très bien revenue sur ellemême sans tranchées; elle est dure, pas sensible à la pression, elle ne dépasse le pubis que de quatre travers de doigt ; ses seins, souples, ont du lait clair. Le 9, pas de fièvre le matin ; le soir, elle dit avoir eu de légers frissons et les seins sont plus volumineux. Le lO, il n'y a pas de ciialeur à la peau, le pouls n'est pas plus fréquent, la malade demande à manger: je ne sais trop pourquoi on la laisse au bouillon. Le 11, elle est tout à fait bien et demande à manger ou à s'en aller. Cette femme îi'a allaité son enfant que le 9 au soir, c'est-à-dire avant les légers frissons indiqués. La femme a dû passer la nuit assise sur son lit pour essayer d'allaiter son enfant, et c'est seulement après tout cela qu'elle a dit avoir eu les frissons légers dont elle parle. Le 1 1 , elle se lève dans le cours de la journée ; le 1 2, elle est très bien.
Cette femme sort le 1 4 juin, très bien rétablie.
Il y a à côté d'elle une autre femme qui, malgré les trois heures de pro dromes d'un accouchement, n'est pas venue à l'hôpital parce qu'elle était très voisine; mais les douleurs fortes l'ayant prise dans la rue, elle a dû s'y accroupir et accoucher. Elle n'a pas plus eu de fièvre de lait que la précédente.
il9'2 OBSERVATIONS.
Obs. LXXVl. — Auge, palp. le 9 juin à 9 li. du matin, occ .-iliaque droite antérieure. — Bulletin. — Entrée dans l'établissement le 8 juin 1855 àl I h. 30 m. du soir ; entrée dans la salle, 1 0 juin I 855 à 7 h. du matin. Dix-neuf ans, domestique; constitution et conformation bonnes, primipare. Menstruation à quinze ans, cinq jours par mois ; dernières règles, du 25 au 30 août; à terme, nausées; premières douleurs le 8 juin à 9 h. du soir, rupture des membranes le 10 juin à 7 h. du malin; dilatation complète à 7 h. du matin, ace. à 10 h. 10 m. du matin le 10 juin, sommet occipitoiliaque droit antérieure, 10 h. de travail , délivrance naturelle , une fille; poids, 2770 gr.; longueur, 0,47.
Obs. LXXVIl. — Rose Biaise, palp. le 1 1 juin, à 3 h. du soir, la tête est dans l'excavation occipito-iliaque gauche antérieure. Le tronc est presque transversal; à 1 h. 50 m., la poche s'est rompue spontanément, et les élèves n'ont pu déterminer par le toucher la partie qui se présente. Cette femme se promène, elle n'a qu3 des douleurs au bas-ventre, pas aux reins; le travail marche lentement, et cependant avec progrès. La période est de 4 m. 30 s., assez exacte lorsqu'elle vient, mais parfois elle vient chaque 2 m. 1/2. et la femme étant couchée , elle s'est même plus éloignée. Cette femme prouve que si les contractions ne sont pas fortes, on peut pratiquer le palper pendant tout le travail. Lorsqu'elle s'est couchée, les contractions sont restées quatre périodes sans venir, puis elles ont repris à 4 m. 1/2. Elle remarque que lorsqu'elle est couchée sur le dos, la douleur de reins est sensible et même forte, tandis qu'elle ne la sentait pas lorsqu'elle était debout.
Obs. LXXVIIL — Femme Pétronille, enceinte de sept mois, domestique, entrée à l'hôpital le 26 juillet parce qu elle éprouve à l'hypogaslre un sentiment de poids douloureux ; les mouvements de son enfant, qu'elle sent au bas du ventre, lui donnent chaque fois des maux de cœur et des envies fréquentes duriner. Elle n'a rien senti de semblable dans une première grossesse qui est arrivée à terme et où l'accouchement a été prompt, peu douloureux, et où il y avait une présentation du sommet. Le repos au lit depuis son entrée à la Clinique fait qu'elle est déjà mieux , mais les mouvements sont toujours au bas-ventre. Le 3 juillet j'ai examiné celle femme au palper, et j'ai reconnu une présentation du siège sacro iliaque gauche antérieure. Sans rien dire j"ai prié un des élèves présents de constater la présentation par le palper, et il a reconnu s. -il. g. a ; nous lavons vérifiée par l'auscultation , et après cela j'ai fait la version. L'opération n'a pas duré dix secondes ; elle était achevée sans que la femme et les assistants s'en fussent doutés. Les élèves ont vérifié le changement de place du fœtus par le palper et Lauscultalion, et se sont assurés que la version avait eu lieu, o.-il. d. p. La femme, qui avait toujours senti les mouvements en bas pendant les journées du 4 et du 5, les sent en haut ; la version se maintient. Se trouvant soulagée les jours suivants, elle quitte la salle le 7 juillet pour monter au dortoir.
Fin.
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