‹ Essai sur l'accouchement physiologiqueChapitre 83 sur 84 · C. clos. 11 58 1 r. > b.-v. r · texte numérisé non relu

C. clos. 11 58 1 r. > b.-v. r

(') La douleur des reins est permanente et légère, et s'accroît lorsque celle du bas-ventre arrive. Ces maux de reins deviennent horizontaux à la base du sacrum ; ils étaient plus haut les jours derniers.

('*) La douleur du bas-ventre est à gauche bien plus qu'à droite.

Dans l'intervalle des douleurs, je palpe le ventre, et je trouve le siège de l'enfant en haut et sur la ligne médiane, le tronc à droite, offrant le côté droit , la tête au détroit supérieur et très apparente à gauche. Les douleurs continuent, mais légères. Je touche la femme à 1 h., et je trouve le col fort épais : il n'est pas assez dilaté pour permettre l'introduction du doigt; il n'est pas encore effacé; il est long, et l'utérus dans les environs est tellement é|)ais, que c'est à peine si Ion sent un corps dur. Par le toucher seul on ne pourrait môme pas reconnaître très bien si c'est une présentation du sommet. Ce travail sera long, et qui sait même s'il est un véritable travail?

11 h. lik m.

durée 1

Elle dit que les douleurs du bas-venlre sont plus fortes à ^auche et debout que couchée. En pratiquant le toucher, je suis obligé d'aller chercher le col à gauche et en arrière, ce qui indique très bien les douleurs du bas-ventre dont elle a précisé le siège. Comme la tête était plus apparente à gauche au palper et que le col est aussi dirigé fortement de ce côté, je fais coucher la femme sur le côté gauche, afin de ramener la tête et le' col à l'axe du détroit. C'est sans doute à cette résistance de l'utérus et du col qu'est dû le non-engagement de la tête dans le détroit. Couchée sur ce côté, la période se fait de cinq m.inutes, les douleurs des reins deviennent de plus en plus rares et je laisse la femme à 2 heures. Mes prévisions se sont avérées : le travail s'est complètement suspendu, bien que les douleurs fussent bien périodiques et accompagnées de contraction utérine sensible à l'œil et la main. Je dirai même que la période de 4 m. était bien courte, trop courte même pour commencer: mais ce qui était si-^nificatif, c'était l'état du segment inférieur. Il est difficile de s'exphquer cet état pour une grossese aussi avancée; serait-ce l'état sédentaire dans lequel a vécu la femme pour cacher sa grossesse? Serait-ce parce qu'elle a fortement serré son ventre pendant que le segment inférieur était resserré et que ne s'étant plus serrée dans les trois derniers mois, l'utérus s'est alors dilaté en haut ? Ce qu'il y a de positif c'est que le ventre de cette femme a pris, dans les derniers temps de la grossesse, un développement considérable et prompt. On pourrait se demander si la position du col fortement portée en arrière et en haut ne serait pas cause du retard de son effacement; mais alors les douleurs auraient dû augmenter lorsque la fenmie, couchée sur le côté gauche, faisait porter le poids du fœtus sur l'axe du col, tandis que les douleurs ont alors cessé complètement. Ce fait est même di^^ne de remarque, et ce n'est pas la première fois que je l'ai observé. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est le motif pour lequel le fœtus reste de préférence dans la position occipito-iliaque droite. Si nous ne pensions pas que les chant^ements de positions ôtant la pression mécanique des points fixes oi^i elle peut se faire pour la porter tantôt sur un point tantôt sur un autre, allongeraient la dilatation du col et du segment inférieur utérin ; si nous ne pensions pas cela, nous aurions encore opéré la rotation. La tête est toujours assez élevée pour cela, et si la femme n'avait pas tous les signes rationnels d'un large bassin, je dirais qu'il est étroit ou oblique.

Le 30 octobre, elle sent une douleur presque constante au bas- ventre allant du pubis au sacrum, mais toujours sur le côté gauche.

Le 1"' novembre, cette femme a eu un fort chagrin qui l'a fait pleurer beaucoup et, chose curieuse, la nuit, ne pouvant pas reposer, elle a senti elle-même que son enfant s'est placé autrement qu'il n'était les jours derniers. Le 2, au matin, j'ai examiné cette femme au palper et à l'auscultation, et j'ai trouvé le dos tourné à gauche, faisant, un arc à concavité à droite; les pieds frappent indistinctement à droite et latéralement. Le maximum des pulsations cardiaques est à gauche et en bas.

Cette rotation spontanée prouve, comme nous l'avions dit, l'amplitude de la cav.té utérme et la contraction de l'utérus, par suite du chagrin ; car on ne peut guère attribuer cette rotation à une autre cause. On° pourrait

même supposer que celte rotation tient, à une contraction partielle de l'utérus. Ce matin, cluique mouvement un peu fort du fœtus est accompagné de contractions douloureuses ; elle sent que le fœtus pousse au basventre, mais elle n'y éprouve pas de douleur ; la douleur pendant la contraction commence et finit aux reins. Ces contractions douloureuses sont rares, mais plus fortes que les douleurs des jours derniers (la période semblerait s'établir à 7 m.). La malade s'est bien trouvée dans les jours suivants ; elle était même plus soulagée; ses jambes se sont désenflées; son ventre a baissé. A la visite du matin du 8, elle n'annonce rien : ce qui prouve qu'il n'y avait rien de saillant; mais dans la journée, elle a eu de petites douleurs au bas-ventre et pas aux reins. C'est à 5 heures après midi, après avoir mangé la soupe, qu'une douleur forte au bas-ventre est venue et lui a fait sortir des mucosités filantes assez denses. Il y a trois à quatre jours du reste qu'elle perd de ces mucosités et en plus grande abondance que lorsqu'elle eut ce faux travail. Depuis ce moment, les douleurs paraissent avoir continué toujours avec sortie de ces mucosités, mais .pas en assez grande abondance pour être les eaux. Nous voyons la femme à 6 h. 30 m. du soir: elle est debout et se promène. Les douleurs qu'elle a ressenties ont presque eu pour siège exclusif le bas-ventre. Elle ne sentirait pas son enfant depuis aujourd'hui

durée 1 m. com. , *' *, <■ vont b.-v.= fin. r.(*).

(*) Elle fait à chaque douleur des glaires filantes. Elle a eu hier une douleur dans la cuisse gauche qui avait disparu aujourd'hui et qui a paru plus forte ce soir.

J'ai exploré la femme debout par le toucher, et je n'ai pas pu atteindre le col , tellement il est haut et à gciuche. Les douleurs du bas-ventre qui vont aussi dans la cuisse sont bien plus du côté gauche que du droit. Elle ne veut pas se coucher.

Promen. à 6 h. 59 ni.

Page 1