CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Des essais d’accoutumance des bactéries aux antiseptiques, pratiqués sur une bactérie asporogène, le Bacillus pyocyaneus et sur deux bactéries sporogènes, le Bacillus subtilis et le Bacillus anthracis, ont fourni les résultats suivants, applicables à la résorcine, à l'acide salicylique, au sulfate de cuivre et au bichlorure de mercure :
19 Les bactéries soumises à l'action des doses croissantes d'un antiseptique peuvent acquérir la faculté de supporter des doses qui sont infertilisantes pour ces mémes bactéries non acclimatées. — Cette conclusion confirme simplement celle de Kossrakor (1887).
20 L'accoutumance des bactéries aux antiseptiques n'atteint son degré le plus élevé qu’en procédant par étapes dans lesquelles les doses infertilisantes d’antiseplique sont toujours précédées de doses d'abord plus faibles puis progressivement croissantes.
30 Les étapes successives de l’accoutumance aux antiseptiques ne présentent pas une ascension régulière jusqu’au point maximum de résistance ; il existe une phase d'adaptation moyenne pendant laquelle la Bactérie offre une sensibilité égale ou même inférieure à celle des phases antérieures.
4° Le degré maximum d'accoutumance aux antiseptiques est toujours suivi d'une régression de la propriété acquise. — L'accoutumance est un phénomène temporaire.
5 La régression de la propriété d'accoutumance aux antiseptiques tend vers le retour à la résistanee normale
de l'espèce ; elle s'accompagne souvent d'un état de sensibulité plus grande, probablement temporaire.
6o Les modifications morphologiques imprimées à la bactérie pendant son accoutumance aux antiseptiques sont aussi lemporaires et correspondent à la phase d'adaptation; elles disparaissent quand la bactérie & acquis son maximum de résistance. — Il existe ainsi un certain parallélisme entre La morphologie du microbe et l’une de ses propriétés biologiques, la résistance vitale aux agents chimiques.
7° Le caractère temporaire de l'adaptation des bactéries aux antiseptiques et des modifications de forme quien sont la eonséquence fournissent un exemple net de la résistance de l'espèce à la variation.
Indépendamment de ces données générales qui nous paraissent résulter de nos essais, nous avons été amenés à vérifier quelques propriétés morphologiques et biologiques des espèces bactériennes étudiées. C’est ainsi qu’en établissant expérimentalement les propriétés de résistance à la chaleur des formes coccoïdes du Bacillus pyocyaneus, nous avons montré que les formes qui apparaissent dans les cultures vieilles et dans celles qui présentent des conditions dysgénétiques doivent être considérées comme l'équivalent biologique des spores et représentent les arthrospores chez cette bactérie normalement asporogène.
Vu bon à imprimer :
Le Président de la Thèse,
RADAIS.
Vu :
Le Directeur de l'Ecole, GUIGNARD.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, LIARD.