Mirza Mohammed Agha
Dans une excellente allocution qui a terminé la cérémonie, S. E. Mouchir-ed-Dovleh a félicité les élèves et remercié M. Demorgny de la collaboration qu'il veut bien apporter à l'œuvre de l'école.
Commission des Examens au ministère de l'Intérieur.
Le 19 mai 1912,
Conformément aux ordres de S. E. le ministre de l'Intérieur,
Vu la vacance qui s'est produite dans le personnel des rédacteurs à la suite du décès de M. Ismaïl Khan,
En exécution des dispositions contenues dans Tarlicle V du décret du 26 septembre 1911.
La commission chargée, par arrêté du 1'^' Djamadi-ol- Oula courant, de procéder anx examens des candidats à l'emploi de rédacteur de ministère de l'Inlérieur, s'est réunie à 5 heures.
ÉtaicMit présents: MM.
Président : Adib-os-Saltunoli, directeur général de J'adniinistration provinciale.
Me?nbres : Mostafa-Glioli Kiian, directeur général de Tadministration centrale.
Motardjem-ol-Molk, chef du cabinet du ministre.
Assistait également M. Demorgny. jurisconsulte du ministère de rintérieur.
Les candidats étaient MM.
Mirza Ali Akber Khan, expé litionnaiie de 2* classe au ministère de Flnlérieur.
Nouveaux candidats: Mirza Djafai' Khan.
Mirza Massoud Khan.
Les questions suivantes ont été posées :
1" Traduction et commentaire de morceaux choisis des « Instructions» donnéesàMalek, gouverneur d'Egypte, par S. S. le khalife Ali.
2° Chaque candidat a dû expliquer un fragment de Saadi, puis traduire et commenter verbalement un passage du livre susdit du khalife Ali.
Les pièces de Saadi que les candidats ont eues à commenter, sont:
« La nation est la racine dont le roi est larbre. — Le troupeau n'est pas au service du berger; mais le berger est chargé du service du troupCcUi. — (larde-loi (le roi parle à son vizir) de me mettre mal dans l'esprit de mon peuple, et garde-moi d'avoir du mal de mon peuple dans l'esprit. — 11 ne faut pas opprimer les sujets qui constituent la véritable force et le seul appui du souverain. »
Conseils de Balhoul adressés au khalife : « Faites que vos jugements soient basés sur la loi, et non la loi basée sur vos jugements. »
Les principaux passages des instructions de 'S. S. le khalife Ali à Malek, gouverneur d'Egypte qui ont été traduits et commentés sont :
EXAMENS AU MINISTÈRE r3E L'INTÉRIEUR 181
1" <( Après avoir bien étudié ce qui précède, il te reste à éviter, o Malek, les intrigues et les malversations. Tu dois savoir que ceux qui agissent p:ir la voie d'intrigues, ne sont pas toujours bien intentionnés et que, sous leur apparence quelquefois irréprocliable, se cache toujours un esprit fortement rongé par les mauvaises passions.
« C'est ainsi qu'avant d'engager tes employés et tes agents, tu dois leur faire subir les examens les plus sérieux et les faire passer par les épreuves les plus rigoureuses, avant de les mettre dans ta confiance et avant de leur confier les missions dont tu veux les cbarger. Une autre question à laquelle tu dois attacher une grande importance concerne l'engagement de tes employés. Tu ne dois jamais pour cela te laisser séduire parla corruption ou par tes passions. La cori'uption et la passion sout les deux éléments qui engendrent la trahison, la cruauté etl'opprobre. Les cadeaux que l'on reçoit et l'absolutisme que l'on se permet dans ses idées, éloignent le juste du sentier de la probité et du droit chemin. »
2" « Pour ton secrétaire particulier, tu cboisiras parmi ton personnel de rédacteurs, celui que tu jugeras le plus distingué en talent et en vertu. Ton secrétaire aura, à coup sûr, des correspondances conhdentielles à rédiger et des secrets écrits à garder. 11 s'ensuit donc, que ton secrétaire doit posséder une vertu à toute épreuve, à l'abri de toute présomption et de tout orgueil. En outre, il ne doit pas pouvoir agir contre tes intérêts, ni pouvoir t'avilir devant le peuple. 11 ne doit pas non plus le laisser ignorer les rapports écrits de tes agents, ni te faire négliger les réponses que tu leui* dois. 11 lui faut enregistrer les correspondances à l'arrivée et à la sortie. Il doit profiter de toutes les occasions pour servir ta cause et te prévenir lorsqu'il te croit exposé aux difficultés et aux obstacles. En un mot, il faut qu'il soit pénétré de l'importance de ses fonctions, tout en n'abusant pas de ses attributions. Il
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doit aussi bien se connaître, car qui ne se connaît pas soi-même, n'est pas à même de connaître les autres. »
3" « Au moment de rédiger un contrat, ne cherche jamais à te préparer à Tenfreindi-e par des interprétations et des commentaires de mauvaise foi. Evite toujours dans tes contrats, l'emploi des phrases et des mots à double sens, pour pouvoir t'en armer et t'en servir contre le contractant, ton rival. Car, si tu lui caches ainsi la vérité, poui-ras-tu en faire autant à la vérité elle-même? Le labyrinthe des voies qui s'ouvrent devant l'interprétation intéressée, ne plaît pas à Dieu. Prends donc tes engagements comme ils sont, et soutire patiemment les conséquences fâcheuses qu'ils pourraient te créer. Mieux vaut en effet souffrir que de s'endetter auprès du Créateur, d'une dette morale et perpétuelle dont tu ne pourrais jamais l'acquitter, »
La commission, après en avoir délibéré, a noté les candidats :
d" Pour l'explication des pièces de Saadi.
2° Pour les commentaires et les traductions des « Instructions de S. S. le khalife Ali.
La commission a Tbonnéur de transmettre à S, E. le ministie de l'Intérieur les notes des candidats en le priant de vouloir bien prendre la décision qu'il jugera nécessaire.
Le iMlMSTRE DE l'InTÉRIEUR,
Vu le décret du 26 et les arrêtés du 26 septembre 1911 portant organisation du ministère de l'Intérieur^
Vu les arrêtés du 24 décembre 1911 et du 3 avril 1912, portant création du cours d'administration et de droit public obligatoires pour les fonctionnaires du ministère de l'Intérieur,
Vu la circulaire du 2 mars 1912, sur l'avancement du personnel,