‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier; (volume 2)Chapitre 13 sur 50 · U.J ■ III»! I II · texte numérisé non relu

U.J ■ III»! I II

(i) Miscell. Cur. , dec- ii , an 6,

ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. Iig

Espèce vu. Pancréas, Oq a trouvé plusieurs fois des pierres dans le pancréas. Graaf^n relira sept à huit du volume d'un poids chiche du corps d'un homme mélancolique, sujet aux (luxions catarrhales. M. Po7t^/ en a vu une douzaine sur un individu qui succomba à un anévrjsme de l'aorte. Ces pierres doivent bien être distinguées de ce qu'on appelle eoncrétions pierreuses du cœur et des artères ; car elles sontformeesaux dépens de liquides sécrétés , tandis que les autres dépendent d'un dépôt de phosphate calcaire. On cite des exemples de pancréas endurcis , comme cartilagineux , pierreux, donnant lieu à des vomissemens par la compression qu'ils exerçoient sur l'estomac.

Je n'en connois aucun exemple authentique.

Espèce viii. Corps thyroïde, Morgagniavu. dans beaucoup de goitres une portion du corps thyroïde transformée en une matière osseuse (i)* yp^alter dit avoir observé des concrétions pierreuses dans le thyroïde (2). — Sur le corps d'une femme âgée , morte d'une attaque d'apoplexie , j'ai trouvé la moitié gauche du corps thyroïde d'une consistance osseuse. Une substance dense , fibreuse enveloppoit cette ossifica-

(i) Epist. L, 3i.

(2) Observ. anat. , p, 55.

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tion , qui formoit des kystes contenant une matière gélatineuse.

Espèce ix. Ovaires* On cite quelques exemples de pierres et d'ossification de l'ovaire (i). Dans rhydropisie enkystée de l'ovaire, les parois du kyste présentent quelquefois des plaques esseuses.

Espèce x. Placenta* Une femme enceinte de son quatrième enfant éprouve , au septième mois , un sentiment de pesanteur dans la région ombilicale , accouche à terme d'un enfant trèsbien portant, que suivit immédiatement l'arrièrefaix. La face utérine du placenta étoit ossifiée ; l'ossification avoit trois lignes d'épaisseur et étoit traversée en tous sens par des sillons où se vojoit une substance élastique, approchant beaucoup de la nature du cartilage. Ces sillons formoient comme des articulations qui permirent aisément sa sortie. Chaque portion osseuse présentoit des fibres qui alloient en divergeant du centre vers la circonférence. La face interne du placenta offroitde petites concrétions osseuses placées de distance en distance et irrégulièrement disposées 'y ces concrétions présenloient des aspérités

(i) Chopart , Maladies des Voies urinaires , part, n, page 125.

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qui s'enfonçoient d'une ligne et plus dans la substance spongieuse du placenta (i).

Cette observation prouve bien qu'il n'y a pas communication immédiate des vaisseaux utérins avec ceux du placenta; elle combat aussi l'épanchement du sang de la mère dans les cotylédons de cet organe.

Espèce xi. Tissu cellulaire. On rencontre très-souvent dans le tissu cellulaire qui recouvre la face interne du tibia de petits corps osseux analogues, pour la forme et le volume , aux masses adipeuses isolées qu'on trouve dans cet endroit. J'en ai trouvé un du volume d'une lentille, qui me parut une concrétion inorganique. — M. le docteur Codei m'a dit avoir vu à l'hôpital Saint-Louis une tumeur osseuse très-volumineuse développéedans le tissu cellulaire souscutané de la partie externe et supérieure de la cuisse. C'est encore parmi les ossifications du tissu cellulaire qu'il faut placer celte tumeur osseuse du volume d'une noisette, de forme irrégulière , qu'on trouva aux environs du muscle demi-membraneux , sur une ramification du nerf sciatique, chez une femme qui mourut à la suite d'attaques d'épilepsie. Les observateurs ont re-

(i) Journal de Médecine, de MM. Coivisart, Leroux et Bojer,

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gardé cette ossification , qu'ils appellent improprement calcul musculaire , comme la cause de l'épiiepsie , et se sont fondés sur ce que les accès partoieul du siège de l'ossification. — - Grandcharnp trouva chez une femme âgée de soixante-dix-huit ans , morte des suites d'une hydropisie de poitrine , une tumeur osseuse du volume du poing, située sous le péritoine, entre la matrice et la vessie. Cette tumeur , sciée , répandit l'odeur spermatique ; les couches exRrnes étoient ossifiées; les couches internes (dont on n'indique pas la nature) ne l'éioient pas encore. Cette ft-mme avoit été sujette , dans Ks dernièresannéesdesa vie, à des coliques fréquentes et à une rétention d'urine qu'elle ne faisoit cesser que par la position horizontale.

Eiler (i) a vu une petite pierre dans la gaîne du gros tendon que les muscles extenseurs du genou forment en se réunissant au-dessous du genou.

On dit avoir vu des attaques d'épilepsie céder à l'ablation de ces concrétions qui porloienl sur quelque nerf.

Esi'ECE xii. Membranes cutanée et muqueuse» On a vu une partie de la peau de la fesse ossifiée chtz une vieille femme. On a trouvé

(i) Mémoires de l'Acad. royale de Berlin; i655.

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!a meriibrane hymen d'une coosistance carlilagineuse et osseuse.

Bonel: dit avoir vu une partie de l'œsophage convertie en cartilage (i). On parle d'estomac carfilagineux ; mais on paroît avoir confondu le squirrhe avec le cartilage.

Espèce xiii. Ossification des testicules» TValtersi trouvé le tesiicule droit d'un homme âgé de cinquante ans transformé en une concrétion dure et terreuse. On a observé dans i'epididyme d'un adulte une concrétion osseuse de la forme et de la grosseur d'un pois (2). M. Guerbois , dans une traduction récente de l'Anatomie pathologique de Baillie , fait mention de deux teslicule;s osseux dans leur centre observés chez un jeune homme âgé de dix-sept ans. M. le ])iofesseur Dubois se décida à les emporter surle-champ : l'un pesoit dix- huit onces, et l'autre dix-sept. Je ne connois pas d'autre observation analogue.

Espèce xiv. Utérus, Les auteurs ne contiennent aucun exemple de carlilaginification de l'utérus, ce qu'on doit sans doute attribuer au défaut d'idées fixes sur l'acception du mot squirrhe. Mais en lisant attentivement plusieurs

(ï) Vol. H, p. 52.

(2} Observ. anat. , cap. 5

observatioDS de squirrhes de rutërus, on voit que ces prétendus squirrhes ne sont autre chose que des cartilages (i).

Les exemples d'ossification et de pierres de l'uteVus sont assez communs. Louis (2), dans un excellent mémoire , en a recueilli un grand nombre sous le nom de pierres ou calculs. Je parlerai d'abord des pierres, puis des ossifications.

Les pierres de la matrice ne sont pas rares. Hippccrate (3) nous en a laissé un exemple qui a excité de grandes contestations entre un médecin et un chirurgien. ( Voy. Louis). Mais quand cette observation ne prouveroit pas l'existence de ces pierres, celles de Paré, Bartlio- Un y Michel Morus y Louis, Lieutaud j Portal , etc. , ne pourroient pas laisser le moindre doute à cet égard.

Leur nombre varie ; quelquefois uniques , souvent au nombre de deux , trois, vingt, trente, WaUer en a trouvé sept assez grosses dans la matrice d'une vieille femme (4)» Michel

(i) Voyez KoEDERER, de Uteri scCrrho ; GoU. , 1756. — Journal de Médecine , t, xi. — Sauvages , Nosolog. , t. II. , p. 124. — Hysceralgia ab Osse, Transact. philos. ,

vol. IX.

(2) Acad. Chir. , l. v.

(5) Lib. de Morbis vulgarîbiis , sect. vu.

(4) Obseîv. anal. , cap. m.

ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. IlS

Monts (i) en trouva trente-deux dans la matrice et jusque dans les trompes d'une femme âgée de quarante ans, morte d'une pleurésie, et éprouvant, depuis quelque temps , de vives douleurs dans le bas-ventre : elles étoient maintenues par diffërens replis de la matrice. Le volume de ces pierres présente une foule de variétés : le plus petit est celui d'une amande. Bai^tholin eu a vu une qui pesoit quatre livres. Eu général , légères, friables, granuleuses, blanchâtres ou bleuâtres , elles ont quelquefois une pesanteur spécifique égale ou supérieure à celle des os; ce qui, dit Louis, a pu faire regarder ces pierres comme des concrétions osseuses. Souvent libres , elles sont quelquefois adhérentes au fond de la matrice, à son col, à quelqu'un des points de ses parois. M. Portai en a trouvé une du volume d'un œuf de poule , très-adhérente au fond de la cavité de la matrice. Il en a vu une autre près de l'orifice de la trompe chez une femme âgée de soixante-cinq ans, qui n'avoit jamais éprouvé de douleurs du côte de l'utérus. Quelquefois elles sont chatonnées. Ainsi Petit retira de la matrice de la comtesse de *'^'^ douze pierres dont les plus grosses eioient chatonnées.

Je ne connois pas d'expériences chimiques

(i) Acla Erud, Lips, Aug. , 1712.

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faites sur ces pierres. O?) connoit l'idée sinî^u-^ liera de Michel Morus^ qui regarda ces conei ëlions comme étant de la nature des bëzoards, el les employa comme médicamens. 11 dit que la dose nëcessaiie pour provoquer la sueur est d'un demi-gros, assure avoir sauvé la vie à plusieurs personnes par l'usage de ce remède, et se plaint de ne pouvoir s'en procurer davantage.

Ces concrétions ne donnent souvent aucun signe de leur présence, quelquefois n'en donnent que par intervalles, le plus souvent produisent divers symptômes propres à faire soupçonner leur existence.La sortie sponlauée de ces pierres, leur présence constatée par le toucher, voiîà les seuls signes univoques.L'extrnction est l'unique moyen de guérison ; mais on ne peut guère y recourir que dans les cas de descente de matrice, et dans ceux où i'oî ifice de la malrice , non déplacé, est assez diiaré pour permettre l'iuîroduclion d'un crocliel ou de pinces. Le Journal des Savans (i) donne un exemple peu circonstancié de cette opération : aussi esl-il perdu pour Tai t.

C'est aux pierres de la matrice, et plus souvent peut-être aux corps fibreux devenus cartilagineux et osseux , qu'il faut , je crois , rapporter ee qu'on a dit des môles osseuses. Aussi

(i) Décembre 1666.

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Lieutaud raiige-t-il f>aniii les môles osseuses la pierre trouvée chez la baronne de*'*"* , dont les urines avoieat été sanguinolentes , purulentes et fétides. Une autre observation fait mention d'une môle en partie cliarnue el en partie osseuse. Lrâ femme dont il s'agit , âgée de soixante-sept ans, étoit asthmatique, ressentoit un poids dans Tutérns et urinoit difficilement. Un femme de cinqnante-sept ans cprouvoit depuis plusieurs années une dischurie fréquente , une difficulté d'aller à la selle, et un sentiment de pesanteur autour des parties génitales. Elle mourut. On trouva dans l'utérus une môle osseuse à l'extérieur, charnue au milieu , et intimement unie aux parois de la matrice.

Le tissu de l'utérus est susceptible de devenir osseux. Les exemples que je vais rapporter sont cités par les auteurs parmi ceux de pierres et de pétrifications. On jugera si j'ai eu raison de les ranger parmi les ossifications. — Bonet parle d'une matrice pétrifiée du poids de sept livres, trouvée chez une femme de trentesept ans : la rate étoit y/ierreuse , le foie cartilagineux à une partie de sa surface (i). Une femme âgée de quarante ans (2) fut délivrée d'une af-

(i) Sepulchrelum y lib, m, sect. xxi, ohs.i.^. (2) Commerce littéraire. iV"ore772^u^. J«/. i^Si.

feclîon Lystérique lors de rapparition d'une tu* meur considérable dans l'abdomen , que Mayr jugea être la matrice. A l'ouverture, on trouva la matrice du volume d'une boule à jouer aux xjuiJles; sous la tunique extérieure , formée par le pe'riloine , on vit ses parois ossifiées , qu'on fut obligé de casser à coups de marteau : leur épaisseur étoit de quatre lignes ; sa cavité étoit remplie d'une matière purulente sans mauvaise odeur, semblable à du lait épaissi. — V erdier conservoit une matrice pétrifiée dont les parois avoientsix lignes d'épaisseur; son diamètre vertical étoit de cinq pouces quatre lignes , le transversal de six pouces neuf lignesielleétoitremplie d'inégalités qui ressembloientàdesslalactites.Oa ne connoît pas les symptômes qa*avoit éprouvés la malade. — Lafitte trouva sur le cadavre d'une femme âgée d'environ soixante ans ^ une matrice trois fois plus volumineuse que de coutume , dont la surface étoit raboteuse et la substance pétrifiée : une pierre étoit contenue dans sa cavité. — Sur le cadavre d'une femme âgée de trente-sept ans, dont le ventre étoit depuis long-temps dur et proéminent , on trouva un utérus pierreux, du poids de sept livres ; la rate offroit la même altération ; le foie étoit çà et là cartilagineux; le péritoine épais et très-dur , de manière à être difficilement divisé parle scalpel.

ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. I2g

M. Portai 2i vu des matrices ossiliées qui éloieiit encore en partie cartilagineuses. On voit aisément que l'art ne peut rien pour à^ semblables

maladies.

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