‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier; (volume 2)Chapitre 15 sur 50 · IT · texte numérisé non relu

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I 3o T il A N s F O K M A T 1 O N S

trouva daas rabdomeQ une tumeur du volume de la léte, dont l'enveloppe , très-dure et Irèsdense, ëtoit unie aux parties environnantes par âes liens ligamenteux : elle conlenoil un fœlus , qui commençoit à s'ossifier. — M. Mo/on, professeur d^anatomie à l'Académie de Gênes , trouva dans rute'rus d'une femme de soixantedix-huit ans, mère de trois enfans, qui avoit toujours joui d'une bonne santé , et ëtoit morte de décjépitude, une tumeur située dans le petit bassin. CcUe tumeur adhéroit intimement à la vessie, au vagin, à l'utérus , et étoit formée par un kyste cartilagineux , contenant un foetus enUèreînent ossifié , qui oonservoit Ja forme et la grandeur d'un fœlus de trois mois environ. M. Mojon a montre cette pièce anatomique à M. Cuvier ^ lors de son passage à Gènes.

Que faire dans des cii constances semblables? L'extraction ne peut êlve proposable que dans des cas particuliers : tel étoit sans doute celui raj^porté par Morand» il est malheureux qu'il ne soit pas entré dans plus de détails (i).

(i ) Il est un genre de Iransfornialions osseuses assez remarrj^uable, qui comprend louîes celles consécutives, à d'autres lésions organiques: telles sont les tran formations osseuses des corps fibreux, cartilagineux, des polypes, des tumeurs enkystées. Il en est un autre qui renferme toutes les trans-

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GRDRE SIXIEME.

Productions érectiles»

Le tissu ëreclile , omis par BlcJiat, n'a été bien dëcrif, que par M. Diipuytren : on l'observe dans le corps caverneux de la verge , le clitoris, le canal de l'urètre, la rate, le placenta, le mamelon de la femme: ses caractères sont, i**, d'être susceptible d'augmentation de volume, d'érection , par Telfet d'un stimulus , et d'affaissement par la soustraction de ce stimulus ; 2,^, d'être formé par une membrane fibreuse, de la face interne de iaquelie partent une muhitude de prolongemens qui s'entrecroisent en tous sens ^ et soutiennent les vaisseaux artériels et veineux prodigieusement divisés. Un tissu analogue peut être accidentellement produit, et les tumeurs qui en résultent ont été connues sous le nom de variqueuses , spongieuses , fongueuses , sanguines , fungus hematodes , etc.

Caractères physiques ^ anatomiques etphy'" siologiques. Les productions érectiles se mani-

formations osseuses combinées avec d'autres altérations, le plus souvent la dégonération cancéreuse. J'ai dit un mot des premières à l'article àes autres transformations : je parlerai des secondes à l'article Dé gêné rat ions.

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feslent ordinairement sous la forme de tumeurs tantôt bleuâtres et affaissées, tantôt beaucoup plus saillantes, rouges , chaudes , tendues, faisant éprouver au malade un sentiment de pulsations isochrones à celles du pouls; inégales à leur surface , se réduisant à un irés-petit volume par la pression qui , employée d'une manière continue, a quelquefois obtenu la guérison; parfaitement circonscrites dans quelques cas , envoyant d'autres fois au loin des prolongemens qu'on ne peut déterminer d'avance ; présentant rarement au centre une (luctuation qui, lorsqu'elle existe, dépend d'un amas de sang. En général elles adhèrent intimement à la peau, qui souvent participe à ia transformation , et est même quelquefois primitivement et exclusivement affectée. Leur tissu est absolument lu même que celui du corps caverneux j une membrane fibreuse, peu épaisse , les circonscrit de toutes parts; de cette membrane , qui passe t|uelquefois à l'état cartilagineux et osseux , panent des prolongemens innombrables qui forment des espèces de cellules dans lesquelles on croiroit d'abord que le sang est contenu ; mais si on injecte les artères avec précaution , on voit un lacis vasculaire inextricable, sans aucune espèce d'épanchement. L'injection poussée par les veiues ne parvient pas jusqu'à la tumeur; celle poussée dans les

artères la remplit et revient par les veines.

Caractères pathologiques. Souvent congëniales, lesprodacliousérectiles sont quelquefois âccideulelles, surviennent sans cause connue , ou sont provoquées par des violences extérieures , telles que des pressions répétées ; elles se développent dans loules les parties ; les lèvres y sont le plus sujettes , sans doute à cause de leur structure spongieuse , vasculaire , et jusqu'à un certain point érectile. Ce sont ces tumeurs érecliles des lèvres que Marc-Aurèle SeK-erin décrit sous le litre de de atro , cruento la^ bu tiiberculo y et qu'il conseille d'emporter avec tiu scalpel d'or rougi au feu. On en a vu au bras , à l^avant'bras, à la cuisse, au cuir chevelu, à Foreille, à la joue, aux. grandes lèvres, dans l'épaisseur de la peau, des muscles, du périoste et des os. M. Dupuytren dit eu avoir rencontré dans les reins et le foie. J'ai parié d'une tumeur osseuse trouvée dans le cerveau dont une partie présentoit un tissu qui m'a paru érectile. ( Voy. Transfonnaùon osseuse du ceiveau, ) J'ai vu deux tumeurs de ce genre situées au-dessus de l'oreille; une autre développée dans l'épaisseur de la peau de la région parotidieune.

Ces tumeurs restent quelquefois stalioanaires, et ne font éprouver ni douleur ni gêne : alors on peut les respecler^ car l'observation a

prouvé qu'elles ne sont pas susceptibles de dëgënëration ; mais si elles incommodent par leur siège , il faut les emporter. M. Dupuytren a vu un homme qui avoit une tumeur ërectile à la tête, précisément sur un des points du cercle que comprime le chapeau : cet homme porloit habituellement son chapeau sous le bras. Uo jour il le met brusquement sur sa tête dans un mouvement de colère; la lumeur est entamée, fournit du sang : ou est obligé de l'emporter.

Souvent la tumeur fait des progrès plus ou moins rapides : si on l'abandonne à elle-même , des douleurs vives surviennent ; la peau s'amincit , se gangrène \ deshémorrbagies se déclarent €t épuisent le malade , ou bien un travail intérieur s'établit dans la tumeur : le malade résiste ou succombe à la fièvre de mauvaise nature qui se déclare. Voici une observation extrêmement remarquable , où ce travail intérieur et la mort ont été déterminés par la ponction.

Un homme âgé de quaranle-trois ans, d'une petite stature, mais bien constitué, avoit du côté droit de la léle une lumeur qui couvroit une portion du pariétal, du frontal, de l'occipital , les régions temporale, mastoï lienne , et la partie supérieure de la région latérale du col. Cette tumeur , saillante de deux pouces et demi à trois pouces dans sa moitié supérieure , dirainuoit in-

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sensiblement jusqu'à la parlie la plus déclive, et e'toit par-tout recouverte Je cheveux comme le reste du cuir chevelu. Lalêle, rasée, ou vit que la peau éloil saiue et divisée en trois parties : une, supérieure et antérieure, séparée des autres par une ligue transversale , semhloit formée par une matière organisée , assez consistante ; une moyenne qui otfroit une fluctuation équivoque; une inférieure, molle, agitée par des mouvemens d'expansion et de resserrement isochrones à la systole et diastole du coeur. L'examen le plus attentif ne fit découvrir rien de semblable dans les deux autres portions de la tumeur ; on sentoit en arrière, sur la portion mastoïdienne du temporal , une ouverture irrégulière , hérissée de pointes osseuses. On crut aussi reconnoître une altération de l'arcade zygomalique.

Ce malade^ interrogé sur riiistoire de sa maladie , répondit que la tumeur a voit paru dès les premières années de sa vie, s'étoit développée lentement et sans douleur ; que , quatre ans avant son entrée à l'hôpital , il avoit reçu plusieurs coups sur elle , et qu'un chirurgien , consulté, lui lit un incision qui donna issue à du sang pui ; que depuis cette époque il n'avoit éprouve aucun accident , et n'auroit jamais réclamé les secours de l'art , si, quelques jours avant son entrée ^ il n'avoir reçu sur la tête un ëbouîcment

de terre. Cette maladie ëtoit évidemment incurable , et il ne falloit pas y toucher, INëanmoins on est vaincu parles instances du malade, qui veut qu'on évacue le sang qu'il dit être contenu dans sa tumeur. On fait une ]X)nction avec le bistouri ; il s'écoule aussitôt du sang artériel qui paroît s'échapper des vaisseaux , et non point d'une poche où il auroit été contenu. L'hémon hagie est facile à arrêter : l'innocuité de cette petite opération engage à en faire une seconde le lendemain : même résultat. Enfin, on pratique une troisième pouction qui donne issue à du sang noir , altéré. Le jour même, le malade est pris de fièvre , de nausées , de vomisse- -mens , de douleur vive dans la tumeur; la dernière ponction donne issue à beaucoup de sang. — Le lendemain pesanteur de tête , tumeur ramollie , douloureuse. — Mêmes symptômes le troisième jour. — Le quatrième survient un érysipèle au cuir chevelu , à la face et au côté droit du col. Le moindre contact est douloureux; le poul.»» est petit , serré. — Le sixième jour, la tuméfaction augmente. — Le septième , rupture de la cicatrice d'une des ponctions ; écoulement de sérosité sanguinolente. — Le huitième, l'érysipèle s'étend à la partie supérieure de la yïoilrine {^petuAait éniétisë^. — Le neuvième , évacuations abondantes {petU-laU éinétlsé , eè^

sulfate de soude ). — Les Jours suivans , détumëfaction, desquamation^ retour de l'appétit, rupture de Ja cicatrice d'une des ponctions, écoulement d^un pusrougeâtre. — Du vingt au vingt-neuvième jour, hémorrhagies fréquentes, perte absolue de l'appétit, fièvre continue; infiltration des jambes ; délire. — Mort le trentième jour.

L'ouverture du cadavre a été faite par M. Du» puytren, qui a lui-même noté les particularités qu'elle a offertes.

L'injection , poussée dans l'artère carotide droite , remplit en quelques instans les pocbes de la tumeur , et revint par la veine jugulaire. Celle qui fut ensuite poussée par les veines rendit sensibles un grand nombre de veines trèslarges a la surface et au voisinage de la tumeur^ La dissection de celle-ci fit voir qu'elle étoit composée de deux parties tout-à-fait distinctes : l'une for moi t une masse très-considérable qui présentoit trois tissus difiérens; 1°. un tissu rougeâtre comme la fibre musculaire , mais extrêmement friable et sans disposition linéaire: ce tissu étoit en général placé au-dessous de la peau ; 2**. un tissu fibro-celluleux formant la majeure partie de la tumeur , infiltré d'une assez grande quantité de sérosité , parcouru par des veines d'un calibre Irès'^considérabie, et par

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des artères beaucoup plus petites , même proportionnellement; 3^enfio,danscertaioes parties, tissu fibro-celluleux, plus rouge, plus vasculaire. C'étoit dans cette masse hétérogène que s'étoient formés les abcès dont nous avons parlé . et à leur place , on trouvoit des poches trèsvastes, à parois rouges, villeuses, qui avoient fourni les diverses hémorrhagies observées pendant la vie.

La seconde partie de la tumeur, beaucoup moins volumineuse que la précédente, située à la région mastoïdienne, nétolt qu'un appendice d'une tumeur plus volumineuse située dans le crâne , et faisoit saillie au dehors à travers l'ouverture observée durant la vie. Celte tumeur ëtoit un kyste séreux, développé dans Tëpaissenr du lobe droit du cervelet, qui avoit entièrement disparu. Il étoit uni à la fosse occipitale inférieure par des adhérences celluleuses et fibreuses. Sa cavité étoit parcourue par des cloisons verticales et horizontales, qui lui donnoient un aspect celluleux. Les cellules étoient remplies de sérosité et de débris membraniformes^ qu'on soupçonna provenir de la mort de quelques hydatides : on ne put vérifier cette conjecture à cause de la mollesse de ces débris.

Outre ces deux maladies principales , on ob-

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serva eacoie, v. que Tes de la pommette avoit etë désarticulé d'avec l'apophyse angulaire externe du frontal ; 2°. que ce mêaie os avoit éprouvé une fracture, suivant une ligne dirigée de son angle supérieur vers le bord inférieur, et que cette fracture étoit consolidée; 3°. que les veines voisines de cet os étoient toutes variqueuses , et formoieut à elles seules une tumeur molle qui existoit dans ce lieu.

Réflexions, On ne sauroit se refuser d'admettre que le kyste et la maladie du cerveau ^ n'aient précédé les autres lésions , et que la saillie du kyste au dehors n'ait été la cause àe^ mouvemens de pulsation observés dans cette partie de la tumeur ; mais on ne conçoit pas aussi aisément que cette maladie extraordinaire ait pu se former, et détruire un lobe entier du cervelet, sans qu'il soit survenu aucune altération dans les fonctions cérébrales^ ni dans les autres fonctions. 11 est difficile de déterminer l'époque à laquelle a commencé 1.^ tumeur éreclile; la fracture consolidée tenoit-elle aux coups que le malade avoit reçus quatre ans auparavant? La désarticulation de l'os malaire paroit dater du dernier accident.

On a vu des tumeurs érecliles envahir successivement tout un membre : telle est l'observation de Laniorier : la peau, les muscles, les os

eux-mêmes, étoient affectés depuis les doigts jusqu'à l'épaule.

L'extirpation de la totalité de ces tumeurs, voilà le seul moyen de guérison : la plus petite portion suffit pour la reproductiou de la maladie. De là , le précepte donné par Petit , d'emporter toujours au-delà du mal ; de là , la juste proscription des caustiques. Il ne faut pas compter sur la suppuraliou pour la desti notion du plus foible reste. William Fley ayant amputé la cuisse pour une tumeur semblable, s'aperçut d'un petit prolongement vers la partie interne du moiguou; il compta sur l'inflammation et la suppuration pour la destruction de ce prolongement. Point du tout; la maladie s'accroît ; oo fait de vaines tentatives pour extirper ce qui reste ; on ampute la cuisse , la plaie guérit ; mais le malade meurt d'épuisement quelque temps après.

L'observation suivante de M. Boyei\\) montre avec quelle facilité récidivent ces tumeurs incomplètement extirpées.

Pocha? d y militaire, vit se former, à la partie antérieure, supérieure et externe de l'avautbrasgaucbe, une tumeur causée peut-être par la pression habituelle qu'exerce le fusil en cet endroit. Cette tumeur, qui s'étoit développée

(i) Maladies chirurg, , t. 11 , p. 2t>5.

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kulemeDt pendant trois ans, fait des progrès rapides à l'occasion d'un effort. Des douleurs commencent à se faire sentir ; le malade consulte les plus célèbres praticiens de Paris , qui s'accordent tous sur la nécessité d'ouvrir la tumeur , quoiqu'ils soient d'opinion différente sur sa nature. La potasse caustique est appliquée : du sang noirâtre s'écoule; i'hémorrbagie ne peut être arrêtée que par une compression exercée pendant quinze jours sur tout le membre. La suppuration s'établit , la cicatrice se forme ; mais bientôt la tumeur se reproduit, et acquiert en onze mois un volume plus considérable que la première fois. On l'incise suivant sa longueur ; on enlève le sang caillé et la substance spongieuse qui la forment ; on extrait aussi des esquilles osseuses qu'on regarde comme la cause de la maladie. Même résuUat de l'opération ; récidive au bout d'un mois. Plusieurs praticiens distingués sont réunis dans une consultation. ^1. Boyer propose de tenter Textirpation j qui pouvoit fournir quelques lumières sur la nature de la maladie, et n'excluolt pas l'ampulalion du membre. Son avis prévalut : la tumeur est cernée entre deux incisions semi-ellipliques. L'artère radiale, altérée, passoit au centre de la tumeur ; elle est liée en haut et en bas, et retranchée dans l'intervalle des ligatures. On

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emporte scrupuleusement tout ce qui paroft malade : la cicatrice ëtoit complète le cinquan- ^ tième jour. Deux mois après , une nouvelle tumeur soulevoit déjà la cicatrice , et acquiert en deux mois le \olume de la tête d'un jeune enfant. M. Boyer déclare que l'ampulatiou est indispensable : le malade exige qu'avant d'y recourir on s'assure de la nature de la tumeur. L'opération eut le succès le plus complet. Le malade mourut quelque temps après d*une phthisie pulmonaire qui paroissoit héréditaire. La dissection du membre amputé fit voir « la » tumeur composée d'une substance caver- » neuse , aréolaire , formée aux dépens du » tissu cellulaire, contenant du sang dans son ♦> intérieur , n'offrant aucune apparence de » vaisseaux dilatés , s'étendant aux trois-quarts » supérieurs de la lace antérieure de Tavant- » bras, dans l'intervalle des muscles déplacés » et amincis, en pénétrant jusqu'au ligament » interosseux, sans aucune altération a ce der- » nier ni aux os »•

Sans doute que, dans l'extirpation qui précéda l'amputation , quelques racines avoient échappé à l'habile chirurgien. La même chose paroîl aussi avoir eu lieu dans le fait suivant consigné dans le même ouvrage (i). Une femme

(i) Page 367,

porloit à la partie supérieure et postérieure de la cuisse une tumeur éreclile d'uu volume médiocre, qui paroissoilbien circonscrite. M. Cousin pratiqua l'opération, et suivit avec la plus scrupuleuse exactitude tous les prolongemens que la tumeur envoyoit dans l'intervalle des muscles : la cicatrisation fut prompte; mais la tumeur reparut, et s'étendit au bas de la fesse: il ne fut plus possible de recourir à Topération.

Quelquefois la maladie se reproduit quoiqu'on ait la certitude de n'avoir rien laissé de suspect : tels sont la plupart des cas où l'amputation a été pratiquée. Il faut bien admettre alors que la maladie tenoit à une cause intérieure. La dernière observation du Traité des Anévrysmes de Scarpa en est un exemple. Cependant il n'est pas certain que la tumeur dont il parle soit du genre des érectUes*

Je ne crois pas non plus qu'on puisse ranger parmi elles cette espèce d'altération des artères et des os que Pott a nommée ané^rysnie par érosion^ et dont il nemeparoitpas donner d'idée précise. On a encore confondu avec les tumeurs érectiles des carcinomes de l'oeil ou d'autres parties dans lesquels on a trouve des veines dilatées et un grand nombre de foyers de sang (i).

(i) Beaucoup crauteursconfoudent, sous le nom à^fou'

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Les petites tumeurs connues sous le nom dVpulldes sont quelquefois de la nature des e>ec- ///^^, Enfin, l'espèce la plus commune d'hëmorrhoïdes est une véritable tumeur érectile, Uu mot sur cette dernière*

Les tumeurs hëmorrhoïdales, source ordinaire du tlux du même nom , sujet de tant de méditationsetde théories, éloient encore dans l'enfance sous le rapport de l'anatomie pathologique jusque dans ces derniers temps.

Hippocrate (i) dit qu elles sont formées par les extrémités des veines , qui deviennent saillantes , et répandent du sang lorsqu'elles se déchirent , soit par la compression des matières

gushœmatodes , les carcinomes ou tumeurs cërébriformes ( qui présentent souvent des vaisseaux dilates , des collections de sang et de sanie) et les tumeurs érectiles • mais ces tumeurs n'ont entre elles d'analogie que par fécoulement de sang lorsqu'elles s'ouvrent spontanément ou lorsqu'on les incise. Fine , chirurgien en chef de l'hôpital général de Genève, en a fait deux espèces différentes 'y mais il n'y a pas seulement entre elles différence d'espèce , mais bien différence de nature : Tune est une Régénération qui entraîne nécessairement la mort de l'individu , si on ne parvient à la détruire ou à l'emporter entièrement ; l'autre est une maladie locale compatible avec l'intégrité des fonctions , et qui n'éprouve jamais de dégénérations, (i) Liber de Hœmorrh.

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fécales, soit par raccumulalloQ du sang. Cette opinion , fondée sur le raisonnement et sur l'observation , a universellement régné dans les écoles. Dehaen^ Stahl , Alberùl^ etc. , plus occupés de l'observation clinique que d'anatomie pathologique; Morgagni ^ J.-L» Petite Lieutaiid ont partagé l'erreur générale. Il étoit en effet naturelde pensera la dilatation de la veine hémorrhoïdale interne,qui surpasse en longueur toutes les autres branches de la veine porte, qui manque de valvules et est située d'abord derrière le colon, puis derrière le rectum. M ûs tous ces beaux raisonnemens que forlifioient l'autorité de plusieurs siècles et mille observations médicales, se sont dissipés devant les faits ; el c'est à Duncan , CiiUen et à M. Récamier surtout, qu'on doit la découverte de la véritable structure des bémorrhoiJes.

Caractères physiques , anatomiques , phy» SLologiques, Leshéraorrhoïdes sont externesou internes, uniques ou multiples, d'un volume variable depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'un œuf de poule, fluenles ou non fluentes; ordinairement affaisséessur elles- mêmes, recouvertes par une peau ridée; elles entrent souvent dans une espèce d'orgasme ^ augmentent beau» coup de volume, deviennent rouges , chaudes, douloureuses, exhalent alors un sang vermeil,

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el reviennent à leur premier état lorsque l'irritalion est passée. Ces phénomènes bien observes me prouveroient déjà que les tumeurs hémorr boïdal es ne sont pas des varices: je les rapproclieroisplulôtdecestumeursqniprésenteutdes alternatives d'orgasme et d'affaissement, des tumeurs érecliles : la structure anatomique va convertir en vérité cette conjecture. Lorsqu'on incise les hé- Tnorrho'ùïes , on trouve qu'elles sont formées par un lîssn spongieux, rougeâtre, vasculaire> lout-àfail analogue au tissu erectile.L'injecI ion poussée dans les artères hémorrhoidales pénètre ces tumeurs , qui semblent alors toutes vasculaires : quelquefois des veines dilatées existent à leur surface; leur rupture, dans quelques cas, a pu autoriser l'opinion générale, mais elles ne sont qu'un accident et point du tout la maladie principale. La nature bien déterminée de ces tumeurs donne la clef de quelques faits inexplicables dans tout autre bjpotbèsc. Ainsi Zacutiis parle d'un jeune homme qui périt d'hémorrhagie par suite de l'incision de tumeurs hémorrhoidales ; Denys^ Daca , chirurgien espagnol , rapporte cjue le fils de Charlcs-Quint périt de la même manière.

Mais il est une autre espèce d'hémorrhoïdcs moins commune que la pré(^édente, et bien plus propre à en imposer. La découverte en est entièrement due à M, Pvécainier : ce sont de

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petits kystes situés au milieu du tissu cellulaire dense qui unit les muqueuses aux autres membranes; leur nombre varie : intimement unis au tissu cellulaire ambiant par leur face externe, ils sont lisses par leur face interne. Au premier coup-d'œil on les prendroit pour des varices; mais il est aisé de voir qu'ils ne se continuent pas avec les veines; la différence devient encore plus tranchée quand il existe des dilatations veineuses à leur surface. Quelquefois ils sont remplis de sang en caillots; dans d'autres cas on trouve qu'ils communiquent à l'extérieur par une ouverture plus ou moins considérable.

Le mécanisme du (lux héraorrlioidal se déduit aisément de ces observations. Ce flux ne provient pas de veines variqueuses, mais bien le plus souvent de tumeurs érectiles ; il n'est pas la suite de déchirure , comme on l'a cru jusqu'à ce jour, comme le pensoit encore Bichat , qui a séparé le flux hémorrhoïdal des hémorrhagies par exhalation ; mais bien le résultat d'une action vitale , d'une exhalation à la surface de la tumeur. Dans le cas de kystes hémorrhoidaux , l'exhalation a lieu à la surface intérieure du'' kyste , dont la rupture est nécessaire pour l'évacuation du sang au dehors.

Les hémorrhoïdes internes ne donnent donc pas spécialement passage au sang de la veine

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porte > comme le pensoient Stahly Alberti , sou disciple, et la plupart des auteurs, pas plus que les exterues n'évacuent celui de la veine cave. Lesangdeshemorrhoïdesinterues n'est pas plus épais ni plus noir, et sou évacualiou ne i^uérit pas mieux que celle de tout autre sangla manie, î'hypochondrie et la mélancolie ; mais la nature de ce gang varie suivant Tactiou vitale qui est la source de son exhalation. Le molimen hernorrliagiciun s'établit ; souvent une espèce de liquide séreux et macjueux précède et suit l'exhalation sanguine ,* l'irritation, de sécrétoire, de v ient hémorrhagique pour redevenir sécrétoire.

Les caractères que j e viens d'indiquer sont spécifiques et distinguent assez ces tumeurs de beaucoup d'autres qui se manifestent dans le même endroit , des fies, des condj^Iômes, poireaux, crêtes , verrues, du cancer du rectum, qui en est quelquefois ia suite , du renversement du rectum, etc.

Du reste, l'Influence, peut-être exagérée, des hémorrhoïdes sur l'économie , comme cause de maladie, comme moyen curalif, comme moyen préservatif, n'est pas de mon objet.

Les hémorrhoïdes sont les seules tumeurs érecliles susceptibles de dégénérer; continuellement irritées par le passage des matières fécales , ellus deviennent très-souvent cancéreuses.

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