‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier; (volume 2)Chapitre 4 sur 50 · GENRE III · texte numérisé non relu

GENRE III

Ossification du système fibreux»

L'histoire des ossifications du tissu fibreux est Irès-importante; celle du système fibreux-membraneux surtout. Je commencerai par le tissu fibreux disposé en faisceaux.

Espèce i^^. Ossification des ligamens. Ou trouve souvent les ligamens des articulations goutteuses incrustés de phosphate calcaire j mais ce n'est point là une véritable ossification. — Quelques os sésamoides se développent dans l'épaisseur des ligamens. — Les ligamens du bassin , les sacro-sciatiques surtout , ceux de la colonne vertébrale , ceux qui unissent les vertèbres aux côtes , s'ossifient souvent chez les vieillards. — Enfin, les ligamenss'ossifient comme les cartilages articulaires et les synoviales dans lesankyloses. (Voy. Transformations osseuses des synoviales* )

Espèce ii. Tons les tendons sont susceptibles de devenir osseux, surtout paries progrès de l'âge : on voit fréquemment ces ossifications chez quelques volatiles. La plus intéressante des observations de ce genre qu'on ait faites sur rhomme est due à Vislingius , qui vit tous les tendons de la jambe et du pied d'un vieillard presqu'entièrement osseux. C'est dans l'éoaisseur des tendons que se développent presque tous les sésamoïdes. La rotule , appelée par Bertin Vos sésamoïde de la jambe (i) est le plus remarquable. Ensuite vient celui du jambier postérieur que l'on trouve près de son insertion au scaphoïde : ceux des jumeaux (dont Heister (2) paroît avoir le premier parlé), qui occupent l'épaisseur des tendons supérieurs de ces muscles, et mau<^uent quelquefois: les autres sésamoïdes ne sont pas constans. Morgagnl lioiiv a sur un cadavre qu'il lit préparer tout exprès, quatre sésamoïdes au niveau de l'articulation des petits doigts et des petits orteils avec les métacarpiens et métatarsiens correspondans. Spigel {3) rapporte que d'habiles anatomistes comptent douze os sésamoidesà chaque main : ce nombre est cer-

(i) Ostéol. , t. III.

(2) Compend. anat.j § xxxv.

(5) De Hum. corp. fabticâ, iv, 2 , c. xxvu.]

ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. l5

lainement au-dessus de la vérité. Que penser de ceux qui en ont admis douze pour chaque doigt ?

Ossification du système Jibr eu oc- membraneux, H n'existe , je crois , aucune observation d'ossification des aponévroses tant d'insertion que d'enveloppe, non plus que des capsules et gaines fibreuses. Il n'en est pas de même des membranes fibreuses proprement dites, telles que la dure-mère , le péricarde, le périoste, Talbuginée, etc.

Espèce m. Ossification de la dure-mère. Elle est très-commune: ce n'est que depuis iSSy que l'attention est fixée sur elle. La découverte en est due à unanalomiste napolitain nommé yintoine Cattus y qui a aussi parlé le premier des utérus bipartis. Les ouvrages de Botaî, 'PVepfer^ Cheselden , l'Académie royale des Sciences, Morgagni, etc., contiennent une multitude innombrable de faits sur celte matière. 11 n'est pas d'élève qui n'ait rencontré plusieurs fois la dure-mère ossifiée dans le cours de ses dissections.

C'est surtout dans l'épaisseur de la faux et au voisinage que se développent ces ossifications. Elles se font ordinairement par plaques irrégulières , paroissent procéder de la face externe vers la face interne de la dure-mère, sont tou-

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jours recouvertes par l'arachnoïde, et varient beaucoup pour la forme et les dimensions. Ea général^ elles augmentent à peine l'épaisseur de la dure-raère; quelquefois leur épaisseur est telle , qu'elles dépriment sensiblement le cerveau : elles sont tantôt lisses à leur surface , tantôt hérissées d'aspérités , n'ont quelquefois qu'une ou deux lignes de largeur et de longueur, et sont d'autres fois très-considérables. Pdolan (i) dit en avoir observé qui avoient quatre travers de doigt de large. Botal (2) a trouvé la moitié de ia faux osseuse. Schei-^ dius (5) et Schneider (4) ont vu à la place de la faux une cloison osseuse. Cheselden a trouvé une grande partie de la dure-mère osseuse. Denys (5) dit que sur un ouvrier elle étoit osseuse dans presque toute son étendue. Enfin, on cite quelques exemples d'ossification de la totalité de la dure -mère et de ses divers replis.

Quels accidens déterminent ces ossifications?

(i) Comment in Gai. de Ossiculis.

(2) Epliém. , obs. lxxi , ann. 67.

(3) Dissert, de duobus Ossiculis in ^poplect.

(4) De Capite , ]i-i'j.

(5) Description d'une oreillette du cœur entièrement dilatée.

Et PIIODUCTIOISS ORGAISIQL'ES. ly

On a trouvé des ossifications de la dure-mère sur le corps d'individus qui n'avoienl jamais éprouvé de symptômes morbifiques du côlé de la tête | on en a vu chez d'autres qui avoient été sujets à des céphalalgies, à des accès d'épilepsie, ou qui avoient succombé à une attaque d'apoplexie.

Les ossifîcaiious de la dure-mère peuventelles donner lieu à l'apoplexie? Morgagninest pas éloigné de le croire (i) , neque negaverim ejusmodi aut alla os s a posse interduni niorhis capids , si alice accédant causes internis , et apoplexies nominatim occasionem prœbere,, , En effet , ajoute-t-il, tout ce qui peut faire varier les lois de la circulation du sang dans le cerveau est une cause d'apoplexie ; ainsi l'ossification des artères, qui ne leur permet pas d'agir sur le sang , la diminution des sinus veineux , rocclusiou des trous qui permettent une libre communication entre les sinus latéraux et les veines occipitales , sont des causes d'apoplexie. ^Suivant Scheidius ^ la faux ossifiée exerçant une tension sur le sinus longitudinal diminue la capacité de ce sinus, qui ne peut plus suffire au sang qui régorge. Je crois que , dans l'état actuel de la science, il est impossible d'établir ^ien de positif à cet égard, parce que la coin-

■^— — ~"^ I I I I ■ I. . I» . ■ Il i.-«.i.ui»»mii -I ■«ni >*

(i) Epist, CXI , 20.

lU 2

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cidence de deux faits , lors même qu'elle est souveut répétée, n'est pas une raison pour que l'un soit nécessairement la cause ou l'effet de Tautre. Je porte le même jugement sur la plupart des céphalalgies et épilepsies attribuées à ces ossifications : combien de céphalalgies et d'épilepsies sans cause matérielle î Cependant si l'os accidentel a des propriétés mécaniques irritantes , il est probable qu'il est la cause des accidens. Valsalva a vu un homme qui éprouvoit des douleurs de tête atroces , et des défaillances , par l'effet des moindres mouvemens, tandis que les mouvemens les plus violens ne produisoient rien de semblable. A l'ouverture, il trouva sur la dure-mère un petit os héiissé d'épines. On lit beaucoup d'exemples analogues dans le Se^ pulchretujn (i). La reine , épouse de LouisXV, éprouva pendant long-temps de violens maux de tête, et mourut d'une hydropisie générale. Sénac , Las sus , Lieutaud , médecins de la cour; Antoine Petit et M. Portai y médecins de Paris, virent « le sinus longitudinal supérieur » entièrement oblitéré et ossifié dans toute son » étendue , ainsi qu'une portion du repli falci- » forme de la dure-mère : le sinus longitudinal M inférieur étoit beaucoup plus ample qu'il n'a

(i) Lib, 1 , seQt. 1.

ET PRODUCTIONS OKGA.NIQUES. ÏQ

» coutume de Têtre w. — MM. Hagstroein ^X, Bierken ont eDiichi le Muséum aDatomiqne de Suède d'une grande esquille osseuse qu'ils ont trouvée dans la dure-mère ; cette esquille avoit causé la mort du sujet dans une attaque d'épilepsie (i).

D'autres fois on a trouvé, en même temps que des ossifications de la dure-mère, d'autres causes plus probables d'accidens. Lieutaud dit que ^ sur le corps d'un bomme sujet depuis sa jeunesse à de violentes douleurs.de tête, qui devint maniaque à4'âge de quarante ans, et périt' de syncope , il vit dans la faux une ossification très-inégale , et à côté une ulcération de la substance cérébrale. On trouva de plus de Teau dans les ventricules et les plexus choroïdes. Est-ce à l'ossification ou bien aux autres altérations qu'il faut attribuer les symptômes observés ? M. Portai ne croit pas à la premièi^e cause , et se fonde sur ce que l'ossification de la dure -mère existe très -souvent sans produire d'accidens ; et que , dans le cas d^acci- t dens, le cerveau présente d'autres altérations . suifisantes pour expliquer la maladie et la mort. Quoi qu'il en soit , il n'est aucun moyen de

(1) Journal de Médecine, de MM. Cor^isartj Leroux qX Bojer. 181 a. '

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reconnoitre , peudant ]a vie , rossiticaliou de la dure -mère, et quand il en exisleroit, nous n*ea serions guère plus avances, vu l'impuissance absolue de Tari sur ce point. Faut-il nous plaindre de cette impuissance ? ne devons-nous pas dire plutôt avec Sclmeldius et MorgagTzî ^ que c'est une nature bienfaisante, et non pas une nature avare, qui nous prive de semblables secours : Nos ejusmodi auxlliis non tani naturœ parcbnonid qiiatn benignitate destitid ; car les mêmes moyens qui rendroient fluides les os accidentels, ne produiroient-ils pas le même effet sur les os naturels?

Peut-on prévenir ces ossifications? On le pourroit, si les idées de quelques auteurs sur les ossificalious accidentelles étoient fondées. Ils prétendent en effet que ces ossifications sont la suite de suppuration , et que le pus , se concrétant , forme ces plaques ossiformes qu'on aperçoit tantôt dans \^s artères , tantôt dans \^^ méuini»es , et que la formation du pus peut élre prévenue. Je ne discuterai point ici si les concrétions pierreuses sont produites de cette manière ; j'observerai seulement qu'ils n'établissent aucune différence entre les concrétions et les os. La dure-mère passe-t-elle à l'éiat cartilai^ineux avant de devenir osseuse? Je ne connois d'observation de dure-mcre caj tilni^incuse que

celle cie Gasp. Hoffmann (i), qui dit avoir trouvé uu cartilage exaclemeut rond dans son épaisseur.

J'ai eu occasion d'observer une espèce d'ossifiration de la dure-mère dont je n'ai jamais ouï parler : elle consistoit dans une foule de granulations osseuses semblables à des grains de mil, inégales à leur surface, fixées à la face interne de la dure-mère par un pédicule très-mince, en sorte qu'elles sembloieni formées aux dépens de l'arachnoïde. De plus, la dure- mère offroit à la base de la faux plusieurs ossifications du genre de celles que j'ai indiquées. La superlicie <le l'hémisphère droit du cerveau éloit convertie, dans l'épaisseur d'un pouce, en bouillie blan» che, sans aucune extravasalion sai)guine. J'appris que cet individu, âgé de soixante-dix ans, qui étoit venu à i'fiôiel-Dieu pour une gangrène sénile, étoit depuis quatre à cinq jours dans un coma profond dont on n'avoit pu deviner la cause. Quelques jours auparavant , j'avois obt^ervé celle désorganisation en bouillie blanche sur deux apoplecliques qui avoienf offert une hémiplégie du côté opposé à celte alléralion.

Espèce ni. Ossification du péricarde. Viens-, sens a trouvé chez une jeune fille le péricarde

(i) ApoL pro Gai, l. lu

eodui ci, et ayant l'aspect du cartilage. — Saviard vit chrz an homme de vingt-huit ans, qui mourut subitement , après avoir été guéri d'une fièvre simple, le péricarde presque cartilagineux, ayant dix lignes d'épaisseur (i). — Sènac présenta à TAcadémie des Sciences un péricarde dont la partie supérieure et antérieure étoit transformée en un os très-large qui avoit demi-pouce d'épaisseur (2). — On a trouvé, sur un octogénaire, le péricarde ossifié par plaques, et adhérent dans l'intervalle (3). — Sur un vieillard destiné aux dissections de la Pitié, j'ai vu le péricarde adhérent au cœur , et couvert de plaques osseuses, dont la plupart étoient situées au niveau de la réunion des oreillettes et des ventricules. La principale avoit un pouce et demi de large sur un demi-pouce de long et demi-ligne d'épaisseur; elles étoient toutes inégales, tuberculeuses, fragiles, jaunâtres, contenues au milieu d'un tissu fibreux très dense ^ tout-à-fait analogues aux ossifications par plaques des artères, et adhérentes au cœur au moyen d'un tissu cellulaire très-lâche. Ce même sujet olfroit une altération stéatomaleuse de

(i) Obs. cbir. lv , p. 25.

(2) Ann. 1728, p. 552.

(5) Journal de Trévoux /yx\xs. 1726.

ET PRODUCTIONS OIIGANIQUES. 23

l'aorte, depuis son origine jusqu'à sa terminaison, et une ossification par plaques de Ja fin de l'aorte ventrale, de ses divisions et subdivisions.

Je ne connois d'exemple de pierres dans le péricarde que celui de LancisK^i)* Il en trouva trois de couleur verte; deux ëtoient fort petites ; la troisième pesoit deux onces : le malade avoit éprouvé des syncopes fréquentes.

Espèce iv. Je n'ai jamais vu d'ossification de la membrane extérieure des reins, Morga^ gni (2) parle seulement de son épaississement. — Il n'en est pas de même de la membrane propre de la raie* Les transformations cartilagineuse et osseuse sont très- fréquentes , la première surtout : tantôt ce sont des granulations , des plaques ; tantôt la rate toute entière est recouverte d'une enveloppe cartilagineuse, lisse ou tuberculeuse , interrompue par des cicatricules. Presque toujours on rencontre cette altération sur le corps d'individus qui n'avoient éprouvé aucun symptôme du côté de cet organe. Cependant, on a cru qu'elle pouvoit donner lieu à des symptômes morbifiques, tels que douleurs daus les hypochondres , hydropisies, tremblemens, pal-

(1) MoRG. De Sed. et Caus., Epist. xxv , 16,

(2) Epist. xxxviu , 28.

pitalions, etc.; mais en général od trouve, dans les autres circonstances de l'autopsie , des raisons beaucoup plus probables de ces accidens^ M. Lobstein dit que dans tous les cas qui se sont présentés à lui , il n'a pu reconnoître sî c'éloil la membrane propre ou la membrane péritonéalo qui étoil convertie en cartilage. Sur un très-grand nombre de rates, M. Laennec a toujours pu séparer la tunique propre de la couche cartilagineuse ; quelqueiois il est par- Tenu à enlever quelques lambeaux de dessus celte dernière , en sorte qu'il est porté à croire que la couche cartilagineuse est place'e entre les deux membranes. Une fois j'ai vu celte couche cartilagineuse se continuant manifestement avec le péritoine. Sous elle, la membrane fibreuse étoit parfaitement saine.

Espèce v. La surface convexe du foie présente souvent des plaques cartilagineuses et osseuses. Une fois , j'ai trouvé cette surface comme hérissée de granulations osseuses. Je les rapportai d'abord à la membrane propre du foie; mais il en existoit de semblables plus profondément dans l'épaisseur du parenchyme.

Espèce \u Blasius (i) dit avoir vu une écaille osseuse adhérente à la sclérotique. 11

(i) Ohseiv. medîc. , tab. viii, fig. i5.

ne parle nullement de l'ossificalion de cette membrane , comme il est dit dans un Recueil justement critiqué par Morgagni (i).

Espèce vu. On a trouvé la membrane du tambour ossifiée chez un individu qui entendoit très-bien (2).

Espèce yiii. Les membranes des fenêtres ronde et ovale, dont l'existence , surtout celle de la première , que Scarpa (3) a décrite avec son exactitude accoutumée , a été le sujet de tant de contestations , ont été trouvées ossifiées ; celle de la fenêtre ovale par Valsaha^ et celle de la fenêtre ronde par T^ieussens ^ dans deux cas de surdité.

Espèce ix. Ossification du périoste* L'ossification du périoste , généralement admise depuis les belles expériences de Duhamel et de Troja^ vient d'être tout récemment attaquée par des praticiens distingués. Les uns et les autres citent des faits à l'appui de leur opinion. On est convaincu quand on a \u Duhamel et Troja; on est fortement ébranlé par les raisonnemens et les faits de MM. héveillé et RicherancL C'est en répétant les expériences des premiers et en

(i) Epis t. LU , 3i.

(2) Dissert, de Plalner. Lips., 1780.

(5) De Structura Fenestrœ rotundœ , et de Tympano secund. 1722, in-8°.

discutant les objections des seconds, qu'on pewt éclairer ce point de doctrine , qu'un accident malheureux ne m'a pas permis d'approfondir au gré de mes désirs (i).

Les partisans de l'ossification du périoste disent que cette membrane s'ossifie dans trois circonstances principales : i**. lorsqu'elle est détachée de l'os; 2°. lorsqu'on a détruit la membrane médullaire ; 5°. pour la formation du cal dans les fractures.

(1) Cet accident est un abcès à l'aisselle et unejGèvre symptomatique de mauvais caractère, suite de piqûre au doigt en ouvrant un cadavre. Cet abcès , quoiqu'ouvert de très-bonne heure par M. Dupujtrerij fut suivi de deux fistules, Tune située derrière le grand pectoral et s'étendant jusque vers la clavicule, l'autre se dirigeant en arrière sous la peau de l'aisselle. Le premier trajet a élë guéri par rintroduction de mèches, des injections irritantes, et la compression exercée au moyen d'un bandage élastique , dont la pelolte porloit sur le trajet fistuleux , et dont le point d'appui étoit en arrière sur le scapulum. ( L'idée de ce bandage est due à MM. Rêcamier et Marjolin, ) L'autre trajet n'a cédé ({u'à l'incision de toute la peau comprise depuis la plaie jusqu'au fond du foyer. C'est mon père qui a fait cette incision , qui exigeoit beaucoup de précaution à cause du voisinage des vaisseaux et nerfs axillaires. II y a plus d'un an que cet accident m'est arrivé, et il reste encore un suintement léger qui paroît persister par une sorte d'habitude , mais dont j'espère être bientôt débarrassé.

ï. Lepérioste s^ossifie-t-il lorsqu'il est détaché de l'os? Le périoste, détaché dans une petite étendue , se recolle souvent sans que l'os éprouve d'exfolialion ; ce fait , observé depuis longtemps, a été mis hors de doute par Tenon (i). J'ai vu plusieurs fois tenter, et j'ai tenté moimême, avec succès, la réunion par première intention de plaies de tête avec dénudation des os du crâne; néanmoins j'étois bien loin de m'attendre au résultat des expériences suivantes.

Sur dix ou douze lapins, j'ai incisé la peau et le périoste qui recouvrent la face interne du tibia ; j'ai décollé ce périoste avec le manche d'un scalpel , dans les deux tiers au moins de la cir« conférence et de la longueur de Tos : dix, vingt jours , un mois , deux mois après , j'ai été lout étonné de voir le périoste recollé , et le tibia de ce côté ne différer en rien de celui du côté opposé; seulement la plupart me présentèrent un léger épaississement de l'os aux limites du décollement du périoste. Sur trois lapins , je détachai le périoste des côtes dans toute leur circonférence : j'avois oublié de noter les côtes sur lesquelles j'avois opéré. Au bout de deux mois, ayant sacrifié ces animaux qui m'avoient servi à d'autres expériences, je ne pus découvrir ces

(i) Mem. de TAcad. des Scienc. , p. 372. 1758.

côtes : elles étoieut toutes semblables. Sur d'autres lapins, je détachai le périchonJre du cartilage thyroïde et du carlilage des côtes : même résultat. Bichat (i) avoit déjà répété deux fois ja même expérieûce sur le cartilage thyroïde d'un jeune chien, et refermé de suite la plaie, qui guérit sans altération notable dans Torgauisaliou du cartilage.

L*un de ces lapins sur lequel j'avois décollé le périoste dans toute la circonférence de l'os (2), mourut deux mois après par suite d'une tuméfaction considérable delà cuisse. En mon absence.

(i) Anatomie générale, t. m, Sjst.Jibr, , p. 188.

(2) Bichat * dit qu'il a répété sur deux chiens Texpérience qui consiste à détruire la membrane médullaire , et que tout l'os s'est nécrosé. « Quant à celle qui consiste à » enlever le périoste non-seulement de dessus la partie » moyenne , mais de dessus toute la surface de l'os , je » ne sais si quelqu'un a osé la tenler : elle m'a paru irn- » possible. Elle seroit praticable, que bientôt l'animal » mourroit à cause de l'étendue du délabrement , et » qu'ainsi on n'auroit aucun résultat ». MM. les docteurs Valleraîid, Thomas , Houssard, Codet, Desoër, qui m'ont aidé dans la plupart de mes expériences , ont pu s'assurer avec moi si cette dénudation offre autant de difficulté que le dit Bichat: quelques animaux ont succombé^ mais le plus grand nombre a survécu.

''' Auat. ge'ncr. , Syn.fibr, , l m , p. i83»

ET PRODUCTIONS ORGANIQUES. 2g

M.le docteur /^a//erû(«^ fit l'exaraeDcle la cuisse. La plaie exlërieure ëtoil cicatrisée , mais l'os dénudé éloit environné, dans les deux tiers de sa circonférence, d'une grande quaiitité de pus semblable à de la matière caséeuse. Le fémur, qu'il m'a conservé , est extrêmement curieux. La face antérieure est couverte d'uoe couche épaisse de nouvelle formation , de laquelle partent des végétations irrëgulières et deux productions osseuses, lisses à leur face externe, rugueuses à leur face in terne , offrant près d'un pouce de largeur sur deux de longueur , et se portant en arrière comme des ailes en s'écartant du corps de l'os ; une ligne inégale indique un commencement de séparation de toute la partie nécrosée. Le fémur est trois fois plus épais à l'endroit de cette nécrose que dans tout autre point. La partie nécrosée, qui fait le quart de cette épaisseur, est compacte; la partie subjacente est spongieuse.

Cette observation toute seule prou veroit que le périoste nourrit les couches les plus extérieures de l'os, qu'il est susceptible de s'ossifier lorsqu'il est détaché de l'os , qu'il est détruit par la suppuration; que, dans le cas de nécrose superficielle , les couches vivantes deviennent spon-

gieuses.

Pour éviter tout recollement du périoste et

3o TRANSFORMATIONS

prévenir toutes les objections , j'imag'mai d'in» terposer un corps étranger entre le périoste et l'os.

1°. Sur un très-jeune lapin je décollai , avec M. le docteur Codet^ le périoste dans toute la circonférence et toute la longueur de Tos ; nous passâmes deux fils de laiton entre le périoste et l'oS: l'animal , sacrifié un mois après, nous présenta une diminution considérable du volume du tibia à l'endroit de ces anneaux de lailou ; un léger effort suffit pour rompre l'os dans ce point ; une couche cartilagineuse et osseuse recouvroit \gs fils ; le périoste s^étoit recollé dans tout le reste de la longueur de l'os.

2°« Sur un autre lapin je passai entre le tibia et le périoste une lame de plomb battu , d'un demi-pouce delargejjelafixai sur l'os au moyen de trois fils cirés. Deux mois après , on sentoit un renflement osseux très-considerable autour du corps étranger : ce lapin m'a été enlevé à mon grand regret.

De ces expériences, que je m'élois proposé de multiplier encore , je conclus que le périoste est susceptible de s'ossifier ; que si on me elle des faits qui semblent établir le contraire , je répondrai, avant même de les avoir entendus, qu'ils n'infirment pas la vérité que je viens d'établir , parce que mille jaits négatifs ne détrui"

ÎT PRODUCTIONS ORGANIQUES. 3ï

sent pas un seul fait affirmadf ; que sans doute les circonstances n'étoient pas les mêmes que dans les cas que j'ai rapportés. En effet , j'ai vu un très-srand nombre de fois , à la suite d'amputation, des fusées de pus avoir lieu le long du trajet des vaisseaux , entre les muscles, entre ceux-ci et le périoste, entre le périoste et l'os : j'ai vu le périoste décollé dans une grande étendue sans aucune trace d'ossification ; souvent même il étoit presque détruit. Trois chiens sur lesquels j'avois , avec M. le docteur Desoër , décollé le périoste dans toute la circonférence de l'os et interposé un corps étranger , ont succombé avant le dixième jour ; un pus fétide étoit ramassé entre l'os et le périoste, qui étoit noirâtre, désorganisé et se déchiroit avec facilité. Des foyers de pus existoient aussi dans l'épaisseur des muscles. Toutes les fois que j'ai vu le périoste en contact avec du pus , et surtout avec accès de l'air, je n'ai point trouvé d'ossification : de là fai conclu que le périoste , en contact avec du pus , ne s' ossifie jamais ; et c'est là ia seule conséquence qu'on puisse tirer des faits cités par M. Léveillé , pour prouver le défaut d'ossification du périoste.

II. Le périoste s' ossijie-t il dans le cas de destruction de la membrane médullaire?

Quand la membrane médullaire est détruite.

(lisent la plupart des auteurs avec Troja^ tout Tos meurt , le périoste s'ossifie et tbrme un os nouveau : l'os ancien , mobile , doit être retiré pour qu'on puisse obtenir la guérison. Cette doctrine, résultat d'expériences très-mullipliées, écrites sans art et avec une négligence de style qui garantit la véracité de l'auteur, seroit-elle erronée ? Troja ^ entraîné par l'autorité de^ Duhamel, auroit-il pris , comme le dit M. Lé^ veillé , le développement des lames externes de l'os pour l'ossification du périoste ? Doit-oa lui substituer la théorie suivante ? Les nécroses profondes sont produites par l'inflammation , la suppuration et la destruction de la membrane médullaire. Les lames internes , qui reçoivent toute leur vie de cette membrane médullaire, se nécrosent seules ; les couches externes se développent, et la disposition cellulaire qui , suivant Scarpa ^ existe dans tous les os, devient manifeste : la séparation s'effectue ; le pus , augmentant de quantité, exerce une pression contre l'os spongieux; les points les plus foibles cèdent; des ouvertures fistuleuses ont lieu.

L'observation et l'expérience peuvent seules décider cette grande question. J'ai entrepris des expériences , je n'ai laissé passer aucune des occasionsuombreuses que j^aieues,en i8i4>d'observei* des nécroses suite de plaies par arme à feu.

ET PRODUCTiOxNS ORGANIQUES. 33

J'ai amputé l'extrémité inférieure de la jambe à des lapins et à des pigeons, et détruit la membrane médullaire du tibia. Je ne me suis pas contenté d'enfoncer un slylet , j'ai broyé la moelle. Je m'atlendois à des résultats imporlaus; point du tout: les membres ne se gonflèrent pas sensiblement , et un mois après la moelle éloit reproduite; l'os opéré n'a voit pas plus de volume que celui du côté opposé ; seulement un épaississement morbifique se remarquoit dans quelques points. J'ai répété cette expérience vingt fois peut-être : j'ai toujours obtenu le même résultat»

Alors j'ai rempli la cavité du tibia de charpie fortement pressée»

Lapins, Au bout de vingt«quatre , trentesix , quarante - huit heures , le membre avoit: doublé de volume, et préseutoit une lymphe à demi-concrète , épanchée entre les muscles, contenue dans leur épaisseur, et d'autant plus abondante qu'on s'approchoit davantage de l'os; le périoste se détachoit beaucoup plus aisément que dans l'état naturel ^ paroissoit plus humide, et la surface de l'os étoit recouverte d'une espèce de gelée qu'on pouvoit enlever par un léger frottement. Au bout de trois, quatre, cinq jours, cette couche avoit augmenté d'épaisseur, de consistance, se confoudoit avec le II. 3

â4 TRANSFORMATIONS

përiosie pour devenir bieniôtcartllagineiise.Vcrs les huitième , dixième jours, l'os avoit doublé de volume; eu le sciaut suivant sa longueur, on trouvoit qu*il étoit forme par une couche spongieuse , rougeâtre, facile à couper, trois fois plus épaisse que Tos ancien auquel elle adhëroit, excepté dans quelques points qui piësentoient une subslacce molle, rou^eâlre. Plus tard, Tos ancien étoit séparé de l'os nouveau par une merobraire rougeâtre ; l'os ancien avoit la même épaisseur que le même os du colé opposé ; sa surface étoit lisse ; à une époque plus avancée, sa surface devenoit rugueuse , ce qui paroît tenir à l'absorption exercée par la membrane.

J'ai répété ces expériences sur les pigeons , et je les ai beaucoup plus multipliées; j'ai obtenu à-peu-près le même résultat , sauf la rapidité beaucoup plus grande des phénomènes. Mais un fcût bien extraordinaire que je n'ai pas encore pu constater chez les lapins, et sur lequel mes expériences sur le cal m'avoient donné l'éveil , c'est que les couches les plus profondes des muscles se pénètrent de gelée comme le périoste, passent à l'état cartilagineux, puis osseux. La membrane interne de Tos nouveau est beaucoup plus rouge et plus prompteraent organisée qiie chez les lapins; sa surface

ET PRODUCTIOiNS ORGANIQUES. 35

est extiêraemeat inégale, présente une ligne enfoncée à l'endroit de l'insertion des aponévroses et des tendons. Cet os est d'une épaisseur très -inégale; ici, très -mince, presque transparent ; là , très-épais; sa structure est celiuleuse , et les cellules sont remplies d'une substance Irèsrouge. L'os ancien offre d'abord la même épaisseur que celui du côté opposé ; mais bientôt sa surface devient inégale, comme si elle éloit continuellement rongée ; il s'amincit prodigieusement, devient lamelleux et pliant , disparoît même tout-à fait au bout d'un certain temps.

J'ai retiré l'os ancien et jVi abandonné les animaux à eux-mêmes. Au bout de quelque temps , l'os nouveau étoit rempli par de la moelle , ses parois revenues sur elles-mêmes , ses cellules plus resserrées et moins rouges. Je détruisis cette moelle du nouvel os sur plusieurs pigeons , je remplis la cavité de charpie* Je m'attendois à trouver un second os nouveau autour du premier nécrosé ; je comptois alors répéter cinq , six fois sur le même os cette destruction ; les circonstances dont j'ai parlé m*ont fait ajourner ce projet.

De ces expériences j'ai conclu que, sur le tibia et le fémur des pigeons, sur le tibia des lapins, la destruction de la merabr an© médul-

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laire avec introduction d'un corps élraDger dans ]a cavité de i'os , amène la nécrose de tome l'épaisseur de cet os ; que Ja destruction de la moeiîe sans introduction de corps étranger, est suivie de la reproduction de celle moelle; qu'après l'extraction du corps étranger, une moelle s'organise dans l'os nouveau ; que dans les pigeons , les muscles paroissent concourir à la formation du nouvel os.

J'ai répété ces expériences sur les grenouilles; mais comme je n'avois rien introduit dans leur canal médullaire , je n'ai obtenu aucun résultat.

Mais le tibia des lapins, les os des pigeons sont très-minces; la destrtiction de la membrane médullaire sur des animaux dont les os offrent une grande épaisseur ne j)ourroit-eile pas produire d'autres phénomènes? Pour vérifier cette conjecture, j'ai détruit avec M. le docteur De^ soër la membrane médullaire de six gros chiens > et j'ai introduit de la charpie dans le canal. Les pigeons ne manifestent pas de douleur par la destruction de la moelle; les lapins n'en témoignent pas toujours ; mais les chiens poussent des cris affreux, lors même qu'on introduit, pour la cin<]uième eu sixième fois, la tige de fer dans le canal médullaire. Tous ont succombé dans les douze premiers jours : sur tous j'ai trouvé le

ET PRODUCTIONS ORGANlQtlES» ôy

périoste décollé dans une partie ou dans la Ibtaîité de la surface de l'os, du pus sanieux entre le périoste et Tos et dans Tépaisseur des muscles. Je n'ai rien conclu de ces expériences , que je n'ai pu répéter.

Mais j'ai un grand nombre d'observalions de nécrose qui peuvent jusqu'à un certain point y suppléer. M. le docteur Thomas m'a donné un tibia nécrosé , enveloppé dans les deux tiers de sa surface par un os nouveau spongieux ; la surface de ce tibia est Irès-lisse et présente tous les sillons, même les plus petits, de celle d'un tibia sain. J'ai vu d'autres os qui étoientdans le même cas; et certes , ce sont bien là des exempies de nécrose de toute l'épaisseur de l'os.

J'ai vu d'autres nécroses évidemment formées par les lames les plus intérieures de l'os, dont la surfice étoit creusée de demi-cellules : pour les retirer , on avoit été obligé d'appliquer des couronnes de trépan sur les lames extérieures qui les recouvroient. J'ai vu entre autres , i° un séquestre formé par toute l'épaisseur de l'os dans l'étendue d'un pouce et demi à deux pouces, et par ses lames intérieures dans le reste de son étendue ; 2^. un autre séquestre du tibia formé par toute l'épaisseur de l'os, à une de ses extrémités, par ses lames externes dans une certaine étendue , puis

par les lames moyennes de son extrémité spon-« gieuse. — Les nécroses , suite de l'amputalion des membres , sont encore très-remarquables : jj en est qui sont forme'es aux de'peus des lames externes de l'os , d'autres aux dépens des îames internes, eniin d'autres qui comprennent toute l'épaisseur de l'os à son extrémité, et présentent en haut des prolongemens considérables de ses lames internes.

- De là je conclus que dans les os épais , il y a nécrose tanlôt des lames internes , tantôt des lames externes, tantôt enfin de toute l'épaisseur de l'os; que dans les extrémités spongieuses, il est des nécroses de lames moyennes enchâssées entre les lames externes et les lames internes vivantes.

Mais quelles sont les causes de ces nécroses? la destruction de la moelle est-elle suivie de la mort des lames internes toutes seules , comnae le décollement du périoste de la mort des lames externes ? La nécrose totale ne peut-elle avoir lieu que dans le cas de destruction simula tanée de la membrane médullaire et du périoste? L'expérience seule peut répondre à ces questions, et j'avoue n'avoir pas assez consulté ses oracles. La solution de ces problèmes est entiè-*rement liée à la connoissance des usages du pévioste et de la moelle j ces usages, surtout ceux

de la dernière, sont presque complètement inconnus (i).

IIL Le périoste s'ossifie dans la formation du caL Cette ossification, démontrée par les belles expériences de Duhamel^ attaquée par Haller et Dethleefy qui ne voyoient par-tout que suc osseux ; rejelée par Bordenave et Bichat , qui veulent que la formation du cal soit analogue à celle de toutes les autres cicatrices; cette ossi^

(i) Quand je réfléchis aux différences anafomiques de , ]a membrane médullaire et du périoste, je ne puis croire à ridentité de leur usage , et penser que Tune sert à nourrir les lames internes comme le périoste nourrit les lames externes. La membrane médullaire s'ossifieroit-elie dans les nécroses extérieures comme le pério&te dans les nécroses intérieures? Cela répugne au premier abord : je dirai plus -bas ce que j'ai observé à cet égard. Attendons néanmoins sur cela la décision de l'observation et de Texpérience. J'ai observé deux faits de nécrose de toute l'épaisseur du tibia, quoique la membrane médullaire subjacenlc vécût encore très-bien , et même , dans un cas , envoyât des prolongemens vasculaires dans l'os nécrosé. La moelle ne nourrit-elle donc pas les lames intérieures. Je ne crois pa^ qu'on puisse en tirer cette conséquence j car il est possible qu'une cause détruise la vitalité de l'os sans détruire celle de la membrane médullaire ; et de ce que l'os meurt toutes les fois que la membrane médullaire est détruite ^, îl ne faut pas conclure que la membrane médullaire doive mourir dans tous les cas de mort de l'os.

ficalion , dis-je , m'a élé démontrëe par une foule d'observations et d'expériences. Sur des fractures de tibia et de fémur, parvenues aux quinzième, vingtième et vingt-cinquième jour, chez l'homme et les lapins (i), j'ai suivi le périoste depuis Textrémité de l'os jusqu'à l'endroit de la fracture ; à une certaine dislance de l'endroit fracluré , j'ai vu cette membrane augmenter d'épaisseur , devenir successivement cartilagineuse et osseuse , laisser sur la surface de laquelle elle étoit détachée une légère couche osseuse. Sur certaines fractures ^ j'ai pu la suivre à la partie la plus profonde de la virole en partie osseuse , en partie cartilagineuse et charnue , que formoient autour d'elle les muscles ossifiés; plus tard, elle étoit confondue avec cette virole osseuse, en sorte qu'on eût pu croire , avec Duhamel , que lui seul concouroit à la former. Au reste, je ne crois pas que la doctrine du cal soit encore in- •variablement fixée par mes expériences. Je me suis fait moi-même beaucoup d'objections auxquelles je n'ai pu répondre. Je n'ai point encore assez varié les conditions de ces expériences : je sais que , pour résoudre un problème de cette

(i) Au cinquième, dixième, quinzième et vingtième jour sur les pigeons.

importance , qui est encore dans la classe des iûdëterminés , il faut encore plus de données : ce que je puis assurer , c'est que les muscles s'ossifient dans tous les cas de grand déplacement des fragraens*

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