‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organique en particulier (volume 3)Chapitre 4 sur 25 · II · texte numérisé non relu

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et revienneut à leur premier étal lorsque rirrî-* talion est passée. Ces phénomènes bien observés rae prouveroient déjà que les tumeurs hémor- 1 hoïdales ne sont pas des varices : je les rapprocherois plutôt de ces tumeurs qui présentent des alternatives d'orgasme et d'affaissement, des tumeurs érectiles : la structure anatomique va convertir en vérité cette conjecture. Lorsqu'on incise les hétnorrhoïdes , on trouve qu'elles sont formées par un tissu spongieux, rougeâlre, vasculaire^ tout-àfait analogue au tissu érectile. L'injection poussée dans les artères hémorrhoïdales pénètre ces tumeurs , qui semblent alors toutes vasculaires ; quelquefois des veines dihttées existent à leur surface; leur rupture,dans quelques cas, a pu autoriser l'opinion générale, mais elles ne sont qu'un accident et point du tout la maladie principale. La nature bien déterminée de ces tumeurs donne la clef de quelques faits inexplicables dans tout autre hypothèse. Ainsi Zaciitits parle d'un jeune homme qui périt d'héraorrhagie par suite de l'incision de tumeurs hémorrhoïdales j Denjs* Daca, chirurgien espagnol , rapporte que le fils de Charles-Quint périt de la même manière.

Mais il est une autre espèce d'hémorrhoïdes moins commune que la précédente, et bien plus propre à en imposer. La découverte en est entièrement due à M. Piécamier : ce sont de

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petits kystes situés au milieu du tissu cellulaire dense qui unit les muqueuses aux autres membranes; leur nombre varie : intimement unis au tissu cellulaire ambiant par leur face externe, ils sont lisses par leur face interne. Au premier coup-d'oeil on les prendroii pour des varices; mais il est aisé de voir qu'ils ne se continuent pas avec les veines; la différence devient encore plus tranchée quand il existe des dilatations veineuses à leur surface. Quelquefois ils sont remplis de sang en caillots; dans d'autres cas on trouve qu'ils communiquent à l'extérieur par une ouverture plus ou moins considérable.

Le mécanisme du (lux héraorrhoïdal se déduit aisément de ces observations. Ce llux ne provient pas de veines variqueuses, mais bien le plus souvent de tumeurs érectiles ; il n'est pas la suite de déchirure , comme on l'a cru jusqu'à ce jour , comme le peusoit encore Bichat , qui a séparé le flux hémorrhoïdal des hémorrhagies par exhalation ; mais bien le résultat d'une action vitale , d'une exhalation à la surface de la tumeur. Dans le cas de kystes hémorrhoidaux , l'exhalation a lieu à la surface intérieure du kyste , dont la rupture est nécessaire pour l'évacuation du sang au dehors.

Les hémorrhoïdes internes ne donnent donc pas spécialement passage au sang de la veine

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porle , comme le pensoient Stahl^ Alberù , soq (JUciple , et la plupart des auteurs , pas plus que les externes n'évacuent celui de la veine cave. LesangdeshémorrhoïJesinlerues n'est pas plus épais ni plus noir, et son évacuation ne sçuerit pas mieux que celle de tout autre sang la raanie, l'bypochondrie et la mélancolie ; mais la nature de ce sang varie suivant Tactiou vitale qui est la source de son exhalation. Le moiinien hemorrJiagicurn h élhhWi : souvent une espèce de liquide séreux et muqueux précède et suit i'exhalationsanguine^rirrilationtdesecréloire, devient hémorrhagique pour redevenir sécréioire.

Les caractères que je viensd^indiquersont spécifiques et distinguent assez ces tumeurs de beaucoup d'autres qui se manifestent dans le même endroit , des fies, des condjf lûmes, poireaux, crêtes , verrues , du cancer du rectum , qui en est quelquefois la suite , du renversement du rectum, etc.

Du reste, l'influence, peut-être exagérée, des bémorrhoïdes sur Téconomie , comme cause de maladie, comme moyen curatif, comme moyen préservatif, n'est pas de mon objet.

Les bemorrboides sont les seules tumeurs éreciiles susceptibles de dégenéier; continuellement irritées par le passage des matières fécales , elles deviennent très-souvent cancéreuses.

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