ORDRE SIXIÈME
Productions ërecCiles.
Le tissu ëreolile , omis par Bic/iaô, n'a été bieu décrit que par M. Dupuytren : on l'observe dans le corps caverneux de la verge, le clitoris, le canal de l'urèlre, la rate, le placenta, le mamelon de iatemraerses caractères sont, i®. d'être susceptible d'augmentation de volume, d'érection , par l'effet d'un stimulus , et d'affaissement par la soustraction de ce stimulus ; 2*^. d'être formé par une membrane fibreuse, de la face interne de laquelle partent une multitude de prolongemens qui s'entrecroisent en tous sens, et soutiennent les vaisseaux artériels et veineux prodigieusement divisés. Un tissu analogue peut élre accidentellement produit , et les tumeurs qui en résultent ont été connues sous le nom de 'variqueuses , spongieuses , fongueuses , sanguines , fungus hematodes , etc.
Caractères physiques ^ anatomiques et physiologiques. Les productions érectiles se mani- «..^^ ^ ^^
formations osseuses combinées avec d'autres altérations, le plus souvent la dégénération cancéreuse. J'ai dit un mot des premières à l'article des autres transformations : je parlerai des secondes à l'article Dégénérations,
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fesleul ordiinairemeut sous ia forme de tumeurs tantôt bleuâtres et affaissées, tantôt beaucoup pbis saillantes, rouges , chaudes , tendues, faisant éprouver au malade un senîiraenlde pulsations isochrones à celles du pouls; inégales à leur surface, se réduisant à un très-petit volume par la pression qui , employée d'une manière continue, a quelquefois obtenu la guérison; parfaitement circonscrites dans quelques cas , envo3'anfe d'autres fois au loin des prolougemens qu'on ne peut déterminer d'avance; présentant rarement au centre une tluctualion qui, lorsqu'elle existe, dépend d'un amas de sang. En général elles adhèrent intimement à la peau, qui souvent participe à la transformation , et est même quelquefois primitivement et exclusivement affectée. Leur tissu est absolument le même que celui du corps caverneux j une membrane fibreuse, peu épaisse , les circonscrit de toutes parts; de cette membrane , qui passe quelquefois à l'état cartilagineux et osseux, parlent des prolongemens innombrables qui forment des espèces de cellules dans lesquelles on croiroit d'abord que le sang est contenu ; mais si on injecte les artères îVvec précaution , ou voit un lacis vasculaire inextricable, sans aucune espèce d'épanchement. L'injection poussée par les veines ne parvient pas jusqu'à la tumeur; celle poussée dans les
artères la remplit et revient par les velues. Caractères pathologiques, Souveul coDgéniales, les productions ërectiles sont quelquefois accidentelles, surviennent sans cause connue , ou sont provoquées par des violences extérieures , telles que des pressions répétées ; elles se développent dans toutes les parties ; les lèvres y sont le plus sujettes , sans doute à cause de leur structure spongieuse , vasculaire , et jusqu'à un certain point érectile. Ce sont ces tumeurs ërectiles des lèvres qifre Marc-Aiirèle Severin décrit sous le litre de de atro , cruento laha tiiberculo , et qu'il conseille d'emporter avec un scalpel d'or rougi au teu. Ou en a vu au bras, à Tavant-bras, à la cuisse, au cuir chevelu, à l'oreille, à la joue, aux grandes lèvres, dans l'épaisseur de la peau, des muscles, du périoste et des os. M. Dupuytren dit en avoir rencontré dans les reins et le foie. J'ai parlé d'une tumeur osseuse trouvée dans le cerveau dont une j)ai lie présentoit un tissu qui m'a paru érectile. ( Voy. TransformaLion osseuse du cerveau. ) J'ai vu deux tumeurs de ce genre situées au-dessus de l'oreille; une autre développée dans l'épaisseur de la peau de la région parotidienne.
Ces tumeurs restent quelquefois staliouuaires , et ne font éprouver ni douleur ni gène : alors on peut les respeclcr, car robservatioagi
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prouvé qu'elles ne sont pas susceptibles de dëge'nëration ; mais si elles incommodent par leur siéi^e , il faut les emporter. M. Dupuytren a vu un homme -cjui avoit une tumeur érectile à la tête, piéciséraeut sur un des points du cercle que comprime ie chapeau : cet homme portoit habituellement son chapeau sous le bras. Un jour il le met brusquement sur sa tête dans un mouvement de colère; la fumeur est enlamée^i fournit du sang : ou est obligé de l'emporter.
Souvent la tumeur fait des progrès plus ou moins rapides : si on l'abandonne à elle-même , des douleurs vives surviennent ; la peau s'amincit , se gangrène '-, des hémorrhagies se déclarent et épuisent le malade , ou bien un travail intérieur s'établit dans la tumeur : le malade résiste ou succombe à la fièvre de mauvaise nature qui se déclare. Voici une observation extrêmement remarquable , où ce travail intérieur et la mort ont été déterminés par la ponction.
Un homme âgé de quarante-trois ans, d'une petite stature , mais bien constitué , avoil du côté droit de la tête une lumeur qui couvroit une portion du pariétal, du frontal, de l'occipital , les régions temporale, mastoïdienne, et la partie supérieure de la région latérale du col. Celte tumeur , saill.inte de deux pouces et demi à trois pouces dans sa moitié supérieure , diminuoil iu-
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senslblenienl jusqu'à la paille la plus déclive, et ëloil par-tout recouveile Je cheveux comme le reste du cuir chevelu. Lalèle, rasée, on vit que la peau doit saine el divisée en trois parties : une, supérieure et antérieure, séparée des autres par une lii^ne transversale, semhioit formée par une raalière orgamsée , assez consistante ; une moyenne qui otiVoit une lluctuatiou équlvo(|ue; une inférieure, molle, agitée par des mouvemens d'expansion et de resserrement isochrones à la systole et diasiole du cœur. L'examen le plus attentif" ne lit découvrir rien de semblable dans les deux, autres portions de la tumeur ; on sentoit en arriére, sur la porliou mastoïdienne du temporal , une ouverture irréi^ulicre , hérissée de pointes osseuses. On crut aussi reconnoitre une alleralion de l'arcade zygomatique.
Ce malade , interrogé sur l'histoire de sa maladie , répondit que la tumeur avoit paru des les premières aunées de sa vie, s'étoit développée lentement et sans douleur ; que , quatre ans avant son enlrée à l'hôpital , il avoit reçu plusieurs coups sur elle , et qu'un chirurgien , consulté, lui fit un incision qui donna issue à du sang pur j que depuis cette époque il u'avoit éprouvé aucun accident, et n'auroit jamais réclamé les secours de l'art , si, quelques jours avant sou entrée, il n'avoil reçu sur la télé un éboulement
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de terre. Cette maladie ëtoll évidemment incurable , et il ne falloit pas y toucher. INéanmoins oa est vaincu parles instances du malade, qui veut qu'on évacue le sang qu'il dit être contenu dans sa tumeur. Ou fait une pouctiou avec le bistouri ; il s'écoule aussitôt du sang artériel qui paroît s'échapper des vaisseaux , et non poiut d'une poche où il auroit été contenu. L'hémorrhagie est facile à arrêter : l'innocuité de cette petite opération engage à en faire une seconde le lendemain : même résultat. Enfin, ou pratique une troisième ponction qui donne issue à du sang noir , altéré. Le jour même, le malade est pris de fièvre , de nausées , de vomissemens , de douleur vive dans la tumeur; la der-» nière ponction donne issue à beaucoup de sang, — Le lendemain pesanteur de tête , tumeur ramollie , douloureuse. ■^— Mêmes symptômes le troisième jour. — Le quatrième survient un érysipèle au cuir chevelu , à la face et au côté droit du col. Le moindre contact est douloureux; le pouls est petit , serré. — Le sixième jour, la tuméfaction augmente. — Le septième, rupture de la cicatrice d'une des ponctions ; écoulement de sérosité sanguinolente. — Le huitième, l'érysipèle s'étend à la partie supérieure de la poitrine {petit-lait émétisé). — Le neuvième , évacuations abondantes (^peùll-'Iait émécisë , ei
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sulfate de soude). — Les jours suivans , détuinëfaction, desquamation, retour de Tappétit, rupture de la cicatrice d'une des ponctions, écoulement d'un pus rougeâtre. — Du vingt au vingt-neuvième jour, hémorrhagies fréquentes, perte absolue de l'appétit , fièvre continue; infiltration des jambes ; délire. — Mort le trentième jour.
L'ouverture du cadavre a été faite par M. £)«- ■puytren, qui a lui-même noté les particularités qu'elle a offertes.
L'injection , poussée dans l'artère carotide droite , remplit en quelques instans les pocbes de la tumeur , et revint par la veine jugulaire* Celle qui fut ensuite poussée par les veines rendit sensibles un grand nombre de veines très- Jarges à la surface et au voisinage de la tumeur. La dissection de celle-ci fit voir qu'elle étoit composée de deux parties tout-à-fait distinctes : l'une formoit une masse très-considérable qui présentoit trois tissus différens; i°. un tissu rougeâlre comme la fibre musculaire, mais extrêmement friable et sans disposition linéaire: ce tissu éloit en général placé au-dessous de la peau ; 2°. un tissu fibro-celluleux formant la majeure partie de la tumeur , infiltré d'une assez grande quantité de sérosité , parcouru par des veines d'un calibre très-considérable, et par
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des artères beaucoup plus petites , même proportionnelleineut; S''. eoHujdanscertaiues parties, tissu fibro-celinleux, plus rouge, plus vasculaire. C'étoit dans cette masse hétérogène que s'ëtoient formés les abcès dont nous avons parlé . et à leur place , on trouvoit des poches Irès- Tastes , à parois rouges, villeuses, qui avolent fourni les diverses hémorrhagies observées pendant la vie.
La seconde partie de la tumejar, beaucoup moins volumineuse que la précédente, située à la région mastoïtlienne , n'étoit qu'un appendice d'une tumeur plus volumineuse située dans le crâne , et faisoit saillie au dehors à travers l'ouverture observée durant la vie. Celte tumeur ëtoit un kyste séreux, développé dans l'épaisseur du lobe droit du cervelet , qui avoit entièrement disparu. Il étoit uni à la fosse occipitale inférieure par des adhérences celluleuses et fibreuses. Sa cavité étoit parcourue par des cloisons verticales et horizontales, qui lui donnoient un aspect ceiluleux. Les cellules étoieut remplies de sérosité et de débris membraniformes, qu'on soupçonna provenir de la mort de quelques bydatides : on ne put vcriHer cette conjecture à cause de la mollesse de ces débris.
Outre ces deux maladies principales , on ob-
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serva encore, i% que l'os de la pommelle a voit e'te désarticulé d'avec l'apopbyse angulaire externe du frontal ; 2", que ce même os avoit éprouvé une fracture, suivant une ligne diri*gée de son angle supérieur vers le bord inférieur, et que cette fracture étoit consolidée; 3°. que les veines voisines de cet oseloienl toutes variqueuses, et formoient à elles seules une tumeur molle qui existoit dans ce lieu.
Réflexions. On ne sauroit se refuser d'admettre que le kyste et la maladie du cerveau n'aient précédé les autres lésions , et que la saillie du kyste au dehors n'ait été la cause des mouvemens de pulsation observés dans cette partie de la tumeur ; mais on ne conçoit pas aussi aisément que cette maladie extraordinaire ait pu se former, et détruire un lobe entier du cervelet, sans qv\'il soit survenu aucune altération dans les fonctions cérébrales , ni dans les autres fonctions. Il eî^t difficile de déterminer l'époque à laquelle a commencé la tumeur éreclile; l;i fracture consolidée tenoit-elle aux coups que le malade avoit reçus quatre ans auparavant? La désarticulation de l'os malaire paroît dater du dernier accident.
On a vu des tumeurs érectiles envahir succesr sivement tout un membre : telle est l'observation de Lamorier : la peau, les muscles, les 05
eux-mêmes, ëtoient affectés depuis les doigts jusqu'à l'épaule.
L'extirpa! ion de la totalité de ces tumeurs, voilà le seul moyen de guérisou : la plus petite portion suffit pour la reproduction de la maladie. De là , le précepte donné par Petit y d'emporter toujours au-delà du mal ; de là , la juste proscription des caustiques. Il ne faut pas cora[">ter sur la suppuration pour la destiuction du plus foible reste. PVilliam Flej ayant amputé la cuisse pour une tumeur semblable, s'aperçut d'un petit prolongement vers la partie interne du moigoon; il compta sur IMutlaramalion et la suppuration pour la destruction de ce prolongement. Point du tout j la maladie s'accroît ; on fait de vaines tentatives pour extirper ce qui reste ; on ampute la cuisse, la plaie guérit ; mais le malade meurt d'épuisemeut quelque temps après.
L'observation suivante de M. Boyer{^i) mou- Ire avec quelle facilité récdiveot ces tumeurs jucomplèlement extirpées.
Pochai d, militaire, vit se former, à la partie antérieure, supérieure et externe de l'avantbrasgaucbe, une tumeur causée peut-être par la pression habituelle qu'exerce le fusil en cet endroit. Cette tumeur, qui s'étoit développée
(i) Maladies chirurg. , 1. 11 , p. 2G5.
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kutement pendant trois ans, fait îles progrès rapides à Toccasion d'un effort. Des douleurs commencent à se faire sentir V le malade consulte les plus célèbres praticiens de Paris , qui s'accordent tous sur la nécessité d'ouvrir la tumeur , quoiqu'ils soient d'opinion différente sur sa nature. La potasse caustique est appli-. quée : du sang noiiâtre s'écoule; l'hémorrhagie ne peut être arrêtée que par une compression exercée peudaDt quinze jours sur tout le membre. La suppuration s'établit , la cicatrice se forme ; mais bientôt la tumeur se reproduit, et acquiert en onze mois un volume plus considérable que la première fois. On l'incise suivant sa longueur; on enlève le sang caillé et la substance spongieuse qui la forment ; on extrait aussi des esquilles osseuses qu'on regarde comme la cause de la maladie. Même résultat de l'opération ; récidive au bout d'un mois. Plusieurs praticiens dislingues sont réunis dans une consultation. M. Boyer propose de tenter l'extirpation, qui pouvoit fournir quelques lumières sur la nature de la maladie, et n'excluoit pas l'amputalion du membre. Son avis prévalut : la tumeur est cernée entre deux incisions semi-»elliptiques. L'artère radiale, altérée, passoit au centre de la tumeur ; elle est liée en haut et en bas, et retranchée dans l'intervalle des ligatures. On
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emporte scrupuleuscmeut tout ce qui parolt malade : la cicatrice ëtolt complète le cinquantième jour. Deux mois après, une nouvelle tumeur soulevoit déjà la cicatrice , et acquiert eu deux mois le volume de la tête d'un jeune enfant. M. Boyer déclare que 1 amputation est indispensable : le malade exige qu'avant d'y recourir on s'assure de la nature de la tumeur. L'opération eut le succès le plus complet. Le malade mourut quelque temps après d'une phthisie pulmonaire qui paroissoit béréditaire. La dissection du membre amputé fit voir « la » tumeur composée d'une substance caver- » neuse , aréolaire , formée aux dépens du » tissu cellulaire , contenant du sang dans son *> intérieur , n'otfrant aucune apparence de » vaisseaux dilatés , s'étendant aux troisquarts » supérieurs de la lace antérieure de l'avant- » bras, dans l'intervalle des muscles déplacés >> et amincis, en pénétrant jusqu'au ligament » interosseux, sans aucune altération à ce der- » nier ni aux os ».
Sans doute que , dans l'extirpation qui précéda l'amputation , quelques racines avoient échappé à l'habile chirurgien. La même chose paroît aussi avoir eu lieu dans le fait suivant consigné dans le même ouvrage (i). Une femme
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porloit à la partie supérieure et poslërienre de la cuisse une tumeur ërectile d'un volume médiocre, qui paioissoilbien circonscrite. M. Cousin pratiqua l'opération, et suivit avec la plus scrupuleuse exactitude tous les prolongemens que la tumeur envoyoit dans riniervalle des muscles : la cicatrisation fut prompte; mais la tumeur reparut , et s'étendit au bas de la fesse: il ne fut plus possible de recourir à l'opération.
Quelquefois la maladie se reproduit quoiqu'oa ait lu certitude de n'avoir rien laissé de suspect : tels sont la plupart des cas où l'amputation a été pratiquée. Il faut bien admettre alors que la maladie tenoit à une cause intérieure. La dernière observation du Traité des Auévrysmes de Scarpa en est un exemple. Cependant il n'est pas certain que la tumeur dont il parle soit du genre des érectiles.
Je ne crois pas non plus qu'où puisse ranger parmi elles cette espèce d'altération des artères et des os que Pott a nommée anévrysnie par érosion f et dont il ne me paroit pas donner d'idée précise. On a encore confondu avec les tumeurs érectdes des carcinomes de l'œil ou d'autres parties dans lesquels on a trouve des veines dilatées et un grand nombre de foyers de sang (i).
(i) Beaucoup d'auteurs confondent, sous le nom de/b«-
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Les petites tumeurs connues sous le nom dV- -pulides sont quelquefois de la nature des érectiles.YA\!àny l'espèce la plus commune d'héraorrhoïdes est une véritable tumeur èrectlle. Uu mot sur cette dernière.
Les tumeurs hèmorrhoïdales, source ordinaire du flux du même nom, sujelde tant de méditations et de théories, ëloieut encore dans l'enfance sous le rapport de l'anatomie pathologique jusque dans ces derniers temps.
Hippocrate (i) dit qu'elles sont formées par les extrémités des veines , qui deviennent saillantes , et répandent du sang lorsqu'elles se déchirent , soit par la compression des matières
gus hœmatodes y les carcinomes ou tumeurs cérébriformes ( qui présentent souvent des vaisseaux dilatés , des collections de sang et de sanie) et les tumeurs érectiles- mais ces tumeurs n'ont entre elles d'analogie que par l'écoulement de sang lorsqu'elles s'ouvrent spontanément ou lorsqu'on les incise. Fine , chirurgien en chef de l'hôpital général de Genève, en a fait deux espèces différentes ; mais il n'y a pas seulement entre elles différence d'espèce , mais bien différence de nature : l'une est une dégénération qui entraîne nécessairement la mort de l'individu , si on ne parvient à la détruire ou à l'emporter entièrement j l'autre est une maladie locale compatible avec l'intégrité des fonctions, et qui n'éprouve ja» mais de dégénérations, (i) Liber de Hœmorrh.
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fëcales, soit par l'accumulalion du sang. Cette opiDion , fondée sur le raisonnement ot sur l'observation , a universellement régné dans les écolQS. Dehaerif Stahl , Albertl^ etc. , plus occupés de l'observation clinique que d'anatomie pathologique; Morgagni , J.-L, Petite Lieutaud ont partagé l'erreur générale. Il éloit en effet uaturelde penser à la dilatation de la veine hémorrhoïdaleinterne,qui surpasse en longueur toutes les autres branches de la veine porte, qui manque de valvules et est située d'abord derrière le colon, puis derrière le rectum. Mais tous ces beaux raisounemens que forlifioient l'autorité de plusieurs siècles et mille observations médicales, se sont dissipés devant les faits ; et c'est à Duncan , Cullen et à M. Récamier surtout, qu'on doit la découverte de la véritable structure des hémorrhoiJes.
Caractères pJiy sujites , anatomiqucs , physiologiques. Les hémorrhoiJes sont externesoii internes, uniques ou multiples, d'un volume variable depuis celui d'uo pois jusqu'à celui d'un oeuf de poule, lluenles ou non fluentesj ordinairement affaisséessur elles-mêmes, recouvertes par une peauridép; elles entrent souvet^t dans une espèce d'orgasme , augmentent beau» coup de volume, deviennent rouges , chaudes, douloureuses, exhalent alors un sang vermeil,