OR DRE III
Dégénéralion par inflaimnation chronique.
Si des catarrhes, des inflamraaiions du poumon, des engorgemens des matnelles et des testicules, des entorses répétées ne sont évidemment dans beaucoup de cas que la cause occasionnelle du développement de tubercules, de cancers, de tumeurs blanches dont la cause eflicienle est un vice scrophuîeux, cancéreux inhérensà l'économie , on ne sauroit douter que, dans d'autres circonstances, ces causes externes ne suffisent pour produire les mêmes maladies. Un individu très-robuste, dans la force de l'âge, à poitrine large , à membres musculeux ; un fort de la halle, éprouve une phlegmasie de poitrine,
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uîi catarrhe , une pleurésie, une péripueumonie qui, bien ou mal traités, passent à l'état chronique; il maigrit rapidement; la fièvre hectique se déclare ; il succombe. A Touverture, on trouve les poumons remplis de tubercules. Pourra-l-oa dire que cet individu, malgré son tempérament athlétique, portoit le germe d'une phthisie tubjrculeuse qui s'est développée à Toccasion de la phlegmasie? N'est-il pas plus raisonnable de penser que la phlegmasie chronique est l'unique cause de la production des tubercules (i) ?
Un autre individu également bien constitué se fait une entorse , surmonte la douleur , néglige l'engorgement qui s'est déclaré autour de Tarticulaiion, éprouve de nouvelles entorses;
(0 M. Bajle {Recherches sur la Phthisie pulmonaîrey p. 69) pense que la dégéne'ration tuberculeuse est une maladie chronique d'une nature spéciale , et qu'on ne doit pas la regarder comme le re'sultat d'une inflammation quelconque des glandes et du système lymphatique, 11 dit qu'il a ouvert un grand nombre de sujets morts d'une péripneumonie chronique^ qu'il a trouvé les poumons carnifiës ou hëpatisés sans tubercules , et consacre plusieurs pages pour prouver que la phlhisie tuberculeuse qui survient à la suite de pleurésies , péripneumonies , liénioplysies , etc. , n'est pas produite par la phlegmasie chronique des poumons. Cette question ne me paroît pas encore décidée.
EN GENE RÀL; gi
uae tumeur blanche a lieu et offre tous les caractères des^Dgorgemens scrophuleux. Dirat-on que cette tumeur blanche est l'effet d'une disposition scrophuleuse ?
Enfin une jeune femme reçoit un coup sur la mamelle, ou bien éprouve une inflammation de cet organe à la suite d'une couche, néglige le léger engorgement qui en résulte et qui, à une certaine époque , passe à l'état cancéreux. Des ulcères vénériens , darlreux , scrophuleux , le teslicule accidentellement enflammé devien-^ nent cancéreux. Sans doute les maladies cancéreuses se comportent dans beaucoup de cas* comme si elles étoienl dues à une cause interne qui se fixe sur une partie devenue plus susceptible par l'effet d'un engorgement ou autre maladie extérieure ; mais souvent aussi elles offrent dans leur production, leurs progrès, tous les caractères d'une affection qui, d'abord locale., devient générale, comme s'il se produisoit dans la partie une sorte de virus individuel qui infecte peu à peu toule l'économie.
• Mais comment l'inflammation chronique peut-elle donner lieu à tous ces effets ?M.^row«îsais , suivant une théorie ingénieuse , pense que c'est en se fixant sur les capillaires blancs. Le résultat de cette inflammation est tantôt la dégénération tuberculeuse, comme dans les glandes
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congloiiees et toutes les parties abondamment pourvues de vaisseaux absorbans, dans lesquels le tissu cellulaire ne sauroit se développer eu effaçant le lissa propre; tantôt la dëgénératioa lardace'e, lorsque le tissu lamineux , qui sert de moyen d'union au tissu propre , est susceptible d'une grande laxitë. Il faut voir dans l'auteur lui-même le développement de sa théorie, sur laquelle je ne me permettrai pas de prononcer.
Ici me paroît devoir se rapporter l'allération organique connue sous le nom de mêla* nose, ÎVL Laennec a donné ce nom à une dégénération qui a beaucoup d'analogie pour la couleur, laconsistance,et même quelques propriétés chimiques, avec les corps bronchiques. On trouve souvent dans les poumons des plithisiques la méianose diversement combinée avec ralfection tuberculeuse : quelquefois on la trouve seule. ^»Bayle a fait luie espèce particulière de la pblhisie avec méianose. On rencontre aussi la méianose avec les dégénérations squirrheuse , cancéreuse , et les transformations fibreuse, cartilagineuse, osseuse. J'ai vu plusieurs fois les corps lymphatiques lombaires ayant l'aspect des corps bronchiques. Très -souvent le péritoine est tacheté de points et de plaques noirs, qui sembleal ne différer en rien de ceu?^
EN GENERAL^ qS
qui donnent l'aspect marbré aux poumons des adultes. M. haennec a trouvé la mélanose dans le foie, le nerf optique, le corps pituitaire , r épaisseur des parois de l'estomac. Il la divise en enkystée et en non - enkystée , en celle qui est disséminée dans le tissu des organes, déposée à la surface des membranes , enfin en celle qui est combinée avec d'autres altérations. On a souvent trouvé cette dégénération sur les cadavres d'individus qui n'avoient jamais accusé de symptômes qu'on pût lui attribuer. Dans tous les cas , leur effet se borne à gêner mécaniquement les fonctions; et s'ils causent la mort, c'est en altérant progressivement la nutrition : il n'y a jamais ni la fièvre bectique de l'affection tuberculeuse , ni l'altération profonde de la cachexie cancéreuse. Sous ce dernier rapport , Ja mélanose se rapproche des transformations et productions organiques.
CLASSE DEUXIÈME
Transformations et Productions organiques* {Voyez Partie ii.)
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