‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier;Chapitre 18 sur 38 · ORDRE II · texte numérisé non relu

ORDRE II

Irritations secrétaires.

Elles sont extrêmement nombreuses. Fixées sur les vaisseauxexhalans de la peau, elles constituent toutes les sueurs actives, critiques ou noncritiqueSf — Sur les séreusesj toutes les hy dropisies actives, l'hydrocéphale, la fièvre hydrocéphalique, les apoplexies séreuses, l'hydrophthalmie, l'hydropéiicarde, l'hydrothorax , l'ascite , l'hydrocèle actifs. — Sur les synoviales , elles produisent les hydropisies articulaires , comme dans le rhumatisme , et dans le cas d'inaction absolue qui succède à un exercice forcé. — Sur le tissu cellulaire, elles donnent lieu à l'œdème actif que j'ai vu périodique; à l'intumescence de la face dans les varioles confluentes, les érysi"

(t) Cette maladie du cerveau , notée par M. Jadelotj n'a jamais été observée que sur les enfans. J'en ai trouvé, parmi les observations de M. l)upuytren , un exemple fort remarquable.

EN Gï'neRAL*

pèles; à Fànasarque actif, suite de fièvre scarlatine ( J^oyez Dissert, de M, Breschet sur î'hydropysie active en général, et sur celle du tissu cellulaire eu particulier) ; à l'infiltration séreuse pulmonaire active , si souvent et si rapidement mortelle, dans laquelle le poumon ilasque, mollasse , nullement crépitant , est gorgé d'une sérosité qui découle en ruisseaux par la section de Sou parenchyme; à Tangine séreuse ou œdémateuse , qui consiste essentiellement dans Taccumulation active de la sérosité dans l'épaisseur àes replis qui vont de Tépiglotle aux cartilages ary-a ténoïJes.

Les sécrétions et exhalations actives des mu* gueuses s'observent aux parties génitales de l'un et de l'autre sexes ^ à la suite d'irritation vénérienne ou autre , à la conjonctive, aux rau^ queuses nasales, pulmonaires^ intestinales.-— -Les sécrétions actives des glandes comprennent Técoulement des larmes par l'effet d'une irritation de la conjonctive ; de la salive par l'eraploi des sialagogues; du lait par la lluxiou qui se fait aux mamelles après Faccouchemeot j de la bile dans les flux hépatiques bilieux et dans le cholera-morbus j qui, suivant quelques niéde« cins , consiste uniquement dans une sécrétion plus abondante de ce liquide devenu corrosif; des urines critiques, ou de celle* qui succèdent I. 7

g8 DE l'anatcmie pathologique

à une suppression de trauspiralion , et qui ont été quelquefois assez abondantes pouren imposer pour un diabëlès.

L'irritation sécrétoire pre'cède et suit Tin itation hémorrhagique; ainsi les menstrues sont très-souvent annoncées et suivies par un écoulement muqueux. Il en est de même des flux hémorrhoïdaux , et quelquefois des bémorrhagies nasales , iiUeslinales. Elle précède , accompagne et suit l'irritation inflammatoire : l'inflammaiion du tissu cellulaire sous-cutané commence très-souvent par un œdème. Une inflammation sous- aponévroiique est presque toujours indiquée par un œdème actif du tissu cellulaire sous-cutané qui s'observe aussi dans les inflammations de la peau. Le poumon enflammé dans une partie de son étendue présente du sang épanché ou combiné , et au voisinage, de la sérosité appelée par l'irrilation sécrétoire. Le tissu cellulaire sous-arachnoïdien s'inlillre toujours dans les inflammations de l'arachnoïde. Le tissu cellulaire sous-muqueux offre quelquefois le même phénomène , mais seulement dans les lieux où il est un peu lâche. J'ai trouvé plusieurs fois sur les corps d'individus morts de péritonite la muqueuse intestinale soulevée par de la sérosité épanchée dans le tissu cellulaire soujacent.

EN GÉNÉRAU g(j

L'irritalioii sëcrétoiie est une des terminaisons de l'inflammation: mais alors ce n'est plus seulement la quantité de liquide qui varie, c'est sa qualité: il y a production d'un liquide blanc^ opaque, inodore, albumineux ^ de pus. Quelquefois la matière séparée se concrète à mesure qu'elle est formée : c'«st une fausse membrane 4 Cette irritation sécrétoire purulente est quelquefois employée par l'art pour faire cesser une fluxion fixée sur un organe important : tel est le but des vésicatoires, qui agissent en déterminant l'exhalation d'abord d'une grande quantité de sérosité qui soulève l'épiderme , puis de pus, lorsqu'on irrite la surface du corps muqueux ; tel est encore le but des sétons ^ caU* tères , etc.

Il est une irritation sécrétoire qui se fixe sur certaines plates , surtout sur celles qui ont été tourmentées par le tamponnement. La surface de la plaie devient grisâtre et fournit de la séro* site; les parties voisines sont œdémateuses , les douleurs sont extrêmes» J'ai vu périr en quelques jours, par l'effet de cette fluxion séreuse p deux malades qui avoient subi deux opérations peu graves par elles- raénaes.

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