‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier;Chapitre 19 sur 38 · ORDRE III · texte numérisé non relu

ORDRE III

Irritations hémorrhagiques,

L'irritalion hémorrhagique, c'est-à-dire, celle qui a pour résultat une exhalation de sang, est moindre que rinHammaloire,mais plus forte que !a sécrétoire. Une muqueuse est-elle enilamme'e, tant que l'irritation inllammatoire existe, il n y a exhalation ni de sang ni de mucosité ; mais celte irritation tombe^t-elle un peu , une héraorrbagie survient; lombe-t-elle encore davantage, «ne sécrétion s'établit.

Cette irritation bémonbagiquedoit être considérée dans les surfaces libres , naturelles ou accidentelles, et dans les parenchymes. Les muqueuses y sont très-exposées à cause du grand développement , de la position superficielle de leur système capillaire sanguin, et de l'exallalion facile de leurs propriétés vitales. L'induence que ces bémorrbagies exercent sur l'économie , soit comme crise, soit comme moyen préservatif de maladies, soit comme en remplaçant d'autres, a sans doute été exagérée par Stafil et ses sectateurs, qui rapportent presque toutes les maladies, autres que les lésions mécaniques, à quelque dérangement dans ces bémorrbagies ; mais ridée de ce grand homme est bien loin d'être

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dépourvue de foodemeût. J'observe que les hémorrhagies actives dti principe et de la fia des muqueuses sont en général peu graves et paênie presque toujours salutaires , tandis que celles des membranes muqueuses profondément situées , sont le plus souvent funestes. Dans la première classe se rangent les hémorrbagies nasales,béraorrhoïdales, utérines; dans la seconde, J'hémoplysie , l'hématémèse , le mélaena.

Les hémorrhagies actives par la peau sont extrêmement rares : on cite cependant des exemples d* hémorrhagies par le doigt, la face, à la suite de la suppression des menstrues. J'en ai observé à l'Hôtel-Dieu un exemple très-remarquable sur une jeune fille âgée de dix-huit ans, très-bien constituée, qui avoit, outre une suppression de règles , une affection rhumatismale erratique; elle éprouvoit, à des époques variar bles , de très-vives douleurs dans la mamellç gauche ; et dans les accès les plus violens de ces douleurs, le sang suintoit à travers les pores de Ja peau : d'abord il n'y avoit point d'excoriations , mais bientôt il s'en forma qui Vagrandirent et devinrent des ulcères superficiels par lesquels s*écouloit du sang chaque mois; tous ces accidens disparurent lors de l'apparition des règles, qui fut provoquée par les demi-bains pris aussi chauds que la malade pouvoit les supporter, et par de«

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sinapismes à la partie interne et supérieure des cuisses*

Je ne counois pas d'observation d'hémorrhagie des membranes séreuses , à moins qu'on ne Teuille ranger, parmi ueshémorrhagies, les exhalations sanguinolentes qu'on observe à la suite de péritonites Irès-aigiiës , mortelles en vingtquatre, trente-six heures, quatre, cinq jours.

Les he'morrhagies actives qui ont lieu par des surfaces libres accidentelles , telles que les plaies , ΀s ulcères, les fistules , sont assez communes : quelquefois elles remplacent des hémorrliagies habituelles : mais le plus souvent elles tiennent à une cause locale. Combien de fois, dans les hôpitaux, n'est-on pas appelé pour des hémorrhagies qui surviennent à des plaies, suite d'amputation, dix, quinze, vingt jours après l'opération! On de'panse le malade, on enlève tous les caillots, on juge à la quantité de sang qu'on aura un gros vaisseau à lier; mais déjà l'hémorrhagie est arrêtée; on repanse le malade ; nouvelle hémorrhagie : c'est un des cas oii l'art est le plus impuissant,

L'irritation hémorrhogique peut encore avoir Jieu dans les parenchymes. Quand la densité de ces organes est très-grande ^ ou lorsque, moins considérable, elle l'emporte sur la force d'impulsion du sang, l'effet de l'irritation se borne à

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un effori hémorrhagique, inolimen hemoriha^ gicum. Mais la force d'impulsion du sang l'emporte-t-elle sur la densité de Torgane ? il j a déchirure : tel est le inécanisnae des apoplexies sanguines. Le poumon est , avec le cerveau , le seul organe qui présente des déchirures et des épanchemens de sang par irritation hémorrhagique. Il semble que la rate doive être très-sujette à cette déchirure , surtout dans le cas de ramollissement : je n'en ai cependant pas d'exemple»

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