G. DUPUYTREN
FACULTATIS PARISIEINSIS PROFESSORI,
KOSOCOMII HOTEL-DIEU DICTI ARCHI-CHIRURGO, REGIjE UNIVERSITATIS INSPECTORI , etc.
jid quem opus hocce nieliori jure offerrem , illuS' trlssiine Professer , quàin ad te cujus ope atque consilio suscepturn locupletatumque libenter fateor. Tu me sacras JEsculapii œdes primo respiientem ignavis metu horrorpqiie liber asti', tu me in primo limijie titubantein aïiaque respicientem, jirmasti . tu me haud sane meritum singulari amicitiâ, im,d familiaritate quâdam, inter multos condonasti : suscipe igitur, rude inconditumque licet, pii et grati animi Tnonumentum, Si quid in illo boni , ad te tanquam adfontem référendum est. Nam lacté doctrinœ tuœ necnon almce Facultatis Parisiensis enuttitus , te miro jœdere oris facundiam manumque solertissimam conciliantem aS' siduus loquentem ausculta^i oculisque captayi agen~ tem. ^rdens studium ad promoi^endos anatomice pathologicœ limites animo tuo inustum in me fausto quasi quodam contagio incendisti. Quid? Si te de anatomid pathologicd ex professe disserentem audivissem? Quàm peifectum fuisset opus jirtnis adeà
imiixwn fundamentis l Attamen hnhecillitatis meœ. adjutrices habui aureas tuas obserwationcs hic et îUic in tantâ auditorurn frequentiâ ingeniosè iiitermixtas , mor^borumque hisLorias quas nianibus meis jfidens mandasti. Verumenim verb, "vix doctorali togd insignitus, jus^entutis immemor, aiidax per ardua in" viaque nunquam me commisissein , ni animuin tantœ molis imparem iteratis hortatibus relevasses opeiique confecto grato plausu annuisses.
En igituropus iimnenswn , perquàm imperfectum , at luxurantium ijigeniorum chimœris cerebnnis , necnon prœjudiciorum miasmatibus pro ^virili parte expurgatum. Nunc ad ineos tuosque concii^es impatientemquefainiliam lœtus propero. Utinam prœcepta in tuo prœstantissimorumque Facultatis Parisiensis professorum greinio exhausta semper prœ ocidis habeain ! Utinam Hippcratis in auld proceres tironis lahores et conatus non dadlgaentur 1
:ïean cruveïlhier»
PREFACE
Lorsque j'entrepris cet Essai , il y a environ deux ans , je n'avoîs cVautre but que de faire une dissertation inaugurale. A peine eus-je mis la main à l'œuvre , que j'entrevis toute l'étendue de la tâche que je m'imposois : je persévérai néanmoins avec courage ; je fouillai de mon mieux dans cette mine inépuisable ^ qui iTi© paroîssoit d'autant plus riche qu'elle étoitplus exploitée»
J'assemblai des matériaux , je les coordonnai 9 et , sans presque m'en douter^ je me vis à la fin d'un travail qui dépassoit de beaucoup les bornes d'une dissertation. Je sens autant que personne combien il est imparfait ; mais ^ pressé de retourner dans ma ville natale , où je n'aurai peut-être que peu d'occasions de continuer mes recherches , je me suis fjécidé 5 d'après le conseil de personnes
X PREFACE
éclairées ^ à en publier le résultat , qui ne leur a pas paru indigne de cet honneur.
Si cet ouvrage étoit de toute autre nature , j'attendrois y pour le publier ^ la maturité de l'âge et de l'expérience : il est si facile de s'égarer et de prendre pour des inspirations du génie les illusions de l'amour-propre et les écarts de l'imagination ! Mais je n'offre au Public, à mes camarades d'étude , qu'une collection de faits exacts (i), j'ose même dire précieux , recueillis dans les salles de chirurgie et de médecine de l'Hôtel- Dieu ^ soumis à une critique rigoureuse ,
(i) Les faits ont toute la perfection dont ils sont susceptibles au moment où ils viennent cl'é(re recueillis ^ bien plus , le temps qui perfectionne tout ne sert souvent qu'à les mutiler , à les dénaturer en les soumettant à plusieurs rédaclioDsfaites après coup. L'expérience la plus consommée , !e génie même doivent les respecter et se borner à les interpréter , à les rapprocher, à les envisager sous toutes leurs faces. Des faits bien observés , voilà le tribut que la science ré-
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rapprochés d'autres faits analogues puisés dans les meilleures sources , et disposés dans un ordre nouveau où ils me paroîssent se soutenir et s'éclairer mutuellement. Entouré des trésors immenses d'instruction que nous ouvre dô toutes parts l'administration des hôpitaux de Paris , si sage , si éclairée , si éminemment philanthrope, j'ai tâché de ne • laisser échapper aucune occasion favorable j je n'ai rîen admis légèrement y j'ai mieux aimé passer sous silence certains faits qui auroient pu paroître curieux 5 mais dont je n'étois pas sûr, que d'en grossir inutilement cet ouvrage.
J'ai toujours eu devant les yeux ces véri-
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clame de la jeunesse laborieuse , pleine de courage et d'ardeur pour son instruction , à laquelle elle peut consacrer tous ses momens : c'est à l'âge mûr à nous donner des préceptes , à diriger nos travaux, à les faire fructifier. Quel est le médecin répandu dans le monde qui veuille et qui puisse dévorer les dégoûfs et les dangers d'une observation pénible, persévérante , et passer une grande partie de la journée ou dans les salles des malades ou dans les amphithéâtres f
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tés : que les faits sont les seuls princi-^^ pes des sciences / quil n^est pas aussi facile qu^on le pense de bien consulter r expérience et de recueillir les faits avec discernement ; qu^un seul fait bien observé 'vaut mieuoo que cent faits mal observés. Je m'estimerai heureux si les matériaux que je fournis ^ quoique souvent bruts et grossiers , peuvent servir de pierres d'attente qn une main plus habile et plus exercée saura un jour mettre en œuvre.
Une époque toute nouvelle vient de commencer pour la Médecine , et cette époque est caractérisée par les progrès de l'anatomie pathologique. Livronsnous avec confiance à l'impulsion que quelques bons esprits viennent de communiquer à la science , et méprisons les vaines déclamations de quelques pyrrhonistes qui sont sans cesse à opposer les noms révérés di Hippocrate ^ Galien , Stahl ^ SydenJiam ^ etc. , au2ç
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preuves palpables de Futilité de Fanatomie pathologique ; ou plutôt , pour les convaincre , conduisons - les dans nos ampliitliéâtres^ interrogeons devant eux les corps d'individus dont ils croyoient connoître la maladie. L^ouverture du cadavre leur paroissoit plutôt curieuse qu'utile. A les entendre , leur pratique étoit fondée sur des bases inébranlables ; et cependant ils donnoient dans les plus graves erreurs 5 ils voyoient cet individu dépérir rapidement et tourmenté par une fièvre rebelle , sur le caractère de laquelle ils ne s'accordoient pas entre eux ; ils l'accabloîent de toniques pour le soutenir, et nous leur montrons la cause de cette fièvre , de ce dé« périssement rapide dans une pîilegma-^ sîe latente ou chronique , qu'ils eussent peut-être guérie par les moyens antîphlogistiques. Ils accusoient une fièvre cérébrale : c'étoit une inflammation des méninges ; une affection nerveuse de Festomac : c'étoit un squirrhe aupylore j
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une maladie du cœur : c'étoît un épan« cliement dans la poitrine ^ etc.
Combien de fois n'ai-je pas vu traiter des fièvres sy mptomatiques pour des fièvres essentielles ! Combien de fois n'ai-je pas tenté en vain d'appliquer au lit du malade les innombrables classifications des fièvres ! Je procédois de toutes les manières imaginables ; et ^ après bien des efforts , je parvenois seulement à constater qu'il y a voit fièvre. Un malade a-t-il la langue sèche et noire ^ aussitôt on crie à \a putridlté ^ à Yadynamie ; et ces mots une fois prononcés , malheur au malade ! le quinquina , les stimulans sont employés sous toutes les formes ; on craint à chaque instant devoir s'échapper le principe de la vie. Le malade a beau présenter tous les signes d'une réaction générale trèsénergique 5 en vain la peau est acre , brûlante , le visage couvert par momens de plaques rouges 5 le voile épais
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de la prévention rend obtus tous les sens du médecin. La langue est noire , il suffit } il y a adynamie^ ou du moins tendance à Vadynamie. — Mais la respiration est laborieuse , précipitée^ — c'est radynamie qui porte son action sur les puissances inspiratrices ^ sur le poumon lui-même , qui n'opère plus aussi bien l'hématose. — Mais l'abdomen est sensible à la pression ; le malade fait une grimace quand on lui palpe certaines régions du ventre : — c'est l'effet d'une sensibilité exaltée : exaspérée par le traitement stimulant , la maladie fait de rapides progrès , et se termine par la mort. A l'ouverture , on trouve une pneumonie , une entérite 5 une péritonite. Reste à savoir si ces pblegmasies sont une complication ou bien la maladie principale , et voilà ce que la comparaison exacte des lésions matérielles avec les symptômes dé la maladie peut seule nou5 apprendre.
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Que n'auroîs-Je pas à dire îcî sur uri grand nombre de prétendues fièvres ataxîques ! A peine des symptômes nerveux se manifestent-ils dans une mala Jb , qu'oubliant aussitôt le caractère qu'elle offroit un instant auparavant ^ on ne trouve plus dans la langue médicale de termes assez forts pour la désigner : elle devient tout-à-coup maligne ou ataœique ^ putride ' maligne^ On oublie cette loi fondamentale de physiologie pathologique ; savoir ^ que tout organe malade devient un centre , iin foyer duquel partent dés irradiations qui vont frapper tous les systèmes d'organes ; que chaque système lui répond à sa manière , suivant la prépondérance relative dont il jouit dans l'économie j que le système nerveux sympathise comme tous les autres , et même plus que tous les autres ; de là les accid^s nerveux tantôt sous forme délirante j tantôt sous forme comateuse , etc. , lesquels cesseront si on combat l'inflam-
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