‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier;Chapitre 21 sur 38 · ORDRE II · texte numérisé non relu

ORDRE II

Atonies secrétaires.

Ce sont celles qui ont pour résultat la séparation plus abondante d'un liquide exhalé ou sécrété : toutes les exhalations et sécrétions pas-^ sives s'y rapportent : ici, il n'y a plus augmentation d'énergie vitale ; mais la sensibilité et la contractilité nutritives qui président à l'exercice des sécrétions sont diminuées, et laissent transsuder les liquides presque à la manière des corps inorganiques.

Les œdèmes, anasarques passifs essentiels et symptoraaliques , les hydrocéphales, hydrophihalmies , hydropéricardes, hydrothorax , ascites , hydrocèles passifs, sont des atonies sécréioires : la preuve, c'est que les toniques, les excitans , en augmentant l'action des bouches absorbantes, obtiennent la guérison. Il en est de même de l'exhalation abondante de la graisse chez les individus avancés en âge ou débilités par des maladies antérieures. Cet embonpoint énorme est une vraie maladie; chez de pareils sujets, les moindres affections prennent bientôt la tournure adynamique. De l'atonie sécrétoirede la peau résultentles sueurs passives,loujours de si mauvais augure. — Les exhalations et sécrétions

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muqueuses passives sont les diarrhées colliqua-*^ tives, lesflueurs blanches chroniques, les blennorrhe'es, les catarrhes chroniques du poumon et de la Vessie. — Les sécrétions glanduleuses passives sont l'écoulement d'un lait se'reux au moindre attouchement chez les femmes nerveuses et libidineuses; la sécrétion immodérée du sperme qui tourmente et épuise certains individus; les flux bilieux de longue durée ; le diabètes qui dépend d'une atonie du rein, jointe sans doute à une perversion de ses propriétés "vitales.

Atonies hémorrhagiques*

On les observe surtout dans les membranes muqueuses et à la surface des plaiesdouloureuses. Je n'en connois d'exemple ni dans les séreuses ni dans les synoviales : les pétéchies scorbutiques et adynamiques sont des exhalations sanguines passives de la peau. Rien ne peut arrêter ces hémorrhagies que la compression ;,les médicamens n'agissant que par l'intermède des propriétés vitales , ne peuvent presque rien sur des hémorrhagies qui supposent une diminu* lion notable de ces propriétés.

Il n y a pas d'aloîiie qui réponde à l'irritatiou inllammatoire ; mais rinflammalion qui se dé-

veîoppe dans des parties frappées d'atonie est presque toujours suivie de gangrène : ainsi des mouchetures faites à des parties infiltrées amèiient-elles une intlaramalion gangreneuse ; ainsi l'ëpiploon enllammé tbmbe-til dans une espèce de deUquiian. M. Pdcherand^ très-bien dit que l'appareil inflammatoire se compose d'un travail local et d'une réaction générale , et que la gangrène se déclare toutes les fois que ces deux actions ne sont pas en rapport.

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