‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier;Chapitre 20 sur 38 · ORDRE IV · texte numérisé non relu

ORDRE IV

Irritations inflammatoires*

Le quatrième et dernier ordre d'irritation est l'inflammatoire ; elle embrasse une muUilude innombrable de maladies ; attaque tous nos tissus, tous nos organes; complique la plupart des autres maladies; développe les phénomènes les plus multipliés , les relalions sympathiques les plus importantes ; présente les terminaisons les plus variées, qui souvent constituent elles-mêmes de nouvelles maladies. Aucun phénomène moi bifique un peu remarquable ne se passe, pour ainsi dire , dans notre économie sans inflammation : une soluîion de continuité , une plaie , un ulcère j une contusion , une fistulç

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exislent-ils , c'est rinilammalioQ qui est chargée d'y remédier, et tous les efforts de l'art se bor^ nent à savoir la diriger. C'est en déterminant «ne inflammation qu'agissent le plus souvent îe virus vénérien et les vices scrophuleux , dartreux , soit pour produire des solutions de con^ tinuilé,, soit pour le développement de tumeurs. C'est souvent par une inflammation que la uar ture nous débarrasse de causes morbifiques ; et malheur à celui qui ^ au lieu de la favoriser dans ce cas , chercheroit à la combattre! C'est trèssouvent une inflammation qui est la crise des fièvres essentielles ; c'est en la provoquant que l'art obtient la guérison d'un grand nombre de inaladies; c'est une inflammation chronique, latente qui entretient la plupart de celles qui sont connues sous le nom de cachexies; c'est par l'inilammation que débutent souvent les dégénérations scrophuleuse et cancéreuse ; elle donne peut-être lieu toute seule à ces dégénérations; enfin c'est par elle ou ses suites que succombe la plus grande partie de l'espèce humaine.

L'inflammation essentielle doit ici seule nous occuper : c'est une maladie ordinairement caractérisée par la douleur , la rougeur , la chaleur, la tuméfaction, la fièvre (pour peu que l'inflammation soit étendue ou affecte un organe important), et susceptible de se terminer par rét^

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solution , suppuration , délitescence, métastase, gangrène ; par une seule de ces terminaisons , par plusieurs à-la-lbis , et enfin par une autre maladie ou par la mort.

Cette définition, qui n'est qu'une description abrégée , est bien préférable à toutes ces idées vagues fondées sur des hypothèses physiologiques dont le temps fait presque toujours justice. Elle est loin cependant de s'appliquer à toutes les phlegmasies : la différence de tissu , de siège, J'idiosyncrasie , le mode aigu ou chronique en- Iraînent une foule de variétés. Il en est beaucoup qui ne présentent point de tuméfaction sensible; d'autres qui n'offrent ni tuméfaction, ni rougeur, wi chaleur soit thermométrique , soit perçue par le malade ; quelques-unes ne donnent lieu , pendant la vie , à d'autres symptômes qu'à la douleur et à la fièvre, et même quelquefois il n'y a pas de douleur. Le seul phénomène commun à toutes les phlegmasies est X afflux des li" (juides ; mais, en général , les symptômes énumérés sont réunis en assez grand nombre pour qu'on puisse toujours reconuoiUe l'inflammation.

L'observation clinique suffît, en général, pour Je diagnostic des phlegmasies aiguës , excepté dans ces cas de complications extraordinaires qui égarent quelquefois le médecin le plus ex-

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perimenté ; mais elle est souvent impuissance dans ces phlegraasies chroniques qui se préparent dans le silence et minent sourdement la constitution : c'est alors que l'anatomie pathologique nous dévoile ces allëralions profondes, inconcevables , compatibles avec îa vie, auxquelles le malade auroit succombé mille fois si elles eussent été instantanées. La maladie se cachoit sous l'apparence d'un état de langueur et de débilité; on administroit les toniques; on n'écoutoit pas les plaintes du malade, qui accusoit une chaleur intérieure à chaque gorgée de boisson stimulante qu'il avaloit ; on metloit sur le compte de la maladie les effets pernicieux des remèdes; on ne pouvoit pas concevoir la coïncidence de la foiblesse générale ^vec une phlegmasie locale. Le malade dépérit rapidement et meurt. On l'eut peut-être sauvé par l'emploi des adoucissans.

L'anatomie pathologique constate toujours l'existence de l'inllammation chronique. Elle ne peut pas constamment le faire dans le mode

aigu.

Mode û/^w. Une congestion sanguine, l'injection des capillaires ne suffisent pas pour caracté- 1 iserl'inilammaiion aiguë des parenchymes, non plus que l'exhalation du sang pour les surfaces membraneuses; mais le sang est- il combiné avec

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le tissu de la partie, de manière que l'injeclion artificielle ne puisse ni simuler ni chasser des vais-^ seaux celte injection naturelle , ily a induration rouge*On peut assurer qu'il a existé une inflammation. Cette induration rouge est commune dans le poumon , où elle porte le nom d'hépad- ^alion^de carnificadon. Il faut bien la distinguer de cet état dans lequel le tissu du poumon est déchiré, et présente du sang coagulé, d'un noir de jais, soutenu par des vaisseaux. Cette altération, qui n'a jamais lieu que dans un espace circonscrit , que j'ai vue quelquefois occuper tout un lobe , est le résultat d'un afflux très-rapide du sang , et ne constitue pas plus une phlegmasie que le sang amassé dans le cerveau des apoplectiques: c'est une véritable apoplexie du pounion.

La présence du pus ou d'une fausse membrane est le signe le plus certain dé l'inflammation ; car il n'y a de puificalion que par inflammation et nullement par hémorrhagie, quoi qu'en ait dit Quesnay. Ce pus, de nature variable, suivant le tissu qui l'a fourni , le degré, le génie de l'inflammation ; quelquefois mêlé à des débris d'organes (ce qui a pu faire croire qu'il éloit le résultat d'une destruction et non point d'une sécrétion morbifique); d'abord disséminé dans les cellules du tissu adipeux, infiltré dans

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les parenchymes, se rassemble en un foyer dont les parois, d'abord inégales et comme déchirées , souvent traversées par des filamens nerveux et vasculaires, deviennent bientôt lisses, se revêtent d'une couenne blanchâtre peu consistante , et prennent quelquefois à la longue l'aspect d'une membrane muqueuse. Les parties qui fournissent le pus sont toujours très-rouges; mais quand une membrane séreuse a été recouverte pendant quelque temps par une fausse membrane , elle revient à son état naturel. De là Terreur des praticiens qui , dans des cas semblables , ont rejeté l'inflammation.

Quand le tissu de l'organe où se forme le pus est d'une texture très-serrée ; quand l'inflammation n'est pas très-aigùe, il peut se faire que le pus entre dans une espèce de combinaison avec le tissu de cet organe. S'il est des pneumonies grises (pneumonies terminées par suppuration , dans lesquelles le poumon offre un aspect grisâtre ) , qui sont dues à l'infiltration du pus, il en est qui présentent une sorte de combinaison du pus avec le poumon. J'ai aussi observé cette altération dans l'utérus et le rein d'une femme qui mourut d'une affection présumée cancéreuse de l'utérus, dont le symptôme dominant étoit des douleurs intolérables dans la région hypogaslrique. A l'ouverture , nous

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trouvâmes rulëriis doublé de volume, son orifice Doirâlre et hérissé de petits tubercules ; son col sain, mais son corps converti, dans la plus grande partie de son épaisseur , en un tissu blanchâtre, tout- à -fait analogue à celui du poumon combiné avec le pus , d'une consistance moindre que dans l'état naturel , et allant progressivement en diminuant à mesure qu'on approclioit du centre, où se voyoien tune matière pultacée et du pus. Le tissu cellulaire qui environnoit le rein droit étoit très-dense. Le rein , coupé par son bord convexe, présenta un tissu blanchâtre , tout-à-fait semblable à celui que nous avions rencontré dans la matrice , et au milieu duquel ëloit aussi du pus. J'ai rencontré la même altération dans le foie , le testicule , la prostate : elle ne doit pas plus étonner que la combinaison du sang et de la sérosité avec le tissu des organes.

Que se passe-t-il dans la résolution? L'anatomie pathologique ne l'a pas encore déterminé. On trouve des adhérences de la plèvre costale à la plèvre pulmonaire, du péritoine, à la suite de pleurésies, de péritonites terminées par résolution. Plusieurs médecins, voyant les urines avec sédiment blanc , les excrétions muqueuses opaques et blanches à la suite de phiegmasies; plusieurs chirurgiens ayant senti de la fluctua-

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lion dansle cas d'inflammation phlegmoneuse, éfc voyant cette fluctuation disparoîire et le malade guérir sans ouverture de l'abcès , en ont conclu que la résolution ne différoit de la suppuration qu'en ce que , dans celle-ci, le pus n'étoit pas re'sorbë eu totalité et l'étoit dans l'autre : cela est possible, mais nous n'en avons pas de preuve matérielle.

L'anatomie pathologique observe les métastases, toujouvsavantageuses quand elles ont iieii du declansaudehois,et provoquées dans ce sens par l'art , qui trop souvent échoue dans ses efforts ; presque toujours funestes quand elles se font du dehors au dedans.

Y a-t-il transport de la cause du pus ou simplement mutation d'irritation? Cette question est encore indécise : voici ce que je pense à cet égard. Qu'une ophthalmie cède à l'emploi des sangsues, des vésicatoires , du selon, peut-on nier que la guérison n'ait lieu par mutation d'irritation? Il en est de même de ces phlegmons ërysipélateux, de ces vastes érysi pèles erratiques que M. Dupuybren arrête si heureusement dans leur principe avec un large vésicatoire appliqué sur le centre de la maladie ; de ces pleurésies ou pneumonies commençantes , qui avortent par l'emploi (\qs sangsues et des vési* caloires. Mais qu'un écouiemenk véuéiiea se

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supprime et qiwl survienne une ophtbaîmie , une angine , ce n'est pas une ophthalmie , nne angine ordinaires Cju'on a à traiter, mais bieu une ophthalmie , une angine vénériennes : il y a donc transport de la cause.

Mais du pus est sécrété ; rassemblé en foyer , il forme un abcès volumineux qui présente une ilactuation manifeste; ou bien un ulcère ancien de la jambe , le moignon d'un membre amputé pour une maladie de rarticulation,une carie, une fistule, etc., sont en pleine suppuration : tout-à-coup cette suppuration se supprime; des signes d'une maladie intérieure se manifestent; le malade meurt: à l'ouverture on trouve un épanchement dans les plèvres, le périloine, le péricarde, un abcès dans le poumon ^ le foie , elc, A t-on pour ce cas cherché à établir une correspondance , une sympathie particulières entre la jambe ou un moignon d'ampu^ tation et ces divers organes? Pourquoi , dans les plaies de léle , en a-t-on voulu trouver entre je cerveau et le foie , et s'est-on évertué à en donner des raisons ? Je ne parle pas des cas de déchirure du foie coïncidant avec une affection du cerveau. M. le professeur Richerand a justement fixé l'attention des pialiciens sur celte coïncidence ; mais on ne sauroit nier que trèsfiouvent , à la suite de plaies de tête , des abcès

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ne se déclarent au foie sans déchirure préalable^ comme ils ont lieu après la lésion de tout autre organe : et si ou demande pourquoi ces abcès sont si fréquens au foie , je répondrai que c'est à cause de sa grande vitalité, du rôle important qu'il joue dans l'écoDomie, des relations nombreuses qu'il entretient avec tous les organes grièvement affectés. On peut regarder comme dé-* montrée cette proposition de physiologie pathologique : ZjC foie , organe sécréteur de la bile, probahlemenC organe d hématose chez le fœ-^ Lus , et dont nous ne connoissons certainement pas tous les usages , entretient avec tous les organes qui sont le siège d'inflammations ou. de suppurations des relations telles quil pré-^ sente souvent des abcès à la suite de la sup-^ pression de ces inflammations et suppurations* Dans ces métastases , le pus est- il transporté de l'ulcère ou de l'abcès jusqu'au foie? Je ne nie pas qu'il n'existe quelquefois dans l'économie une sorte de diathèse purulente telle, que des abcès se forment dans plusieurs parties après la suppression d'un foyer en suppuration , sans qu'on puisse se rendre un compte exact de cette diathèse et de la formation de ces abcès ; mais je souliens que , dans les métastases , le pus a été formé dans le lieu même où il existe, i^ Tous ces abcès ont été précédés de signes d'inllammatioD p

EN GÉNEHALé- ll3

quoique souvent cette inflammation soit laténîe| 2^ quelle voie suivroit la nature pour opérer ces Iransportsdepus? Bordcu n'éloit pas embarrassé pour le faire voyager dans le tissu cellulaire; mais les physiologistes modernes ne connoissent jusqu'ici d'organes propres à pomper et à charrier les liquides qui sont hors des voies de la circulation que les vaisseaux lymphatiques et veineux. Le pus est absorbé par les vaisseaux lymphaliquesà Je rapporterai , à l'ai licie Productions grais'^ seuses , une observalion qui le prouve d'une manière incontestable. Les veines paroissenC aussi absorber , d'après les belles expériences de M. Magendle ; mais , suivant les lois de la circulation , ce pus est déposé dans le système veineux , mêlé avec le sang , soumis à Faction des poumons , porté par les artères aux divers éraonctoires et aux organes sécréteurs. Ne seroit'Ce pas comme organe sécréteur que le foi6 est si sujet aux inflammations et suppurations par métastase ?

Mode chronique, IciçTanatomie pathologique est indispensable. Les symptômes inflammatoires sont si peu marqués, que, dans beaucoup de cas , on n'eût jamais soupçonné d'inflammation parle seul fait de l'observation clinique; que, même^ après avoir constaté son existence par Vouverlure du cadavre , on a souvent cru

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qu'elle n'ëtoit qu'une complication , qu'un accident, tandis qu'elie ëtoit la maladie principale. Combien de pneumonies, pleurésies, péritonites , méti ites , entérites chroniques qu'on n'a reconnues que par l'autopsie ! L'excellent ouvrage de M. Broussais ^ entièrement fondé sur Tanatomie pathologique, a beaucoup éclairé ce sujet obscur. li faut voir , dans Tauteur luimême, par quelle série de réflexions et de recherches il est parvenu à reconnoître, à priori^ un grand nombre d'inflammations chroniques. Des collections de pus , l'induration rouge et blanche, des tubercules, quelquefois des ulcérations, voilà les altérations organiques qu'on observe à la suite de ces inflammations. J'ai parlé des tubercules par inflammation chronique à l'article Dégénérations, L'induration rouge s'observe dans les poumons , les membranes muqueuses et séreuses qui augmentent beaucoup d*épaisseur. L'induration blanche se voit dans les membranes séreuses , et constitue les granulations miliaires qui s'observent souvent aussi dans le tissu cellulaire subjacent. Enfin j'ai trouvé plusieurs fois les intestins adhérens entre cuxet aux parois abdominales, et entourés de tous côtés par une masse indurée. Quand on coupoit cette masse très-volumineuse, la surface de la section présenloit les orifices des intestins divisés.

EN GÉIVÉRAL. I l5

CLASSE DEUXIÈME

Atonies»

Les a'onies sont l'opposé des irritations: elles consistent dans la diminution de la vie àe% parlies. Aux trois premiers ordres d'irritations répondeîit trois ordres d'atonies. L'irritation în- Hamiîiatoire n'a pas d'atonie correspondante»

ORDRE i^^.

Atonie nutritive.

L'atonie nutritive a pour effet la diminution du volume des organes : l'atrophie , la disparition de ces organes en est le dernier terme. Cette atonie peut porter sur un seul organe ou sur toute rëconomie. L'atonie générale , qui n'est autre chose que le marasme , la consomption ^ s'observe dans le cas d'affections morales tristes de longue durée , et dans la plupart des maladies chroniques : c'est \ atrophie nerveuse de Quarin* Après la mort , on trouve tous les organes , excepté ceux qui sont le siège de maladies organiques, rapetisses , ayant à peine la moitié ou les deux tiers de leur volume. Sur une femme morte de maladie de la colonne vertébrale , le cœur avoit à peine le volume d'un œuf de poule.

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L'atonie partielle, qui porte sur un ou plu»* sieurs organes , tient toujours à un défaut d'action , ou à la destruction de quelqu'une des conditions nécessaires à celte action. On l'observe , 1° dans les muscles : Texercice leur est , pour ainsi dire, plus indispensable qu'aux autres organes ; c'est à l'exercice moins fréquent du côté gauche qu'on attribue le moindre volume des muscles de ce côté. Un membre fracturé , maintenu dans un appareil pendant le temps nécessaire à la guérison , diminue sensiblement de volume. L'at»kylose du genou, du coude amène l'atonie nutritive des muscles de tout le membre, surtout de ceux du mollet et de l'avant'bras. Les os eux-mêmes participent à cette atonie : ils sont moins volumineux, leurs ëminences moins prononcées. La destruction des conditions nécessaires à l'action musculaire produit le même effet. Un muscle séparé de ses tendons s'atrophie ; un membre privé de l'iulluence nerveuse dans la paralysie, ou de l'action du sang artériel après la ligature du v.aisseau principal , diminue de grosseur , mais jamais de longueur.

De ce que l'exercice augmente et le repos diminue le volume et la force des muscles , il résulte que, dans le cas de foiblesse relative d'un muscle , on pourra lui rendre sa première force

^n le faisant agir proporlionnellement plus que son antagoniste : telle est ridée qui a dirige M. Boux dans le traitement d'un strabisme dont un adulte ëtoit affecté depuis sa plus tendre en-î fance.Deméme, pour redresser la colonne vertébrale déviée chez les rachitiques on a dit : en suspendant un poids du côté vers lequel s'incline le corps , il faudra nécessairement que les muscles antagonistes se contractent pour faire équilibre au poids; on les entretiendra donc dans une ac« tion habituelle qui augmentera singulièrement leur force au préjudice de ceux du côté opposé. La théorie est ingénieuse ; mais l'application n'a pas répondu aux espérances qu'on avoit conçues, parce que le poids augmente la courbure de la colonne vertébrale beaucou p plus quç ne tend à la redresser l'action plus forte des muscles : aussi doit on vouer à une réprobation générale toutes les machines imaginées pour corriger le défaut de la taille chez les demoiselles : car , en maintenant mécaniquernent le tronc dans sa rectitude , ces macbines rendent inutile l'action des muscles qui éprouvent nécessairement l'atonie nutritive ; en sorte qu'au bout d'un certain temps, la taille, abandonnée à ellemême , est beaucoup plus difforme qu'elle ne l'auroit été sans l'emploi de moyens mécaniques, a^. Le système nerveux éprouve aussi l'atonie

^ii8 DE l'aivatomïe pathologique

mitrili ve : dans le cas d'épanchemens clironiqnea de sérosité dans les ventricules du cerveau, les rirconvoUuions s'effaceut ; le cerveau, qui doit remplir à lui seul la capacité du crdDe,diminue de volume à mesure que la sérosité s'y accumule j car , quoique le cerveau soit compressible , et que sa compressibililé , continuellement mise en jeu parla respiration , puisse lui permettre de diminuer un peu de volume sans pour cela diminuer de poids, cependant celte sérosité, amassée en assez grande quantité, indue nécessairement sur la masse de Torgane : il y a donc atonie nutritive. Chez une femme de soixante ans, ap^ portée à l'Hôtel-Dieu dans un état d'idiotisme, et morte d'adynamie, nous trouvâmes le cerveau rapetissé et ne remplissant pas, à beaucoup près , ia capacité du crâne. Je ne connois pas d'exemple d'atonie nutritive de la moelle. Les nerfs optiques sont assez souvent atrophiés. J'ai rencontré plusieurs fois celte atrophie , qui ne s'élendoit que depuis l'endroit de leur réunion jusqu'au globe de l'oeil :i'analomic pathologique comparée paroît avoir résolu le grand problème de l'entrecroisement des nerfs optiques. M. B lainville ^monlréj dans son cours, les nerfs optiques d'un cheval borgne : en-deçà de leur réunion, c'est le nerf optique du côté sain qui est atrophié j au-delà, c'est le nerf optique du côlémalade«t

EN GENERAL. I ig^

3°. Le poumon , comprimé par une grande quantité de liquide séreux ou purulent succès-» sivement accumulé , diminue tellement de volume qu*il se réduit quelquefois à une lame extrêmement mince, dense, n'ayant plus l'aspect, du tissu pulmonaire, couchée sur les côtés de la colonne vertébrale : on diroit , au premier coupd'œil , qu'il n'y a plus de poumon; et des médecins , peu versés dans l'anatomie pathologique et la physiologie , ont souvent eu à rougir d'avoir accusé , dans ce cas , la destruction du poumon ; mais l'insufflation par la trachée-artère développe tout-à-coup cet organe ;il n'étoit point détruit, mais bien réduit à sa substance solide qui diminuoit de jour en jour de volume par le défaut d'action ; il étoit atrophié. L'autre' est presque toujours plus développé et supplée son congénère. On peut appliquer au poumon cette loi importante de physiologie pathologique: Toutes les fois quun des organes pairs de la 'vie nutritive ne peut plus exercer ses fonC" lions y il est remplacé par son congénère , qui se développe, en sorte que la jonction n est pas sensiblement lésée,

4". L'art a cherché à obtenir l'atonie de» glandes salivaires pour la guérison des fistules du canal de Sténon. Anéantissez, disoitZ)dj^i^/^^ la source de la salive en comprimant fortemenÊ

les parotides , et vous guérirez certainement la fistule. Le succès qui , dit-on, a couronné plusieurs fois cette pratique , paroît bien difficile . si l'on considère la position profonde des parotides entre la branche de la mâchoire , le ptérygoïdien interne , d'une part, et l'apophyse mastoïde, le sterno-masioïdien , de l'autre part. Le foie, comprimé long-temps par une ascite, une hydropisie enkystée , diminue beaucoup de volume ; quelquefois il conserve à peine le tiers ou le quart de celui qu'il présente dans l'état naturel. Très-souvent ou trouve l'un des reins très-peu volumineux , décoloré; quelquefois il est transformé en une poche plus ou moins considérable, dont les parois membraneuses n'ont aucun caractère du tissu des rains. L'atrophie du rein et son inflammation chronique coïncident souvent avec des pierres dans la vessie. — Les testicules s'atrophient par leur compression, par celle des vaisseaux et des nerfs du cordon spermati(|ue , par la section de ces vaisseaux et de ces nerfs. J'ai vu un soldat qui fut blessé en 1814 par une balle à la région de l'anneau : le cordon fut divisé; la guérison fut prompte, mais le testicule diminua de volume; uu mois et demi après il éloit très-petit , et sa compression ne faisoit point éprouver ce brisement de forces si remarquable dans l'état sain»

ISN GENER AL# ï2l

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