‹ Essai sur l'anatomie pathologique en général, et sur les transformations et productions organiques en particulier;Chapitre 23 sur 38 · ORDRE I · texte numérisé non relu

ORDRE I

Gangrène par lésion de V organisation.

Je ne range pas parmi les gangrènes les dé» sorganisations produites par des agens exté^ rieurs, tels que les contusions portées jusqu'à Fattrition , les brûlures , les cautérisalions, etc.; car, pour qu'il y ait gangrène , il faut que cette désorganisation soit le résultat de la vie , soit qu'elle dépende i*' d'une cause délétère destructive qui agit localement ou qui, après avoir produit des effets généraux, se concentre sur un organe particulier; 2^ d'un afflux immodéré des liquides qui étouffent les propriétés vitales; 3*^ d'une foiblesse , soit locale , soit générale ,

EN GÉ^ISÉRAL. 12$

d'où résulte un défaut de correspondance entre l'irritation et la réaction ; 4° soit enfin que Tin*flatumation s'em parant d'une partie incomplètement désorganisée, pour décider si elle doit vivre ou mourir, ne puisse la rappeler à l'organisation.

Genre i«^ Parmi les gangrènes par cause délétère se rangent la pustule maligne, le charbon, Lien différent d'une autre maladie comprise sous le même nom, et qui n'est autre chose qu'une réunion de furoncles juxla-posés (i); les bubons pestilentiels, la gangrène produite par le seigle ergoté , l'angine gangreneuse décrite par Fo^ thergillf Huxliaiiiy et qui paroît la même que les ulcères d'Egypte et de Syrie dont parle Arétée de Cappadoce, Les gangrènes critiques que j'ai observées plusieurs fols me paroissent du même

genre.

Genre ii. Les gangrènes par excès d'inflammation comprennent celles par irritation ex^ cessive , comme dans les infiltrations et épanchemens d'urine, de bile, de matières fécales, et dans le cas d'inflammation avec étranglement des membres, de l'ultérieur du globe de l'œil.

(i) Voyez la Dissertation sur l'Anlhrax , de iM. le docteur Codet , qui a de'veloppé la véritable doctrine de cette maladie , d'après M. Diipujtrerio

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Les tissus dermique , cellulaire et se'reux sont plus exposés à cette gangrène que tous les autres.

Genue III. Les gangrènes par défaut d'action locale ou générale sont celles qui surviennent à Tépiploou graisseux après l'opération de la hernie, aux membres inliltrés à la suite de mouchetures; celles par pression dans les cas de paralysie, d'adyuamie, où toutes les parties qui supportent le poids du corps tombent en gangrène; les escarres produites parie tourniquet, lorsqu'on traite l'anévrysme par la compression ; celles par congélation chez les individus affoiblis , et dans les parties les moins vivantes. M. le docteur Broussaiid , ex^chirurgien-major , m'a dit avoir vu , dans la trop fameuse retraite de Moscow, un malheureux encore vivant dont les yeux éloient gelés.

Genre iv. Les gangrènes par indammatioii dans les parties iucomplèlement désorganisées ou dégénérées s'observent surtout dans le cas de brûlure , de congélation avec vésicalion , avec destruction d'une partie de l'épaisseur de la peau , de toute son épaisseur et des tissus soujacens. En effet , l'accumulation ou la soustraction de la chaleur n'ont pas eu lieu seulement dans l'endroit altéré ou désorganisé ; les parties voisines s'en sont plus ou moins res-

EN GENERAL. iS-t

senties : or , l'inllammallon éliminatoire se déclarant dans celles-ci, les ramène souvent à leur état naturel , mais souvent aussi y éteint la vie. « — Dans les contusions avec désorganisation il y a trois couches de parties : la première est complètement désorganisée ; la seconde est altérée dans son organisation , d'autant moins qu'on s'éloigne davantage de la première couche; enfin viennent les parties qui n'ont pas du tout souffert. L'inflammation parcourt convenablement ses périodes dans la couche qui n'est point du tout altérée ; elle détermine souvent la mort dans tout ce qui est incomplètement désorganisé.

Les squirrhes, cancers, carcinomes et les parties environnantes sont quelquefois le siège d'un travail spontané ou provoqué par des incisions et des applications irritantes; d'où résultent la fonte , la gangrène des parties dégénérées , leur élimination complète et une guérison radicale. M. Pdcherand cite, dans sa INosographie^ un cas de cette espèce. J'en ai observé un à î'Hôtel-Dieu , en 1811 , à la suite d'une incision qui avoit été faite dans un autre hôpital. Une autre femme ne put résister à ce travail éliminatoire , et succomba à des symptômes adynamiques. J'ai vu, la même année, une femme qui avoit, tout le long de la cuisse, des tumeurs de nature inconnue , qui tombèrent successive-

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meut eo gangrène : la gnërison fut complèlei M. Garneri a rapporte' dans la Bibliothèque médicale, en décembre 1810 , septembre 181 1 j un cas de guérison de cancer par la gangrènco On a proposé dans ces derniers temps de provoquer la gangrène pour guérir le cancer : 011 l'a même inoculée avec succès. ( Voy. Bulletin de C Institut de Méd. , par M. Léveillé, )

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