‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 54 sur 178 · Naville. Id · texte numérisé non relu

Naville. Id

106 l'aNTIIRoPOLOUIE IiE MAINE DE BIIIAN

lelli.'encc ol .le la scnsil.iiilé animalo. Los opérations qu'il oonTprcnd ont u.. caracU^rc .«ixle : car la forme n est pas ,.o,no,è..e à la matière. L'activité <la moi a a pas pour mol.ilc, comme les tcn.lancos inconscientes .le notre être 1. plaisir ou linlérèl : sa lin nat.nclle est la vor> le. Auss. ,,,;.. accord est.,1 impossible '. Mais lincortitu.le et la relahvité .le la vie perceptive ne .lérivent pas, pour M. -le H.ran, comme pour certain, philosophes conlemporan.s, .le la relativité des formes .le la connaissance; cclles-c. ne sont antres <.ue les formes .le la personnalité ; ..r le « je v.mx » est i.l.M.li.p.e .lans cette philosophie au « je pense » : .1 sert de tvpe ou .l'étalon à toute vérité certaine. Le -lelant o., rimpcrfecUon.le la connaissan.^e, à cet étaj,'e .le la v>e pensante, provient .les résistances .p.e par sa nat,u-e men.e la matière op|)osc à la forme.

Mais iM.nr eu l.ien compren.lre la vale.u-, il miport- .1 .'u connaître l'origine. Voyons i.ar «p.els procé.les. selon M ,1e Ui.an, lactivilé .In moi s efforce de s'appropr.er les sensations, les images, et tous les autres mo.les de la vn-

sensitive. . ■

Dans la vie sensitive, I activité -lu mo. se nuunteste pa> !.. tension simultanée .le tous les m.iscles .p.i reulrent s..us son .lonK.ine : ainsi se constitue le sentiment .le la personnalité ...1 la conscience .p.i enveloppe tout à la lo.s 1 apciceplion .lu moi .-t .le l'inertie ou résista..ce or;,'a.nque 1 ar nnt.<rmé,liairedcce seulimenl delà résistance, lesalTecl.ons rentrc.t .lans sa «(.hère; les intuitions y rentrent é^^alemenl, en tant .pi'elles s'oi.posent a.i moi, par leurs caracler.|s essenli.'ls. Mais ce n'est encore .p.e lauhe .n.léc.se . e la vie pensante; notre corps ne se distingue pas nettement .les corps étrangers ; li.lée .h. n,ou.le c.vtéri.-ur est indétcrmn.ec ; li.omme n'emploie pas l'énergie .lo..t il dispose «organiser sa vie • il sul.it rinlluen.:e de son tempérament el celle des choses, el ne seml.le exister .p.e pour assister au spectacle de sa propre impuissance.

Dans la vie perceptive, il ne se borne plus à celle atbtude

LA VIE HUMAINE

passive Elle est essentiellement constituée i.ar rattention, et l'allenlion, comme son nom l'indi.iue, est active B.en loin .lèse ramener à la sensation, comme le pe.iseCond.llac, celle-ci l'annule. Tandis que les mouvements qui accompagnent la sensation onl leur origine da,.s l'instinct v.tal, q.. ds tendent simplement à retenir les impressions agréables comme à repousser ou affaiblir les imp.-essio..s |.én.bl,-s, et que par suite leur résultat se perd .lans le senlin.enl spontané de la vie, les mouvements qui constiluenl I attent.o,, sont volontaires, ils poursuivent un but intellectuel ; ds onl cnlh. poureffct .le faire ressortirune sensation du groupe ou elle était confon.lue, et de la re.ulre plus claire et plus précise Mais par cela même que l'attention est liée à 1 elfort volontaire, qu'elle est constituée parce sens même, en tant <pul se concentre sur un objet déterminé, elle ne s applique <p. aux scsalions .lont le siège se trouve .lans le cha.np < e la volonté, cest-a-dirc aux hduitions ; et il n'y a pas .le faculté gé.iérale de rattention, comme lont admis Coiuhllac et la plupart des philosophes.

L'attention na pas de prise directe sur nos sensations, en tant quelles sont affectives et .lépendent de caus..s organi.p.cs placés hors de la sphère .le la volonté'-, à I égard des affections, nous ne pouvons quèlrc passifs; mais elle peut agir sur l'élément représentatif ou intuitif de nos sensations car il .lépcnd dans une certaine mesure de notre action volontaire. La volonté peut agir par les nerfs moteurs sur les libres répandues dans le tissu nerveux musculaire, et les approprier, les adapter en .[ueUpie sorte k l'action exercée par les molécules, coordonnées entre elles, des corps extérieurs. Considérons l'effet de lallention sur la vue qui est le sens le plus développé chez Ihomme adulte.

Tandis que dans le regard passif, les intuitions s agr.-gent fortuitement et que leur persistance est proportionnée a la vibratililé de lorganeet à linfluence de certaines causes qui

1. Naville. t. 11, Essai sur les fondements de la psychologie (86-90).

108 l'anthropologie de MAINE DE IIIRAS

exallcnt la sensibilité organique, rallontion en se déployant par un cfTort exprès sur lorgano <le la vue, peut arrêter ou étouffer ou simplement modérer certaines vibrations <le 1 or- <.anc et en faire prédominer d'autres qui laisseront des traces moins vives, mais aussi plus lixes et plus dociles à se reved- 1er par l'exercice du même effort'. La volonté ne peut pas sans doute agir directement sur les libres même de la rétine, mais elle agit sur les muscles de Tœd, et par eux sur les libres. L'attention a ainsi pour résultat de dnnnu.er ou d'affaiblir la réceptivité ou l'affectivité .le l'organe, a mesure qu'elle augmente on développe son aptitude a per-

ccvoir"

Comment expliquer i)hysiologi(iuemenl celle innucncc de

la molililé volontaire sur la sensibilité ? M. de Pm'an avoue quil l'ignore; mais cette influence selon lui n en est pas moins certaine, « c'est un fait de sens intime ' ». l/attention éclaire les objets d'une lumière propre qu'elle semble communiquer plutôt que recevoir. Nous savons aujourd'hui que celle lumière intérieure ne vient i>as de rattention mais des images ; ou du moins (pie rattention ne sert qu'à diriger et concentrer les images éparses dans le souvenir vers le but qu'elle vise. Notre perception des objets est selon l expression d'Ampère « une concrétion » des sensations ou représentations actuelles, avec des images antérieures qui viennent s'y appliquer. M. de Biran ne s'est pas rendu compte du rôle de limagination dans l'effort mental.

Quelle que soit la manière dont s'exerce notre activité dans les perceptions visuelles, elle ne larde pas a devenir,

i Navillo, t. IL 98. Essai sur les fondements de la psychologie. 2*. « J'ai fait plusieurs fois celte expérience en ^^^^'^^^^^"/ !;:f,:^Xie de vitre dune fenêtre bien éclairée. Si .na vue d^''"^7^^\^^^^^.f ^^^^^^^^^ temps sur ces carreaux pendant que je rêve à '^^^?'l^^^^^^^^ la finètre reste dans mes yeux et je la vo.s »>«;" %P^[^^^^^^ pareil n'arrive quand je regarde la enétre «^^"If^^^^/;/^;;"! "^i3 len conserver limage. Ce n'est plus alors cette "^.^^^^f ,\^^ .,?^^' mais un souvenir très distinct que je conserve de l objet » (Nasille,

ni., 97).

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