‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 55 sur 178 · NavJlle, id · texte numérisé non relu

NavJlle, id

Lk VIE HUMAINE

par la répétition, habituelle et peu à peu nulle pour la conscience. C'est là un fait important qui semble avoir son explication dans la nature même de 1 intuition. L'intuition existe, comme nous l'avons vu, dans la vie animale ; elle a par ellemême un degré de clarté et de distinction, indépendant de toute action de la volonté; les centres moteurs peuvent réagir sous l'influence d'une impression produite sur l'extrémité des nerfs sensitifset transmise au cerveau; cette réaction spontanée n'a pas une fin intellectuelle ; mais il peut être utile aux fins de l'individu qu'il se représente clairement et avec précision les objets, afin de les éviter s'ils sont nuisibles, ou de les rechercher s'ils sont agréables. Il arrivera par suite que ces mêmes mouvements, lorsqu'ils deviendront volontaires, auront une tendance à paraître spontanés; d'autant plus que la volonté n'agit ici que prévenue par la sensation; dételle sorte qu'elle semble réagir, et que les produits de son action s'enveloppent de plus en plus dans l'intuition proprement dite. La nature absorbe donc l'esprit. Kn introduisant de la clarté et de l'ordre dans ses intuitions sensibles, l'esprit continue de les subir. 11 n'emploie guère la liberté dont il jouit qu'à se plier à sa servitude. Quoique distincte par son origine de la sensation, l'attention finit par lui être subordonnée dans les sensations les plus intellectuelles en apparence : celles de la vue.

Mais en réalité, pour M. de Biran, bien loin d'être le sens intellectuel par excellence, la vue est la source des principales erreurs des philosophes. C'est parce que Berkeley et Hume ont cherché à se représenter sur le modèle des images visuelles les faits psychologiques qu'ils ont été entraînés (( à nier les faits de réflexion ou d aperception interne et à mettre ainsi tout le système intellectuel en représentations toute la pensée en images. N'est-ce pas ainsi, en généralisant les fonctions particulières d'un sens externe, de manière à rétendre à tout ce qui est hors de sa portée qu'on peut se trouver conduit en même temps à une sorte de matérialisme pratique qui établit la pensée et le 77ioi identifiés à la sensa-

1,0 L'A.NTlinOl'OLOr.IE DE MAINE BE «IRXN

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Jr érieuro. el aune sorte .1 i.léalis.ne ,héon,u-,."

b . e au n.o .de réel un n.onde imaginaire, peuple .le

^^ sans consistance, créations spontanées de uol e

fritlie: .pu n'ont pas besoin de support .-xtér.eur pour sul-

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U f. . -n r.pn' M. de Biran. les plnlosophes cpn prétend:!; t. .'ut .lédui're .le la sensation. .>aHent toujours une sensation particulière, et cest en S"-"-' f^^^^,^^,*^. ,.^ ' .,ui s..rt de type aux notions et a...x s.fe'ue. de la langue p.>

•^'Tete-Td oa ils auraient da partir, et .,ui joue .lans la .loc- , ,, : l M .1.^ ni.-an le rôle .,ue joue la vue .lans la pluloso- Z .-lislo, c'est le toucher aCit. V..ilà pour lu. le vra s ilosopl.i,p..-. Connaissance et action sont .leux termes o ve ibles . .r le toucher est naturellement or.an.se pou aciu Dans la vue, IV-il, en tant .p.organe nerveux, e.t i nnontdune vision passive; en tant .p.'or,ane muscub il rentre sous h- sens propre de felTort mot,-ur ma,s ^i 1 "v^l.,nté agit imméd.at.-.nent sur les muscles, elle ne ; pundirectement sur les libres ; et elle ne s exerce

: ;;,., -lans le .lomaine de la vision pass.ve .es a tes nme^ nui assurent ensuUe la réminiscence et .lonne t r „; lilTérenles comparaisons et aux divers modes .le

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,„, la sensation ; est-ce .,ue la.laptafon .1 » -' ' '' '^ 'tance .les objets n'est pas l-uvre d'une sorte J - -^-

Le toucher actif est bien mieux approprie a 1 acl.on. C est ,0 se. 1 ^ns où 1 action exercée par les nerfs mote..rs prenne

. r^ liniti.tive et la pré.lominance sur la pass.on absolument liniiiaiiNt ci .a | , ,„,ouvée par les ..erfs. sensitifs. Le voulo.r seul > com

r;„oe les mouvements auxquels la sensal.on ne l cUe- :;;;:; ,ue consécut,ve. aussi les nerfs mo'eu.-s adheren.

1 Navill... l. Il, 102. Essai ..„■ le fonUemenl .le la psyehotome. î. Cousin, t. 111. !0I. Apeneplion ImméJiale.

LA VIE IIUUAIXE

ils entièremonl aux nerf sensitifs quils (Miibrassent et suivent dans toutes leurs ramitlcations de manière à ne former avec eux qu'un seul el même appareil ors^anique ^ Ce sens a un rôle si important dans la connaissance que la nature l'a soustrait aux vicissitudes auxquelles les autres sens sont soumis. Il n a pas un mode de sensibilité spécifique qui rapj)roprie aux divers agents physiques qui font impression sur lui. comme la vue et l'ouïe. Que les sensations passives viennent à chanj^er, le sentiment de résistance ne variera pas pour cela-. Eniin il n'est pas limité à un seul organe spécial, mais il comprend tous les instruments ou organes locomobiles que la volonté peut appliquer aux résistances ou inerties étrangères, et ces organes sont répandus dans le corps tout entier"'.

De la nature du loucher actif résulte le rùle important (|uil joue dans les diverses opérations intellectuelles, et d'abord dans la perception extérieure et la mémoire.

b. La perception extérieure el la mémoire.

Le problème de la perception extérieure intéressa M. de niran, à toutes les époques de sa vie. Nous voyons dans l'Kcrit publié par Cousin sous le litre de \ Aperception immédiate (\u'\\ le considérait en 1824 comme un des problèmes fondamenlaux de la philosophie, puisque de sa solution dépend celle de la question première de la métaphysique, savoir : de la valeur de l'idée d'existence objective. Mais les textes contenus dans cet écrit se réduisent à des indications précieuses quil est nécessaire d éclaircir et de commenter à l'aide dautres textes empruntés à V Essai sur les fondements de la psychologie et à l'un des manuscrits que nous avons publiés dans la Revue de Métaphysique et de Morale, sous

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