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l'anthropologie de MAINE DE UIllAN
objclsles éléments de l'étendue n'existent pas isolément ; ils n'existent comme tels que pour la rétlexion ([ui les abstrait du composé sensible dont ils font partie. Dans le système perceptif nos sensations tactiles actives sont associées aux sensations tactiles passives et aux sensations visuelles. Or, il n'y a pas de souvenir proprement dit de ces diverses sensations, qui ne sont pas les elTels de lactivité du moi. TouL ce que le moi i)eut reconnaître dans une intuition qui se représente à son esprit, c'est (lu'elle est passée, ou encore sa ressemblance ou analogie avec une intuition actuelle, mais ce souvenir est très imparfait. Môme ([uand le moi a participé aux intuitions par une volonté expresse, les mouvements volontaires qui ont moditié limpression reçue n'en seront jamais des signes disponibles nous permettant de les reproduire à volonté ; car ces mouvements n'ayant i)as créé lintuition, ne pourront jamais, à coup su.' en faire renaître l'image '. Du reste, ces mouvements n'existent pas d'une façon distincte, en dehors des intuitions ou des images auxquelles ils sont joints ; ils tendent à se confondre dans leur résultat objectif; ils ne pourront donc en être distingués ni remplir la fonction de signes volontaires. Ces images tendront au contraire à réapparaître sous l'induence de différentes causes externes ou internes, indépendantes de la volonté. Or, quand elles réapparaissent ainsi, nous pouvons les distinguer de nos sensations actuelles et par suite les rejeter dans le passé, mais tout ce ([ue nous pouvons aHirmer, c'est qu'elles ressemblent à des intuitions anciennes, non'qu elles leur sont identiques. Il manque donc à ces images deux caractères essentiels du souvenir qui au fond se ramènent à un seul : l'' le rappel volontaire, ^o l'identité. Le moi ne peut véritablemontse rappeler que ses actes ; car ses actes seuls remplissent les deux conditions que nous venons d'énoncer.
i. Naville, t. 11,1*1-142.
c. Généralimlioiu jugement empirique, raisonnement :
Le moi va porter son attention sur cette multitude d'images que laissent nos perceptions après elles et s'efforcer de leur imprimer les deux caractères qui distinguent son mode d'activité ou d'existence : lunité et l'identité; il n'y réussira qu'imparfaitement, car cette matière qu'il veut façonner et soumettre aux formes de sa personnalité, est au contraire multiple, variée, changeante : elle a une autre origine que le moi : elle vient de l'intuition, c'est-à-dire de l'intelligence animale, de la nature, en un mot : elle a ses propriétés et ses lois ou du moins ses afiuiités naturelles, dont l'esprit devra tenir compte. Il faut s'attendre à ce que la collaboration de deux principes, d'origine et de nature si différentes, ne donne pas, soit dans la connaissance, soit dans l'action, soit dans l'art, des résultats pleinement satisfaisants. La plupart des opérations intellectuelles, généralisation, jugement, raisonnement sont le résultat d'une comparaison qui n'est elle-même dans le système perceptif qu'une circonstance de l'attention. Les sensualistes qui réduisent lattcntion à la sensation, réduisent par cela même la comparaison à deux sensations simultanées qui resteraient distinctes l'une de l'autre. Mais pourquoi, demande avec raison M. de Biran, s'il peut y avoir deux sensations simultanées distinctes, n'y en aurait-il pas trois ou quatre ? Kt comment d'autre part, le moi qui n'est rien en dehors de ses sensations, et les devient tour à tour, pourra-t-d les distinguer les unes des autres, puisqu'il ne se distingue d'aucune d'elles ? Si vous ne posez pas un mode constant, uniforme, distinct par son caractère actif des sensations qui le modifient, comment pourrez-vous distinguer ces sensations entre elles', et les comparer ? Il faut pour cela, qu'à chacune d'elles soit attribuée l'existence, ce qui suppose qu'elle est mise en rapport avec un sujet qui en est distinct. En d'autres termes, la comparaison porte toujours sur des-
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idées, non sur des imagos ou des intuitions considérées en dehors de tout jugement: l'idée se distinguant des intuitions cl des images telles qu'elles existent dans rintelligencc animale, en ce qu'elle enveloppe toujours un jugements La comparaison comme l'attention dont elle dérive est donc bien une opération intellectuelle. Si la théorie hiranienne de l'entendement aboutit en ce qui concerne la valeur des idées générales, des jugements de modalité, du syllogisme, aux n^émes conséquences que la théorie sensualiste, elle n'en est donc pas moins très différente, psychologicpiement, et notamment sur ce point qu'elle considère toutes ces opérations commc^ des produits, du moins en i)artie, de l'activité de l'esprit.
En comparant entre elles nos images et nos p<Tceplions, notre esprit aperçoit des ressemblances et des dissemblances
qui le déterminent à les ranger dans la m'^me classe ou dans des classes différentes, selon les cas. Ainsi se forment
les idées générales.
Mais ce serait une erreur de croire que notre esprit débute dans la connaissance par lidée des choses particulières. « Ce qui constitue l'individualité, comme dit Leibnitz, dune chose ou d un être est le dernier connu, puisque, pour obtenir cette connaissance, il faut regarder la chose en ellemême ^ » Nous avons vu, dans le système sensitif, que l'enfant débute par un sentiment confus de la ressemblance que les sensations ont entre elles : « La perception de ces ressemblances précède l'exercice de nos facultés actives et leur donne des lois plutùt qu'elle n'en reçoit ^ ». L'enfant se sert des mots dont il dispose, non pas, pour désigner un individu, mais tous les individus d une espèce et il suffit de la moindre analogie sensible entre des objets ou des êtres pour qu'il les range dans la même classe. C'est ainsi qu'il
!.Naville,t. m, i:i6. -^