‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 64 sur 178 · Naville, irf · texte numérisé non relu

Naville, irf

LA VIE HUMAINE

donnera le nom de père à tous les hommes. Les animaux eux-mêmes sont affectés par ces ressemblances des sensations ; leur instinct les dirige d'après elles, et l'homme s'en sert souvent pour les faire tomber dans ses pièges ^ ; de telle sorte que «si l'on pouvait être fondé à attribuer avec les kantistes certaines formes à la sensibilité humaine, comme étant naturelles ou inhérentes à son exercice, le rapport de ressemblance serait sans doute la première de ces formes- ». Il semble qu'on puisse remonter plus haut encore, et (lire que l'intelligence animale comme linstinct a son origine dans la tendance au moindre effort.

C'est de ce commencement de généralisation spontanée que partira la faculté d'attention pour arriver par une suite d'abstractions et de comparaisons à la formation régulière des genres et des classes infuiiment étendus qui semblent embrasser tous les phénomènes de la nature sous un certain nombre de titres généraux' ». Mais quelque effort que nous fassions, les résultats d'une telle comparaison ne peuventêtrequ'extrêmementimparfaits et grossiers, parsuitc

du caractère subjectif des sensations et des images sur lesquelles elle porte. Les ressemblances ainsi perçues sont nécessairement relatives aux causes organiques dont elles dépendent. Telles cpuleurs qui se ressemblent à mes yeux, pour d'autres diffèrent. D'autre part, en nommant ces qualités sensibles à part des qualités qui les accompagnent, et des substances individuelles en qui elles existent, on leur confère une réalité toute imaginaire. Au fond, elles n'ont d autre unité et d'autre réalité que celle du signe artificiel qui sert à les désigner car d'une part, elles n'existent pas dans les substances d'où notre attention les abstrait, telles que nous les concevons ; d autre part, elles n'existent pas en dehors d'elles. Du reste que nos idées générales dési-

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