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dans l'observation II. D'autre fois, c'est la persistance même de la fièvre et le maintien de la température à un niveau que n’explique plus l’état du poumon, qui attireront l'attention et feront reconnaître la dilatation de l'aorte, comme dans l'observation I.
Quoi qu'il en soit, les symptômes de l’aortite pneumonique sont d'ordre général ou local, ces derniers seuls fournissant la clef d'un diagnostic clinique ferme. |
Les premiers, procédant de l'irritation du pneumogastrique ou du sympathique, peuvent faire défaut, ou s'ils existent, sont facilement mis sur le compte de la maladie causale. Ainsi en est-il de la dyspnée, souvent fort pénible, de la toux sècie et quinteuse, qui peut s'accompagner d'expectoration abondante, blanchâtre et mousseuse, indice d'æœdème pulmonaire.
La douleur rétro-sternale est plus de nature à éveiller l'attention du médecin. Elle peut avoir des irradiations analogues à celles de l’angine de poitrine: Toutefois les symptômes douloureux sont ordinairement peu marqués dans les aortites aiguës secondaires à une maladie infectieuse.
Les symptômes les plus importants sont, comme nous le disions plus haut, ceux que révèle l'examen de l'aorte. Nous ne saurions trop répéter qu'à défaut d’investigations minutieuses et quotidiennes, ils peuvent facilement passer inaperçus.
Si en effet la persistance de la fièvre au delà du délai habituel, ou sa réapparition après une chute franche de la température est de nature à faire songer
au médecin à quelque localisation extra-pulmonaire, la percussion êt le toucher seuls peuvent le renseigner sur son siège exact et lui faire découvrir les deux seuls signes qui aient une réelle valeur diagnostique : nous voulons dire l'augmentation de la matité aortique et l'élévation de la sous-clavière droite.
Le professeur Potain a depuis longtemps insisté sur l'augmentation de la matité sternale de l'aorte comme signe de l'inflammation de la première partie de ce vaisseau. La matité aortique dépasse alors le bord droit du sternum dans une étendue variable, qui était d’un centimètre et demi dans l’'osservation II, de deux centimètres et demi dans l'observation I. Dans ce cas, le diagramme de la matité précordiale revêt la configuration d'un casque de pompier, suivant la comparaison du professeur Potain.
Ce dernier a montré que cette augmentation de la matité n'est pas due exclusivement à la dilatation de
la crosse. S'il en était ainsi, il faudrait admettre que
quand le bord droit de l'aorte déborde le sternum de deux centimètres, son bord gauche (impossible à déli miter par la percussion) esf rejeté d'une quantité égale vers le côté gauche, de sorte que le diamètre transversal du vaisseau aurait quatre centimètres de plus qu’à l'état normal Un semblable accroissement de diamètre ne se rencontre en réalité que dans certaines formes de dilatation anévrysmale. L'augmentation de la: matité aortique est due principalement à un allonge: ment plus ou moins considérable de l’a:tère enflammée.
Toute artère enflammée perd une partie de son élasticité
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et tend à s'allonger sous l'influence des ondées san guines qu'elle reçoit du cœur. L’aorte fixée en avant par le cœur et en arrière par les artères intercostales qui la maintiennent appliquée à la colonne vertébrale, ne peut en effet s'allonger, sans que l'arc qu'elle décrit à ce niveau s'exagère et se porte en dehors et en haut, soulevant ainsi les branches qui naissent de sa convexité, et plus spécialement le tronc brachio-céphalique artériel. La carotide primitive droite, dont l’origine est surélevée de cette manière, devient peut-être un peu flexueuse, mais elle échappe pour ainsi dire à nos moyens d'exploration. Il n'en est pas de même de la sous-clavière droite, née du même tronc artériel, et qui devient accessible à son passage entre les deux faisceaux des scalènes. On sait que Faure a signalé en 1874 l'élévation de la sous-clavière droite au dessus du bord supérieur de la clavicule comme signe d’aortite de la crosse. Cette élévation est adoptée aujourd’hui comme un signe précieux de ce qu'on appelle assez improprement la dilatation de la crosse aortique.
Le professeur Potain a justement insisté sur la rapidité avec laquelle se produisent parfois tous ces signes d'une dilatation aortique, et aussi sur celle'avec laquelle ils peuvent disparaitre dans le cas de guérison. C'est ainsi que chez notre malade on voit la matité aortique déborder du jour au lendemain le bord droit du sternum dans une étendue de 2 cent. 1/2.
L'aortite s'accompagne fréquemment de l'inflammation des valvules sigmoiïdes de l’aorte, comme cela eut lieu dans les observations que nous rapportons.
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Cette sigmoïdite se traduit par les symptômes particuliers à l'endocardite aiguë.
Le premier bruit reste en général intact, mais le second est éteint et sourd, sans être dur, tout au moins au début. On a voulu de ce fait donner deux interprétations différentes : ou hien l'allongement de l'aorte enflammée ne va pas sans une certaine dilatation de ce vaisseau ; dès lors, l’ondée sanguine de retour, trouvant à se répandre dans une cavité de volume plus grand, réforme les valvules aortiques moins brusquement, la pression sanguine étant moins ‘élevée ; ou bien ces valvules sont elles-mêmes atteintes d’inflammation, et devenues plus épaisses et moins consistantes, vibrent moins. C'est ce qui se passe en réalité, quant à l’aortite pneumonique, se trouve associée une endocardite aiguë. Alors, au bout de quelques jours, le second bruit devient dur, analogue au bruit du tabourka, Suivant la comparaison du professeur Potain.
Nous ne citons que pour mémoire les faits où l’aortite paeumonique revêt la forme ulcéreuse et accompagne une endocardite de même nature. Nous avons cité plus haut une observation d'endocardite ulcéreuse à pneumocoques, due à Tombolan-Fava, où l'aorte présentait au niveau d'un des sinus de Valsalva, une destruction de la membrane interne en forme d’excavation sacciforme. Dans ce cas, les signes de l'aortite se confondent avec les symptômes généraux graves de l'endocardite ulcéro-végétante, que cette aortite accom-
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