‹ Essai sur l'aortite pneumoniqueChapitre 17 sur 20 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

A n'en juger que par nos deux observations, on serait tenté de considérer le pronostic de l'aortite pneumonique comme bénin.

Sans doute, le prono tic immédiat de cette lésion est rassurant. La guérison est possible, et, suivant la remarque de Bureau, elle est même de règle dans toutes les aortites aiguës secondaires. Elle peut se faire rapidement, en quelques jours, c'est ainsi que la dilatation aortique ne dura que six jours dans lobservalion Î et quatorze jours dans l'observation IF. Quand l’aortite s'accompagne de l'inflammation des valvules sigmoïdes correspondantes, celle-ci se résout plus lentement, de sorte que les altérations du second bruit aortique survivent pendant quelquesjours à l'effacement de l'aortite. Ce second bruit aortique était redevenu normal cinq jours après que l'aorte eût repris ses dimensions ordinaires chez le malade de l'observation I,

A Tr

Mais en est-il de même du pronostic médiat, du pronostic à longue échéance ?

On est en droit en effet de se demander si.le malade n'aura pas de ce fait contracté une prédisposition fâcheuse à des localisations aortiques ultérieures. Cette Supposition est d'autant plus vraisemblable que nous savons fort bien que l’aortite peut naître à la suite de causes légères.

L'expérimentation elle-même légitime ces craintes. Boinet et Romary concluent de leurs recherches :

« Suivant leur intensité d'action, les doses injectées, » la durée de l'expérience et le nombre des inocula- « tions, les toxines microbiennes peuvent reproduire « les périodes intermédiaires et les transitions évolu- « tives signalées par Cornil et Ranvier entre l'artérite « aiguë et l’endartérite chronique. On s'explique ainsi « l'évolution clinique de ces aortites infectieuses, « survenant dans le cours de la fièvre typhoïde, des « fièvres éruptives et devenant le point de départ de « lésions chroniques de l'aorte (1) ».

Ailleurs, ils disent encore : « Lorsque le microbe « est fortement atténué. il peut déterminer des altéra- « tions à marche subaiguë, avec tendance évolutive « vers la chronicité ; mais ce processus existe surtout « pour les aortites infectieuses dues àl'action des « toxines. Elles peuvent aboutir à l’artéro-sclérose, et «-si on conserve longtemps les animaux en expé-

(1) Boinet et Romary. — Loco citato,

Latine : ANR

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