‹ Essai sur l'aortite pneumoniqueChapitre 7 sur 20 · CHAPITRE I HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I HISTORIQUE

Pendant longtemps les médecins n'ont connu que jinffammation chronique de l'aorte, la seule que révélaient les constatations nécroscopiques.

Luton (1) déclareencore que l'aortite aiguë n'est que le point de départ des dispositions successives qui aboutiront à la phlegmasie chronique du vaisseau. € I n'y a donc pas lieu, dit-il, de distinguer une aortte « aiguë et une aortite chronique, mais une seule et « même affection étudiée dans des âges diftérents ». La dilatation de l'aorte en particulier était considérée comme une lésion permanente. |

Les travaux du professeur Potain ont montré qu'une semblable conception de l'aortite est manifestement erronée.

Il existe une aortite aiguë susceptible de guérir complètement. Bien plus, l'aorte est capable de modifier ses dimensions avec une grande rapidité.

(1) Luton -- Dictionnaire de Medecine et de Chirurgie pratique. Article « Aorte ».

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L'aortite aiguë peut se rencontrer au cours ou dans la convalescence de la plupart des infections : la fièvre typhoïde (Potain, Landouzy et Siredey)}, la variole (Brouardel), la scarlatine (Landouzy et Siredey), la rougeole, la polyarthrite rhumatismale aiguë fébrile (Bureau), la grippe, l'infection purulente (Charlewood- Turner), l'impaludisme même (Lancereaux, Potain). IT serait donc surprenant que la pneumonie seule püt être exempte de cette complication.

Cependant Bureau, dans son intéressante thèse sur les aortites (1), n'en parle pas dans l'énumération des causes déterminantes de l’aortite aiguë, bien qu'il en rapporte une observation qui sera consignée plus loin (Obs. IT).

Quelques auteurs ont bien cité la pneumonie comme cause d'aortite très localisée par suite de la propagation de l'inflammation de voisinage. Luton en particulier (2) déclare que l'aortite accompagne souvent les grandes phlegmasies thoraciques dans lesquelles l'inflammation de l'artère semble avoir été puisée. Mais il n'apporte aucun fait à l'appui de cette opinion.

Plus récemment, Boinet et Romary (1) ont,dans une série de recherches expérimentales, éclairé d'un jour

(1) Bureau. -- Thèse de Paris, 1893.

(2) Lulon. -- Loco citato S (1) Boinet et Romary.— Archives de Médecine expérimentale,

nouveau l'étiologie et la pathogénie des inflammations de l'aorte; mais ils ne comptent point le prneumocoque au nombre des microbes susceptibles de déterminer ces inflammations. |

Malgré le silence de ces différents auteurs, nous croyons pouvoir affirmer que le microbe de Talamon- Fraenkel est susceptible de produire l'aortite, au cours de la pneumonie,.au même titre que le bacille d'Éberth on le gonocoque dans la fièvre typhoiïde ou la blen- .norrhagie.

Nous n'en voulons pour preuve que les deux observations que nous rapportons plus loin; l'une de Bureau, l’autre recueillie dans le service du professeur Potain.

L'aortite dans la pneumonie est encore peu connue et de découverte récente Peu de médecins ont eu l’occasion dela constater. Cependant tous les médecins. nous parlons de ceux de l’ère microbienne, en admettent la possibilité. Toutefois son existence a été longtemps méconnue, et de cela il y a sans doute plusieurs raisons Ù

La première est que cette complication (1) de Ja

(1) Nous continuons à employer icile mot complication, dans l'ignorance ;où-nous sommes encore de la nature de üa lésion. Nous estimons en effet que l'emploi de ce mot, destiné à .signi-

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pneumonie est rare; on en jugera tout à l'heure. La seconde réside dans ce fait, que la clinique a longtemps été dépourvue des moyens nécessaires pour diagnostiquet l'aortite. Pendant longtemps, les auteurs n'ont connu comme signes, avec Bertin et Bouillaud, que des signes fonctionnels, tels que la douleur, la dyspnée et la toux.

Si à ces causes on veut bien en ajouter une troisième, à savoir que l’aortite, au cours des maladies infectieuses, revêt le plus souvent des allures insidieuses, qu'elle demande par suite à être cherchée

méthodiquement, on pourra s'expliquer facilement que l'affection qui nous occupe n'ait pas attiré l'attention des cliniciens, jusqu'au jour où le professeur Potain

eut l'honneur, comme nous le verrons plus loin, d’en

préciser les symptômes.

Tandis que l'endocardite est relativement fréquente dans la pneumonie, l'aortite y semble peu commune.

Si l'on en juge d'après le silence des auteurs sur ce sujet, nous devrions même la considérer comme une complication tout à fait exceptionnelle. Nous croyons cependant qu'un très grand nombre de cas ont dû passer inaperçus, nous avons dit pourquoi : cette rareté

fier dos d'un. processus morbide, constitue un véritable

abus de langage et contraste singulièrement avec les idées actuelles sur les maladies microbiénnes. Si une fracture de jambe au cours d’une pneumonie devient à juste titre une complication

de cette dernière, il ne saurait en être de même d'une Jocalisa-

tion preumococcile extra-pulmonaire.

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apparente est due vraisemblablement a de diente à qu'on éprouve en clinique à la dépister. Les observations en deviendront sans doute de plus en plus fréquentes à mesure Fo on saura mieux la éconnaitre,

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